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mardi 31 janvier 2012

I. Paléo-Islam et Critique-Historique





Bonjour. Dans ce blog, je vais traiter de l'islam primitif et écrire à son sujet suivant les méthodes académiques modernes et la critique historique.

Le livre :  Paleo Islam.




I-1. Les Progrès en Linguistique et en Sémantique Cognitive : 

Les progrès considérables en linguistique et en sémantique cognitive ont permis de révolutionner la critique historique. La prise de conscience de la place de la dérive sémantique et de la cognition humaine dans la perception du monde nous a ouvert de nouvelles fenêtres inédites sur notre vision de l'histoire. Il serait bien vain d'ignorer ainsi la synchronie et la diachronie dans l'étude des récits anciens, de négliger la réinterprétation perpétuelle des témoignages anciens à travers le prisme socio-anthropologique de l'époque dans laquelle nous vivons. Or, les textes fondateurs, et les ouvrages classiques anciens n'échappent pas à cette dérive et ces interprétations continuelles, en sorte que l'islam aussi se révèle, lors d'une étude historico-critique rigoureuse, s'être graduellement éloigné de sa forme primitive.





I-2. Critique Interne et Critique Externe :
 
La transmission des hadiths par leur sens (riwāyah bi'l māˤna) ou avec des rajouts (idrāʤ) au fil des générations a conduit à une augmentation numérique des hadiths. Nous allons au gré des articles montrer comment les méthodes modernes de critique interne et externe des sources et la critique historique permettent de reconstituer les récits sur base de l'analyse systématique des variantes, et voir comme les usages et coutumes ont influencé le paléo-islam et en ont graduellement éloigné les populations musulmanes au fil du temps et des changements de contextes socio-anthropologiques.


I-3. Islam Intérieur et Contexte Socio-Anthropologique :

La conception plus intérieure et spirituelle de l'islam de l'époque de Muhammad, a en effet progressivement évolué au fil des conditions socio-politiques vers une approche de plus en plus temporelle ; la croissance démographique et les conflits politiques ont conduit l'islam a évoluer insensiblement vers un système de plus en plus orthopraxique. Dès l'époque d'abū Bakr débutèrent ainsi des conflits comme le refus de payer la zakāt. Umar ibn al-Khattab, initia sous son règne des réformes profondes changeant considérablement le visage de l'islam politique. De même, à l'époque d'Uthman ibn Affān, d'Ali ibn abī Tālib et de Mu'awiya, des concepts théologico-politiques de plus en plus marqués s'instituèrent, entérinant des usages en vigueur comme des valeurs proprement islamiques, extrapolant d'autre part le moindre fait et geste du Prophète à des situations de plus en plus éloignées de leur contexte originel, pour y rechercher des règles absolues. Il est notable, qu'il n'est pas exact de parler d'un état dans le sens moderne pour l'époque du Prophète. Et ce, même si celui-ci était un leader charismatique gérant dans les faits l'économie, les conflits militaires ou les litiges en sorte d'instituer des valeur supra-tribales de plus en plus étendues. En réalité, les problèmes ressortent comme étant résolus de façon ponctuelle, sans véritablement instaurer un état structuré, dans le sens moderne du terme.

Certes, le Prophète fera fabriquer un sceau pour rédiger des lettres officielles à plusieurs dirigents d'états, mais pour autant son pouvoir était davantage céleste que matériel. Ainsi abū Sufyān aurait dit à Ali, en voyant les troupes musulmanes encerclant la Mecque, que le fils de son oncle a institué un grand royaume, et Ali lui aurait répliqué : "C'est là un règne prophétique, non un royaume". Lorsque les musulmans augmentèrent en nombre, de nouvelles populations et groupements ethniques s'ajoutant à la communauté grandissante, de nouvelles appréhensions de l'islam se mirent à influencer progressivement l'évolution de l'islam. Il semblerait que c'est du temps d'Umar qu'un état commença à véritablement se constituer. La notion de sunnah aussi s'installera dans son sens moderne vers cette période (tandis que ce terme signifiait jusque là un concept plus diffus, comme les notions de bonne sunnah ou mauvaise sunnah, ainsi que de bonne bidˤah ou mauvaise bidˤah ou "innovation"). Les premières générations parlaient ainsi bien de sunnah des Califes, des chrétiens, ou même de Dieu. Autrement dit, la signification originelle du terme sunnah qui dans l'esprit des plus anciens Sahabas signifiait l'idée de règles, usages et coutumes à suivre (maʔrūf, ce qui est connu), la notion de sunnah et de charia commencèrent à se concevoir davantage dans leurs formes que dans leurs fonds. Cherchant désormais à fonder toute chose sur une sunnah, considérée comme auto-suffisante. Ainsi, la maîtrise de la finalité des pratiques du Prophète par les anciens Sahabas, ayant été témoins des événements fondateurs depuis le commencement, cédait progressivement la place à une approche plus superficielle chez les jeunes Sahabas.


