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mardi 31 janvier 2012

I. Paléo-Islam et Critique-Historique





Bonjour. Dans ce blog, je vais traiter de l'islam primitif et écrire à son sujet suivant les méthodes académiques modernes et la critique historique.

Le livre :  Paleo Islam.




I-1. Les Progrès en Linguistique et en Sémantique Cognitive : 

Les progrès considérables en linguistique et en sémantique cognitive ont permis de révolutionner la critique historique. La prise de conscience de la place de la dérive sémantique et de la cognition humaine dans la perception du monde nous a ouvert de nouvelles fenêtres inédites sur notre vision de l'histoire. Il serait bien vain d'ignorer ainsi la synchronie et la diachronie dans l'étude des récits anciens, de négliger la réinterprétation perpétuelle des témoignages anciens à travers le prisme socio-anthropologique de l'époque dans laquelle nous vivons. Or, les textes fondateurs, et les ouvrages classiques anciens n'échappent pas à cette dérive et ces interprétations continuelles, en sorte que l'islam aussi se révèle, lors d'une étude historico-critique rigoureuse, s'être graduellement éloigné de sa forme primitive.





I-2. Critique Interne et Critique Externe :
 
La transmission des hadiths par leur sens (riwāyah bi'l māˤna) ou avec des rajouts (idrāʤ) au fil des générations a conduit à une augmentation numérique des hadiths. Nous allons au gré des articles montrer comment les méthodes modernes de critique interne et externe des sources et la critique historique permettent de reconstituer les récits sur base de l'analyse systématique des variantes, et voir comme les usages et coutumes ont influencé le paléo-islam et en ont graduellement éloigné les populations musulmanes au fil du temps et des changements de contextes socio-anthropologiques.


I-3. Islam Intérieur et Contexte Socio-Anthropologique :

La conception plus intérieure et spirituelle de l'islam de l'époque de Muhammad, a en effet progressivement évolué au fil des conditions socio-politiques vers une approche de plus en plus temporelle ; la croissance démographique et les conflits politiques ont conduit l'islam a évoluer insensiblement vers un système de plus en plus orthopraxique. Dès l'époque d'abū Bakr débutèrent ainsi des conflits comme le refus de payer la zakāt. Umar ibn al-Khattab, initia sous son règne des réformes profondes changeant considérablement le visage de l'islam politique. De même, à l'époque d'Uthman ibn Affān, d'Ali ibn abī Tālib et de Mu'awiya, des concepts théologico-politiques de plus en plus marqués s'instituèrent, entérinant des usages en vigueur comme des valeurs proprement islamiques, extrapolant d'autre part le moindre fait et geste du Prophète à des situations de plus en plus éloignées de leur contexte originel, pour y rechercher des règles absolues. Il est notable, qu'il n'est pas exact de parler d'un état dans le sens moderne pour l'époque du Prophète. Et ce, même si celui-ci était un leader charismatique gérant dans les faits l'économie, les conflits militaires ou les litiges en sorte d'instituer des valeur supra-tribales de plus en plus étendues. En réalité, les problèmes ressortent comme étant résolus de façon ponctuelle, sans véritablement instaurer un état structuré, dans le sens moderne du terme.

Certes, le Prophète fera fabriquer un sceau pour rédiger des lettres officielles à plusieurs dirigents d'états, mais pour autant son pouvoir était davantage céleste que matériel. Ainsi abū Sufyān aurait dit à Ali, en voyant les troupes musulmanes encerclant la Mecque, que le fils de son oncle a institué un grand royaume, et Ali lui aurait répliqué : "C'est là un règne prophétique, non un royaume". Lorsque les musulmans augmentèrent en nombre, de nouvelles populations et groupements ethniques s'ajoutant à la communauté grandissante, de nouvelles appréhensions de l'islam se mirent à influencer progressivement l'évolution de l'islam. Il semblerait que c'est du temps d'Umar qu'un état commença à véritablement se constituer. La notion de sunnah aussi s'installera dans son sens moderne vers cette période (tandis que ce terme signifiait jusque là un concept plus diffus, comme les notions de bonne sunnah ou mauvaise sunnah, ainsi que de bonne bidˤah ou mauvaise bidˤah ou "innovation"). Les premières générations parlaient ainsi bien de sunnah des Califes, des chrétiens, ou même de Dieu. Autrement dit, la signification originelle du terme sunnah qui dans l'esprit des plus anciens Sahabas signifiait l'idée de règles, usages et coutumes à suivre (maʔrūf, ce qui est connu), la notion de sunnah et de charia commencèrent à se concevoir davantage dans leurs formes que dans leurs fonds. Cherchant désormais à fonder toute chose sur une sunnah, considérée comme auto-suffisante. Ainsi, la maîtrise de la finalité des pratiques du Prophète par les anciens Sahabas, ayant été témoins des événements fondateurs depuis le commencement, cédait progressivement la place à une approche plus superficielle chez les jeunes Sahabas.


I-4. L'Influence Prépondérante de la Seconde Génération :

Ainsi, l'influence prépondérante des jeunes Sahabas qui étendaient la moindre parole ou action du Prophète à des situations de plus en plus éloignées du contexte originel par extrapolation, conduisait l'islam à s'éloigner de sa simplicité et son naturel primitif, pour prendre une apparence orthopraxique qui sera de plus en plus caractéristique. Or, les Sahabas qui institueront le nouvel islam ne maitrisaient pas la causalité et les finalités des agissements du Prophète car ils étaient trop jeunes du vivant de celui-ci. ibn Umar, qui est l'une des personnes les plus influentes dans l'institution de l'islam d'après Muhammad, est ainsi né en 614 ayant ainsi tout juste 18 ans  au décès du Prophète, Abdullah ibn Abbas étant né en 619 en avait alors seulement 13, et Abdullah ibn Zubayr né en 624 -soit deux ans après l'hégire- avait à peine 8 ans, tandis qu'abu Hurayra né en 603 avait rencontré l'islam lors de l'assiègement de Khaybar en 628 âgé de 30 ans et n'a véritablement fréquenté le prophète que quatre ans environs... Dans ce blog, nous allons nous pencher et analyser cette évolution islamique constituant une charnière dans l'histoire du monde musulman. 




Sur la carte ci-dessus, nous voyons l'extension du monde musulman du foncé vers le clair; depuis l'époque du Prophète décédé en 632 (vert le plus foncé), des quatre Caliphes entre 632-661 et en vert clair les régions islamisées à lépoque des omeyyades entre 661-750. Comme nous pouvons le voir, seulement une trentaine d'années après le décès du Prophète le monde musulman s'étendait et incluait déjà de nombreuses populations diverses de cultures très variables, ce qui ne pouvait qu'influencer la perception de l'islam par régions.

Cette extension rapide a conduit naturellement à l'apparition de situations nouvelles à mesure de l'éloignement du contexte socio-économique de Yathrib du temps du Prophète, la zakāt, les résolutions de litiges limitées à la situation de Yathrib et la tendance des jeunes Sahabas de rechercher absolument un fondement dans les usages du Messager pour toute situation nouvelle, jouait ainsi un rôle central dans la transmission des hadiths avec des interpétations propres, conduisant à leur démultiplication les éloignant de plus en plus de leur version originelle, et les version transmises selon les interprétations personnelles étant à leur tour également interprétés et transmis encore suivrant d'autres variables. Cela conduisit par conséquent à une démultiplication des hadiths, et des approches jurisprudencielles, en sorte qu'il ne restait strictement aucun sujet qui fasse l'unanimité. Et du temps de Hārun al-Rachid, quatre écoles considérées proches les unes des autres furent canonisées. De cette façon, une personne s'appuyant sur une fatwa d'un savant ne se trouvait plus condamné par un autre savant de vision opposée. Dans ce blog, nous allons rédiger des articles et analyser ces étapes selon la méthode historico-critique, la contextualisation socio-anthropologique et présenter l'islam primitif de façon critique et vérifiable.





lundi 23 janvier 2012

IX. Statut des Judéo-Chrétiens en Islam Primitif


Une croyance bien encrée dans le monde musulman est l'altération de la Torah et de l'Evangile, et le sort des Juifs et des chrétiens. Dans ce billet, nous allons voir que dans ces domaines aussi, des changements se sont opérés au fil du temps depuis l'époque de Muhammad. 


I. Le fait de ne pas se plier aux lois de la Torah des Juifs est condamné dans le Coran :

(5/44) : "Nous avons fait descendre la Torah dans laquelle il y a guide et lumière. C’est sur sa base que les prophètes qui se sont soumis à Allah, ainsi que les rabbins et les docteurs jugent les affaires des Juifs. Car on leur a confié la garde du Livre d’Allah, et ils en sont les témoins. Ne craignez donc pas les gens, mais craignez Moi. Et ne vendez pas Mes enseignements à vil prix. Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants."

Ce verset commande ouvertement aux israélites d'appliquer, à défaut de pratiquer le Coran [note], la Torah. Soulignons que ce passage se trouve dans l'une des dernières sourates chronologiques. Nous verrons plus loin comme l'idée de l'altération de la Torah a poussé les exégètes à interpréter ce verset explicite pour le faire coller à cette croyance. On constate en effet que Muhammad a jugé deux adultérins israélites suivant la Torah. 



Du temps de l'invasion de la Palestine par Nabuchodonosor, les Lévites ont fuit la région et certains se sont installés à Yathrib. En sorte que ceux-ci étaient dépositaires du temps de Muhammad d'une version archaïque de la Torah ayant échappé à la relecture érudite opérée à Babylone et Alexandrie.



II. Ils dévient les mots de leurs sens :

De quoi accuse le Coran les gens du Live ? Une partie d'entre-eux d'associer à dieu Osée "Les israélites ont dit Osée est le fils de dieu" (en effet, certains Juifs mystiques considèrent Osée comme une incarnation de Metatron engendré par les dieux, les elohim), une autre partie est accusée d'avoir rédigé des rouleaux n'émanant pas de Dieu, une partie encore de faire dévier les mots de leur sens et ne pas obéir aux lois, ainsi que d'autres de cacher des passages.

(9:30) : "Les Juifs disent : 'Uzayr est fils d’Allah' et les Chrétiens disent : 'Le Christ est fils d’Allah'. Telle est leur parole provenant de leurs bouches. Ils imitent le dire des mécréants avant eux. Qu’Allah les anéantisse ! Comment s’écartent-ils (de la vérité) ?"

(3:78) : "Et il y a parmi eux certains qui roulent leurs langues en lisant le Livre pour vous faire croire que cela provient du Livre, alors qu’il n’est point du Livre; et ils disent : 'Ceci vient d’Allah', alors qu’il ne vient point d’Allah. Ils disent sciemment des mensonges contre Allah."

(2/79) : "Malheur, donc, à ceux qui de leurs propres mains composent un livre puis le présentent comme venant d’Allah pour en tirer un vil profit! - Malheur à eux, donc, à cause de ce que leurs mains ont écrit, et malheur à eux à cause de ce qu’ils en profitent !"

