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samedi 14 janvier 2012

XVIII. Les Chiens en Paleo-Islam




A. Introduction : 

Un domaine également par trop négligé suscitant de vifs débats est le sujet du regard de l'islam sur les chiens. Nous trouvons la mention des chiens dans le Coran, concernant la chasse (5:13), ainsi que la mention d'un chien accompagnant de jeunes gens dans une caverne et guettant à l'entrée (18:22). Ce sont les seuls occasions où le Coran s'arrête à leur sujet. 



Le Coran mentionne la chasse avec des chiens dressés (Cor. 5,4).


La tradition fait place à de nombreux hadiths concernant les chiens, que nous allons étudier ici. Il est fait mention de l'usage des chiens dressés dans le cadre du Coran, d'une récompense pour une prostituée ayant abreuvé un chien assoiffé et de ce que des chiens entraient dans la mosquée du Prophète, y urinaient, et que les fidèles ne versaient pas d'eau par dessus pour purifier les lieux. Un hadith enseigne même qu'il est permis de manger dans un récipient lapé par un chien à la condition de bien le laver assidûment. La vente des chiens est défendue. D'un autre côté, certains récits affirment que les anges n'entreraient pas dans un endroit où se trouve un chien, et il existe une série de hadiths soutenant que le Prophète aurait commandé de tuer les chiens, puis aurait changé d'avis. 

Nous verrons que la méthode du hadith conduisant au contrôle des sources nous laisse parfois devant des récits divergents. La méthode permet de s'assurer qu'un récit a bien été tenu par une source saine. Néanmoins, les transmeurs ne sont pas infaillibles et il est évident qu'il y a eu des erreurs qui se sont introduites dans les récits. Il sied donc de déconstruire les évènements et identifier ces erreurs en sorte de rétablir la consistance et la cohésion afin de mieux se fixer sur les variantes les plus probables. Nous allons présenter ces récits et faire une analyse d'ensemble afin d'étudier la question. 


B. La question du meurtre des chiens : 

(1) "Il y a cinq nuisibles qu'il est autorisé d'éliminer dans l'enceinte sacrée : La souris, le scorpion, le corbeau, les rapaces et le chien mutilateur."

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الْمَلِكِ بْنِ أَبِي الشَّوَارِبِ، حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، حَدَّثَنَا مَعْمَرٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، عَنْ عُرْوَةَ، عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏خَمْسُ فَوَاسِقَ يُقْتَلْنَ فِي الْحَرَمِ الْفَأْرَةُ وَالْعَقْرَبُ وَالْغُرَابُ وَالْحُدَيَّا وَالْكَلْبُ الْعَقُورُ‏"‏‏.‏  قَالَ وَفِي الْبَابِ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ وَابْنِ عُمَرَ وَأَبِي هُرَيْرَةَ وَأَبِي سَعِيدٍ وَابْنِ عَبَّاسٍ"‏


(2) "Le Messager a commandé d'éliminer les chiens."

حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ يُوسُفَ، أَخْبَرَنَا مَالِكٌ، عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ


(3) "Il a dit d'éliminer le chien en haussant la voix. (Par la suite les chiens ont été tués, sauf ceux dressés pour la chasse ou la garde des champs.)"

حَدَّثَنَا أَبُو طَاهِرٍ، حَدَّثَنَا ابْنُ وَهْبٍ، أَخْبَرَنِي يُونُسُ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَالِمٍ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ رَافِعًا صَوْتَهُ يَأْمُرُ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ وَكَانَتِ الْكِلاَبُ تُقْتَلُ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ. شَبَابَةُ، حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنْ أَبِي التَّيَّاحِ،


(4) "Il a commandé de tuer les chiens, ensuite il a dit : 'Qu'ont-t-il avec les chiens ?' (Et il leur autorisa les chien de chasse.)"

 قَالَ سَمِعْتُ مُطَرِّفًا، يُحَدِّثُ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّلٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ ثُمَّ قَالَ ‏ "‏مَا لَهُمْ وَلِلْكِلاَبِ"‏.‏ ثُمَّ رَخَّصَ لَهُمْ فِي كَلْبِ الصَّيْد 
 

(5) "Si les chiens ne formaient pas une entité parmi les communautés, j'aurais pu commander de les éliminer. Mais tuez le chien noir foncé qui avait deux taches blanches. Les personnes (prenant pour cible) affamant/tuant chien ne servant pas à la chasse ou la garde des champs voient leur rétribution diminuer d'un qirāt chaque jour".

أَخْبَرَنَا عِمْرَانُ بْنُ مُوسَى، قَالَ حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، قَالَ حَدَّثَنَا يُونُسُ، عَنِ الْحَسَنِ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّلٍ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏لَوْلاَ أَنَّ الْكِلاَبَ أُمَّةٌ مِنَ الأُمَمِ لأَمَرْتُ بِقَتْلِهَا فَاقْتُلُوا مِنْهَا الأَسْوَدَ الْبَهِيمَ وَأَيُّمَا قَوْمٍ اتَّخَذُوا  (يقتنو) كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ حَرْثٍ أَوْ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ‏"‏ ‏


(6) "Je vous laisse le chien noir profond avec deux tâches blanches. Il est possédé."

وَعَن جَابر قَالَ: أَمَرَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِقَتْلِ الْكِلَابِ حَتَّى إِنَّ الْمَرْأَةَ تَقْدَمُ منَ البادِيةِ بكلبِها فتقتلَه ثُمَّ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ قَتْلِهَا وَقَالَ: "عَلَيْكُمْ بِالْأَسْوَدِ الْبَهِيمِ ذِي النقطتين فَإِنَّهُ شَيْطَان" 


(7) "Le pardon a été accordé à une femme de mauvaise mœurs qui est venue sur un chien haletant et presque mort de soif à la bouche d'un puits. Elle a ôté sa chaussure, l'a attachée avec son habit et lui a puisé de l'eau. De ce fait, elle a été pardonnée. (On demanda si les gens recevaient une récompense pour ce qu'ils faisaient aux animaux, et il a répondu : "Une récompense est donnée pour chaque créature vivante".)"

حَدَّثَنَا الْحَسَنُ بْنُ الصَّبَّاحِ، حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ الأَزْرَقُ، حَدَّثَنَا عَوْفٌ، عَنِ الْحَسَنِ، وَابْنِ، سِيرِينَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏غُفِرَ لاِمْرَأَةٍ مُومِسَةٍ مَرَّتْ بِكَلْبٍ عَلَى رَأْسِ رَكِيٍّ يَلْهَثُ، قَالَ كَادَ يَقْتُلُهُ الْعَطَشُ، فَنَزَعَتْ خُفَّهَا، فَأَوْثَقَتْهُ بِخِمَارِهَا، فَنَزَعَتْ لَهُ مِنَ الْمَاءِ، فَغُفِرَ لَهَا بِذَلِكَ"‏‏


(8) "Une femme est allée dans le brasier pour avoir retenu un chat sans le nourrir, et l'avoir empêché de manger la vermine dans la terre".

حَدَّثَنَا نَصْرُ بْنُ عَلِيٍّ، أَخْبَرَنَا عَبْدُ الأَعْلَى، حَدَّثَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏دَخَلَتِ امْرَأَةٌ النَّارَ فِي هِرَّةٍ رَبَطَتْهَا، فَلَمْ تُطْعِمْهَا، وَلَمْ تَدَعْهَا تَأْكُلُ مِنْ خِشَاشِ الأَرْضِ‏"‏‏.‏ قَالَ وَحَدَّثَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ عَنْ سَعِيدٍ الْمَقْبُرِيِّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم مِثْلَهُ


Les propos du Messager commandant de tuer les chiens ne sont pas identifiés chez quiconque. On peut, par ailleurs, noter l'étonnement du Messager en apprenant le meurtre des chiens, quand il dit : "Qu'ont-ils avec les chiens ?". Il souligne par ailleurs on ne peut plus clairement que les chiens forment une entité, et qu'il ne commanderait point d'éliminer toute une entité. Mais il fait une dérogation pour un certain chien noir foncé ayant deux tâches blanches, qu'il dit être possédé/satanique. Un autre hadith cite par ailleurs une prostituée qui abreuve un chien assoiffé presque mort dans un puits avec un de ses souliers et acquérant la guidée pour son geste de compassion. Le Prophète explique que le fait de nourrir ou abreuver quelque être doué de vie sera recompensé.


C.  Déconstruction de la croyance de ce commandement:

(1) "Il y a cinq nuisibles qu'il est autorisé d'éliminer dans l'enceinte sacrée : La souris, le scorpion, le corbeau, les rapaces et le chien mutilateur/inutile."

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الْمَلِكِ بْنِ أَبِي الشَّوَارِبِ، حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، حَدَّثَنَا مَعْمَرٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، عَنْ عُرْوَةَ، عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏خَمْسُ فَوَاسِقَ يُقْتَلْنَ فِي الْحَرَمِ الْفَأْرَةُ وَالْعَقْرَبُ وَالْغُرَابُ وَالْحُدَيَّا وَالْكَلْبُ الْعَقُورُ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ وَفِي الْبَابِ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ وَابْنِ عُمَرَ وَأَبِي هُرَيْرَةَ وَأَبِي سَعِيدٍ وَابْنِ عَبَّاسٍ"


Ce hahith semble résider à la source de l'idée que le Messager aurait ordonné de tuer tous les chiens. Car les termes kalbi aqūr {كَلْبُ الْعَقُو} peuvent être compris comme chien mutilateur, mais également comme chien improductif, chien inutile. La tradition rapporte que des chiens allaient et venaient jusqu'à l'intérieur de la mosquée. Parallèlement à ce sermon, un certain chien, agressif attira l'attention du Prophète qui dit, en haussant la voix, d'éliminer le chien. Il est plausible que certains disciples aient cru comprendre que le Prophète avait désigné les chiens comme inutiles et commandé de les tuer dans l'enceinte sacrée, cela aura été partagé et mis en application collectivement, tout comme pour l'interdiction de la consommation du vin, le port du khimār... Jusqu'à ce que le Messager réagisse en apprenant cela, d'où son étonnement et ses propos soulignant que les chiens sont une communauté comme les autres. L'incommensurable charisme du Messager et son poids sur les compagnons se note d'une façon étonnante dans cette scène du sermon d'adieu. 