I-4. L'Influence Prépondérante de la Seconde Génération :

Ainsi, l'influence prépondérante des jeunes Sahabas qui étendaient la moindre parole ou action du Prophète à des situations de plus en plus éloignées du contexte originel par extrapolation, conduisait l'islam à s'éloigner de sa simplicité et son naturel primitif, pour prendre une apparence orthopraxique qui sera de plus en plus caractéristique. Or, les Sahabas qui institueront le nouvel islam ne maitrisaient pas la causalité et les finalités des agissements du Prophète car ils étaient trop jeunes du vivant de celui-ci. ibn Umar, qui est l'une des personnes les plus influentes dans l'institution de l'islam d'après Muhammad, est ainsi né en 614 ayant ainsi tout juste 18 ans  au décès du Prophète, Abdullah ibn Abbas étant né en 619 en avait alors seulement 13, et Abdullah ibn Zubayr né en 624 -soit deux ans après l'hégire- avait à peine 8 ans, tandis qu'abu Hurayra né en 603 avait rencontré l'islam lors de l'assiègement de Khaybar en 628 âgé de 30 ans et n'a véritablement fréquenté le prophète que quatre ans environs... Dans ce blog, nous allons nous pencher et analyser cette évolution islamique constituant une charnière dans l'histoire du monde musulman. 




Sur la carte ci-dessus, nous voyons l'extension du monde musulman du foncé vers le clair; depuis l'époque du Prophète décédé en 632 (vert le plus foncé), des quatre Caliphes entre 632-661 et en vert clair les régions islamisées à lépoque des omeyyades entre 661-750. Comme nous pouvons le voir, seulement une trentaine d'années après le décès du Prophète le monde musulman s'étendait et incluait déjà de nombreuses populations diverses de cultures très variables, ce qui ne pouvait qu'influencer la perception de l'islam par régions.

Cette extension rapide a conduit naturellement à l'apparition de situations nouvelles à mesure de l'éloignement du contexte socio-économique de Yathrib du temps du Prophète, la zakāt, les résolutions de litiges limitées à la situation de Yathrib et la tendance des jeunes Sahabas de rechercher absolument un fondement dans les usages du Messager pour toute situation nouvelle, jouait ainsi un rôle central dans la transmission des hadiths avec des interpétations propres, conduisant à leur démultiplication les éloignant de plus en plus de leur version originelle, et les version transmises selon les interprétations personnelles étant à leur tour également interprétés et transmis encore suivrant d'autres variables. Cela conduisit par conséquent à une démultiplication des hadiths, et des approches jurisprudencielles, en sorte qu'il ne restait strictement aucun sujet qui fasse l'unanimité. Et du temps de Hārun al-Rachid, quatre écoles considérées proches les unes des autres furent canonisées. De cette façon, une personne s'appuyant sur une fatwa d'un savant ne se trouvait plus condamné par un autre savant de vision opposée. Dans ce blog, nous allons rédiger des articles et analyser ces étapes selon la méthode historico-critique, la contextualisation socio-anthropologique et présenter l'islam primitif de façon critique et vérifiable.





dimanche 29 janvier 2012

III. Exégèse Coranique et Rhétorique Sémitique



I . Introduction :

L'étude du Coran par la démarche linguistique est un domaine très fructueux, du fait des avancées en la matière. Ainsi, le problème de la multiplicité des interprétations plausibles du Coran, dont presque chaque mot dont il fait usage est polysémique se résout avec la méthode de l'analyse distributionnelle des champs sémantiques et des significations de chaque terme choisi à travers l'entièreté du Coran [1]. Ainsi, il devient possible de nous fixer sur le sens le plus cohérent de strictement chaque mot du Coran, en recoupant les sens multiples de chaque mot du Coran avec tous les autres, suivant son contexte débutant au sein du verset où celui-ci se trouve, du paragraphe exact, de la sourate concernée, jusqu'à l'entièreté du Coran. En prenant pour principe que le Coran est un livre cohérent ne comportant pas de contradiction interne.



"S'il provenait d'un autre que Dieu, ils y trouveraient certes maintes contradictions." (4:82)


Un domaine très riche, pour la bonne compréhension du Coran par la démarche linguistique, est l'approche par la rhétorique sémitique. La sémantique sous-jascente aux sourates coraniques se doit d'être bien contextualisée pour en maîtriser le sens originel. La présentation en profondeur de toutes les dimensions de ce domaine dans cet article n'est pas possible, mais ne pas aborder cela aurait été un grand vide dans notre approche traitant de l'islam primitif. Nous allons donc brièvement aborder ce sujet et le présenter en guise de prise de conscience de son importance capitale qui est l'une des lignes de recherches directives sous-jascentes à nos recherches partagées traitant du paleo-islam.


II. Cosmogonie Coranique et Rhétorique Sémitique :

Un exemple de mécompréhension au sujet du Coran est là question de la cosmogonie, et les récits de la Genèse selon celui-ci, qui s'est naturellement installée du fait de l'ignorance de la rhétorique sémitique.

En effet, tout comme l'absence de voyelle écrite dans les premiers manuscrits a induit un certain éloignement de la pronociation exacte des sourates au fil du temps, les changements sémantiques ont également insensiblement fait dériver notre compréhension des récits de la genèse, à mesure de l'éloignement du bassin anthropologique de son lieu de création. 


(41:9-14)  "Dis :'Renierez-vous [l’existence] de celui qui a créé la terre en deux jours et lui donnerez-vous des égaux ? Tel est le Seigneur de l’univers, c’est Lui qui a fait des anceages dedans par dessus d’elle, l’a bénie et lui assigna ses ressources alimentaires en quatre jours d’égale durée. [Telle est la réponse] à ceux qui t’interrogent. Il s’est ensuite adressé au ciel qui était alors en fumée et lui dit, ainsi qu’à la Terre : - 'Venez tous deux, bon gré, mal gré'. Tous deux dirent : 'Nous venons obéissants'. Il décréta d’en faire sept cieux en deux jours et révéla à chaque ciel sa fonction. Et nous avons décoré le ciel le plus proche de lampes [étoiles] et l’avons protégé. Tel est l’Ordre établi par le puissant, l’omniscient."