Qu'est-ce qui est critiqué comme dévier le sens des mots ? Il est à rappeler que du temps de Muhammad, les Massorètes (בעלי המסורה) étaient en train de standardiser les rouleaux de la Torah et leur déchiffrement. Comme mentionné plus haut, ceux-ci s'étaient divisés à son sujet. Dans les anciens manuscrits en araméen et en hébreu du temps de Muhammad, les voyelles étaients encore largement absentes, et les mots étaient accollés les uns aux autres en sorte que de très nombreuses façon de les déchiffre existaient d'un milieu à l'autre. Les Cohanim de Yathrib, descendants disaient-ils d'Aharon s'opposaient sans doute à une telle influence sur les écrits dont ils étaient dépositaires, et le Coran se fait l'écho de ces critiques. Pourtant, de nombreux passages coraniques ignorés dans la Bible post-massorétique sont comparés dans les ouvrages d'exégèses aux israiliyyāt ou midrachim des israélites de Yathrib. Ceux-ci ayant semble-t-il fui la Palestine lors des invasions de Nabuchodonosor II, ou avant, possédaient une version archaïque de la Torah n'ayant pas subi l'influence des déchiffrements érudits d'Alexandrie ou de Babylone, ayant rapproché la lecture de la Torah des croyances sumériennes et romaines, ces peuples étant considérés comme plus instruits et en possession des récits véritables. La version grecque et la peshita étant déjà existantes du temps de Muhammad, mais différent en de nombreux points des versions en hébreu et en araméen primitives des Cohanim de Yathrib. Ces derniers s'opposant à rejeter leurs versions propres et aux standardisations massorétiques. Voilà ce à quoi le Coran se faisait l'écho. Les reproches d'une part reprochant de ne pas se plier aux exigences de la Torah et d'autre part de dévier les mots de leurs sens devenant ainsi éclairci. Autrement formulé, la Torah ne possédant pas de voyelles et sans ponctuation a été organisée d'une façon telle qu'elle a été éloignée de la version archaïque que possédaient les israélites de Yathrib ayant échappé aux invasions et à l'acculturation babylonienne et hellénistique. 


III. Sont-ce Moïse et Jésus qui ont rédigé la Torah et l'évangile  ?

Une autre croyance erronée est que la Torah et l'Evangile ont été rédigés par Moïse et Jésus. Allusion absente dans le Coran. D'après le Coran, seule les tables de la Loi sont dit avoir été rédigés du temps de Moïse. Historiquement, les langues sémitiques la Torah, tout comme pour le Coran n'était pas encore posé par écrit, et était transmise verbalement. La mise par écrit de la Torah fut réalisée semble-t-il à l'époque de Jérémie et des Rois d'Israël. Tandis que celle-ci consistait en une tradition orale jusqu'alors, selon les usages sémitiques. Pour cette raison, nous relevons que le Coran nomme des passages talmudiques comme faisant partie de la Torah orale. Des différences dans l'ordre des versets et leur organisation dans les manuscrits de la mer Morte ont conforté le Coran sur ce plan. De par l'opposition de la Judée au royaume Omride influence considérablement la rédaction de la Torah au VIeS. Ainsi, les Coahnim de Yathrib descendants des personnes ayant fui la Palestine du temps d'Elie et de Jérémie avaient échappé à cette acculturation. La mention dans le Coran de rouleaux d'Abraham concernaient manifestement certains passages des premiers livres du Pentateuque, concernant les récits cosmogoniques et des patriarches ancestraux.


Quant à l'Evangile, il consistait en les proverbes et sagesses de Jésus. Les rouleaux les rapportant allant progressivement faire corps avec les enseignements propres de Jésus. Autrement, les proverbes et sagesses de Jésus que nous possédons sont le corps de l'Evangile. Le terme évangile, dérivant du mot araméen ܐܘܢܓܠܝܘܢ signifiant "Bonne nouvelle" et désignant les enseignements de Jésus. Pour cette raison, le Coran mentionne systématiquement l'Evangile au singulier. Tandis qu'en hébreu Torah se dit " תּוֹרָה" c'est-à-dire enseignements.


IV. Sont-ce les seuls musulmans qui entreront au paradis :

(2:62) : "Certes, ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Nazaréens, et les sabéens, quiconque d’entre eux a cru en Allah au Jour dernier et accompli de bonnes œuvres, sera récompensé par son Seigneur; il n’éprouvera aucune crainte et il ne sera jamais affligé."

(5:69) : "Ceux qui ont cru, ceux qui se sont judaïsés, les Sabéens, et les Chrétiens, ceux parmi eux qui croient en Allah, au Jour dernier et qui accomplissent les bonnes œuvres, pas de crainte sur eux, et ils ne seront point affligés."

Ce dernier extrait vient de la sourate Maida, la dernière dans l'ordre chronologique. D'après ce verset, tous les monothéistes anciens iront au paradis ? Ce passage est interprété pour en déduire autre chose a contrario en se fondant sur les versets cités infra. 


(98:6) : "Les infidèles parmi les gens du Livre, ainsi que les Associateurs iront au feu de l’Enfer, pour y demeurer éternellement. De toute la création, ce sont eux les pires."

Ce passage évoque les personnes parmi les judéo-chrétiens qui associent des êtres à Dieu. Autrement dit ceux parmi eux qui sont égarés. Il demeure donc le cas des monothéistes non islamisés après l'avènement du Prophète Muhammad.


(3:85) : "Et quiconque désire une religion autre que l’islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants."

Il est connu que du temps de Muhammad, certains prophètes surgirent en Arabie poussant certains musulmans à quitter l'islam pour se joindre à ceux-ci. Ce verset concerne plausiblement ces faux prophètes, car Musaylama avait rattaché de nombreux musulmans à sa cause. Par ailleurs, les Juifs et chrétiens n'étaient pas considérés comme hors islam, mais accusés d'égarement. 


(3:19) : "Certes, la religion acceptée d’Allah, c’est l’islam. Ceux auxquels le Livre a été apporté ne se sont disputés, par agressivité entre eux, qu’après avoir reçu la science. Et quiconque ne croit pas aux signes d’Allah... alors Allah est prompt à demander compte !"

Ici, les Juifs sont critiqués de renier Muhammad et ne pas le soutenir. Cette position venant d'eux était influent sur les habitants de Yathrib, qui les tenaient comme plus savants.

En de nombreuses occurences, le Coran souligne que l'islam est celui d'Abraham, qui n'était ni Juif, ni chrétien, alors que ces derniers cherchaient à imposer leurs préceptes comme obligatoires. Or, la religion originelle de l'islam était celle d'Abraham. Attirons l'attention sur ce que ce verset ne les menace pas par l'enfer. La religion auprès de Dieu est l'islam, et Muhammad appelle l'humanité à elle, en tant que sceau des prophètes.


(3:32) : "Dis : Obéissez à Allah et au Messager. Et si vous tournez le dos... alors Allah n’aime pas les infidèles !"



Selon le Coran, le judaïsme et le christianisme ne sont pas tenus pour des religions autres que l'islam, mais sont considérés propres aux israélites. En sorte que le christianisme n'est pas non plus tenu pour une religion autre que le judaïsme. 


"Certes, la religion acceptée d’Allah, c’est l’islam. Ceux auxquels le Livre a été apporté ne se sont séparés, par agressivité entre eux, qu’après avoir reçu la science." (3:19)


(4:142-151) : "Les hypocrites seront, certes, au plus bas fond du Feu, et tu ne leur trouveras jamais de secoureur, sauf ceux qui se repentent, s’amendent, s’attachent fermement à Allah, et lui vouent une foi exclusive. Ceux-là seront avec les croyants. Et Allah donnera aux croyants une énorme récompense. Pourquoi Allah vous infligerait-il un châtiment si vous êtes reconnaissants et croyants ? Allah est reconnaissant et omniscient. Allah n’aime pas qu’on profère de mauvaises paroles sauf quand on a été injustement provoqué. Et Allah est audient et omniscient. Que vous fassiez du bien, ouvertement ou en cachette, ou bien que vous pardonniez un mal... Alors Allah est pardonneur et omnipotent. Ceux qui ne croient pas en Allah et en Ses messagers, et qui veulent faire distinction entre Allah et Ses messagers et qui disent : 'Nous croyons en certains d’entre eux mais ne croyons pas en d’autres', et qui veulent prendre un chemin intermédiaire (entre la foi et la mécréance), les voilà les vrais mécréants ! Et Nous avons préparé pour les mécréants un châtiment avilissant."

Ce passage du Coran est invoqué par les savants soutenant que les gens du Livre n'entreront pas au paradis sans avoir cru en Muhammad. Cette approche est cependant nuancée du fait des hadiths sur son intercession, ainsi que les versets mis en gras précédant ce passage désignant le triage des prophète comme une vraie mécréance. En réalité, le passage dit plus exactement que ceux-ci "veulent prendre un chemin intermédiaire" et disent en fait "Nous croyons en certains d’entre eux mais ne croyons pas en d’autres" ce qui sous-entend qu'ils sélectionnent leurs prophètes selon leur gré. Ce qui rejoint le verset 142, plus haut qui évoque les hypocrites, ceux-là même qui cherchent un chemin intermédiaire entre la foi et la mécréance. Un autre passage du Coran éclaire ce point ; (2:87) : "Est-ce qu'à chaque fois, qu'un Messager vous apportait des vérités contraires à vos souhaits vous vous enfliez d'orgueil ? Vous traitiez les uns d'imposteurs et vous tuiez les autres.". Ce verset est encore un peu précisé quatre versets plus loin dans la même sourate ; (3:155) : "(Nous les avons maudits) à cause de leur rupture de l’engagement, leur mécréance aux révélations d’Allah, leur meurtre injustifié des prophètes, et leur parole : 'Nos cœurs sont (enveloppés) et imperméables'. En réalité, c’est Allah qui a scellé leurs cœurs à cause de leur mécréance, et il en est que peu qui aient la foi."


V. Jésus envoyé aux enfants d'Israël :

Il est en outre remarquable que le Coran dépeint Jésus comme envoyé aux seuls enfants d'Israël, afin d'appliquer la Torah, sans rien n'en rejeter hormis des traditions juives externes. Ainsi, le Coran considère les lois dites de Noé (שבע מצוות בני נח), comme suffisantes pour accéder au paradis.


VI. Les commandemants de Noé :
  1. Ne pas adorer les idoles.
  2. Ne pas maudire au nom de Dieu et honorer ce nom. 
  3. Ne pas tuer une personne innocente.
  4. Eviter la perversion sexuelle.
  5. Ne pas voler.
  6. Etablir des tribunaux.
  7. Ne pas manger de la viande arrachée à un animal vivant.

Muhammad cherchait donc à réinstaurer cette religion originelle, et reprochait aux israélites de s'opposer à cela. De même, l'appel au Démiurge en rejetant les idoles, et les prophéties de Muhammad l'érigeaient en prophète selon les critères de la Torah. La mention de la foi en Muhammad pour bénéficier de son intercession est faite dans certains récits, mais d'autres se suffisent à mentionner le monothéisme comme suffisant pour en bénéficier et finalement accéder au paradis. 


VII. L'universalité de l'intercession destiné à tous les monothéistes :

À ce sujet, le Coran mentionne en différents endroits le pardon de Dieu envers tous les pécheurs hormis les personne décédées en polythéistes. En outre, il existe une série de hadiths évoquant l'intercession de Muhammad pour toute personne n'ayant rien associé à Dieu pour leur accès au paradis. 