"Ô peuple ! Ecoutez ma parole, car je ne sais pas, il se peut que je ne vous rencontre pas après mon année que voici, en ce lieu, à jamais. (...) En quel mois nous trouvons-nous ? Allah et son Messager sont plus savants. Ne nous trouvons-nous pas en le mois sacré de dh'ul Hijjah ? En quel lieu nous trouvons-nous ? Allah et son Messager sont plus savants. Ne nous trouvons-nous pas dans le territoire sacré ? Tout comme ce mois et ce lieu sont sacrés. Vos vies sont sacrées..."

(2) "Il a commandé de tuer les chiens, ensuite il a dit : 'Qu'ont-ils avec les chiens ?' (Et il leur autorisa les chien de chasse.)"

 قَالَ سَمِعْتُ مُطَرِّفًا، يُحَدِّثُ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّلٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ ثُمَّ قَالَ ‏ "‏مَا لَهُمْ وَلِلْكِلاَبِ"‏.‏ ثُمَّ رَخَّصَ لَهُمْ فِي كَلْبِ الصَّيْد 


Ici, nous constatons très clairement l'étonnement du prophète rapporté par ibn Mugaffal, lorsqu'il apprend que les fidèles s'attaquent aux chiens. La partie entre parenthèse est un commentaire du narrateur derivé du second sermon infra.

(3) "Si les chiens ne formaient pas une entité parmi les communautés, j'aurais pu commander de les éliminer. Mais tuez le chien noir foncé qui avait deux taches blanches. Les gens (acquérant) affamant/tuant quelque chien (parmi sa communauté) ne servant pas à la chasse ou la garde des champs voient leur rétribution diminuer d'un qirāt chaque jour".

أَخْبَرَنَا عِمْرَانُ بْنُ مُوسَى، قَالَ حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، قَالَ حَدَّثَنَا يُونُسُ، عَنِ الْحَسَنِ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّلٍ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏لَوْلاَ أَنَّ الْكِلاَبَ أُمَّةٌ مِنَ الأُمَمِ لأَمَرْتُ بِقَتْلِهَا فَاقْتُلُوا مِنْهَا الأَسْوَدَ الْبَهِيمَ وَأَيُّمَا قَوْمٍ اتَّخَذُوا  (يقتنو) كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ حَرْثٍ أَوْ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ‏"‏ ‏


Le hadith supra, toujours selon ibn Mugaffal, montre que le Messager a réagi au massacre des chiens, et a expliqué qu'il n'a jamais pensé à commander de tuer les chiens, puisqu'ils constituent une communauté comme les autres. Il autorise à éliminer un certain chien précis, qui est apparemment agressif. La fin du hadith mérite de s'y arrêter plus en profondeur.


(4) "Quiconque affame/tue chien ne l'enrichissant point de plante ni de pis, sa rétribution se voit réduite d'un qirāt chaque jour."

حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْلَمَةَ، حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ، قَالَ أَخْبَرَنِي يَزِيدُ بْنُ خُصَيْفَةَ، قَالَ أَخْبَرَنِي السَّائِبُ بْنُ يَزِيدَ، سَمِعَ سُفْيَانَ بْنَ أَبِي زُهَيْرٍ الشَّنَئِيَّ، أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏ "‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا لاَ يُغْنِي عَنْهُ زَرْعًا وَلاَ ضَرْعًا، نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ‏"‏‏ فَقَالَ السَّائِبُ أَنْتَ سَمِعْتَ هَذَا مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ إِيْ وَرَبِّ هَذِهِ الْقِبْلَةِ‏


Ci-dessus la canule de l'embouchure  d'un vase de distillation datant du IXe ou du xeS, Proche-Orient.

Au sujet du terme اقتن, nous lisons dans le tout premier dictionnaire arabe de l'histoire datant du VIIIeS [1] {معهما. وامرأة قَتينٌ : قليلة الدم واللحم. ومسك قاتِنٌ أي يابس لا ندوة فيه وقد قتن قتونا} qui montre un rapport avec la carence en nourriture, suggérant l'idée d'asoiffer, rejoignant le sens de امسك qui est de retenir. On lit également dans un dictionnaire d'enseignement avancé arabe/anglais ceci : {قَتَنَ (n. ac. قُتُوْن) a. Became dry, dried up. / قَتُنَ (n. ac. قَتَاْنَة) a. Ate but little; wasted away. / أَقْتَنَ a. see (قَتُنَ) b. Destroyed, killed (vermin) / قَتِيْن a. Thin, waiting ; hungry. b. White silk dress. c. Elegant (person).} [2].

En consultant les ouvrages d'exégèse nous lisons {الاقتناء بالقاف افتعال من القنية بالكسر}, indiquant que ce mot est dérivé de القنية, "canule".  Nous retrouvons l'idée de "réduction d'un passage", interprété comme l'idée de se procurer quelque chose pour son acquisition. L'idée de malnutrition, d'asoiffer est plus probable dans le cadre du sermon, ou alors l'idée de réduire/diminuer (Cor, 53:48) leur communauté. 

Le terme اقتن, est rendu par l'idée de retenir ou prendre, car certains des Compagnons n'ont pas réalisé que le Messager sermonnait sur les droits des chiens. Or, le sens premier du terme est l'idée de faire passer une chose à travers une canule. Alors, cela a été rendu par l'idée de se procurer la chose, la prendre ou la retenir. Lorsque nous admettons que le Prophète n'a jamais pensé à éradiquer les chiens, et qu'il l'explique dans ce contexte, nous comprenons qu'il est question de faire dépérir de faim et de soif des chiens que les fidèles considèrent inutile. La racine قتن est employé ici, or, on le retrouve dans un ouvrage specialisé des termes orphelins et rares intitulé Gharīb al-Ḥadīth, rédigé par Abū ʿUbayd al-Qāsim bin Salām (m.829).

Le massacre des chiens ayant cessé après ce sermon, et adopter des chiens en dehors de ceux utilisés pour la chasse ou la garde des champs n'étant pas obligatoire, cette interprétation n'a jamais suscité la curiosité. D'autant plus qu'il y avait des hadiths interdisant le prix des chiens, et leur vente, et que la croyance que les anges n'entrent pas dans des endroits occupés par des chiens s'était installé d'autre part.


D. Le chien est-il impur ?

(1) "J'ai interrogé le Messager de Dieu. J'ai dit : Nous chassons avec des chiens. Il a répondu: Si vous le lancez et que vous mentionnez le nom de Dieu, alors quoi qu'il chasse pour vous, même s'il le tue, mangez-en. S'il en mange (une partie), n'en mangez pas, il l'a chassé pour son compte. Si d'autres chiens en ont mangé, n'en mangez pas."
حَدَّثَنَا عَلِيُّ بْنُ الْمُنْذِرِ، حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ فُضَيْلٍ، حَدَّثَنَا بَيَانُ بْنُ بِشْرٍ، عَنِ الشَّعْبِيِّ، عَنْ عَدِيِّ بْنِ حَاتِمٍ، قَالَ سَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ فَقُلْتُ إِنَّا قَوْمٌ نَصِيدُ بِهَذِهِ الْكِلاَبِ ‏.‏ قَالَ ‏ "‏إِذَا أَرْسَلْتَ كِلاَبَكَ الْمُعَلَّمَةَ وَذَكَرْتَ اسْمَ اللَّهِ عَلَيْهَا فَكُلْ مَا أَمْسَكْنَ عَلَيْكَ وَإِنْ قَتَلْنَ إِلاَّ أَنْ يَأْكُلَ الْكَلْبُ فَإِنْ أَكَلَ الْكَلْبُ فَلاَ تَأْكُلْ فَإِنِّي أَخَافُ أَنْ يَكُونَ إِنَّمَا أَمْسَكَ عَلَى نَفْسِهِ وَإِنْ خَالَطَهَا كِلاَبٌ أُخَرُ فَلاَ تَأْكُلْ"‏‏.‏ قَالَ ابْنُ مَاجَهْ سَمِعْتُهُ - يَعْنِي عَلِيَّ بْنَ الْمُنْذِرِ - يَقُولُ حَجَجْتُ ثَمَانِيَةً وَخَمْسِينَ حِجَّةً أَكْثَرُهَا رَاجِلٌ ."


(2) "Si le chien lape un récipient, lavez-le sept fois et frottez-le avec de la terre la huitième fois."
أَخْبَرَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الأَعْلَى الصَّنْعَانِيُّ، قَالَ حَدَّثَنَا خَالِدٌ، حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنْ أَبِي التَّيَّاحِ، قَالَ سَمِعْتُ مُطَرِّفًا، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الْمُغَفَّلِ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ وَرَخَّصَ فِي كَلْبِ الصَّيْدِ وَالْغَنَمِ وَقَالَ ‏ "‏إِذَا وَلَغَ الْكَلْبُ فِي الإِنَاءِ فَاغْسِلُوهُ سَبْعَ مَرَّاتٍ وَعَفِّرُوهُ الثَّامِنَةَ بِالتُّرَابِ"‏
 
(3) Ibn Umar dit : "Les chiens urinaient, entraient et sortaient de la mosquée du temps du Messager, personne ne s'en souciait."
وَقَالَ أَحْمَدُ بْنُ شَبِيبٍ حَدَّثَنَا أَبِي، عَنْ يُونُسَ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، قَالَ حَدَّثَنِي حَمْزَةُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ كَانَتِ الْكِلاَبُ تَبُولُ وَتُقْبِلُ وَتُدْبِرُ فِي الْمَسْجِدِ فِي زَمَانِ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَلَمْ يَكُونُوا يَرُشُّونَ شَيْئًا مِنْ ذَلِكَ

Nous lisons que des chiens entraient dans la mosquée du Prophète et y urinaient, et que celui-ci ne commandait pas de nettoyer pour la prière. Il est même permis de manger dans un récipient lapé par un chien une fois bien lavé. Il est autorisé de manger un gibier attrapé et tué par un chien de chasse dressé. Soulignons que la chair du hyène qui est un charognard est licite de l'autorité d'al-Bukhāri d'après Jabir [3], l'idée que le chien soit moins pur que le hyène ne se fonde sur rien de solide. Il apparaît insoutenable qu'il soit permis de manger du hyène et impur de rester à proximité du chien.


E. La Question de la vente des chiens : 

(1) "Il a prohibé le revenu canin".

حَدَّثَنَا أَبُو الْوَلِيدِ الطَّيَالِسِيُّ، حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، أَخْبَرَنِي عَوْنُ بْنُ أَبِي جُحَيْفَةَ، أَنَّ أَبَاهُ، قَالَ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم نَهَى عَنْ ثَمَنِ الْكَلْبِ ‏


(2) "Le Messager a interdit la vente de l'excédent d'eau."

 حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مُحَمَّدٍ النُّفَيْلِيُّ، حَدَّثَنَا دَاوُدُ بْنُ عَبْدِ الرَّحْمَنِ الْعَطَّارُ، عَنْ عَمْرِو بْنِ دِينَارٍ، عَنْ أَبِي الْمِنْهَالِ، عَنْ إِيَاسِ بْنِ عَبْدٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم نَهَى عَنْ بَيْعِ فَضْلِ الْمَاءِ 


L'interdiction de la vente des chiens est comparable à la vente de l'excédent d'eau.



F. Les chiens et les anges : 

(1) Abdallah ibn Abbas rapporte : Le Prophète rentrait dans la maison, y voyant des dessins il s'abstint d'y entrer et commanda de les détruire. Il y vit des représentations d'Abraham et Ismail avec des baguettes de divination et dit : "Que Dieu les punisse. Vraiment, ils n'ont jamais pratiqué d'oracle." (al-Bukhāri, AnbiyaHajjMaghazi.)

حَدَّثَنَا إِبْرَاهِيمُ بْنُ مُوسَى، أَخْبَرَنَا هِشَامٌ، عَنْ مَعْمَرٍ، عَنْ أَيُّوبَ، عَنْ عِكْرِمَةَ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ ـ رضى الله عنهما أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم لَمَّا رَأَى الصُّوَرَ فِي الْبَيْتِ لَمْ يَدْخُلْ، حَتَّى أَمَرَ بِهَا فَمُحِيَتْ، وَرَأَى إِبْرَاهِيمَ وَإِسْمَاعِيلَ ـ عَلَيْهِمَا السَّلاَمُ ـ بِأَيْدِيهِمَا الأَزْلاَمُ فَقَالَ ‏ "‏قَاتَلَهُمُ اللَّهُ، وَاللَّهِ إِنِ اسْتَقْسَمَا بِالأَزْلاَمِ قَطُّ"‏‏


(2) Abdallah ibn Abbas a dit, j'ai entendu abu Talha dire qu'il a entendu le Messager dire : "Les Anges n'entrent pas dans les maisons où se trouvent un chien ou une image."

حَدَّثَنَا سَلَمَةُ بْنُ شَبِيبٍ، وَالْحَسَنُ بْنُ عَلِيٍّ الْخَلاَّلُ، وَعَبْدُ بْنُ حُمَيْدٍ، وَغَيْرُ، وَاحِدٍ، وَاللَّفْظُ، لِلْحَسَنِ بْنِ عَلِيٍّ قَالُوا حَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّزَّاقِ، أَخْبَرَنَا مَعْمَرٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، عَنْ عُبَيْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُتْبَةَ، أَنَّهُ سَمِعَ ابْنَ عَبَّاسٍ، يَقُولُ سَمِعْتُ أَبَا طَلْحَةَ، يَقُولُ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏ "‏لاَ تَدْخُلُ الْمَلاَئِكَةُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلاَ صُورَةُ تَمَاثِيلَ‏" ‏.‏ 


(3) D'après Anas. Aicha avait un rideau contenant des images avec lequel elle cachait sa maison, mais le Prophète lui a dit : "Enlève ce rideau contenant des images, car ses images continuent d'interférer avec ma prière."

وَعَن أنس قَالَ: كَانَ قِرَامٌ لِعَائِشَةَ سَتَرَتْ بِهِ جَانِبَ بَيْتِهَا فَقَالَ لَهَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَمِيطِي عَنَّا قِرَامَكِ هَذَا فَإِنَّهُ لَا يَزَالُ تَصَاوِيرُهُ تَعْرِضُ لِي فِي صَلَاتِي
 

(4) Salim, d'après son père. Le Messager dit : "Quiconque affame/tue chien ne lui servant ni pour la chasse ni pour la garde des bestiaux, verra ses oeuvres diminuer de un qirāt chaque jour.".

أَخْبَرَنَا عَلِيُّ بْنُ حُجْرٍ، قَالَ حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ، - يَعْنِي ابْنَ جَعْفَرٍ - قَالَ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ أَبِي حَرْمَلَةَ، عَنْ سَالِمِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا إِلاَّ كَلْبَ مَاشِيَةٍ أَوْ كَلْبَ صَيْدٍ نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ"‏ ‏.‏ قَالَ عَبْدُ اللَّهِ وَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ ‏"‏ أَوْ كَلْبَ حَرْثٍ"‏ ‏

(5) Salim, d'après son père. Le Messager dit : "Les anges n'accompagnent pas les voyageurs emportant des clochettes".

أَخْبَرَنَا عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ سَلاَّمٍ الطَّرَسُوسِيُّ، قَالَ حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ هَارُونَ، قَالَ أَنْبَأَنَا نَافِعُ بْنُ عُمَرَ الْجُمَحِيُّ، عَنْ أَبِي بَكْرِ بْنِ مُوسَى، قَالَ كُنْتُ مَعَ سَالِمِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ فَحَدَّثَ سَالِمٌ، عَنْ أَبِيهِ، عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏‏لاَ تَصْحَبُ الْمَلاَئِكَةُ رُفْقَةً فِيهَا جُلْجُل 

(6) Salim, d'après son père. Une fois, Gabriel a promis de rendre visite au Prophète mais il a retardé et le Prophète s'est inquiété à ce sujet. Enfin il sortit et trouva Gabriel et se plaignit auprès de lui de son chagrin (pour son retard). Gabriel lui dit : "Nous n'entrons pas dans un endroit où il y a une image ou un chien."

حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ سُلَيْمَانَ، قَالَ حَدَّثَنِي ابْنُ وَهْبٍ، قَالَ حَدَّثَنِي عُمَرُ ـ هُوَ ابْنُ مُحَمَّدٍ ـ عَنْ سَالِمٍ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ وَعَدَ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم جِبْرِيلُ فَرَاثَ عَلَيْهِ حَتَّى اشْتَدَّ عَلَى النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَخَرَجَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فَلَقِيَهُ، فَشَكَا إِلَيْهِ مَا وَجَدَ، فَقَالَ لَهُ ‏ "‏إِنَّا لاَ نَدْخُلُ بَيْتًا فِيهِ صُورَةٌ وَلاَ كَلْبٌ"‏‏

(7)  D'après Aicha, Gabriel promit au Prophète de lui rendre visite à un moment déterminé. Le moment venu, Gabriel ne venait toujours pas. Le Prophète avait à la main un bâton qu'il jeta en disant : "Ni Dieu ni Ses envoyés (allusion aux anges) ne manquent à leurs promesses." Puis il se retourna et aperçut un chiot sous son lit. Il demanda alors : "Quand ce chien est-il entré ?" - Par Dieu, je n'en ai aucune idée, répondis-je." Il ordonna alors de le faire sortir. Puis Gabriel vint à lui et le Prophète lui dit : "Tu m'as promis de venir et je t'ai attendu mais en vain." Gabriel répondit : "C'est le chien qui était chez toi qui m'en a empêché. Certes, nous n'entrons pas dans une demeure dans laquelle se trouve un chien ou une image" 

حَدَّثَنِي سُوَيْدُ بْنُ سَعِيدٍ، حَدَّثَنَا عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ أَبِي حَازِمٍ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ عَنْ عَائِشَةَ، أَنَّهَا قَالَتْ وَاعَدَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم جِبْرِيلُ عَلَيْهِ السَّلاَمُ فِي سَاعَةٍ يَأْتِيهِ فِيهَا فَجَاءَتْ تِلْكَ السَّاعَةُ وَلَمْ يَأْتِهِ وَفِي يَدِهِ عَصًا فَأَلْقَاهَا مِنْ يَدِهِ وَقَالَ ‏"‏مَا يُخْلِفُ اللَّهُ وَعْدَهُ وَلاَ رُسُلُهُ"‏‏.‏ ثُمَّ الْتَفَتَ فَإِذَا جِرْوُ كَلْبٍ تَحْتَ سَرِيرِهِ فَقَالَ ‏"‏يَا عَائِشَةُ مَتَى دَخَلَ هَذَا الْكَلْبُ هَا هُنَا‏"‏‏.‏ فَقَالَتْ وَاللَّهِ مَا دَرَيْتُ‏.‏ فَأَمَرَ بِهِ فَأُخْرِجَ فَجَاءَ جِبْرِيلُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم "وَاعَدْتَنِي فَجَلَسْتُ لَكَ فَلَمْ تَأْتِ".فَقَالَ مَنَعَنِي الْكَلْبُ الَّذِي كَانَ فِي بَيْتِكَ إِنَّا لاَ نَدْخُلُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلاَ صُورَةٌ


(8) abu Talha al-Ansari a rapporté : “Le Messager a dit : 'Les Anges n'entrent pas dans les maisons où se trouvent un chien ou une image. Le transmetteur Zayd ibn Khalid commenta : “Sur ce je me suis rendu chez Aïcha demander : abu Talha m'a rapporté que le Messager a dit : 'Les Anges n'entrent pas dans les maisons où se trouvent un chien ou une image, as-tu entendu cela du Prophète ? Aïcha répondit : 'Non je n'ai pas entendu cela venant du Prophète, mais je vais te rapporter un autre incident, j'ai un jour accroché à l'entrée depuis la Mosquée vers ma chambre un rideau avec des franges comportant des dessins. Et je constatai le mécontentement du Prophète à sa vue qui arracha le rideau et dit : − ‘Allah ne nous a pas commandé d'habiller les pierres et le ciment.'. Aïcha ajouta : 'J'ai découpé le drap et fabriqué deux coussins, que j'ai bourrés de tiges de dattier. Le Messager je m'a jamais fait de reproche à ce sujet."

حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، أَخْبَرَنَا جَرِيرٌ، عَنْ سُهَيْلِ بْنِ أَبِي صَالِحٍ، عَنْ سَعِيدِ، بْنِ يَسَارٍ أَبِي الْحُبَابِ مَوْلَى بَنِي النَّجَّارِ عَنْ زَيْدِ بْنِ خَالِدٍ الْجُهَنِيِّ، عَنْ أَبِي طَلْحَةَ الأَنْصَارِيِّ، قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏"‏لاَ تَدْخُلُ الْمَلاَئِكَةُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلاَ تَمَاثِيلُ‏"‏‏.‏ قَالَ فَأَتَيْتُ عَائِشَةَ فَقُلْتُ إِنَّ هَذَا يُخْبِرُنِي أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏"‏لاَ تَدْخُلُ الْمَلاَئِكَةُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلاَ تَمَاثِيلُ‏"‏‏.‏ فَهَلْ سَمِعْتِ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ذَكَرَ ذَلِكَ فَقَالَتْ لاَ وَلَكِنْ سَأُحَدِّثُكُمْ مَا رَأَيْتُهُ فَعَلَ رَأَيْتُهُ خَرَجَ فِي غَزَاتِهِ فَأَخَذْتُ نَمَطًا فَسَتَرْتُهُ عَلَى الْبَابِ فَلَمَّا قَدِمَ فَرَأَى النَّمَطَ عَرَفْتُ الْكَرَاهِيَةَ فِي وَجْهِهِ فَجَذَبَهُ حَتَّى هَتَكَهُ أَوْ قَطَعَهُ وَقَالَ ‏"‏إِنَّ اللَّهَ لَمْ يَأْمُرْنَا أَنْ نَكْسُوَ الْحِجَارَةَ وَالطِّينَ"‏‏.‏ قَالَتْ فَقَطَعْنَا مِنْهُ وِسَادَتَيْنِ وَحَشَوْتُهُمَا لِيفًا فَلَمْ يَعِبْ ذَلِكَ عَلَىَّ


(9) D'après Aicha. J'avais acheté des coussins portant des images, le Prophète se tenait debout sans franchir la porte. Je dis : "Je me repens, de mon péché.". Il dit : "Que sont ces coussins ?" Je répondis : "Pour s'assoir dessus ou s'y accouder." Il dit : "Les dessinateurs réalisant ses figurations seront appelés à leur donner vie au jour de la résurrection. De plus les anges n'entrent pas dans un endroit où se trouve une image."
 
حَدَّثَنَا حَجَّاجُ بْنُ مِنْهَالٍ، حَدَّثَنَا جُوَيْرِيَةُ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ الْقَاسِمِ، عَنْ عَائِشَةَ ـ رضى الله عنها ـ أَنَّهَا اشْتَرَتْ نُمْرُقَةً فِيهَا تَصَاوِيرُ، فَقَامَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم بِالْبَابِ فَلَمْ يَدْخُلْ‏.‏ فَقُلْتُ أَتُوبُ إِلَى اللَّهِ مِمَّا أَذْنَبْتُ‏.‏ قَالَ ‏"‏ مَا هَذِهِ النُّمْرُقَةُ ‏"‏‏.‏ قُلْتُ لِتَجْلِسَ عَلَيْهَا وَتَوَسَّدَهَا‏.‏ قَالَ ‏"‏ إِنَّ أَصْحَابَ هَذِهِ الصُّوَرِ يُعَذَّبُونَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ، يُقَالُ  أَحْيُوا مَا خَلَقْتُمْ‏.‏ وَإِنَّ الْمَلاَئِكَةَ لاَ تَدْخُلُ بَيْتًا فِيهِ الصُّورَةُ". ‏


(10) D'après Abdallah ibn Abbas, Maimuna m'a rapporté qu'un matin, le messager d'Allah était silencieux de chagrin. Maimuna a dit : Messager d'Allah, j'ai trouvé un changement dans ton humeur aujourd'hui. Le messager d'Allah a dit : Gabriel m'avait promis qu'il me rencontrerait ce soir, mais il ne m'a pas rencontré. Par Allah, il n'a jamais rompu ses promesses, et le messager d'Allah a passé la journée dans cette (humeur) triste. Puis il lui vint à l'esprit qu'il y avait eu un chiot sous leur lit. Il a commandé et il a été sorti de là. Il prit alors de l'eau dans sa main et l'aspergea à cet endroit. Le soir venu, Gabriel le rencontra et lui dit : tu m'as promis que tu me rencontrerais la nuit précédente. Il a dit : Oui, mais on n'entre pas dans une maison où il y a un chien ou une image.

حَدَّثَنِي حَرْمَلَةُ بْنُ يَحْيَى، أَخْبَرَنَا ابْنُ وَهْبٍ، أَخْبَرَنِي يُونُسُ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنِ ابْنِ السَّبَّاقِ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبَّاسٍ، قَالَ أَخْبَرَتْنِي مَيْمُونَةُ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَصْبَحَ يَوْمًا وَاجِمًا فَقَالَتْ مَيْمُونَةُ يَا رَسُولَ اللَّهِ لَقَدِ اسْتَنْكَرْتُ هَيْئَتَكَ مُنْذُ الْيَوْمِ ‏.‏ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏إِنَّ جِبْرِيلَ كَانَ وَعَدَنِي أَنْ يَلْقَانِي اللَّيْلَةَ فَلَمْ يَلْقَنِي أَمَ وَاللَّهِ مَا أَخْلَفَنِي"‏‏.‏ قَالَ فَظَلَّ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَوْمَهُ ذَلِكَ عَلَى ذَلِكَ ثُمَّ وَقَعَ فِي نَفْسِهِ جِرْوُ كَلْبٍ تَحْتَ فُسْطَاطٍ لَنَا فَأَمَرَ بِهِ فَأُخْرِجَ ثُمَّ أَخَذَ بِيَدِهِ مَاءً فَنَضَحَ مَكَانَهُ فَلَمَّا أَمْسَى لَقَهََ جِبْرِيل "‏قَدْ كُنْتَ وَعَدْتَنِي أَنْ تَلْقَانِي الْبَارِحَةَ‏"‏‏.‏ قَالَ أَجَلْ وَلَكِنَّا لاَ نَدْخُلُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلاَ صُورَةٌ.‏ فَأَصْبَحَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَوْمَئِذٍ فَأَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ حَتَّى إِنَّهُ يَأْمُرُ بِقَتْلِ كَلْبِ الْحَائِطِ ​​الصَّغِيرِ وَيَتْرُكُ كَلْبَ الْحَائِطِ ​​الْكَبِيرِ


(11) Que celui qui a mangé de ces deux aliments qui sentent (onion et ail) n'approche pas la mosquée car ce qui dérange les hommes dérange les anges.

وَعَنْ جَابِرٍ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: "مَنْ أَكَلَ مِنْ هَذِهِ الشَّجَرَةِ الْمُنْتِنَةِ فَلَا يَقْرَبَنَّ مَسْجِدَنَا فَإِنَّ الْمَلَائِكَةَ تَتَأَذَّى مِمَّا يَتَأَذَّى مِنْهُ الْإِنْسُ"


(12) D'après un autre récit il dit "Que celui qui mange de l'ail ou l'onion reste loin de nous ou la mosquée et reste chez soi. On lui apporta des aliments qui sentent, et il les renvoya à des compagnons. Ils constatèrent sa désapprobation et il leur enjoignit "mangez-en, je discute avec ceux avec qui vous ne discutez pas".

وَحَدَّثَنِي أَبُو الطَّاهِرِ، وَحَرْمَلَةُ، قَالاَ أَخْبَرَنَا ابْنُ وَهْبٍ، أَخْبَرَنِي يُونُسُ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، قَالَ حَدَّثَنِي عَطَاءُ بْنُ أَبِي رَبَاحٍ، أَنَّ جَابِرَ بْنَ عَبْدِ اللَّهِ، قَالَ - وَفِي رِوَايَةِ حَرْمَلَةَ وَزَعَمَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏"مَنْ أَكَلَ ثُومًا أَوْ بَصَلاً فَلْيَعْتَزِلْنَا أَوْ لِيَعْتَزِلْ مَسْجِدَنَا وَلْيَقْعُدْ فِي بَيْتِهِ"‏ ‏ وَأَنَّهُ أُتِيَ بِقِدْرٍ فِيهِ خَضِرَاتٌ مِنْ بُقُولٍ فَوَجَدَ لَهَا رِيحًا فَسَأَلَ فَأُخْبِرَ بِمَا فِيهَا مِنَ الْبُقُولِ فَقَالَ ‏"‏ قَرِّبُوهَا ‏"‏ ‏.‏ إِلَى بَعْضِ أَصْحَابِهِ فَلَمَّا رَآهُ كَرِهَ أَكْلَهَا قَالَ ‏"‏كُلْ فَإِنِّي أُنَاجِي مَنْ لاَ تُنَاجِي"


Au sujet de la question des anges et des chiens, nous constatons une inconsistance dans les récits de référence tenus pour sahih. 

Deux récits d'après ibn Abbas ont manifestement fusionné par une transmission bi'l ma'nā, sous la forme d'un récit mentionnant que l'Archange Gabriel serait arrivé disant que les anges n'entrent pas dans une maison occupée par une image. Un récit, d'Après Salim de son père, apparaît, il y a une confusion avec la question des clochettes et des anges, en fusionnant l'interdiction présumée d'avoir un chien chez soi, qui ont été transmis selon d'autres voies, mieux étoffées. Initialement il était question de la Ka'ba (الْبَيْتِ). Il devait sembler logique que cette information émane de Gabriel, il devait donc s'être produit un incident. Dans certaines variantes, les narrateurs mentionnent en effet respectivement Aicha, ou Maimuna en ajoutant "épouse du Prophète". Ceci est inhabituel et montre que l'un des narrateurs cherche simplement à identifier la maison où un tel incident a pu se produire, l'identification exacte n'étant pas indispensable au récit, une telle latitude aura dû sembler être sans incidence.

Il semble que d'un premier récit imprécis, attribué à Salim, un essai avec la maison de Aicha est apparu. Il y a vraisemblablement eu une fusion entre le récit du Prophète refusant d'entrer dans la Ka'ba et commandant de détruire les images y figurant, avec la maison de Aicha. Dans un troisième temps, l'incident avec les rideaux contenant des images de chevaux ailés dans la chambre d'Aicha, d'après Anas, sur le fond du récit de celui-ci selon abū Talha a pu émerger, et celui des coussins.  

Concernant la version avec Aicha, Zaïd ibn Khalid lui demande. Non seulement elle n'en a pas entendu parler, mais en outre, elle précise avoir employé un rideau avec des dessins de chevaux ailés [4] pour en réaliser des coussins auxquels le Messager s'appuyait sans remarque. Aicha ayant infirmé l'assertion d'abu Talha, il y a eu un remplacement de Aicha, par Maimuna, dont on a dû imaginer qu'il était nécessaire qu'il y ait une source logique à ce démenti de Aicha. Puisque Maimuna est la tante d'ibn Abbas, à la source de ces débats. Mais le démenti d'abu Talha, par Aicha, remet également en question celui d'après Nafi, selon Qasim ibn Muhammad d'après Aïcha qui soutient que celle-ci aurait acheté des coussins contenant des images et que le Messager aurait interdits. La conviction de la nécessité de justifier Aicha induisit un récit où elle se repent pour les coussins. 