"Votre Seigneur, c’est Allah, qui a créé les cieux et la terre en six jours." (7:54) "Votre Seigneur, c’est Allah, qui a créé les cieux et la terre en six jours." (10:3) "Et c’est Lui qui a créé les cieux et la terre en six jours." (11:7) "C’est Lui qui, en six jours, a créé les cieux, la terre et tout ce qui existe entre eux." (25:59) 


Les chiffres figurant dans ces versets avaient un sens très particulier dans la sémantique des peuples Sémitiques. Ainsi :

□deux : signale la création (mâle/femelle), (nuit/jour), (terre/ciel), ...
□quatre : signe de la Terre (Nord\Sud\Ouest\Est), (eau\feu\terre\air), ...
□six  : signe de la complétude ( tête\tronc\deux bras\deux jambes), ...
□sept : signe de la perfection, du grand nombre.

De même le nombre : mille, signifie par ailleurs la grandeur du nombre dans de nombreuses civilisations, et chez les peuples sémitiques aussi.

Si ces chiffres sont compris dans le sens numérique, les versets fondés sur la création parfaite par la main de Dieu sont mécompris et nous nous éloignons loin du sens originel visé dans ces récits. Une telle lecture dénudée de l'arrière plan sémantique de ces récits perd toute scientificité et nous empêche de comprendre ceux-ci comme le voulait leur auteur. Ces nombres n'ont pas nécessairement une visée quantitative et sont une trace très ancienne d'une rhétorique sémitique oubliée par les lecteurs non initiés au sujet de la linguistique et de la littérature Antique.

"La création des septs cieux en six jours" signifiait à l'époque dans les esprits "le parachèvement des cieux de façon parfaite", sans inquiétude sur la durée de cette création ou les détails de cette genèse. De même, la création par tranches de deux jours ne visait pas spécialement une idée chronologique, mais l'idée de la création qui continue par étapes. Tandis que la formation de la Terre en quatre jours signalait la genèse de la Terre-même dans un style indifférent de la durée de cette création. Par ailleurs, le terme Yawm rendu par jour ne signifiait pas dans ces passages une durée de 24 heures dans la sémantique de l'époque, un jour pouvant durer comme 1.000 ans, voire comme 50.000 ans.



Il faut lire les récits de la genèse dans la sémantique et selon la rhétorique sémitique ancienne pour les comprendre comme les anciens. La lecture de ceux-ci dans la logique moderne soucieuse des durées et de la chronologie génère une altération dans la bonne compéhension du sens visé lors de leur rédaction.


III. Récit de Noé et L'Âge du Patriarche :

Il est notoire que le Coran ignore la notion de Déluge (هطول) et utilise plutôt le terme طوفان signifiant simplement inondation. Ainsi, de nombreuses confusion du récit de Noé selon le Coran et la version post-massorétique de la Bible sont monnaie courrante. Le Coran ignore également la notion d'Arche ou de Coffre et décrit une modeste embarcation par les termes سفينة et فلك. L'idée d'un engin hyper sophistiqué hermétique de la version biblique étant très éloignée du récit coranique de l'inondation.

Au verset (54:13) l'embarcation est décrite ainsi : "وحملناه على ذات الواح ودسر". Ce qui signifie "la chose faite de branches et d'étoupe". Tandis que les passagers de ce modeste radeau sont décrits d'une façon également très éloignée de la version biblique, réécrite sous l'influence culturelle babylonienne selon les versions sumériennes. Quoi que cela soit traduit par "charge de chaque espèce une paire", les termes exactes sont bien "acceptes-y de chaque paire un couple". Autrement dit, l'idée d'espèce encore inexistante au Moyen-Âge sur une influence de la lecture moderne du récit, alors que le verset évoque vaguement des paires d'animaux sans d'autre précision, et de les accepter sur son embarcation par couples. Ainsi il apparait que la version coranique ante-massorétique ou endémique de l'Arabie préislamique mentionne une modeste embarcation faite de branches et d'étoupe ( دسر ) : (54:13). Le radeau s'élève avec l'inondation, et Noé accepte les animaux qui s'y accrochent par couples rejetant tout autre bête. Ainsi, l'un de ses fils croisé lors de la montée des eaux est appelé à y monter, mais il reffuse et une vague l'emporte pendant la discussion.

(12:42-43) : "Et elle vogua en les emportant au milieu des vagues comme des montagnes. Et Noé appela son fils, qui restait en un lieu écarté : 'Ô mon enfant, monte avec nous et ne reste pas avec les mécréants'. Il répondit : 'Je vais me réfugier vers un mont qui me protègera de l’eau'. Et Noé lui dit : 'Il n’y a aujourd’hui aucun protecteur contre l’ordre d’Allah. (Tous périront) sauf celui à qui Il fait miséricorde'. Et les vagues s’interposèrent entre les deux, et le fils fut alors du nombre des noyés."


D'après le récit du Coran, l'embarcation de Noé ressemblait à un radeau de ce genre.


Ce passage et d'autres emploient le terme حمل. Ce terme signifie l'idée de prendre avec, ou de charger. Par ailleurs le terme جبل qui dépeint les vagues comme des montagnes, n'est pas spécifique au récit de Noé dans le Coran. Il s'agit de la forme des vagues, et non de leurs dimensions. Le mot  جبل désigne par ailleurs en arabe toute monticule, et est rarement utilisé pour les plus grandes chaines de montagnes que le Coran désigne alors par les termes طور.