En tant que Prophète ultime, Muhammad a l'autorité de lever les mitsvot, comme l'expliquait Rachi dans l'exégèse de la Torah [note].






samedi 14 janvier 2012

XVIII. Les Chiens en Paleo-Islam




A. Introduction : 

Un domaine également par trop négligé suscitant de vifs débats est le sujet du regard de l'islam sur les chiens. Nous trouvons la mention des chiens dans le Coran, concernant la chasse (5:13), ainsi que la mention d'un chien accompagnant de jeunes gens dans une caverne et guettant à l'entrée (18:22). Ce sont les seuls occasions où le Coran s'arrête à leur sujet. 



Le Coran mentionne la chasse avec des chiens dressés (Cor. 5,4).


La tradition fait place à de nombreux hadiths concernant les chiens, que nous allons étudier ici. Il est fait mention de l'usage des chiens dressés dans le cadre du Coran, d'une récompense pour une prostituée ayant abreuvé un chien assoiffé et de ce que des chiens entraient dans la mosquée du Prophète, y urinaient, et que les fidèles ne versaient pas d'eau par dessus pour purifier les lieux. Un hadith enseigne même qu'il est permis de manger dans un récipient lapé par un chien à la condition de bien le laver assidûment. La vente des chiens est défendue. D'un autre côté, certains récits affirment que les anges n'entreraient pas dans un endroit où se trouve un chien, et il existe une série de hadiths soutenant que le Prophète aurait commandé de tuer les chiens, puis aurait changé d'avis. 

Nous verrons que la méthode du hadith conduisant au contrôle des sources nous laisse parfois devant des récits divergents. La méthode permet de s'assurer qu'un récit a bien été tenu par une source saine. Néanmoins, les transmeurs ne sont pas infaillibles et il est évident qu'il y a eu des erreurs qui se sont introduites dans les récits. Il sied donc de déconstruire les évènements et identifier ces erreurs en sorte de rétablir la consistance et la cohésion afin de mieux se fixer sur les variantes les plus probables. Nous allons présenter ces récits et faire une analyse d'ensemble afin d'étudier la question. 


B. La question du meurtre des chiens : 

(1) "Il y a cinq nuisibles qu'il est autorisé d'éliminer dans l'enceinte sacrée : La souris, le scorpion, le corbeau, les rapaces et le chien mutilateur."

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الْمَلِكِ بْنِ أَبِي الشَّوَارِبِ، حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، حَدَّثَنَا مَعْمَرٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، عَنْ عُرْوَةَ، عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏خَمْسُ فَوَاسِقَ يُقْتَلْنَ فِي الْحَرَمِ الْفَأْرَةُ وَالْعَقْرَبُ وَالْغُرَابُ وَالْحُدَيَّا وَالْكَلْبُ الْعَقُورُ‏"‏‏.‏  قَالَ وَفِي الْبَابِ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ وَابْنِ عُمَرَ وَأَبِي هُرَيْرَةَ وَأَبِي سَعِيدٍ وَابْنِ عَبَّاسٍ"‏


(2) "Le Messager a commandé d'éliminer les chiens."

حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ يُوسُفَ، أَخْبَرَنَا مَالِكٌ، عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ


(3) "Il a dit d'éliminer le chien en haussant la voix. (Par la suite les chiens ont été tués, sauf ceux dressés pour la chasse ou la garde des champs.)"

حَدَّثَنَا أَبُو طَاهِرٍ، حَدَّثَنَا ابْنُ وَهْبٍ، أَخْبَرَنِي يُونُسُ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَالِمٍ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ رَافِعًا صَوْتَهُ يَأْمُرُ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ وَكَانَتِ الْكِلاَبُ تُقْتَلُ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ. شَبَابَةُ، حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنْ أَبِي التَّيَّاحِ،


(4) "Il a commandé de tuer les chiens, ensuite il a dit : 'Qu'ont-t-il avec les chiens ?' (Et il leur autorisa les chien de chasse.)"

 قَالَ سَمِعْتُ مُطَرِّفًا، يُحَدِّثُ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّلٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ ثُمَّ قَالَ ‏ "‏مَا لَهُمْ وَلِلْكِلاَبِ"‏.‏ ثُمَّ رَخَّصَ لَهُمْ فِي كَلْبِ الصَّيْد 
 

(5) "Si les chiens ne formaient pas une entité parmi les communautés, j'aurais pu commander de les éliminer. Mais tuez le chien noir foncé qui avait deux taches blanches. Les personnes (prenant pour cible) affamant/tuant chien ne servant pas à la chasse ou la garde des champs voient leur rétribution diminuer d'un qirāt chaque jour".

أَخْبَرَنَا عِمْرَانُ بْنُ مُوسَى، قَالَ حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، قَالَ حَدَّثَنَا يُونُسُ، عَنِ الْحَسَنِ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّلٍ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏لَوْلاَ أَنَّ الْكِلاَبَ أُمَّةٌ مِنَ الأُمَمِ لأَمَرْتُ بِقَتْلِهَا فَاقْتُلُوا مِنْهَا الأَسْوَدَ الْبَهِيمَ وَأَيُّمَا قَوْمٍ اتَّخَذُوا  (يقتنو) كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ حَرْثٍ أَوْ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ‏"‏ ‏


(6) "Je vous laisse le chien noir profond avec deux tâches blanches. Il est possédé."

وَعَن جَابر قَالَ: أَمَرَنَا رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِقَتْلِ الْكِلَابِ حَتَّى إِنَّ الْمَرْأَةَ تَقْدَمُ منَ البادِيةِ بكلبِها فتقتلَه ثُمَّ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَنْ قَتْلِهَا وَقَالَ: "عَلَيْكُمْ بِالْأَسْوَدِ الْبَهِيمِ ذِي النقطتين فَإِنَّهُ شَيْطَان" 


(7) "Le pardon a été accordé à une femme de mauvaise mœurs qui est venue sur un chien haletant et presque mort de soif à la bouche d'un puits. Elle a ôté sa chaussure, l'a attachée avec son habit et lui a puisé de l'eau. De ce fait, elle a été pardonnée. (On demanda si les gens recevaient une récompense pour ce qu'ils faisaient aux animaux, et il a répondu : "Une récompense est donnée pour chaque créature vivante".)"

حَدَّثَنَا الْحَسَنُ بْنُ الصَّبَّاحِ، حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ الأَزْرَقُ، حَدَّثَنَا عَوْفٌ، عَنِ الْحَسَنِ، وَابْنِ، سِيرِينَ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏غُفِرَ لاِمْرَأَةٍ مُومِسَةٍ مَرَّتْ بِكَلْبٍ عَلَى رَأْسِ رَكِيٍّ يَلْهَثُ، قَالَ كَادَ يَقْتُلُهُ الْعَطَشُ، فَنَزَعَتْ خُفَّهَا، فَأَوْثَقَتْهُ بِخِمَارِهَا، فَنَزَعَتْ لَهُ مِنَ الْمَاءِ، فَغُفِرَ لَهَا بِذَلِكَ"‏‏


(8) "Une femme est allée dans le brasier pour avoir retenu un chat sans le nourrir, et l'avoir empêché de manger la vermine dans la terre".

حَدَّثَنَا نَصْرُ بْنُ عَلِيٍّ، أَخْبَرَنَا عَبْدُ الأَعْلَى، حَدَّثَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ بْنُ عُمَرَ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏دَخَلَتِ امْرَأَةٌ النَّارَ فِي هِرَّةٍ رَبَطَتْهَا، فَلَمْ تُطْعِمْهَا، وَلَمْ تَدَعْهَا تَأْكُلُ مِنْ خِشَاشِ الأَرْضِ‏"‏‏.‏ قَالَ وَحَدَّثَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ عَنْ سَعِيدٍ الْمَقْبُرِيِّ عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم مِثْلَهُ


Les propos du Messager commandant de tuer les chiens ne sont pas identifiés chez quiconque. On peut, par ailleurs, noter l'étonnement du Messager en apprenant le meurtre des chiens, quand il dit : "Qu'ont-ils avec les chiens ?". Il souligne par ailleurs on ne peut plus clairement que les chiens forment une entité, et qu'il ne commanderait point d'éliminer toute une entité. Mais il fait une dérogation pour un certain chien noir foncé ayant deux tâches blanches, qu'il dit être possédé/satanique. Un autre hadith cite par ailleurs une prostituée qui abreuve un chien assoiffé presque mort dans un puits avec un de ses souliers et acquérant la guidée pour son geste de compassion. Le Prophète explique que le fait de nourrir ou abreuver quelque être doué de vie sera recompensé.


C.  Déconstruction de la croyance de ce commandement:

(1) "Il y a cinq nuisibles qu'il est autorisé d'éliminer dans l'enceinte sacrée : La souris, le scorpion, le corbeau, les rapaces et le chien mutilateur/inutile."

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الْمَلِكِ بْنِ أَبِي الشَّوَارِبِ، حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، حَدَّثَنَا مَعْمَرٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، عَنْ عُرْوَةَ، عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏خَمْسُ فَوَاسِقَ يُقْتَلْنَ فِي الْحَرَمِ الْفَأْرَةُ وَالْعَقْرَبُ وَالْغُرَابُ وَالْحُدَيَّا وَالْكَلْبُ الْعَقُورُ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ وَفِي الْبَابِ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ وَابْنِ عُمَرَ وَأَبِي هُرَيْرَةَ وَأَبِي سَعِيدٍ وَابْنِ عَبَّاسٍ"


Ce hahith semble résider à la source de l'idée que le Messager aurait ordonné de tuer tous les chiens. Car les termes kalbi aqūr {كَلْبُ الْعَقُو} peuvent être compris comme chien mutilateur, mais également comme chien improductif, chien inutile. La tradition rapporte que des chiens allaient et venaient jusqu'à l'intérieur de la mosquée. Parallèlement à ce sermon, un certain chien, agressif attira l'attention du Prophète qui dit, en haussant la voix, d'éliminer le chien. Il est plausible que certains disciples aient cru comprendre que le Prophète avait désigné les chiens comme inutiles et commandé de les tuer dans l'enceinte sacrée, cela aura été partagé et mis en application collectivement, tout comme pour l'interdiction de la consommation du vin, le port du khimār... Jusqu'à ce que le Messager réagisse en apprenant cela, d'où son étonnement et ses propos soulignant que les chiens sont une communauté comme les autres. L'incommensurable charisme du Messager et son poids sur les compagnons se note d'une façon étonnante dans cette scène du sermon d'adieu. 

"Ô peuple ! Ecoutez ma parole, car je ne sais pas, il se peut que je ne vous rencontre pas après mon année que voici, en ce lieu, à jamais. (...) En quel mois nous trouvons-nous ? Allah et son Messager sont plus savants. Ne nous trouvons-nous pas en le mois sacré de dh'ul Hijjah ? En quel lieu nous trouvons-nous ? Allah et son Messager sont plus savants. Ne nous trouvons-nous pas dans le territoire sacré ? Tout comme ce mois et ce lieu sont sacrés. Vos vies sont sacrées..."

(2) "Il a commandé de tuer les chiens, ensuite il a dit : 'Qu'ont-ils avec les chiens ?' (Et il leur autorisa les chien de chasse.)"

 قَالَ سَمِعْتُ مُطَرِّفًا، يُحَدِّثُ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّلٍ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ ثُمَّ قَالَ ‏ "‏مَا لَهُمْ وَلِلْكِلاَبِ"‏.‏ ثُمَّ رَخَّصَ لَهُمْ فِي كَلْبِ الصَّيْد 


Ici, nous constatons très clairement l'étonnement du prophète rapporté par ibn Mugaffal, lorsqu'il apprend que les fidèles s'attaquent aux chiens. La partie entre parenthèse est un commentaire du narrateur derivé du second sermon infra.