Ce ďémenti de Aicha, la consolidation selon Anas, et l'incompatibilité entre le récits des rideaux et des coussins concernant la chambre de Aicha, montrent que la seule issue cohérente est le démenti par Aicha. La tolérance par le messager des dessins sur les coussins dans la chambre d'Aicha rend par ailleurs caduque le récit d'après Maimuna, et l'affirmation d'abu Talha.

Rappelons-nous que d'après ibn Umar, du temps du Prophète les chiens visitaient la mosquée et que le Prophète ne disait rien. Pourtant la tradition rapporte des visites de Gabriel dans cette même mosquée [5]. La mention d'image avec les chiens étant associée, et le fait que le cas des images de chevaux ne gênait point le Prophète, ni la visite de chiens dans la mosquée, et le passage de chiens devant le Messager, durant la prière commune lors du pèlerinage d'adieu sans que cela ne dérange la cérémonie [6], il devient incohérent de fonder un avis tranché dans le sens de l'interdiction, surtout que le Coran enseigne que Jésus aurait formé des figurines d'oiseaux (Cor, 3:53), que des génies sculptaient des statues pour Salomon (Cor, 34:12-13) et qu'un chien tenait la garde à l'entrée d'une caverne avec un groupe de jeunes fuyards (Cor, 18:22). 

Le sujet tourne autours d'Abdallah ibn Abbas qui dit l'avoir entendu de abu Talha. Il y a plusieurs versions d'après Ali qui sont chacunes faibles. Sans doute parcequ'il est connu pour avoir été missionné pour détruire les idoles.  

Fonder une interdiction de posséder un chien sur base de ces hadiths suscite une autre problématique plus grande encore. Les chiens de chasse sont explicitement autorisés dans le Coran, et le Coran mentionne un chien qui resta dans la caverne des jeunes fuyards. Cela ressemble à la question de la consommation d'ail ou d'onion avant de venir à la mosquée. En effet, le Prophète interdit cela, pourtant il dit aux fidèles de manger de ceux-ci, car ils ne sont pas comme lui, visités par les anges. La présence de chiens pourrait donc tout au plus être comparable à la consommation d'ail ou d'onion, qui n'est pas tenu pour interdite. Il existe un autre récit d'abu Talha, en dehors de ceux rapportés d'après ibn Abbas, selon Zaid ibn Khalid, ou seul les images sont mentionnées comme empêchant les anges de venir, sans la mention des chiens.

Les anges protecteurs (Cor, 50:18-19) & (Cor, 32:10-12), et les anges de la mort (Cor, 32:11) sont de fait aptes à agir en présence de chiens. Si le souci était le contact direct du Messager avec Gabriel, alors seulement il serait possible que la présence imminente d'un chien gêne sa visite, et que le Prophète n'ait pas ressenti l'utilité de diffuser cette information aux fidèles et que cet incident ait pu être retenu de façon si marginale.

Al Dhahabi rapporte que le calife abu Bakr réunit les gens après la mort du Prophète et leur dit : «Certes, vous rapportez à partir du Messager des hadiths à propos desquels vous vous divisez. Les gens, après vous, se diviseront davantage. Ne rapportez donc rien au nom du Messager ! Si on vous interroge -en quoi que ce soit- dîtes : Voici le Livre d'Allah entre nous. Accomplissez ce qu'il considère comme licite et abstenez-vous de l'illicite. » [7]. 


G. Les variantes de ces recits :
 
G-1. Chasse :

حَدَّثَنَا حَفْصُ بْنُ عُمَرَ، قَالَ حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنِ ابْنِ أَبِي السَّفَرِ، عَنِ الشَّعْبِيِّ، عَنْ عَدِيِّ بْنِ حَاتِمٍ، قَالَ سَأَلْتُ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ ‏"‏إِذَا أَرْسَلْتَ كَلْبَكَ الْمُعَلَّمَ فَقَتَلَ فَكُلْ، وَإِذَا أَكَلَ فَلاَ تَأْكُلْ، فَإِنَّمَا أَمْسَكَهُ عَلَى نَفْسِهِ" ‏  


G-2. Vente :

حَدَّثَنَا الرَّبِيعُ بْنُ نَافِعٍ أَبُو تَوْبَةَ، حَدَّثَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ، - يَعْنِي ابْنَ عَمْرٍو - عَنْ عَبْدِ الْكَرِيمِ، عَنْ قَيْسِ بْنِ حَبْتَرٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبَّاسٍ، قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم عَنْ ثَمَنِ الْكَلْبِ وَإِنْ جَاءَ يَطْلُبُ ثَمَنَ الْكَلْبِ فَامْلأْ كَفَّهُ تُرَابًا ‏

حَدَّثَنَا إِبْرَاهِيمُ بْنُ مُوسَى الرَّازِيُّ، ح وَحَدَّثَنَا الرَّبِيعُ بْنُ نَافِعٍ أَبُو تَوْبَةَ، وَعَلِيُّ بْنُ بَحْرٍ، قَالاَ حَدَّثَنَا عِيسَى، وَقَالَ، إِبْرَاهِيمُ أَخْبَرَنَا عَنِ الأَعْمَشِ، عَنْ أَبِي سُفْيَانَ، عَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم نَهَى عَنْ ثَمَنِ الْكَلْبِ وَالسِّنَّوْرِ ‏


G-3. Achat :

أَخْبَرَنَا قُتَيْبَةُ، قَالَ حَدَّثَنَا اللَّيْثُ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّهُ سَمِعَهُ يَقُولُ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "مَنْ أَمْسَكَ كَلْبًا إِلاَّ كَلْبًا ضَارِيًا أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ نَقَصَ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطَانِ"‏

حَدَّثَنِي زُهَيْرُ بْنُ حَرْبٍ، حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، حَدَّثَنَا هِشَامٌ الدَّسْتَوَائِيُّ، حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ أَبِي كَثِيرٍ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏مَنْ أَمْسَكَ كَلْبًا فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ إِلاَّ كَلْبَ حَرْثٍ أَوْ مَاشِيَةٍ‏"‏ ‏

حَدَّثَنَا مُوسَى بْنُ إِسْمَاعِيلَ، حَدَّثَنَا هَمَّامٌ، عَنْ يَحْيَى، قَالَ حَدَّثَنِي أَبُو سَلَمَةَ، أَنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ حَدَّثَهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏مَنْ أَمْسَكَ كَلْبًا يَنْقُصْ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ، إِلاَّ كَلْبَ حَرْثٍ أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ‏"

حَدَّثَنَا قُتَيْبَةُ بْنُ سَعِيدٍ، حَدَّثَنَا عَبْدُ الْوَاحِدِ، - يَعْنِي ابْنَ زِيَادٍ - عَنْ إِسْمَاعِيلَ، بْنِ سُمَيْعٍ حَدَّثَنَا أَبُو رَزِينٍ، قَالَ سَمِعْتُ أَبَا هُرَيْرَةَ، يَقُولُ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم "مَنِ اتَّخَذَ كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ صَيْدٍ وَلا غَنَمٍ نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ"‏

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ الْمُثَنَّى، وَابْنُ، بَشَّارٍ - وَاللَّفْظُ لاِبْنِ الْمُثَنَّى - قَالاَ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ، بْنُ جَعْفَرٍ حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنْ قَتَادَةَ، عَنْ أَبِي الْحَكَمِ، قَالَ سَمِعْتُ ابْنَ عُمَرَ، يُحَدِّثُ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏مَنِ اتَّخَذَ كَلْبًا إِلاَّ كَلْبَ زَرْعٍ أَوْ غَنَمٍ أَوْ صَيْدٍ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ"‏ ‏

وَحَدَّثَنِي أَبُو الطَّاهِرِ، وَحَرْمَلَةُ، قَالاَ أَخْبَرَنَا ابْنُ وَهْبٍ، أَخْبَرَنِي يُونُسُ، عَنِ ابْنِ، شِهَابٍ عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏"مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ صَيْدٍ وَلاَ مَاشِيَةٍ وَلاَ أَرْضٍ فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ قِيرَاطَانِ كُلَّ يَوْمٍ"‏.‏ وَلَيْسَ فِي حَدِيثِ أَبِي الطَّاهِرِ ‏"‏وَلاَ أَرْضٍ"‏ ‏‏

حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْلَمَةَ، حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ، قَالَ أَخْبَرَنِي يَزِيدُ بْنُ خُصَيْفَةَ، قَالَ أَخْبَرَنِي السَّائِبُ بْنُ يَزِيدَ، سَمِعَ سُفْيَانَ بْنَ أَبِي زُهَيْرٍ الشَّنَئِيَّ، أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏ "‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا لاَ يُغْنِي عَنْهُ زَرْعًا وَلاَ ضَرْعًا، نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ‏"‏‏ فَقَالَ السَّائِبُ أَنْتَ سَمِعْتَ هَذَا مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ إِيْ وَرَبِّ هَذِهِ الْقِبْلَةِ‏.‏

حَدَّثَنَا مُوسَى بْنُ إِسْمَاعِيلَ، حَدَّثَنَا عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ مُسْلِمٍ، حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ دِينَارٍ، قَالَ سَمِعْتُ ابْنَ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ مَاشِيَةٍ أَوْ ضَارِيَةٍ، نَقَصَ كُلَّ يَوْمٍ مِنْ عَمَلِهِ قِيرَاطَانِ"‏‏

أَخْبَرَنَا سُوَيْدُ بْنُ نَصْرِ بْنِ سُوَيْدٍ، قَالَ أَنْبَأَنَا عَبْدُ اللَّهِ، - وَهُوَ ابْنُ الْمُبَارَكِ - عَنْ حَنْظَلَةَ، قَالَ سَمِعْتُ سَالِمًا، يُحَدِّثُ عَنِ ابْنِ عُمَرَ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم "‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا نَقَصَ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطَانِ إِلاَّ ضَارِيًا أَوْ صَاحِبَ مَاشِيَةٍ"‏ ‏

أَخْبَرَنَا عَلِيُّ بْنُ حُجْرٍ، قَالَ حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ، - يَعْنِي ابْنَ جَعْفَرٍ - قَالَ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ أَبِي حَرْمَلَةَ، عَنْ سَالِمِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا إِلاَّ كَلْبَ مَاشِيَةٍ أَوْ كَلْبَ صَيْدٍ نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ"‏ ‏ قَالَ عَبْدُ اللَّهِ وَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ  أَوْ كَلْبَ حَرْثٍ


Nous rencontrons des variations autours des termes اقتن/اتخذ/امسك, c'est la forme aqtana qui est la plus stable 24 voies de transmission fiables, via trois disciples, contre 6 voies fiables et trois disciples pour اتخذ et par 4 voies fiables et deux disciples pour امسك. 