Un autre point à recontextualiser dans la sémantique et la logique ancienne est la longévité de Noé, décrite dans le Coran comme étant de "mille ans amputés de cinquante années". Or, un autre verset éclaire ce sujet par les termes : "un rappel que toute oreille fidèle conserve".

(69:11-12) : "C’est Nous qui, quand l’eau déborda, vous avons chargés sur l’Arche afin d’en faire pour vous un rappel que toute oreille fidèle conserve."


Point important, car la transmission du récit par les oreilles fidèles, signifie que cette longévité de Noé est conservée dans les termes ancestraux de génération en génération (cf phylogénie mythologique). Cela a toute son importance, de par la question du calendrier en usage au moment de la rédaction de ce récit. Or, chez les peuplades nomades, les saisons n'ayant pas d'importance, le calendrier se basait uniquement sur les cycles lunaires, en sorte que l'on comptait l'âge des souverains en cycles lunaires. Ainsi, les sumériens comptaient aussi l'âge des monarques et nombre de cylces lunaires. Et cela se constate sur les plus anciennes tombes sumériennes. Un tel usage calendaire, tombé dans l'oubli continue néanmoins d'exister chez certaines tribus archaïques d'Amazonie vivant de pêche et de cueillette. Néanmoins, 950 mois correspondent à 79 années dans le système de calendrier moderne. Et cet âge était un âge très avancé dans le passé. La découverte archéologique de ce type de comput chez les sumériens consolide cette lecture de façon tranchante. Pareillement, le verset  ; (19:25) : "ils demeurèrent dans leur caverne trois cents ans et en ajoutèrent neuf" : décrit les versions divergentes au sujet des jeunes dormeurs, et la version du rajout de neuf ans signale de calibrage entre le calendrier solaire et le calendrier luni-solaire chez certains narrateurs. Ainsi, une personne actuelle ayant 90 ans selon le calendrier solaire, a 94 ans et 4 mois selon le calendrier lunaire.


IV. Structure du Coran et Rhétorique Sémitique :

Le lecteur moderne du Coran aura une forte impression d'un ouvrage décousu, sans structure logique ou fil conducteur. Il aura l'impression que les sujets s'interrompent d'une façon chaotique. Et même les grands exégètes classiques ont cherché à établir des fils conducteurs, mais en vain. Or, la relecture scientifique fondée sur les connaissances en rhétorique sémitique a permis de démontrer de façon scientifique, que le Coran est au contraire régi par une organisation et une structure logique extrêmement rigoureuse. Les sourates étant organisées par sous-parties thématiques organisées selon un jeu de symétries sophistiqué, de même que l'ordre des sourates, les unes par rapport aux autres. À la suite de Roland Meynet au sujet de la rhétorique sémitique biblique, Michel Cuypers l'ayant appliquée au Coran, a démontré et redécouvert des structures logiques oubliées et exposé sourate par sourate, la symétrie interne thématique de nombreuses sourates. Pour donner une idée partielle à ce sujet, développons un peu cette question de symétries thématiques typiques de la rhétorique sémitique.

Les symétries des sous-thèmes des sourates sont organisées du genre : A\B B\A ou encore A\B\C A'\B'\C' en sorte qu'une logique d'arrière plan organise l'ensemble selon une symétrie complexe et rigoureuse à plusieurs niveaux. Donnons un exemple, la sourate Joseph :

a.Joseph voit un rêve. b.Son père le met en garde. c.Ses frères lui tendent un piège. d.Il est retiré du puis. d'.Il est emprisonné. c.Il tend un piège à ses frères. b.Il ramène son père. a.Son rêve se concrétise.

Ce type de structure de récit typique des peuples sémitiques de l'Antiquité est tombé en désuétude avec la dégradation de la langue arabe par acculturation, en sorte que même les plus anciens exégètes en ignoraient jusqu'à l'existence.

Cette découverte scientifique démontre par ailleurs de façon vérifiable, que la version actuelle voyellisée d'après la réforme de l'écriture arabe est très fidèle à la version d'origine. Puisque la conformité du corpus consonantique de celui-ci est conforté par les manuscrits de Sana'a les plus anciens datés de l'époque du Prophète et des premiers Caliphes, et vu qu'une réécriture des sourates sur une base consonnantique en sorte d'en créer ces structures rigoureuses aurait été une mission improbable, d'autant plus que cette forme de rhétorique était dès lors déjà tombée en désuétude et était ignorée même des plus anciens ouvrages d'exégèse. Lors de la compilation du Coran, l'ordre des versets a été scrupuleusement conservé [2]

La plupart des racines des mots en langue arabe étant polysémiques, et les voyelles ne s'écrivant pas encore du temps du Messager, ce système de composition jouait un rôle central pour se fixer sur le sens visé par chaque terme, en regard de sa position dans l'ensemble du texte étudié. L'émulation générée par ces jeux de miroirs sémantiques émoustillant l'esprit des orateurs, leur rythmique accentuant l'amplitude de ces sensations, l'impact phonétique des consonnes entrant en harmonie étaient très prisés chez les arabes, au coeur du paysage désertique du hijaz. 