(3) "Si les chiens ne formaient pas une entité parmi les communautés, j'aurais pu commander de les éliminer. Mais tuez le chien noir foncé qui avait deux taches blanches. Les gens (acquérant) affamant/tuant quelque chien (parmi sa communauté) ne servant pas à la chasse ou la garde des champs voient leur rétribution diminuer d'un qirāt chaque jour".

أَخْبَرَنَا عِمْرَانُ بْنُ مُوسَى، قَالَ حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، قَالَ حَدَّثَنَا يُونُسُ، عَنِ الْحَسَنِ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّلٍ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏لَوْلاَ أَنَّ الْكِلاَبَ أُمَّةٌ مِنَ الأُمَمِ لأَمَرْتُ بِقَتْلِهَا فَاقْتُلُوا مِنْهَا الأَسْوَدَ الْبَهِيمَ وَأَيُّمَا قَوْمٍ اتَّخَذُوا  (يقتنو) كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ حَرْثٍ أَوْ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ‏"‏ ‏


Le hadith supra, toujours selon ibn Mugaffal, montre que le Messager a réagi au massacre des chiens, et a expliqué qu'il n'a jamais pensé à commander de tuer les chiens, puisqu'ils constituent une communauté comme les autres. Il autorise à éliminer un certain chien précis, qui est apparemment agressif. La fin du hadith mérite de s'y arrêter plus en profondeur.


(4) "Quiconque affame/tue chien ne l'enrichissant point de plante ni de pis, sa rétribution se voit réduite d'un qirāt chaque jour."

حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْلَمَةَ، حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ، قَالَ أَخْبَرَنِي يَزِيدُ بْنُ خُصَيْفَةَ، قَالَ أَخْبَرَنِي السَّائِبُ بْنُ يَزِيدَ، سَمِعَ سُفْيَانَ بْنَ أَبِي زُهَيْرٍ الشَّنَئِيَّ، أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏ "‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا لاَ يُغْنِي عَنْهُ زَرْعًا وَلاَ ضَرْعًا، نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ‏"‏‏ فَقَالَ السَّائِبُ أَنْتَ سَمِعْتَ هَذَا مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ إِيْ وَرَبِّ هَذِهِ الْقِبْلَةِ‏


Ci-dessus la canule de l'embouchure  d'un vase de distillation datant du IXe ou du xeS, Proche-Orient.

Au sujet du terme اقتن, nous lisons dans le tout premier dictionnaire arabe de l'histoire datant du VIIIeS [1] {معهما. وامرأة قَتينٌ : قليلة الدم واللحم. ومسك قاتِنٌ أي يابس لا ندوة فيه وقد قتن قتونا} qui montre un rapport avec la carence en nourriture, suggérant l'idée d'asoiffer, rejoignant le sens de امسك qui est de retenir. On lit également dans un dictionnaire d'enseignement avancé arabe/anglais ceci : {قَتَنَ (n. ac. قُتُوْن) a. Became dry, dried up. / قَتُنَ (n. ac. قَتَاْنَة) a. Ate but little; wasted away. / أَقْتَنَ a. see (قَتُنَ) b. Destroyed, killed (vermin) / قَتِيْن a. Thin, waiting ; hungry. b. White silk dress. c. Elegant (person).} [2].

En consultant les ouvrages d'exégèse nous lisons {الاقتناء بالقاف افتعال من القنية بالكسر}, indiquant que ce mot est dérivé de القنية, "canule".  Nous retrouvons l'idée de "réduction d'un passage", interprété comme l'idée de se procurer quelque chose pour son acquisition. L'idée de malnutrition, d'asoiffer est plus probable dans le cadre du sermon, ou alors l'idée de réduire/diminuer (Cor, 53:48) leur communauté. 

Le terme اقتن, est rendu par l'idée de retenir ou prendre, car certains des Compagnons n'ont pas réalisé que le Messager sermonnait sur les droits des chiens. Or, le sens premier du terme est l'idée de faire passer une chose à travers une canule. Alors, cela a été rendu par l'idée de se procurer la chose, la prendre ou la retenir. Lorsque nous admettons que le Prophète n'a jamais pensé à éradiquer les chiens, et qu'il l'explique dans ce contexte, nous comprenons qu'il est question de faire dépérir de faim et de soif des chiens que les fidèles considèrent inutile. La racine قتن est employé ici, or, on le retrouve dans un ouvrage specialisé des termes orphelins et rares intitulé Gharīb al-Ḥadīth, rédigé par Abū ʿUbayd al-Qāsim bin Salām (m.829).

Le massacre des chiens ayant cessé après ce sermon, et adopter des chiens en dehors de ceux utilisés pour la chasse ou la garde des champs n'étant pas obligatoire, cette interprétation n'a jamais suscité la curiosité. D'autant plus qu'il y avait des hadiths interdisant le prix des chiens, et leur vente, et que la croyance que les anges n'entrent pas dans des endroits occupés par des chiens s'était installé d'autre part.


D. Le chien est-il impur ?

(1) "J'ai interrogé le Messager de Dieu. J'ai dit : Nous chassons avec des chiens. Il a répondu: Si vous le lancez et que vous mentionnez le nom de Dieu, alors quoi qu'il chasse pour vous, même s'il le tue, mangez-en. S'il en mange (une partie), n'en mangez pas, il l'a chassé pour son compte. Si d'autres chiens en ont mangé, n'en mangez pas."
حَدَّثَنَا عَلِيُّ بْنُ الْمُنْذِرِ، حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ فُضَيْلٍ، حَدَّثَنَا بَيَانُ بْنُ بِشْرٍ، عَنِ الشَّعْبِيِّ، عَنْ عَدِيِّ بْنِ حَاتِمٍ، قَالَ سَأَلْتُ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ فَقُلْتُ إِنَّا قَوْمٌ نَصِيدُ بِهَذِهِ الْكِلاَبِ ‏.‏ قَالَ ‏ "‏إِذَا أَرْسَلْتَ كِلاَبَكَ الْمُعَلَّمَةَ وَذَكَرْتَ اسْمَ اللَّهِ عَلَيْهَا فَكُلْ مَا أَمْسَكْنَ عَلَيْكَ وَإِنْ قَتَلْنَ إِلاَّ أَنْ يَأْكُلَ الْكَلْبُ فَإِنْ أَكَلَ الْكَلْبُ فَلاَ تَأْكُلْ فَإِنِّي أَخَافُ أَنْ يَكُونَ إِنَّمَا أَمْسَكَ عَلَى نَفْسِهِ وَإِنْ خَالَطَهَا كِلاَبٌ أُخَرُ فَلاَ تَأْكُلْ"‏‏.‏ قَالَ ابْنُ مَاجَهْ سَمِعْتُهُ - يَعْنِي عَلِيَّ بْنَ الْمُنْذِرِ - يَقُولُ حَجَجْتُ ثَمَانِيَةً وَخَمْسِينَ حِجَّةً أَكْثَرُهَا رَاجِلٌ ."


(2) "Si le chien lape un récipient, lavez-le sept fois et frottez-le avec de la terre la huitième fois."
أَخْبَرَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الأَعْلَى الصَّنْعَانِيُّ، قَالَ حَدَّثَنَا خَالِدٌ، حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنْ أَبِي التَّيَّاحِ، قَالَ سَمِعْتُ مُطَرِّفًا، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ الْمُغَفَّلِ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ وَرَخَّصَ فِي كَلْبِ الصَّيْدِ وَالْغَنَمِ وَقَالَ ‏ "‏إِذَا وَلَغَ الْكَلْبُ فِي الإِنَاءِ فَاغْسِلُوهُ سَبْعَ مَرَّاتٍ وَعَفِّرُوهُ الثَّامِنَةَ بِالتُّرَابِ"‏
 
(3) Ibn Umar dit : "Les chiens urinaient, entraient et sortaient de la mosquée du temps du Messager, personne ne s'en souciait."
وَقَالَ أَحْمَدُ بْنُ شَبِيبٍ حَدَّثَنَا أَبِي، عَنْ يُونُسَ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، قَالَ حَدَّثَنِي حَمْزَةُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ كَانَتِ الْكِلاَبُ تَبُولُ وَتُقْبِلُ وَتُدْبِرُ فِي الْمَسْجِدِ فِي زَمَانِ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فَلَمْ يَكُونُوا يَرُشُّونَ شَيْئًا مِنْ ذَلِكَ

Nous lisons que des chiens entraient dans la mosquée du Prophète et y urinaient, et que celui-ci ne commandait pas de nettoyer pour la prière. Il est même permis de manger dans un récipient lapé par un chien une fois bien lavé. Il est autorisé de manger un gibier attrapé et tué par un chien de chasse dressé. Soulignons que la chair du hyène qui est un charognard est licite de l'autorité d'al-Bukhāri d'après Jabir [3], l'idée que le chien soit moins pur que le hyène ne se fonde sur rien de solide. Il apparaît insoutenable qu'il soit permis de manger du hyène et impur de rester à proximité du chien.


E. La Question de la vente des chiens : 

(1) "Il a prohibé le revenu canin".

حَدَّثَنَا أَبُو الْوَلِيدِ الطَّيَالِسِيُّ، حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، أَخْبَرَنِي عَوْنُ بْنُ أَبِي جُحَيْفَةَ، أَنَّ أَبَاهُ، قَالَ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم نَهَى عَنْ ثَمَنِ الْكَلْبِ ‏


(2) "Le Messager a interdit la vente de l'excédent d'eau."

 حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مُحَمَّدٍ النُّفَيْلِيُّ، حَدَّثَنَا دَاوُدُ بْنُ عَبْدِ الرَّحْمَنِ الْعَطَّارُ، عَنْ عَمْرِو بْنِ دِينَارٍ، عَنْ أَبِي الْمِنْهَالِ، عَنْ إِيَاسِ بْنِ عَبْدٍ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم نَهَى عَنْ بَيْعِ فَضْلِ الْمَاءِ 


L'interdiction de la vente des chiens est comparable à la vente de l'excédent d'eau.



F. Les chiens et les anges : 

(1) Abdallah ibn Abbas rapporte : Le Prophète rentrait dans la maison, y voyant des dessins il s'abstint d'y entrer et commanda de les détruire. Il y vit des représentations d'Abraham et Ismail avec des baguettes de divination et dit : "Que Dieu les punisse. Vraiment, ils n'ont jamais pratiqué d'oracle." (al-Bukhāri, AnbiyaHajjMaghazi.)

حَدَّثَنَا إِبْرَاهِيمُ بْنُ مُوسَى، أَخْبَرَنَا هِشَامٌ، عَنْ مَعْمَرٍ، عَنْ أَيُّوبَ، عَنْ عِكْرِمَةَ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ ـ رضى الله عنهما أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم لَمَّا رَأَى الصُّوَرَ فِي الْبَيْتِ لَمْ يَدْخُلْ، حَتَّى أَمَرَ بِهَا فَمُحِيَتْ، وَرَأَى إِبْرَاهِيمَ وَإِسْمَاعِيلَ ـ عَلَيْهِمَا السَّلاَمُ ـ بِأَيْدِيهِمَا الأَزْلاَمُ فَقَالَ ‏ "‏قَاتَلَهُمُ اللَّهُ، وَاللَّهِ إِنِ اسْتَقْسَمَا بِالأَزْلاَمِ قَطُّ"‏‏


(2) Abdallah ibn Abbas a dit, j'ai entendu abu Talha dire qu'il a entendu le Messager dire : "Les Anges n'entrent pas dans les maisons où se trouvent un chien ou une image."