Nous trouvons des versions où il y a pas de mention de la partie en bleu mais une version différente plus stable venant d'un disciple plus discret nommé sufyan ibn abi Zubaïr, et une inconsistance sur l'ordre ou la façon dont ces contre-exemples sont cités chez les trois autres disciples, qui échangeaient des informations à ce sujet selon les rapporteurs [8]. 


حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْلَمَةَ، حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ، قَالَ أَخْبَرَنِي يَزِيدُ بْنُ خُصَيْفَةَ، قَالَ أَخْبَرَنِي السَّائِبُ بْنُ يَزِيدَ، سَمِعَ سُفْيَانَ بْنَ أَبِي زُهَيْرٍ الشَّنَئِيَّ، أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏ "‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا لاَ يُغْنِي عَنْهُ زَرْعًا وَلاَ ضَرْعًا، نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ ‏"‏‏.‏ فَقَالَ السَّائِبُ أَنْتَ سَمِعْتَ هَذَا مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ إِيْ وَرَبِّ هَذِهِ الْقِبْلَةِ‏.‏

"Celui qui affame/tue chien qui ne lui procure ni culture, ni pis, voit ses oeuvres diminuer d'un qirāt chaque jour." 


Ceci doit être le plus proche des propos exacts émanant du Prophète à ce sujet.


G-4. Élimination :

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الْمَلِكِ بْنِ أَبِي الشَّوَارِبِ، حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، حَدَّثَنَا مَعْمَرٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، عَنْ عُرْوَةَ، عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏خَمْسُ فَوَاسِقَ يُقْتَلْنَ فِي الْحَرَمِ الْفَأْرَةُ وَالْعَقْرَبُ وَالْغُرَابُ وَالْحُدَيَّا وَالْكَلْبُ الْعَقُورُ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ وَفِي الْبَابِ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ وَابْنِ عُمَرَ وَأَبِي هُرَيْرَةَ وَأَبِي سَعِيدٍ وَابْنِ عَبَّاسٍ"

حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ يُوسُفَ، أَخْبَرَنَا مَالِكٌ، عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ

حَدَّثَنَا أَبُو طَاهِرٍ، حَدَّثَنَا ابْنُ وَهْبٍ، أَخْبَرَنِي يُونُسُ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَالِمٍ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ رَافِعًا صَوْتَهُ يَأْمُرُ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ وَكَانَتِ الْكِلاَبُ تُقْتَلُ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ ‏

أَخْبَرَنَا وَهْبُ بْنُ بَيَانٍ، قَالَ حَدَّثَنَا ابْنُ وَهْبٍ، قَالَ أَخْبَرَنِي يُونُسُ، قَالَ قَالَ ابْنُ شِهَابٍ حَدَّثَنِي سَالِمُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم رَافِعًا صَوْتَهُ يَأْمُرُ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ فَكَانَتِ الْكِلاَبُ تُقْتَلُ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ

أَخْبَرَنَا قُتَيْبَةُ، قَالَ حَدَّثَنَا حَمَّادٌ، عَنْ عَمْرٍو، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ 

وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلَابِ إِلَّا كَلْبَ صيدٍ أَو كلب غنم أَو مَاشِيَة

أَخْبَرَنَا قُتَيْبَةُ، قَالَ حَدَّثَنَا حَمَّادٌ، عَنْ عَمْرٍو، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ 

حَدَّثَنَا قُتَيْبَةُ، حَدَّثَنَا حَمَّادُ بْنُ زَيْدٍ، عَنْ عَمْرِو بْنِ دِينَارٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ.‏ قَالَ قِيلَ لَهُ إِنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ كَانَ يَقُولُ أَوْ كَلْبَ زَرْعٍ

أَخْبَرَنَا عِمْرَانُ بْنُ مُوسَى، قَالَ حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، قَالَ حَدَّثَنَا يُونُسُ، عَنِ الْحَسَنِ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّلٍ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏لَوْلاَ أَنَّ الْكِلاَبَ أُمَّةٌ مِنَ الأُمَمِ لأَمَرْتُ بِقَتْلِهَا فَاقْتُلُوا مِنْهَا الأَسْوَدَ الْبَهِيمَ وَأَيُّمَا قَوْمٍ اتَّخَذُوا  (يقتنو) كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ حَرْثٍ أَوْ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ‏"‏ ‏


Il y a des hadiths où la mention d'exception fait défaut, d'autres où cela a été ajouté au matn, enfin, il y a des variantes bi'l ma'nā où les deux parties s'entre-mêlent.

Cela consolide la thèse soutenue supra, disant que le Messager avait autorisé d'éliminer les chiens agressifs parmi les nuisibles, et été surpris en apprenant le massacre de tous les chiens. L'ajout graduel des chiens dressés en contre-exemple, et avec des propos inconsistants chez les narrateurs est la marque de ce processus.








___________

[1] Al-Khalil b. Aḥmad al-Farāhīdī (734), Kitāb al-ʿAin.

[2] Habib Anthony Salmoné, An Advanced Learner's Arabic-English Dictionary (1889)

[3] وَعَنْ اِبْنِ أَبِي عَمَّارٍ قَالَ: قُلْتُ لِجَابِرٍ: اَلضَّبُعُ صَيْدُ هِيَ ? قَالَ: نِعْمَ.‏ قُلْتُ: قَالَهُ رَسُولُ اَللَّهِ ‏- صلى الله عليه وسلم ‏-قَالَ: نِعْمَ. رَوَاهُ أَحْمَدُ, وَالْأَرْبَعَةَ. وَصَحَّحَهُ اَلْبُخَارِيُّ, وَابْنُ حِبَّانَ.‏

[4] "Le Messager d'Allah est sorti, puis il est rentré. J'avais accroché un rideau sur lequel il y avait (des images de) chevaux avec des ailes. Quand il l'a vu, il a dit: 'Débarrassez-vous-en.' "

أَخْبَرَنَا إِسْحَاقُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، قَالَ حَدَّثَنَا أَبُو مُعَاوِيَةَ، قَالَ حَدَّثَنَا هِشَامُ بْنُ عُرْوَةَ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتْ خَرَجَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم خَرْجَةً ثُمَّ دَخَلَ وَقَدْ عَلَّقْتُ قِرَامًا فِيهِ الْخَيْلُ أُولاَتُ الأَجْنِحَةِ - قَالَتْ - فَلَمَّا رَآهُ قَالَ ‏ "‏ انْزِعِيهِ ‏"‏

[5] أَخْبَرَنَا مُحَمَّدُ بْنُ قُدَامَةَ، عَنْ جَرِيرٍ، عَنْ أَبِي فَرْوَةَ، عَنْ أَبِي زُرْعَةَ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، وَأَبِي، ذَرٍّ قَالاَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَجْلِسُ بَيْنَ ظَهْرَانَىْ أَصْحَابِهِ فَيَجِيءُ الْغَرِيبُ فَلاَ يَدْرِي أَيُّهُمْ هُوَ حَتَّى يَسْأَلَ فَطَلَبْنَا إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَنْ نَجْعَلَ لَهُ مَجْلِسًا يَعْرِفُهُ الْغَرِيبُ إِذَا أَتَاهُ فَبَنَيْنَا لَهُ دُكَّانًا مِنْ طِينٍ كَانَ يَجْلِسُ عَلَيْهِ وَإِنَّا لَجُلُوسٌ وَرَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فِي مَجْلِسِهِ إِذْ أَقْبَلَ رَجُلٌ أَحْسَنُ النَّاسِ وَجْهًا وَأَطْيَبُ النَّاسِ رِيحًا كَأَنَّ ثِيَابَهُ لَمْ يَمَسَّهَا دَنَسٌ حَتَّى سَلَّمَ فِي طَرَفِ الْبِسَاطِ فَقَالَ السَّلاَمُ عَلَيْكَ يَا مُحَمَّدُ. فَرَدَّ عَلَيْهِ السَّلاَمَ قَالَ أَدْنُو يَا مُحَمَّدُ قَالَ "ادْنُهْ".‏ فَمَا زَالَ يَقُولُ أَدْنُو مِرَارًا وَيَقُولُ لَهُ ‏"‏ ادْنُ ‏"‏ ‏.‏ حَتَّى وَضَعَ يَدَهُ عَلَى رُكْبَتَىْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي مَا الإِسْلاَمُ قَالَ ‏"‏ الإِسْلاَمُ أَنْ تَعْبُدَ اللَّهَ وَلاَ تُشْرِكَ بِهِ شَيْئًا وَتُقِيمَ الصَّلاَةَ وَتُؤْتِيَ الزَّكَاةَ وَتَحُجَّ الْبَيْتَ وَتَصُومَ رَمَضَانَ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ إِذَا فَعَلْتُ ذَلِكَ فَقَدْ أَسْلَمْتُ قَالَ ‏"‏ نَعَمْ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ صَدَقْتَ ‏.‏ فَلَمَّا سَمِعْنَا قَوْلَ الرَّجُلِ صَدَقْتَ أَنْكَرْنَاهُ قَالَ يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي مَا الإِيمَانُ قَالَ ‏"‏ الإِيمَانُ بِاللَّهِ وَمَلاَئِكَتِهِ وَالْكِتَابِ وَالنَّبِيِّينَ "وَتُؤْمِنُ بِالْقَدَرِ".‏ قَالَ يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي مَا الإِحْسَانُ قَالَ ‏"‏ أَنْ تَعْبُدَ اللَّهَ كَأَنَّكَ تَرَاهُ فَإِنْ لَمْ تَكُنْ تَرَاهُ فَإِنَّهُ يَرَاكَ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ صَدَقْتَ ‏.‏ قَالَ يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي مَتَى السَّاعَةُ قَالَ فَنَكَسَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا ثُمَّ أَعَادَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا ثُمَّ أَعَادَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا وَرَفَعَ رَأْسَهُ فَقَالَ ‏"‏ مَا الْمَسْئُولُ عَنْهَا بِأَعْلَمَ مِنَ السَّائِلِ وَلَكِنْ لَهَا عَلاَمَاتٌ تُعْرَفُ بِهَا إِذَا رَأَيْتَ الرِّعَاءَ الْبُهُمَ يَتَطَاوَلُونَ فِي الْبُنْيَانِ وَرَأَيْتَ الْحُفَاةَ الْعُرَاةَ مُلُوكَ الأَرْضِ وَرَأَيْتَ الْمَرْأَةَ تَلِدُ رَبَّهَا خَمْسٌ لاَ يَعْلَمُهَا إِلاَّ اللَّهُ ‏‏ قَالَ يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي مَتَى السَّاعَةُ قَالَ فَنَكَسَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا ثُمَّ أَعَادَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا ثُمَّ أَعَادَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا وَرَفَعَ رَأْسَهُ فَقَالَ ‏"‏ مَا الْمَسْئُولُ عَنْهَا بِأَعْلَمَ مِنَ السَّائِلِ وَلَكِنْ لَهَ