V. Les lettres isolées des débuts de sourates :

Un autre point qui est une caractéristique sémitique est la présence de lettres isolées en débuts de certaines sourates. Historiquement les lettres de l'alphabet arabe consistaient en des hiéroglyphes, des images d'objets déterminant les consonnes par leur prononciation, et servant à représenter les idées à véhiculer. Ainsi le Alif représentait un taureau, et par là l'idée de force, de puissance... Le Ba représentait une demeure, symbolisant l'idée de localité, d'abri, etc. Il est remarquable que cette symbolique oubliée des lettres arabes employées en débuts de sourates sont en harmonie avec les sourates dont elles annoncent l'orientation. Cette synergie entre ces lettres isolées et le message des sourates, et dont l'origine était oubliée, tout comme la structure en poupées russes, et d'une grande profondeur dans la maîtrise de cette langue est la marque du contenu hors pair du Coran. 


V.a. Liste des muqatta'at par sourate :

SOURATE
LETTRES
al-Baqarah
ʾAlif Lām Mīm الم
Āl Imrān
ʾAlif Lām Mīm الم
al-Aʿrāf
ʾAlif Lām Mīm Ṣād المص
Yūnus
ʾAlif Lām Rā الر
Hūd
ʾAlif Lām Rā الر
Yūsuf
ʾAlif Lām Rā الر
Ar-Raʿd
ʾAlif Lām Mīm Rā المر
Ibrāhīm
ʾAlif Lām Rā الر
al-Ḥijr
ʾAlif Lām Rā الر
Maryam
Kāf Hā Yā ʿAin Ṣād كهيعص
Ṭāʾ Hāʾ
Ṭā Hā طه
ash-Shuʿārāʾ
Ṭā Sīn Mīm طسم
an-Naml
Ṭāʾ Sīn طس
al-Qaṣaṣ
Ṭā Sīn Mīm طسم
al-ʿAnkabūt
ʾAlif Lām Mīm الم
ar-Rūm
ʾAlif Lām Mīm الم
Luqmān
ʾAlif Lām Mīm الم
as-Sajdah
ʾAlif Lām Mīm الم
Yāʾ Sīn
Yā Sīn يس
Ṣād
Ṣād ص
Ghāfir
Ḥā Mīm حم
Fuṣṣilat
Ḥā Mīm حم
ash-Shūrá
Ḥā Mīm; ʿAin Sīn Qāf حم عسق
Az-Zukhruf
Ḥā Mīm حم
Al Dukhān
Ḥā Mīm حم
al-Jāthiya
Ḥā Mīm حم
al-Aḥqāf
Ḥā Mīm حم
Qāf
Qāf ق
Al-Qalam
Nūn ن




V.b. Symbolisme oubliée de ces lettres :

  1. Taureau-Bâton-Eau ---------------------------- Le Puissant guide à la science ---------------------- الم
  2. Taureau-Bâton-Eau-Papyrus ------------- Le Puissant guide à la science par l'écriture------ المص
  3. Taureau-Bâton-Eau-Tête --------------- Le Puissant guide à la science par la raison ---------- المر
  4. Taureau-Bâton-Tête -------------------------- Le Puissant enseigne la raison ----------------------- الر
  5. Paume-Fenêtre-Main-Oeil-Papyrus ------- Transmission de savoirs cachés ---------------- كهيعص
  6. Marque-Fenêtre --------------------------------- Connaissances  à conserver ------------------------ طه
  7. Marque-Poisson ------------------------------- Conservation de sagesses --------------------------- طس
  8. Marque-Poisson-Eau ------------------------ Protection de sagesses et de savoirs ----------------- طسم
  9. Main-Poisson ---------------------------------------- Don de la vie ------------------------------------- يس
  10. Papyrus  ----------------------------------------------- Enseignement ------------------------------------ ص
  11. Mur-Eau ------------------------------------------- Protéger la science --------------------------------- حم
  12. Mur-eau-Oeil-Poisson-Aiguille ----- Transmissions de connaissances à protéger --------- حم عسق
  13. Aiguille ------------------------------------------------------ Relier ----------------------------------------- ق
  14. Serpent ------------------------------------------- Savoir, sagesse, protection ---------------------------- ن

On note l'évidence du symbolisme lié à la transmission et à la conservation de savoirs. Plus finement, le symbolisme des lettres d'introduction sont en synergie avec les thématiques des sourates où elles sont usitées. 






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[1] En fait, cette analyse débordera du stricte cadre de l'étude du corpus du Coran, pour s'étendre dans la littérature arabe médiévale, et vers les textes anciens rédigés dans des langues soeurs telles que l'araméen, ou l'hébreu, dans la quête du sens primitif des mots partagés par ces langues.

[2] Ibn Zubaïr a demandé à Uthmān : « Ce verset {Ceux d’entre vous que la mort frappe et qui laissent les épouses, doivent laisser un testament en faveur de leurs épouses} a été modifié par l’autre verset. Pourquo le laisses-tu dans l'écrit ? » Uthmān lui répondit : « Mon neveu ! Je ne bougerai rien de son emplacement. » (al-Bukhāri)









vendredi 27 janvier 2012

V. Orthopraxie et Primo-Islam



A. Aura du Prophète Muhammad :

A-1. Les enseignements de Muhammad et leurs extrapolations :

Comme cela a été soulevé par Goldziher les hadiths ont augmenté numérairement dans un jeu de miroir avec le Coran. Un point qui mérite questionement est ainsi de savoir si le Messager envisageait réellement de structurer véritablement tous les aspects de la vie. L'admiration du prophète par ses proches a conduit progressivement les plus jeunes de ses disciples  à agir en sorte que celui-ci en fut lui-même dérangé par moments.





a. Le milieu des chemins interdit aux femmes :