حَدَّثَنَا سَلَمَةُ بْنُ شَبِيبٍ، وَالْحَسَنُ بْنُ عَلِيٍّ الْخَلاَّلُ، وَعَبْدُ بْنُ حُمَيْدٍ، وَغَيْرُ، وَاحِدٍ، وَاللَّفْظُ، لِلْحَسَنِ بْنِ عَلِيٍّ قَالُوا حَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّزَّاقِ، أَخْبَرَنَا مَعْمَرٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، عَنْ عُبَيْدِ اللَّهِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُتْبَةَ، أَنَّهُ سَمِعَ ابْنَ عَبَّاسٍ، يَقُولُ سَمِعْتُ أَبَا طَلْحَةَ، يَقُولُ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏ "‏لاَ تَدْخُلُ الْمَلاَئِكَةُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلاَ صُورَةُ تَمَاثِيلَ‏" ‏.‏ 


(3) D'après Anas. Aicha avait un rideau contenant des images avec lequel elle cachait sa maison, mais le Prophète lui a dit : "Enlève ce rideau contenant des images, car ses images continuent d'interférer avec ma prière."

وَعَن أنس قَالَ: كَانَ قِرَامٌ لِعَائِشَةَ سَتَرَتْ بِهِ جَانِبَ بَيْتِهَا فَقَالَ لَهَا النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: «أَمِيطِي عَنَّا قِرَامَكِ هَذَا فَإِنَّهُ لَا يَزَالُ تَصَاوِيرُهُ تَعْرِضُ لِي فِي صَلَاتِي
 

(4) Salim, d'après son père. Le Messager dit : "Quiconque affame/tue chien ne lui servant ni pour la chasse ni pour la garde des bestiaux, verra ses oeuvres diminuer de un qirāt chaque jour.".

أَخْبَرَنَا عَلِيُّ بْنُ حُجْرٍ، قَالَ حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ، - يَعْنِي ابْنَ جَعْفَرٍ - قَالَ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ أَبِي حَرْمَلَةَ، عَنْ سَالِمِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا إِلاَّ كَلْبَ مَاشِيَةٍ أَوْ كَلْبَ صَيْدٍ نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ"‏ ‏.‏ قَالَ عَبْدُ اللَّهِ وَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ ‏"‏ أَوْ كَلْبَ حَرْثٍ"‏ ‏

(5) Salim, d'après son père. Le Messager dit : "Les anges n'accompagnent pas les voyageurs emportant des clochettes".

أَخْبَرَنَا عَبْدُ الرَّحْمَنِ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ سَلاَّمٍ الطَّرَسُوسِيُّ، قَالَ حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ هَارُونَ، قَالَ أَنْبَأَنَا نَافِعُ بْنُ عُمَرَ الْجُمَحِيُّ، عَنْ أَبِي بَكْرِ بْنِ مُوسَى، قَالَ كُنْتُ مَعَ سَالِمِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ فَحَدَّثَ سَالِمٌ، عَنْ أَبِيهِ، عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏‏لاَ تَصْحَبُ الْمَلاَئِكَةُ رُفْقَةً فِيهَا جُلْجُل 

(6) Salim, d'après son père. Une fois, Gabriel a promis de rendre visite au Prophète mais il a retardé et le Prophète s'est inquiété à ce sujet. Enfin il sortit et trouva Gabriel et se plaignit auprès de lui de son chagrin (pour son retard). Gabriel lui dit : "Nous n'entrons pas dans un endroit où il y a une image ou un chien."

حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ سُلَيْمَانَ، قَالَ حَدَّثَنِي ابْنُ وَهْبٍ، قَالَ حَدَّثَنِي عُمَرُ ـ هُوَ ابْنُ مُحَمَّدٍ ـ عَنْ سَالِمٍ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ وَعَدَ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم جِبْرِيلُ فَرَاثَ عَلَيْهِ حَتَّى اشْتَدَّ عَلَى النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم فَخَرَجَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم فَلَقِيَهُ، فَشَكَا إِلَيْهِ مَا وَجَدَ، فَقَالَ لَهُ ‏ "‏إِنَّا لاَ نَدْخُلُ بَيْتًا فِيهِ صُورَةٌ وَلاَ كَلْبٌ"‏‏

(7)  D'après Aicha, Gabriel promit au Prophète de lui rendre visite à un moment déterminé. Le moment venu, Gabriel ne venait toujours pas. Le Prophète avait à la main un bâton qu'il jeta en disant : "Ni Dieu ni Ses envoyés (allusion aux anges) ne manquent à leurs promesses." Puis il se retourna et aperçut un chiot sous son lit. Il demanda alors : "Quand ce chien est-il entré ?" - Par Dieu, je n'en ai aucune idée, répondis-je." Il ordonna alors de le faire sortir. Puis Gabriel vint à lui et le Prophète lui dit : "Tu m'as promis de venir et je t'ai attendu mais en vain." Gabriel répondit : "C'est le chien qui était chez toi qui m'en a empêché. Certes, nous n'entrons pas dans une demeure dans laquelle se trouve un chien ou une image" 

حَدَّثَنِي سُوَيْدُ بْنُ سَعِيدٍ، حَدَّثَنَا عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ أَبِي حَازِمٍ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ بْنِ عَبْدِ الرَّحْمَنِ عَنْ عَائِشَةَ، أَنَّهَا قَالَتْ وَاعَدَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم جِبْرِيلُ عَلَيْهِ السَّلاَمُ فِي سَاعَةٍ يَأْتِيهِ فِيهَا فَجَاءَتْ تِلْكَ السَّاعَةُ وَلَمْ يَأْتِهِ وَفِي يَدِهِ عَصًا فَأَلْقَاهَا مِنْ يَدِهِ وَقَالَ ‏"‏مَا يُخْلِفُ اللَّهُ وَعْدَهُ وَلاَ رُسُلُهُ"‏‏.‏ ثُمَّ الْتَفَتَ فَإِذَا جِرْوُ كَلْبٍ تَحْتَ سَرِيرِهِ فَقَالَ ‏"‏يَا عَائِشَةُ مَتَى دَخَلَ هَذَا الْكَلْبُ هَا هُنَا‏"‏‏.‏ فَقَالَتْ وَاللَّهِ مَا دَرَيْتُ‏.‏ فَأَمَرَ بِهِ فَأُخْرِجَ فَجَاءَ جِبْرِيلُ فَقَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم "وَاعَدْتَنِي فَجَلَسْتُ لَكَ فَلَمْ تَأْتِ".فَقَالَ مَنَعَنِي الْكَلْبُ الَّذِي كَانَ فِي بَيْتِكَ إِنَّا لاَ نَدْخُلُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلاَ صُورَةٌ


(8) abu Talha al-Ansari a rapporté : “Le Messager a dit : 'Les Anges n'entrent pas dans les maisons où se trouvent un chien ou une image. Le transmetteur Zayd ibn Khalid commenta : “Sur ce je me suis rendu chez Aïcha demander : abu Talha m'a rapporté que le Messager a dit : 'Les Anges n'entrent pas dans les maisons où se trouvent un chien ou une image, as-tu entendu cela du Prophète ? Aïcha répondit : 'Non je n'ai pas entendu cela venant du Prophète, mais je vais te rapporter un autre incident, j'ai un jour accroché à l'entrée depuis la Mosquée vers ma chambre un rideau avec des franges comportant des dessins. Et je constatai le mécontentement du Prophète à sa vue qui arracha le rideau et dit : − ‘Allah ne nous a pas commandé d'habiller les pierres et le ciment.'. Aïcha ajouta : 'J'ai découpé le drap et fabriqué deux coussins, que j'ai bourrés de tiges de dattier. Le Messager je m'a jamais fait de reproche à ce sujet."

حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، أَخْبَرَنَا جَرِيرٌ، عَنْ سُهَيْلِ بْنِ أَبِي صَالِحٍ، عَنْ سَعِيدِ، بْنِ يَسَارٍ أَبِي الْحُبَابِ مَوْلَى بَنِي النَّجَّارِ عَنْ زَيْدِ بْنِ خَالِدٍ الْجُهَنِيِّ، عَنْ أَبِي طَلْحَةَ الأَنْصَارِيِّ، قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏"‏لاَ تَدْخُلُ الْمَلاَئِكَةُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلاَ تَمَاثِيلُ‏"‏‏.‏ قَالَ فَأَتَيْتُ عَائِشَةَ فَقُلْتُ إِنَّ هَذَا يُخْبِرُنِي أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏"‏لاَ تَدْخُلُ الْمَلاَئِكَةُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلاَ تَمَاثِيلُ‏"‏‏.‏ فَهَلْ سَمِعْتِ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ذَكَرَ ذَلِكَ فَقَالَتْ لاَ وَلَكِنْ سَأُحَدِّثُكُمْ مَا رَأَيْتُهُ فَعَلَ رَأَيْتُهُ خَرَجَ فِي غَزَاتِهِ فَأَخَذْتُ نَمَطًا فَسَتَرْتُهُ عَلَى الْبَابِ فَلَمَّا قَدِمَ فَرَأَى النَّمَطَ عَرَفْتُ الْكَرَاهِيَةَ فِي وَجْهِهِ فَجَذَبَهُ حَتَّى هَتَكَهُ أَوْ قَطَعَهُ وَقَالَ ‏"‏إِنَّ اللَّهَ لَمْ يَأْمُرْنَا أَنْ نَكْسُوَ الْحِجَارَةَ وَالطِّينَ"‏‏.‏ قَالَتْ فَقَطَعْنَا مِنْهُ وِسَادَتَيْنِ وَحَشَوْتُهُمَا لِيفًا فَلَمْ يَعِبْ ذَلِكَ عَلَىَّ


(9) D'après Aicha. J'avais acheté des coussins portant des images, le Prophète se tenait debout sans franchir la porte. Je dis : "Je me repens, de mon péché.". Il dit : "Que sont ces coussins ?" Je répondis : "Pour s'assoir dessus ou s'y accouder." Il dit : "Les dessinateurs réalisant ses figurations seront appelés à leur donner vie au jour de la résurrection. De plus les anges n'entrent pas dans un endroit où se trouve une image."
 