[6] Abu Juhaifah Wahb bin 'Abdullah a rapporté : J'ai vu le Prophète dans la vallée d'Al-Abtah à La Mecque, dans une tente rouge faite de peau tannée. Bilal lui apporta de l'eau d'ablution. Alors le Messager d'Allah est sorti vêtu d'un manteau rouge; et je me souviens encore d'avoir regardé la blancheur de ses jarrets. Alors il fit ses ablutions, et Bilal prononça l'appel à la prière (Adhan). Je n'arrêtais pas de suivre le mouvement de son visage (de Bilal) vers la droite et vers la gauche lorsqu'il récitait : « Viens à la prière ; venir au succès.' Ensuite, une lance a été fixée (comme une Sutrah) devant le Messager d'Allah qui s'est alors avancé et a dirigé la prière. Des chiens et des ânes passaient devant lui (au-delà de la lance) et personne ne les en empêchait.


وعن أبى جحيفة وهب بن عبد الله رضى الله عنه قال‏:‏ رأيت النبي صلى الله عليه وسلم بمكة وهو بالأبطح في قبة له حمراء من آدم، فخرج بلال بوضوئه، فمن ناضح ونائل، فخرج النبي صلى الله عليه وسلم وعليه حلة حمراء، كأني أنظر إلى بياض ساقيه، فتوضأ وأذن بلال، فجعلت أتتبع فاه ههنا وههنا، يقول يمينا وشمالاً‏:‏ حي على الصلاة، حي على الفلاح، ثم ركزت له عنزة، فتقدم فصلى يمر بين يديه الكلب والحمار لا يمنع

[7] Al Dhahabi, Tadhkiratul-Huffadz, "Biographie d'Abû Bakr", 1/2-3 2.

[8] حَدَّثَنَا قُتَيْبَةُ، حَدَّثَنَا حَمَّادُ بْنُ زَيْدٍ، عَنْ عَمْرِو بْنِ دِينَارٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ ‏.‏ قَالَ قِيلَ لَهُ إِنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ كَانَ يَقُولُ أَوْ كَلْبَ زَرْعٍ ‏.‏ فَقَالَ إِنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ لَهُ زَرْعٌ ‏.‏ قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ









samedi 31 décembre 2011

XXII. Les Racines de l'Islam



A. Introduction : 

La tendance actuelle à tout trier et faire passer au crible d'un rigorisme étroit, réduit la littérature islamique et conduit à abandonner tout ce qui n'entre pas dans ce carcan étroit. Ce rigorisme conduit à une censure indirecte de toute l'histoire du monde musulman, qui conduit à la perte progressive des racines islamiques. Dans cet article nous allons montrer le véritable risque d'une telle tendance sur le plan historique.





B. Les Racines de l'Islam :
B-1. Un Exemple Parlant :

Pour montrer le véritable danger d'une telle démarche je voudrais citer ici un exemple très caractéristique inattendu des sources para-coraniques qui montre combien la conservation scrupuleuse de tous les ouvrages anciens de façon intégrale est d'une grande importance.

Un ouvrage a priori sans intérêt (du moins pour des rigoristes religieux indifférents à l'histoire) est le fammeux kitâb al Asnâm (Livre des Idoles) d'al Kalbī. Kalbī y décrit les anciennes idoles, les lieux où ceux-ci étaient vénérées et leurs histoires. On peut concevoir qu'entre les mains des savants rigoristes contemporains un tel ouvrage aurait été jeté aux oubliettes de l'histoire et sans doute ses exemplaires été détruits dans un esprit de grande piété.

Pourtant, cet ouvrage a servi à l'archéologie comme source précieuse concernant l'histoire de la Mecque, et je voudrais partager ici les conclusions scientifiques qui en ont été tirées. D'après Thomas Maria Weber, le récit affirmant que 'Amr ibn Luhay ayant arraché la gestion de la Ka'ba des mains des Jurhum et qui frappé d'une maladie aurait été se rendre près d'une certaine source chaude du côté d'al Balqā où il aurait été chercher des idoles serait vraisemblable [1].

D'après l'archéologue, dans la région décrite se trouveraient plusieurs sources thermales correspondant à la description des anciens écrits (abū 'l Walid al-Azqrakī, dans ''Akhbār Makka'', 31, 58, 73). Thomas Maria Weber écrit : "Ainsi, au nord et au sud : Emmartha près de Gadara (Umm Qais), Hammâm Abû Dablâ près de Pella (Tabaqat Fahil), Callirhoe ('Ain az-Zarah) et Baraas (Zarqa Ma'în) sur la rive orientale de la Mer Morte ; Betomearsea-Maiumas ('Ain az-Arah) près de Charabmoba (al-Kerkak) et Afrâ dans les environs du sanctuaire nabatéen de Khirbet at-Tannûr. Pour des raisons géographiques, c'est ce dernier site, le plus proche des bains situés à la frontière entre Ras an-Nabk et le Hedjaz|Hijâz, qui semble l'hypothèse la plus sérieuse.

Et de conclure un peu plus loin, au sujet du récit d'Hicham ibn al-Kalbī rapportant que 'Amr aurait demandé aux habitants de cette région, ce qu'elles étaient, au sujet de leurs statues : "La question apparemment naïve qu'Amr posa à ceux qui se rendaient à la source laisse les chercheurs d'aujourd'hui perplexe à l'idée que les représentations anthropomorphe de dieux, de rois et d'ancêtres auraient été connues depuis des temps beaucoup plus anciens dans la partie sud-arabique du cheik des Khuza'a. Quelques éléments parlent malgré tout en faveur du récit d'al-Kalbî : on attribue à 'Amr ibn Luhay l'importation de nombreuses autres représentations de dieux, depuis le Nord jusqu'au Hijâz. En tout, 360  idoles auraient été vénérées au sanctuaire de la Mecque avant le triomphe de l'islam et leur destruction par le Prophète. Ainsi que Saleh al Hamarneh l'a suggéré, le grand nombre et la diversité des dieux arabes tient peut être aux divergences d'intérêts socio-économiques entre les groupes tribaux ; ceux-ci, divisés sur les plans politiques et religieux cherchaient à sceller des alliances particulières à travers des cultes communs. Les principales divinités tribales étaient al-'Uzza, Allât et Manât, trois divinités féminines, ainsi que le dieu du beau temps et du mauvais temps, particulièrement vénéré à Dumat al-Djandal (al-Djawf), Wadd. A la Mecque, on trouvait aussi le père des dieux, Hubal, représenté sous les traits d'une grande idole. (...) Les noms des divinités cités (plus haut) apparaissant depuis déjà quelques siècles dans les inscriptions nabatéennes, à l'est de la région jordanienne, on en conclut que les figures cultuelles proviennent effectivement du Nord."

L'archéologue écrit de même qu'il n'est pas exclu que d'autres « pierres-idoles », nommées « ''baityloi'' » par les grecs étaient également parfaitement connues des Nabatéens d'Arabie du Nord, en tant que forme cultuelle primitive, et écrit : "On ne peut exclure qu'Amr ibn Luhayy ait vu, sur le site des dites sources de l'ouest jordanien, des pierres abstraites de ce type, et qu'il les ait emportées avec lui au Hijâz." Finalement il conclut en écrivant ceci : "Les rares allusions d'Ibn al-Kalbî à la forme extérieure des idoles, par exemple aux membres dont est dotée la figure de Hubal, laissent entrevoir qu'une partie au moins des statues rapportées de l'est du territoire jordanien par 'Amr Ibn Luhayy étaient anthropomorphes. Une fois posée cette prémisse, la méthode justifie que l'on examine quelques effigies de dieux trouvés près des sources thermales du nord de l'Arabie documentées par l'archéologie, afin de pouvoir se représenter les idoles préislamiques de la Mecque.".


Il est étonnant de constater que sur la base de cet ouvrage, l'archéologue Thomas Maria Weber a montré que le récit de l'importation des idoles à la Mecque du temps d'Amr ibn Luhay est pertinente. L'archéologue explique que dans le Hijaz, les représentations antropomorphes étaient ignorées, et que les noms des idoles importées, leurs origines mentionnées en Syrie et ailleurs en Arabie, sont confortées par l'archéologie, et cela alors même que le régime Saoudien interdit toute fouille dans les territoirs sacrés de la Mecque et de Médine. Autrement dit, cet ouvrage qui peut sembler inutile voir vu comme un danger a servi à confirmer l'affirmation que les idoles ont été importées à la Mecque qu'à une époque relativement récente.


Ainsi, la censure des ouvrages classiques (je ne parles pas d'annotations des éditeurs, si des passages ne correspondent pas à leurs écoles de pensées) conduit le monde musulman à progressivement perdre ses racines. Si cette démarche se maintient les générations ultérieures deviendront incapables de reconstituer l'histoire et retrouver quel que trace du paleo-islam.


B-1. Des Savants Abandonnés Par Sectarisme :

Dans le but de montrer l'ampleur de cette tendance à la censure aveugle et siencieuse mentionnons le triage des savants qui accompagne la censure à peine voilée des ouvrages classiques, en en omettant simplement des pages entières. Combien de savants sont ainsi reniés et censurés pour leur ach'arisme, mu'tazalisme, zaydisme, encore soufisme etc. Si tous les ouvrages émanant de ces savants est censuré à ce rythme, il ne restera pour ainsi dire presque plus aucun ouvrage de référence.