Un jour, de sortie de la mosquée, les femmes encombrant le passage dans les rues étroites de Yathrib en discutant ou circulant lentement a conduit  le prophète Muhammad à leur dire de ne pas gêner le passage et de circuler tranquillement sur les bords des chemins. Les femmes ayant dès lors commencé à longer les murs. D'autres hadiths rapportent que le Prophète trainait à la mosquées pour se lever après les prières en sorte de laisser du temps aux femmes de prendre de l'avance sur les hommes. Et qu'il leur attribue même une porte exclusive pour cette fin. Pourtant, cet incident banal et mineur résolu de son vivant fut extrapolé par les jeunes disciples au point de catégoriquement leur interdire les milieux des chemins et d'assurer que "Les femmes ont été interdites de prendre les milieux des chemins, devant circuler sur les bords". Il ressort nettement que ce hadith est une exagération de l'incident en question. Et ceci ne constitue qu'un seul exemple de l'extrapolation de hadiths pris au iota par les jeunes disciples selon les attentes et les tendences sociales au fil du temps.


b. Les femmes ne peuvent prier qu'à l'arrière:

De même, un jour une femme décrite comme très resplendissante s'est mise juste derrière le Prophète lors de la prière commune, poussant certains hommes à glisser à droite et à gauche, tandis que d'autres se plaçaient expressément derrière celle-ci et épiaient ses mouvements de dessous leurs épaules. Le Prophète ayant dit : "Les meilleures places pour les femmes à la mosquées sont à l'arrière et les moins bonnes à l'avant, tandis que pour les hommes les meilleures sont à l'avant et les moins bonnes à l'arrière". Or, il est connu que les hommes et les femmes priaient entrmêlés par groupes d'hommes et de femmes comme cela continue de nos jours, et ceci ne constituait pas une obligation catégorique. Pourtant, avec le temps les femmes furent strictement repoussées à l'arrière, au point que des compartiments entièrement séparés de la partie des mâles par des cloisons furent aménagés dans les futures mosquées, et une tentative de leur interdire tout bonnement les mosquées par Umar fut avorté de par une interdiction de les en priver par l'autorité du Prophète, de son vivant. Au point qu'abu Hurayra poussa cela encore plus loin, soutenant que le passage d'une femme devant un homme interromprait sa prière, irritant Aïcha qui dira sur cela : "Voilà que vous avez assimilé les femmes aux ânes et aux chiens noirs", expliquant comment le Prophète priait de nuit face à ses jambes à elle du fait de l'espace très modeste de leur chambre à coucher, et touchait ses jambes pour qu'elle les repliât quand il devait se prosterner.


c. Les hermaphrodites doivent être chassés :

Autre exemple d'exagération, chez les Arabes, comme chez tous les peuples du monde il existait des homosexuels et des transexuels efféminés. L'un de ceux-ci entra ainsi un jour chez les épouses du Prophète disant : "Les fesses de telle femme sont ainsi, ses hanches comme cela". Apprenant cela, le Prophète aurait dit : "N'introduisez plus de telles personnes chez vous". Ce qui fut suivant le même processus d'exagération inteprété comme : "Le Messager a interdit d'introduire des hommes efféminés chez-soi". Au point que cela fut poussé avec le temps jusqu'à les chasser des villes. Or, il s'agissait d'un incident ponctuel de l'impolitesse d'une personne d'avant l'institution de toute visite de mâle chez les épouses du Prophète.


d. Qui se vêtit de soie ne sentira point l'odeur du paradis : 

Le Prophète interdit un jour aux orgueilleux les longues traines ostentatoires et les vêtements de soie. abu Bakr dit au Prophète que ses habits trainaient à terre pour ne pas exposer ses jambes frêles, ce à quoi le Prophète répondit que cela ne le concernait pas, mais concernait bien les personnes orgueilleuses. Malgré son autorisation exclusive aux femmes de porter des habits de soie,  il autorisa ainsi cela à deux disciples souffrant de démangeaisons sévères, comme il permit les traines à abu Bakr, montrant bien que cela était institué dans le but d'éviter l'ostentation.


e. Résolution de litiges ponctuels et notion d'abrogation : 

Le Prophète résolvait les litiges au cas par cas, selon les particularités contextuelles des événements. Les générations ultérieures, à la lecture décontextualisée de ces récits de litiges les interprétèrent comme des cas d'abrogation, s'évertuant à les trier systématiquement. Un exemple caractéristique à cela est le cas de l'interdiction de l'alcool considéré comme une abrogation consécutive dans le Coran. Le Coran dit chronologiquement : "que c'est une boissons convoitée", "qu'il y a dedans des avantages, mais que les inconvénients sont prépondérants", "de ne pas assister à la prière commune en état s'ébriété" et interdit "n'allez-vous pas abandonner cela". Or, chacun de ces versets est toujours d'usage : les avantages des boissons alcoolisées ne s'étant pas envolés, les personnes ivres ne pouvant toujours pas assister à la prière en commun... Cela fut donc interprété comme une abrogation du Coran par rapport à lui-même par un raisonnement simpliste et superficiel. Dans certains domaines, il est rapporté que le Prophète aurait dit textuellement : "Je vous avais interdit ceci pour telle raison, désormais vous pouvez y revenir" abrogeant ainsi certaines prohibitions, cela dans certains rares cas bien connus. Un cas de prétendue abrogation intéressant est le cas d'éviter de se tourner en direction de la Mecque ou de Jérusalem en faisant ses besoins. ibn Umar rapporte avoir un jour aperçu le Prophète depuis la terrasse du toit faisant ses besoins dans le sens Mecque-Jérusalem. Certains savants déduisant par là que cet interdit aurait été abrogé pour cette raison. Comme si le Prophète allait attendre d'être aperçu par accident faisant ses besoins pour abroger un tel interdit, étant évident qu'il s'agissait manifestement d'une recommandation toute naturelle exagérée et instituée comme une règle absolue. Ces cas étudiés ici préfigurent ainsi l'éloignement progressif de l'islam primitif au fil du temps d'une manière étonnante.