حَدَّثَنَا حَجَّاجُ بْنُ مِنْهَالٍ، حَدَّثَنَا جُوَيْرِيَةُ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ الْقَاسِمِ، عَنْ عَائِشَةَ ـ رضى الله عنها ـ أَنَّهَا اشْتَرَتْ نُمْرُقَةً فِيهَا تَصَاوِيرُ، فَقَامَ النَّبِيُّ صلى الله عليه وسلم بِالْبَابِ فَلَمْ يَدْخُلْ‏.‏ فَقُلْتُ أَتُوبُ إِلَى اللَّهِ مِمَّا أَذْنَبْتُ‏.‏ قَالَ ‏"‏ مَا هَذِهِ النُّمْرُقَةُ ‏"‏‏.‏ قُلْتُ لِتَجْلِسَ عَلَيْهَا وَتَوَسَّدَهَا‏.‏ قَالَ ‏"‏ إِنَّ أَصْحَابَ هَذِهِ الصُّوَرِ يُعَذَّبُونَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ، يُقَالُ  أَحْيُوا مَا خَلَقْتُمْ‏.‏ وَإِنَّ الْمَلاَئِكَةَ لاَ تَدْخُلُ بَيْتًا فِيهِ الصُّورَةُ". ‏


(10) D'après Abdallah ibn Abbas, Maimuna m'a rapporté qu'un matin, le messager d'Allah était silencieux de chagrin. Maimuna a dit : Messager d'Allah, j'ai trouvé un changement dans ton humeur aujourd'hui. Le messager d'Allah a dit : Gabriel m'avait promis qu'il me rencontrerait ce soir, mais il ne m'a pas rencontré. Par Allah, il n'a jamais rompu ses promesses, et le messager d'Allah a passé la journée dans cette (humeur) triste. Puis il lui vint à l'esprit qu'il y avait eu un chiot sous leur lit. Il a commandé et il a été sorti de là. Il prit alors de l'eau dans sa main et l'aspergea à cet endroit. Le soir venu, Gabriel le rencontra et lui dit : tu m'as promis que tu me rencontrerais la nuit précédente. Il a dit : Oui, mais on n'entre pas dans une maison où il y a un chien ou une image.

حَدَّثَنِي حَرْمَلَةُ بْنُ يَحْيَى، أَخْبَرَنَا ابْنُ وَهْبٍ، أَخْبَرَنِي يُونُسُ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنِ ابْنِ السَّبَّاقِ، أَنَّ عَبْدَ اللَّهِ بْنَ عَبَّاسٍ، قَالَ أَخْبَرَتْنِي مَيْمُونَةُ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَصْبَحَ يَوْمًا وَاجِمًا فَقَالَتْ مَيْمُونَةُ يَا رَسُولَ اللَّهِ لَقَدِ اسْتَنْكَرْتُ هَيْئَتَكَ مُنْذُ الْيَوْمِ ‏.‏ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏إِنَّ جِبْرِيلَ كَانَ وَعَدَنِي أَنْ يَلْقَانِي اللَّيْلَةَ فَلَمْ يَلْقَنِي أَمَ وَاللَّهِ مَا أَخْلَفَنِي"‏‏.‏ قَالَ فَظَلَّ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَوْمَهُ ذَلِكَ عَلَى ذَلِكَ ثُمَّ وَقَعَ فِي نَفْسِهِ جِرْوُ كَلْبٍ تَحْتَ فُسْطَاطٍ لَنَا فَأَمَرَ بِهِ فَأُخْرِجَ ثُمَّ أَخَذَ بِيَدِهِ مَاءً فَنَضَحَ مَكَانَهُ فَلَمَّا أَمْسَى لَقَهََ جِبْرِيل "‏قَدْ كُنْتَ وَعَدْتَنِي أَنْ تَلْقَانِي الْبَارِحَةَ‏"‏‏.‏ قَالَ أَجَلْ وَلَكِنَّا لاَ نَدْخُلُ بَيْتًا فِيهِ كَلْبٌ وَلاَ صُورَةٌ.‏ فَأَصْبَحَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَوْمَئِذٍ فَأَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ حَتَّى إِنَّهُ يَأْمُرُ بِقَتْلِ كَلْبِ الْحَائِطِ ​​الصَّغِيرِ وَيَتْرُكُ كَلْبَ الْحَائِطِ ​​الْكَبِيرِ


(11) Que celui qui a mangé de ces deux aliments qui sentent (onion et ail) n'approche pas la mosquée car ce qui dérange les hommes dérange les anges.

وَعَنْ جَابِرٍ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: "مَنْ أَكَلَ مِنْ هَذِهِ الشَّجَرَةِ الْمُنْتِنَةِ فَلَا يَقْرَبَنَّ مَسْجِدَنَا فَإِنَّ الْمَلَائِكَةَ تَتَأَذَّى مِمَّا يَتَأَذَّى مِنْهُ الْإِنْسُ"


(12) D'après un autre récit il dit "Que celui qui mange de l'ail ou l'onion reste loin de nous ou la mosquée et reste chez soi. On lui apporta des aliments qui sentent, et il les renvoya à des compagnons. Ils constatèrent sa désapprobation et il leur enjoignit "mangez-en, je discute avec ceux avec qui vous ne discutez pas".

وَحَدَّثَنِي أَبُو الطَّاهِرِ، وَحَرْمَلَةُ، قَالاَ أَخْبَرَنَا ابْنُ وَهْبٍ، أَخْبَرَنِي يُونُسُ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، قَالَ حَدَّثَنِي عَطَاءُ بْنُ أَبِي رَبَاحٍ، أَنَّ جَابِرَ بْنَ عَبْدِ اللَّهِ، قَالَ - وَفِي رِوَايَةِ حَرْمَلَةَ وَزَعَمَ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏"مَنْ أَكَلَ ثُومًا أَوْ بَصَلاً فَلْيَعْتَزِلْنَا أَوْ لِيَعْتَزِلْ مَسْجِدَنَا وَلْيَقْعُدْ فِي بَيْتِهِ"‏ ‏ وَأَنَّهُ أُتِيَ بِقِدْرٍ فِيهِ خَضِرَاتٌ مِنْ بُقُولٍ فَوَجَدَ لَهَا رِيحًا فَسَأَلَ فَأُخْبِرَ بِمَا فِيهَا مِنَ الْبُقُولِ فَقَالَ ‏"‏ قَرِّبُوهَا ‏"‏ ‏.‏ إِلَى بَعْضِ أَصْحَابِهِ فَلَمَّا رَآهُ كَرِهَ أَكْلَهَا قَالَ ‏"‏كُلْ فَإِنِّي أُنَاجِي مَنْ لاَ تُنَاجِي"


Au sujet de la question des anges et des chiens, nous constatons une inconsistance dans les récits de référence tenus pour sahih. 

Deux récits d'après ibn Abbas ont manifestement fusionné par une transmission bi'l ma'nā, sous la forme d'un récit mentionnant que l'Archange Gabriel serait arrivé disant que les anges n'entrent pas dans une maison occupée par une image. Un récit, d'Après Salim de son père, apparaît, il y a une confusion avec la question des clochettes et des anges, en fusionnant l'interdiction présumée d'avoir un chien chez soi, qui ont été transmis selon d'autres voies, mieux étoffées. Initialement il était question de la Ka'ba (الْبَيْتِ). Il devait sembler logique que cette information émane de Gabriel, il devait donc s'être produit un incident. Dans certaines variantes, les narrateurs mentionnent en effet respectivement Aicha, ou Maimuna en ajoutant "épouse du Prophète". Ceci est inhabituel et montre que l'un des narrateurs cherche simplement à identifier la maison où un tel incident a pu se produire, l'identification exacte n'étant pas indispensable au récit, une telle latitude aura dû sembler être sans incidence.

Il semble que d'un premier récit imprécis, attribué à Salim, un essai avec la maison de Aicha est apparu. Il y a vraisemblablement eu une fusion entre le récit du Prophète refusant d'entrer dans la Ka'ba et commandant de détruire les images y figurant, avec la maison de Aicha. Dans un troisième temps, l'incident avec les rideaux contenant des images de chevaux ailés dans la chambre d'Aicha, d'après Anas, sur le fond du récit de celui-ci selon abū Talha a pu émerger, et celui des coussins.  

Concernant la version avec Aicha, Zaïd ibn Khalid lui demande. Non seulement elle n'en a pas entendu parler, mais en outre, elle précise avoir employé un rideau avec des dessins de chevaux ailés [4] pour en réaliser des coussins auxquels le Messager s'appuyait sans remarque. Aicha ayant infirmé l'assertion d'abu Talha, il y a eu un remplacement de Aicha, par Maimuna, dont on a dû imaginer qu'il était nécessaire qu'il y ait une source logique à ce démenti de Aicha. Puisque Maimuna est la tante d'ibn Abbas, à la source de ces débats. Mais le démenti d'abu Talha, par Aicha, remet également en question celui d'après Nafi, selon Qasim ibn Muhammad d'après Aïcha qui soutient que celle-ci aurait acheté des coussins contenant des images et que le Messager aurait interdits. La conviction de la nécessité de justifier Aicha induisit un récit où elle se repent pour les coussins. 

Ce ďémenti de Aicha, la consolidation selon Anas, et l'incompatibilité entre le récits des rideaux et des coussins concernant la chambre de Aicha, montrent que la seule issue cohérente est le démenti par Aicha. La tolérance par le messager des dessins sur les coussins dans la chambre d'Aicha rend par ailleurs caduque le récit d'après Maimuna, et l'affirmation d'abu Talha.

Rappelons-nous que d'après ibn Umar, du temps du Prophète les chiens visitaient la mosquée et que le Prophète ne disait rien. Pourtant la tradition rapporte des visites de Gabriel dans cette même mosquée [5]. La mention d'image avec les chiens étant associée, et le fait que le cas des images de chevaux ne gênait point le Prophète, ni la visite de chiens dans la mosquée, et le passage de chiens devant le Messager, durant la prière commune lors du pèlerinage d'adieu sans que cela ne dérange la cérémonie [6], il devient incohérent de fonder un avis tranché dans le sens de l'interdiction, surtout que le Coran enseigne que Jésus aurait formé des figurines d'oiseaux (Cor, 3:53), que des génies sculptaient des statues pour Salomon (Cor, 34:12-13) et qu'un chien tenait la garde à l'entrée d'une caverne avec un groupe de jeunes fuyards (Cor, 18:22). 

Le sujet tourne autours d'Abdallah ibn Abbas qui dit l'avoir entendu de abu Talha. Il y a plusieurs versions d'après Ali qui sont chacunes faibles. Sans doute parcequ'il est connu pour avoir été missionné pour détruire les idoles.  

Fonder une interdiction de posséder un chien sur base de ces hadiths suscite une autre problématique plus grande encore. Les chiens de chasse sont explicitement autorisés dans le Coran, et le Coran mentionne un chien qui resta dans la caverne des jeunes fuyards. Cela ressemble à la question de la consommation d'ail ou d'onion avant de venir à la mosquée. En effet, le Prophète interdit cela, pourtant il dit aux fidèles de manger de ceux-ci, car ils ne sont pas comme lui, visités par les anges. La présence de chiens pourrait donc tout au plus être comparable à la consommation d'ail ou d'onion, qui n'est pas tenu pour interdite. Il existe un autre récit d'abu Talha, en dehors de ceux rapportés d'après ibn Abbas, selon Zaid ibn Khalid, ou seul les images sont mentionnées comme empêchant les anges de venir, sans la mention des chiens.

Les anges protecteurs (Cor, 50:18-19) & (Cor, 32:10-12), et les anges de la mort (Cor, 32:11) sont de fait aptes à agir en présence de chiens. Si le souci était le contact direct du Messager avec Gabriel, alors seulement il serait possible que la présence imminente d'un chien gêne sa visite, et que le Prophète n'ait pas ressenti l'utilité de diffuser cette information aux fidèles et que cet incident ait pu être retenu de façon si marginale.

Al Dhahabi rapporte que le calife abu Bakr réunit les gens après la mort du Prophète et leur dit : «Certes, vous rapportez à partir du Messager des hadiths à propos desquels vous vous divisez. Les gens, après vous, se diviseront davantage. Ne rapportez donc rien au nom du Messager ! Si on vous interroge -en quoi que ce soit- dîtes : Voici le Livre d'Allah entre nous. Accomplissez ce qu'il considère comme licite et abstenez-vous de l'illicite. » [7]. 