Pour réaliser l'ampleur de cette tendance, voici une liste de quelques savants musulmans ach'arites (évidement la liste n'est pas exhaustive, mais retient des noms connus pour montrer la gravité de la situation, nous avons choisi de citer une soixantaine de savants ach'arites de référence car ils sont très nombreux) :

  1. ibn Hajar al-Asqalâniy abu l-Fadl ;
  2. abu l-Haçan al-Bâhiliyy ;
  3. abuu IsHâq al-Isfirâyîniyy ;
  4. Hâfid abu Nu'aym al-Acahâniyy ;
  5. Le qadi abdul Wahhâb al-Mâlikiyy ;
  6. abu Muhammad al-Juwayniyy ; et son fils abu l-Ma'âlî ;
  7. abu Mançur at-Tamîmiyy al-Baghdâdiyy ;
  8. Hâfid Abu Bakr al-Ismâ'îliyy ;
  9. Hâfid abu Bakr al-Bayhaqiyy ;
  10. Hâfid Ad-Dâraqutniyy ;
  11. Hâfid al-Khatîb al- Baghdâdiyy ;
  12. abu l-QâcimaAl-Quchayriyy ; et son fils abu Nasr al-Qouchayriyy ;
  13. abu Ishaq Ach-Chîrâziyy ;
  14. Nasr Al-Maqdiciyy ;
  15. Al- Farâwiyy ;
  16. abu l-Wafâ’ ibn Aqîl al-Hanbaliyy ;
  17. Le Qâdî amghâniyy Al-Hanafiyy ;
  18. abu l-Walîd Al-Bâjiyy Al-Mâlikiyy ;
  19. as-sayyid Ahmad Ar-Rifâ`iyy ;
  20. Hâfid abu l-Qâcim Ibn Açâkîr ;
  21. ibn Sum'âniyy ;
  22. Qâdî Iyâd ;
  23. an- Nawawiyy ;
  24. Fakhru d-Dîn ar-Râzî ;
  25. al-'Izz ibn Abdi s-Salâm
  26. abu amr ibn l-Hâjib al- Mâlikiyy ;
  27. ibnu daqîq Al-'Îd ;
  28. Imam 'alâ’u d-Dîn al-Ajiyy ;
  29. Le Qadi Taqiyyou d-DIn As-Subkiyy ;
  30. Hâfid al-'âlâ'iyy ;
  31. Hâfid Zaynu d-Din al- 'IrAqiyy et son fils hafid Waliyyu d-Dîn al-'Irâqiyy ;
  32. Hâfid ibn Hajar al-Asqalâniyy ;
  33. Hâfid Mourtadâ Az-Zabîdiyy al-Hanafiyy ;
  34. Bahâ'u d-Din Ar-Rawwas al- Sufi ;
  35. Mufti Ahmad Zaynu DahlAn ;
  36. Le Mousannid Waliyyu l-LAh ad- Dahlawiyy ;
  37. Le Mufti d’Egypte Mouaammad 'Illaych al-Malikiyy ;
  38. abu l-Lah Ach-Charqawiyy ;
  39. abu l-Mahacin al-Qawaqjiyy ;
  40. Chaykh Houçayn al-Jisr al-Trabulsiyy ;
  41. Cheykh abdu l-Latif Fatha l-lah ;
  42. Chaykh Moustafâ Naja qui est Moufti de Beyrouth
  43. Chaykh AbôuMouHammad Al- WaylatOUriyy Al-MilibAriyy Al-Hindiyy. Il a composé une lettre qu’il a appelée Al-`AQA’idou s-Sounniyyah bi bayâni T-Tariqati l-‘Ach`ariyyah
  44. Ibnu Farhun Al-Malikiyy
  45. le Qadi Abu Bakr MouHammad Ibnou T-Tayyib Al-BAqil-lAniyy ;
  46. le hâfid Ibnou Fawrak ;
  47. abu Hamid Al-Ghazaliyy ;
  48. abu  l-FatH Ach- ChahrastAniyy ;
  49. l’Imam Abôu Bakr Ach-Châchiyy Al- Qaffâl ;
  50. abu Aliyy Ad-Daqqaq An-Nayçâbôuriyy ;
  51. Al- Hakim An-Nayçâbôuriyy ;
  52. Chaykh MouHammad Ibnou ManSOUr Al-Houd-houdiyy ;
  53. Chaykh Abôu `Abdi l-LAh MouHammad As-Sanûçiyy
  54. Chaykh MouHammad Ibnou `AllAn As-Siddiqiyy Ach-Châfi`iyy ;
  55. Alawiyy Ibnou Tahir Al-Hadramiyy ;
  56. al-Habib Ibnou Houçayn ibni abdi l- lah Bilfqih ;
  57. Tous les maîtres de l’Hadramaout de la famille 'Alawiyy ;
  58. as-saqqaf ;
  59. al-Junayd ;
  60. al-Aydarus ;
  61. etc.

Pour les personne familiarisées avec la littérature musulmane classique, cette liste en dit long sur les dangers d'une censure silencieuse d'une telle ampleur.


C. Des Milliers de Manuscrits Abandonnés à l'Oubli :

L'importance des manuscrits abandonnés dans des archives un peu partout en Europe et ailleurs par cet esprit rigoriste et la destruction des sites historiques a des conséquences dévastatrices terribles. Le manque de réactivité du monde musulman à l'oubli silencieux de ses racines et d'une censure d'une telle ampleur se fait à peine sentir dans certains reproches de la négligeance de l'archéologie sur les sites fondateurs du monde musulman. Or, le manque presque absolu de recherches ambitionnant la republication d'ouvrages clés oubliés traînant dans des bibliothèques éparses, généralement en dehors du monde musulman qui n'en comprend pas l'importance capitale en tant que patrimoine universel, révèle le désintérêt, pour ne pas dire le mépris des subventionneurs des maisons d'éditions, qui ne sont autres que ceux qui exigent une censure sévère des ouvrages classiques qui n'entrent pas dans le carcan d'une vision bornée et sclérosée d'un islamisme amputé de ses racines.



Illustration d'une machine d'al Jazarī (XIIe-XIIIe S), dans un vieux manuscrit.


D. Importance Des Manuscrits Pour L'Etude Linguistique :

Un autre exemple qui montre le danger d'une telle tendance est l'importance des écrits anciens ne serait-ce que pour la linguistique et la détermination du sens des mots qui est un fondement essentiel, pour les générations futures. En effet, des usages particuliers de mots donnés dans des ouvrages de référence constituent une base de donnée d'une extrême importance sur le plan linguistique, et ce y compris pour comprendre le Coran-même comme devaient le comprendre les premiers fidèles. L'appauvrissement de la langue poussant les fidèles à opter pour les interprétations les plus sévères pour des sujets devenus impossibles à trancher de façon claire.


E. Urgence de préserver le patrimoine islamique :


Il devient de plus en plus urgent de recenser et préserver les ouvrages et le patrimoine du monde musulman. Nombre de mosquées anciennes, de bâtiments divers, ponts, et autres ouvrages historiques sont anéantis du fait de guerres, de pillage ou encore d'une insoutenable négligence.

Il faudrait conscientiser le monde à ce sujet. Chose qui s'avère d'autant plus une mission improbable que l'islamité dérange nombre croissant de personnes  hostiles aux idées bien assises. 

Il faudrait d'autre part recenser les manuscrits musulmans orphelins qui tapissent dans des musées ou bibliothèques à travers le monde, en publier des copies afin de faciliter leur conservation à long terme.


Pour le Coran, il faudrait idéalement suivre la voie suivante :

1. Recenser et compiler des copies conformes de tout manuscrit et fragment, dans un ordre chronologique par degré d'ancienneté.

2. Établir une version académique (du ductus) accompagnant la version contemporaine, rajoutée des variantes, ainsi que de riches annotations permettant d'identifier les manuscrits pris en référence pour cette version scientifique du Coran.

3. Établir de même une version augmentée de cette version critique, avec la voyellisation, en notifiant minutieusement les manuscits de référence et les variantes.

4. Établir un dictionnaire (lexicologique) reprenant les racines utilisées à travers le Coran, afin d'en faciliter la compréhension.

5. Réaliser une analyse distributionelle systématique des significations et des champs sémantiques de l'intégralité de l'ouvrage afin de se fixer sur le sens visé originel des versets.

6. Renforcer cette démarche en prenant en considération la structure rhétorique et rédactionnelle montrée par Cuypers Michel afin d'en mieux cerner le sens synchronique.

Ainsi disposerions-nous enfin d'une version critique du Coran.


Pour les hadiths :

1. Il faudrait compiler des versions sérieuses des ouvrages classiques (kutūb as-sittah, kutūb al tis'ah, ...) indiquant les manuscrits employés et des références permettant d'identifier chaque source d'information.

2. Il faudrait réaliser une version universelle, académique sur les biographies des transmetteurs, les avis à leur sujets, et les critiques leur étant adressées.

3. Intégrer ces données dans des bases de données numériques afin d'en faire une analyse poussée et rigoureuse.

4. Recenser les mots employés à travers cette littérature, établir un dictionnaire dédié au contenu des hadiths.

5. Réaliser ensuite une reconstruction mathématique des hadiths suivant la méthode exposée au second article supra.


Concernant les ouvrages d'exégèse, jurisprudence, philosophiques etc., il faudrait en établir des version sérieuses indiquant les manuscrits de référence.


Il faudrait idéalement établir une plateforme numérique d'accès à ces archives, afin d'en favoriser la diffusion et l'accessibilité.


Concernant les constructions architecturales, il faudrait : 

1. Réaliser des versions numériques et des descriptions rigoureuses.

2. Les soumettre à la liste des monuments historiques patrimoine de l'humanité et du monde musulman afin de les protéger.

3. Idéalement, il faudrait faire des collectes afin de restaurer les monuments abîmés.

>> Faute d'une structure officielle prenant la charge de cette mission urgente, les personnes sensibilisées et volontaires pourraient réaliser ces tâches selon leurs moyens, et quand ils en ont l'opportunité. Car, si le monde ne réagit pas immédiatement, il y aura de grandes pertes dès les décennies qui viennent, vu l'état de guerre dans les quatre coins du monde musulman, et vu la négligence des cercles tant politiques qu'académiques. Déjà les pertes sont grandes à l'heure qu'il est.











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[1] Un article de Thomas Maria Weber dans ''L'Archéo Théma'' n° 9 (revue), juillet-août 2010, page 50-51. Archeodenum SAS. (ISSN 1969 - 1815).