A-2. Muhammad et Notion de Punition :

Dès son arrivée à Yathrib, le prophète Muhammad établi un accord multi-partite de non agression unissant les tribus Arabes et Juives de la cité. Son intention étant d'accroitre la force des tribus face aux ennemis extrérieurs. Ainsi, au sein de cette union tribale, le sang, les biens, les enfants et l'honneur des individus étaient garantis.  En cas de litige, le Messager était érigé en arbitre et seule la personne ayant violé l'engagement pouvait être punie. Cela allait brider les règlements de compte et de vendettas en faveur de punitions personnelles et ponctuelles en sorte de ne pas disloquer l'union fasse à l'ennemi extérieur... Le Coran dira ainsi à ce propos : "Il y a pour vous dans le talion la vie, si vous saviez", ainsi que "Jugeront-ils selon la justice du temps de l'ignorance", "Quiconque ne juge pas avec le jugement divin a mécru (été égaré, injuste)", ..., s'opposant sévèrement aux règlements de comptes préislamiques. De même, suite à un vol commis par une femme de couche aisée, nous trouvons le Prophète très stricte au sujet de son opposition catégorique à discriminer les accusés sur base de leur classe dans la société. Or, il ressort dans une vue d'ensemble des litiges que la finalité était très nettement d'éviter les dérives de violences susceptibles de fragiliser l'alliance. Autrement, à la moindre altercation liée à l'honneur, à un vol ou une blessure un éclatement fatidique allait planer sur l'alliance. Néanmoins, lorsque nous nous penchons de plus près à la résolution des litiges, nous nous apercevons que le Prophète ne percevait clairement pas les punitions personnelles comme une nécessié absolue. Il était semble-t-il uniquement question de garantir la sécurité de l'honneur, du sang, de la descendance et des biens matériels des individus.


Cette parole du Messager établit cela de façon catégorique : "Le sang d'un musulman n'est PERMIS que dans trois situations : l'adultère d'une personne déjà mariée, un meurtre avec préméditation, et l'apostasie suivie de la prise des armes contre nous; dans ce cas cette personne sera tuée, liées (trois jours) à un poteau ou expulsée". La désignation de ce jugement comme "permis" signifiant concrètement la levée ponctuelle de l'immunité garantie par le contrat collectif de non-agression au sein de l'alliance. Et de fait, nous le trouvons évitant systématiquement tant que se peut l'application de ces peines.

D'autre part : "Il est interdit de punir quiconque en dehors des peines coraniques par plus de dix coups de fouet". Cela aussi montrant que la base était l'immunité des individus dans l'alliance. Cela consistant donc simplement en une "permission"...


A-3. Muhammad reportait et visait à éviter les peines systématiquement :

Lorsque des adultérins venaient à lui, nous constatons que le Prophète les incitait à la repentence et les renvoyait systématiquement de sa présence. Et Ma'iz ayant commis l'adultère et venant à lui consécutivement avec insistance fut envoyé avec des personnes afin d'être lapidé, et sous la douleur des pierres a fui et été poursuivi pour être achevé. Or, les témoins rapportent que lorsque cet incident parvint aux oreilles du Prophète celui-ci aurait dit : "Si seulement vous l'aviez laissé partir, peut-être se serait-il repenti".

Il a pareillement payé la diet de certains litiges pour meurtre, et absout la peine de nombreux meurtriers ayant tué des fidèles lors des batailles à la prise de la Mecque...

Il a de même conclu un accord à Hudaybiyya incluant de laisser les apostats émigrer à la Mecque. Le Prophète appliquait donc des peines ponctuelles visant à éviter des vendettas et édictait les versets disant : "Celui qui ne juge pas selon le jugement divin est injuste", et cela allait être interprété plus tard ainsi : "Quiconque n'applique pas ces peines a mécru"... Une divergence s'opérant sur ce point entre les extrémistes Kharéjites et les Sahabas.

Un autre exemple frappant est le cas de la viande de porc. A chaque mention dans le Coran de ce tabou alimentaire, nous lisons le commentaire : "sauf sous la contrainte de la faim, sans esprit d'opposition". Expression qui sera inteprété comme, "sauf si la personne est affamée au seuil de la mort". De même, dans le Jami'ul Sahih de Muslim, nous lisons que lors de l'assiègement de Khaybar, l'égorgement et la cuisson des ânes de la cité avant le partage du butin ayant conduit le Prophète a faire renverser les marmites fut interprété par certains disciples comme une interdiction de la viande des ânes, ne faisant pas l'unanimité parmi eux chez la première génération de fidèles.

L'ingérence de l'islam à tous les niveaux de la vie privée et collective des fidèles est donc bien le produit d'une tendence étrangère au paleo-islam, qui a été en se caractérisant de façon de plus en plus marquée au fil de l'histoire. Pourtant, un hadith détenu dans les ouvrages anciens rapporte que le Messager aurait dit clairement à une occasion : "Ce que je vous recommmande en matière de religion, attachez vous-y fermement, quant à vos affaires mondaines, vous êtes plus à même de juger de vous-mêmes".