G. Les variantes de ces recits :
 
G-1. Chasse :

حَدَّثَنَا حَفْصُ بْنُ عُمَرَ، قَالَ حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنِ ابْنِ أَبِي السَّفَرِ، عَنِ الشَّعْبِيِّ، عَنْ عَدِيِّ بْنِ حَاتِمٍ، قَالَ سَأَلْتُ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم فَقَالَ ‏"‏إِذَا أَرْسَلْتَ كَلْبَكَ الْمُعَلَّمَ فَقَتَلَ فَكُلْ، وَإِذَا أَكَلَ فَلاَ تَأْكُلْ، فَإِنَّمَا أَمْسَكَهُ عَلَى نَفْسِهِ" ‏  


G-2. Vente :

حَدَّثَنَا الرَّبِيعُ بْنُ نَافِعٍ أَبُو تَوْبَةَ، حَدَّثَنَا عُبَيْدُ اللَّهِ، - يَعْنِي ابْنَ عَمْرٍو - عَنْ عَبْدِ الْكَرِيمِ، عَنْ قَيْسِ بْنِ حَبْتَرٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عَبَّاسٍ، قَالَ نَهَى رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم عَنْ ثَمَنِ الْكَلْبِ وَإِنْ جَاءَ يَطْلُبُ ثَمَنَ الْكَلْبِ فَامْلأْ كَفَّهُ تُرَابًا ‏

حَدَّثَنَا إِبْرَاهِيمُ بْنُ مُوسَى الرَّازِيُّ، ح وَحَدَّثَنَا الرَّبِيعُ بْنُ نَافِعٍ أَبُو تَوْبَةَ، وَعَلِيُّ بْنُ بَحْرٍ، قَالاَ حَدَّثَنَا عِيسَى، وَقَالَ، إِبْرَاهِيمُ أَخْبَرَنَا عَنِ الأَعْمَشِ، عَنْ أَبِي سُفْيَانَ، عَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، أَنَّ النَّبِيَّ صلى الله عليه وسلم نَهَى عَنْ ثَمَنِ الْكَلْبِ وَالسِّنَّوْرِ ‏


G-3. Achat :

أَخْبَرَنَا قُتَيْبَةُ، قَالَ حَدَّثَنَا اللَّيْثُ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّهُ سَمِعَهُ يَقُولُ إِنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "مَنْ أَمْسَكَ كَلْبًا إِلاَّ كَلْبًا ضَارِيًا أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ نَقَصَ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطَانِ"‏

حَدَّثَنِي زُهَيْرُ بْنُ حَرْبٍ، حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، حَدَّثَنَا هِشَامٌ الدَّسْتَوَائِيُّ، حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ أَبِي كَثِيرٍ، عَنْ أَبِي سَلَمَةَ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏مَنْ أَمْسَكَ كَلْبًا فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ إِلاَّ كَلْبَ حَرْثٍ أَوْ مَاشِيَةٍ‏"‏ ‏

حَدَّثَنَا مُوسَى بْنُ إِسْمَاعِيلَ، حَدَّثَنَا هَمَّامٌ، عَنْ يَحْيَى، قَالَ حَدَّثَنِي أَبُو سَلَمَةَ، أَنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ ـ رضى الله عنه ـ حَدَّثَهُ قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏مَنْ أَمْسَكَ كَلْبًا يَنْقُصْ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ، إِلاَّ كَلْبَ حَرْثٍ أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ‏"

حَدَّثَنَا قُتَيْبَةُ بْنُ سَعِيدٍ، حَدَّثَنَا عَبْدُ الْوَاحِدِ، - يَعْنِي ابْنَ زِيَادٍ - عَنْ إِسْمَاعِيلَ، بْنِ سُمَيْعٍ حَدَّثَنَا أَبُو رَزِينٍ، قَالَ سَمِعْتُ أَبَا هُرَيْرَةَ، يَقُولُ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم "مَنِ اتَّخَذَ كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ صَيْدٍ وَلا غَنَمٍ نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ"‏

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ الْمُثَنَّى، وَابْنُ، بَشَّارٍ - وَاللَّفْظُ لاِبْنِ الْمُثَنَّى - قَالاَ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ، بْنُ جَعْفَرٍ حَدَّثَنَا شُعْبَةُ، عَنْ قَتَادَةَ، عَنْ أَبِي الْحَكَمِ، قَالَ سَمِعْتُ ابْنَ عُمَرَ، يُحَدِّثُ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏مَنِ اتَّخَذَ كَلْبًا إِلاَّ كَلْبَ زَرْعٍ أَوْ غَنَمٍ أَوْ صَيْدٍ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ"‏ ‏

وَحَدَّثَنِي أَبُو الطَّاهِرِ، وَحَرْمَلَةُ، قَالاَ أَخْبَرَنَا ابْنُ وَهْبٍ، أَخْبَرَنِي يُونُسُ، عَنِ ابْنِ، شِهَابٍ عَنْ سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، عَنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏"مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ صَيْدٍ وَلاَ مَاشِيَةٍ وَلاَ أَرْضٍ فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ قِيرَاطَانِ كُلَّ يَوْمٍ"‏.‏ وَلَيْسَ فِي حَدِيثِ أَبِي الطَّاهِرِ ‏"‏وَلاَ أَرْضٍ"‏ ‏‏

حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْلَمَةَ، حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ، قَالَ أَخْبَرَنِي يَزِيدُ بْنُ خُصَيْفَةَ، قَالَ أَخْبَرَنِي السَّائِبُ بْنُ يَزِيدَ، سَمِعَ سُفْيَانَ بْنَ أَبِي زُهَيْرٍ الشَّنَئِيَّ، أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏ "‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا لاَ يُغْنِي عَنْهُ زَرْعًا وَلاَ ضَرْعًا، نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ‏"‏‏ فَقَالَ السَّائِبُ أَنْتَ سَمِعْتَ هَذَا مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ إِيْ وَرَبِّ هَذِهِ الْقِبْلَةِ‏.‏

حَدَّثَنَا مُوسَى بْنُ إِسْمَاعِيلَ، حَدَّثَنَا عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ مُسْلِمٍ، حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ دِينَارٍ، قَالَ سَمِعْتُ ابْنَ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ عَنِ النَّبِيِّ صلى الله عليه وسلم قَالَ ‏ "‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ مَاشِيَةٍ أَوْ ضَارِيَةٍ، نَقَصَ كُلَّ يَوْمٍ مِنْ عَمَلِهِ قِيرَاطَانِ"‏‏

أَخْبَرَنَا سُوَيْدُ بْنُ نَصْرِ بْنِ سُوَيْدٍ، قَالَ أَنْبَأَنَا عَبْدُ اللَّهِ، - وَهُوَ ابْنُ الْمُبَارَكِ - عَنْ حَنْظَلَةَ، قَالَ سَمِعْتُ سَالِمًا، يُحَدِّثُ عَنِ ابْنِ عُمَرَ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم "‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا نَقَصَ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطَانِ إِلاَّ ضَارِيًا أَوْ صَاحِبَ مَاشِيَةٍ"‏ ‏

أَخْبَرَنَا عَلِيُّ بْنُ حُجْرٍ، قَالَ حَدَّثَنَا إِسْمَاعِيلُ، - يَعْنِي ابْنَ جَعْفَرٍ - قَالَ حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ أَبِي حَرْمَلَةَ، عَنْ سَالِمِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏"‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا إِلاَّ كَلْبَ مَاشِيَةٍ أَوْ كَلْبَ صَيْدٍ نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ"‏ ‏ قَالَ عَبْدُ اللَّهِ وَقَالَ أَبُو هُرَيْرَةَ  أَوْ كَلْبَ حَرْثٍ


Nous rencontrons des variations autours des termes اقتن/اتخذ/امسك, c'est la forme aqtana qui est la plus stable 24 voies de transmission fiables, via trois disciples, contre 6 voies fiables et trois disciples pour اتخذ et par 4 voies fiables et deux disciples pour امسك. 

Nous trouvons des versions où il y a pas de mention de la partie en bleu mais une version différente plus stable venant d'un disciple plus discret nommé sufyan ibn abi Zubaïr, et une inconsistance sur l'ordre ou la façon dont ces contre-exemples sont cités chez les trois autres disciples, qui échangeaient des informations à ce sujet selon les rapporteurs [8]. 


حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْلَمَةَ، حَدَّثَنَا سُلَيْمَانُ، قَالَ أَخْبَرَنِي يَزِيدُ بْنُ خُصَيْفَةَ، قَالَ أَخْبَرَنِي السَّائِبُ بْنُ يَزِيدَ، سَمِعَ سُفْيَانَ بْنَ أَبِي زُهَيْرٍ الشَّنَئِيَّ، أَنَّهُ سَمِعَ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏ "‏مَنِ اقْتَنَى كَلْبًا لاَ يُغْنِي عَنْهُ زَرْعًا وَلاَ ضَرْعًا، نَقَصَ مِنْ عَمَلِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ ‏"‏‏.‏ فَقَالَ السَّائِبُ أَنْتَ سَمِعْتَ هَذَا مِنْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ إِيْ وَرَبِّ هَذِهِ الْقِبْلَةِ‏.‏

"Celui qui affame/tue chien qui ne lui procure ni culture, ni pis, voit ses oeuvres diminuer d'un qirāt chaque jour." 


Ceci doit être le plus proche des propos exacts émanant du Prophète à ce sujet.


G-4. Élimination :

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ عَبْدِ الْمَلِكِ بْنِ أَبِي الشَّوَارِبِ، حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، حَدَّثَنَا مَعْمَرٌ، عَنِ الزُّهْرِيِّ، عَنْ عُرْوَةَ، عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏خَمْسُ فَوَاسِقَ يُقْتَلْنَ فِي الْحَرَمِ الْفَأْرَةُ وَالْعَقْرَبُ وَالْغُرَابُ وَالْحُدَيَّا وَالْكَلْبُ الْعَقُورُ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ وَفِي الْبَابِ عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ وَابْنِ عُمَرَ وَأَبِي هُرَيْرَةَ وَأَبِي سَعِيدٍ وَابْنِ عَبَّاسٍ"

حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ يُوسُفَ، أَخْبَرَنَا مَالِكٌ، عَنْ نَافِعٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ عُمَرَ ـ رضى الله عنهما ـ أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ

حَدَّثَنَا أَبُو طَاهِرٍ، حَدَّثَنَا ابْنُ وَهْبٍ، أَخْبَرَنِي يُونُسُ، عَنِ ابْنِ شِهَابٍ، عَنْ سَالِمٍ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ ـ صلى الله عليه وسلم ـ رَافِعًا صَوْتَهُ يَأْمُرُ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ وَكَانَتِ الْكِلاَبُ تُقْتَلُ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ ‏

أَخْبَرَنَا وَهْبُ بْنُ بَيَانٍ، قَالَ حَدَّثَنَا ابْنُ وَهْبٍ، قَالَ أَخْبَرَنِي يُونُسُ، قَالَ قَالَ ابْنُ شِهَابٍ حَدَّثَنِي سَالِمُ بْنُ عَبْدِ اللَّهِ، عَنْ أَبِيهِ، قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم رَافِعًا صَوْتَهُ يَأْمُرُ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ فَكَانَتِ الْكِلاَبُ تُقْتَلُ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ

أَخْبَرَنَا قُتَيْبَةُ، قَالَ حَدَّثَنَا حَمَّادٌ، عَنْ عَمْرٍو، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ 

وَعَنِ ابْنِ عُمَرَ أَنَّ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلَابِ إِلَّا كَلْبَ صيدٍ أَو كلب غنم أَو مَاشِيَة

أَخْبَرَنَا قُتَيْبَةُ، قَالَ حَدَّثَنَا حَمَّادٌ، عَنْ عَمْرٍو، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ 

حَدَّثَنَا قُتَيْبَةُ، حَدَّثَنَا حَمَّادُ بْنُ زَيْدٍ، عَنْ عَمْرِو بْنِ دِينَارٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ.‏ قَالَ قِيلَ لَهُ إِنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ كَانَ يَقُولُ أَوْ كَلْبَ زَرْعٍ

أَخْبَرَنَا عِمْرَانُ بْنُ مُوسَى، قَالَ حَدَّثَنَا يَزِيدُ بْنُ زُرَيْعٍ، قَالَ حَدَّثَنَا يُونُسُ، عَنِ الْحَسَنِ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُغَفَّلٍ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏لَوْلاَ أَنَّ الْكِلاَبَ أُمَّةٌ مِنَ الأُمَمِ لأَمَرْتُ بِقَتْلِهَا فَاقْتُلُوا مِنْهَا الأَسْوَدَ الْبَهِيمَ وَأَيُّمَا قَوْمٍ اتَّخَذُوا  (يقتنو) كَلْبًا لَيْسَ بِكَلْبِ حَرْثٍ أَوْ صَيْدٍ أَوْ مَاشِيَةٍ فَإِنَّهُ يَنْقُصُ مِنْ أَجْرِهِ كُلَّ يَوْمٍ قِيرَاطٌ‏"‏ ‏


Il y a des hadiths où la mention d'exception fait défaut, d'autres où cela a été ajouté au matn, enfin, il y a des variantes bi'l ma'nā où les deux parties s'entre-mêlent.

Cela consolide la thèse soutenue supra, disant que le Messager avait autorisé d'éliminer les chiens agressifs parmi les nuisibles, et été surpris en apprenant le massacre de tous les chiens. L'ajout graduel des chiens dressés en contre-exemple, et avec des propos inconsistants chez les narrateurs est la marque de ce processus.








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[1] Al-Khalil b. Aḥmad al-Farāhīdī (734), Kitāb al-ʿAin.

[2] Habib Anthony Salmoné, An Advanced Learner's Arabic-English Dictionary (1889)

[3] وَعَنْ اِبْنِ أَبِي عَمَّارٍ قَالَ: قُلْتُ لِجَابِرٍ: اَلضَّبُعُ صَيْدُ هِيَ ? قَالَ: نِعْمَ.‏ قُلْتُ: قَالَهُ رَسُولُ اَللَّهِ ‏- صلى الله عليه وسلم ‏-قَالَ: نِعْمَ. رَوَاهُ أَحْمَدُ, وَالْأَرْبَعَةَ. وَصَحَّحَهُ اَلْبُخَارِيُّ, وَابْنُ حِبَّانَ.‏

[4] "Le Messager d'Allah est sorti, puis il est rentré. J'avais accroché un rideau sur lequel il y avait (des images de) chevaux avec des ailes. Quand il l'a vu, il a dit: 'Débarrassez-vous-en.' "

أَخْبَرَنَا إِسْحَاقُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ، قَالَ حَدَّثَنَا أَبُو مُعَاوِيَةَ، قَالَ حَدَّثَنَا هِشَامُ بْنُ عُرْوَةَ، عَنْ أَبِيهِ، عَنْ عَائِشَةَ، قَالَتْ خَرَجَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم خَرْجَةً ثُمَّ دَخَلَ وَقَدْ عَلَّقْتُ قِرَامًا فِيهِ الْخَيْلُ أُولاَتُ الأَجْنِحَةِ - قَالَتْ - فَلَمَّا رَآهُ قَالَ ‏ "‏ انْزِعِيهِ ‏"‏

[5] أَخْبَرَنَا مُحَمَّدُ بْنُ قُدَامَةَ، عَنْ جَرِيرٍ، عَنْ أَبِي فَرْوَةَ، عَنْ أَبِي زُرْعَةَ، عَنْ أَبِي هُرَيْرَةَ، وَأَبِي، ذَرٍّ قَالاَ كَانَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَجْلِسُ بَيْنَ ظَهْرَانَىْ أَصْحَابِهِ فَيَجِيءُ الْغَرِيبُ فَلاَ يَدْرِي أَيُّهُمْ هُوَ حَتَّى يَسْأَلَ فَطَلَبْنَا إِلَى رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَنْ نَجْعَلَ لَهُ مَجْلِسًا يَعْرِفُهُ الْغَرِيبُ إِذَا أَتَاهُ فَبَنَيْنَا لَهُ دُكَّانًا مِنْ طِينٍ كَانَ يَجْلِسُ عَلَيْهِ وَإِنَّا لَجُلُوسٌ وَرَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم فِي مَجْلِسِهِ إِذْ أَقْبَلَ رَجُلٌ أَحْسَنُ النَّاسِ وَجْهًا وَأَطْيَبُ النَّاسِ رِيحًا كَأَنَّ ثِيَابَهُ لَمْ يَمَسَّهَا دَنَسٌ حَتَّى سَلَّمَ فِي طَرَفِ الْبِسَاطِ فَقَالَ السَّلاَمُ عَلَيْكَ يَا مُحَمَّدُ. فَرَدَّ عَلَيْهِ السَّلاَمَ قَالَ أَدْنُو يَا مُحَمَّدُ قَالَ "ادْنُهْ".‏ فَمَا زَالَ يَقُولُ أَدْنُو مِرَارًا وَيَقُولُ لَهُ ‏"‏ ادْنُ ‏"‏ ‏.‏ حَتَّى وَضَعَ يَدَهُ عَلَى رُكْبَتَىْ رَسُولِ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي مَا الإِسْلاَمُ قَالَ ‏"‏ الإِسْلاَمُ أَنْ تَعْبُدَ اللَّهَ وَلاَ تُشْرِكَ بِهِ شَيْئًا وَتُقِيمَ الصَّلاَةَ وَتُؤْتِيَ الزَّكَاةَ وَتَحُجَّ الْبَيْتَ وَتَصُومَ رَمَضَانَ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ إِذَا فَعَلْتُ ذَلِكَ فَقَدْ أَسْلَمْتُ قَالَ ‏"‏ نَعَمْ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ صَدَقْتَ ‏.‏ فَلَمَّا سَمِعْنَا قَوْلَ الرَّجُلِ صَدَقْتَ أَنْكَرْنَاهُ قَالَ يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي مَا الإِيمَانُ قَالَ ‏"‏ الإِيمَانُ بِاللَّهِ وَمَلاَئِكَتِهِ وَالْكِتَابِ وَالنَّبِيِّينَ "وَتُؤْمِنُ بِالْقَدَرِ".‏ قَالَ يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي مَا الإِحْسَانُ قَالَ ‏"‏ أَنْ تَعْبُدَ اللَّهَ كَأَنَّكَ تَرَاهُ فَإِنْ لَمْ تَكُنْ تَرَاهُ فَإِنَّهُ يَرَاكَ ‏"‏ ‏.‏ قَالَ صَدَقْتَ ‏.‏ قَالَ يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي مَتَى السَّاعَةُ قَالَ فَنَكَسَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا ثُمَّ أَعَادَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا ثُمَّ أَعَادَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا وَرَفَعَ رَأْسَهُ فَقَالَ ‏"‏ مَا الْمَسْئُولُ عَنْهَا بِأَعْلَمَ مِنَ السَّائِلِ وَلَكِنْ لَهَا عَلاَمَاتٌ تُعْرَفُ بِهَا إِذَا رَأَيْتَ الرِّعَاءَ الْبُهُمَ يَتَطَاوَلُونَ فِي الْبُنْيَانِ وَرَأَيْتَ الْحُفَاةَ الْعُرَاةَ مُلُوكَ الأَرْضِ وَرَأَيْتَ الْمَرْأَةَ تَلِدُ رَبَّهَا خَمْسٌ لاَ يَعْلَمُهَا إِلاَّ اللَّهُ ‏‏ قَالَ يَا مُحَمَّدُ أَخْبِرْنِي مَتَى السَّاعَةُ قَالَ فَنَكَسَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا ثُمَّ أَعَادَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا ثُمَّ أَعَادَ فَلَمْ يُجِبْهُ شَيْئًا وَرَفَعَ رَأْسَهُ فَقَالَ ‏"‏ مَا الْمَسْئُولُ عَنْهَا بِأَعْلَمَ مِنَ السَّائِلِ وَلَكِنْ لَهَ

[6] Abu Juhaifah Wahb bin 'Abdullah a rapporté : J'ai vu le Prophète dans la vallée d'Al-Abtah à La Mecque, dans une tente rouge faite de peau tannée. Bilal lui apporta de l'eau d'ablution. Alors le Messager d'Allah est sorti vêtu d'un manteau rouge; et je me souviens encore d'avoir regardé la blancheur de ses jarrets. Alors il fit ses ablutions, et Bilal prononça l'appel à la prière (Adhan). Je n'arrêtais pas de suivre le mouvement de son visage (de Bilal) vers la droite et vers la gauche lorsqu'il récitait : « Viens à la prière ; venir au succès.' Ensuite, une lance a été fixée (comme une Sutrah) devant le Messager d'Allah qui s'est alors avancé et a dirigé la prière. Des chiens et des ânes passaient devant lui (au-delà de la lance) et personne ne les en empêchait.


وعن أبى جحيفة وهب بن عبد الله رضى الله عنه قال‏:‏ رأيت النبي صلى الله عليه وسلم بمكة وهو بالأبطح في قبة له حمراء من آدم، فخرج بلال بوضوئه، فمن ناضح ونائل، فخرج النبي صلى الله عليه وسلم وعليه حلة حمراء، كأني أنظر إلى بياض ساقيه، فتوضأ وأذن بلال، فجعلت أتتبع فاه ههنا وههنا، يقول يمينا وشمالاً‏:‏ حي على الصلاة، حي على الفلاح، ثم ركزت له عنزة، فتقدم فصلى يمر بين يديه الكلب والحمار لا يمنع

[7] Al Dhahabi, Tadhkiratul-Huffadz, "Biographie d'Abû Bakr", 1/2-3 2.

[8] حَدَّثَنَا قُتَيْبَةُ، حَدَّثَنَا حَمَّادُ بْنُ زَيْدٍ، عَنْ عَمْرِو بْنِ دِينَارٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم أَمَرَ بِقَتْلِ الْكِلاَبِ إِلاَّ كَلْبَ صَيْدٍ أَوْ كَلْبَ مَاشِيَةٍ ‏.‏ قَالَ قِيلَ لَهُ إِنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ كَانَ يَقُولُ أَوْ كَلْبَ زَرْعٍ ‏.‏ فَقَالَ إِنَّ أَبَا هُرَيْرَةَ لَهُ زَرْعٌ ‏.‏ قَالَ أَبُو عِيسَى هَذَا حَدِيثٌ حَسَنٌ