"Et suivez la meilleure de la révélation qui vous est descendue de la part de votre Seigneur, avant que le châtiment ne vous vienne soudain, sans que vous ne [le] pressentiez."  (Zumar, 55)

"La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux. Mais (ce privilège) n'est donné qu'à ceux qui endurent et il n'est donné qu'au possesseur d'une grâce infinie." (Fussilat, 34-35)

"Suis la voie du pardon et juge selon les usages. Et éloigne-toi de l'ignorant." (A'raf, 199)


B. Témoignez de l'Unicité d'Allah, Soyez Saufs :

Dans le fond, le but ultime du Prophète dès le commencement consistait à extriper les gens de l'idolatrie pour les ramener au dieu unique dès le commencement de sa carrière prophétique nous le trouvons disant : "Témoignez qu'il n'y a de dieu qu'Allah seul, soyez saufs". Cela semble bien ne pas avoir changé tout le long de ses prêches et sermons.

En effet, de nombreux disciples rapportent qu'il a insisté sur ce point en fin de carrière disant que quiconque croit sincèrement en Allah sans rien lui associer sera épargné du châtiment du feu infernal. 


Exemples de Hadiths :

abou Dharr rapporte que le Prophète a dit : - "Si un serviteur dit : 'Il n'y a pas de divinité en dehors d'Allah', puis meurt avec cette conviction, il entrera impérativement au Paradis.' Je dis : 'Même s'il a forniqué ? Même s'il a volé ?' Il répliqua :  'Même s'il a forniqué et même s'il a volé.' Je dis (à nouveau) : 'Même s'il a forniqué ? Même s'il a volé ?' Il répondit (encore) : 'Même s'il a forniqué et même s'il a volé.' Je dis (une troisième fois) : "Même s'il a forniqué ? Même s'il a volé ?' Il dit : 'Même s'il a forniqué et même s'il a volé, en dépit d'abu Dharr." (al-Bukhari, Muslim.)
 
"Allah interdira les tourments du feu à toute personne témoignant de l'unicité de dieu et témoignant que Muhammad est son Messager." (Nesai, sunnan; Ahmad, Musnad ; Muslim, Jami'ul Sahih ; Tirmidhi, Sunnan.)

Le Prophète dit de même à Muad ibn Jabal : "Sache que quiconque témoigne avec Muhammad que dieu esr unique et qu'il n'y a pas d'autre dieu entrera au paradis." (al-Bukhari, Jami'ul Sahih ; Muslim, Jami'ul Sahih ; Nesai, Sunnan.)

"La personne la plus heureuse par mon intercession sera celle témoignant de l'unicité de dieu." (al-Bukhari, Rikâk.)

"La personne témoignant du fond du coeur qu'il n'y a de dieu qu'un seul entrera au paradis et le feu ne l'atteindra pas." (al-Bukhari, Anbiya ; Ahmad, Musnad ; Muslim, Jami'ul Sahih.)

"Allah interdira l'enfer et le paradis sera assuré pour toute personne témoignant qu'il n'y a qu'un seul dieu sans associé." (Ahmad, Musnad ; Heythami, Majma'ul Zwaid.)

"Si une personne cherche la grâce d'Allah en témoignant qu'il n'y a de dieu qu'un seul, Allah lui interdira l'enfer." (Ahmad, Musnad ; al-Bukhari, Salât ; Muslim, Mesajid; ibn Maja, Sunnan ; Nesai, Imamah.)



C. Notions de Balance de Jugement :



Un autre point crucial est la notion de pesée des oeuvres bonnes et mauvaises au Jour du Jugement Dernier. En effet, il n'existe pas de péché capital comme dans le judaïsme en islam. Aucun péché hormis l'association polythéiste sans repentence n'est considéré comme conduisant catégoriquement le pécheur aux tourments éternels. Les versets disant : "Allah pardonne tout péché à qui il veut, sauf l'association d'autres dieux à lui" ou "Ô âme pécheresse se faisant injustice, ne désepérez point, Allah pardonne tout péché" prouvent cela clairement.







mercredi 25 janvier 2012

VII. L'Origine Coranique de la Sunnah



A. Introduction :


Il existe une tendance théologique moderne assez caractéristique des mouvances réformatrices, qui est axée autours de la place de la Sunnah dans l'islam des origines, le coranisme. Plusieurs branches se sont développées autours de l'idée que le Coran seul serait une référence dans l'islam originel, tandis que les hadiths seraient un cumul d'usages et pratiques étrangères ou largement étrangères -selon les diverses branches coranistes- par rapport à l'islam primitif.



Sunnah signifie initialement  le fait de tracer un  chemin.


Dans cet article nous allons montrer en quoi les hadiths considérés sahih institutant des règles coutumières ou religieuses sont en fait toujours, si pas directement, pour le moins indirectement inspirés du Coran. Nous verrons que la lecture contextuelle du Coran appuyée par la linguistique moderne suivant la rhétorique coranique originelle, comme remarqué par certains chercheurs modernes, montre que la Sunnah est en dernière instance le produit de l'exégèse coranique.



B. La Tradition :

Avant de développer et d'approfondir notre étude, voici certains récits considérés fiables confortant le constat que toute la pratique du Messager se fondait en dernière instance rigoureusement et presque exclusivement sur le Coran.


"Si on vous transmet une chose comme venant de moi, référez-la au Livre d'Allah, si il y est conforme prenez, sinon ce n'est pas vraiment de moi." [1]


B-1. L'appréhension des premiers disciples sur la transmission ou la mise par écrit de hadiths :

B-1.1. Abu Bakr interdit de transmettre ou d'interdire en dehors du Coran :


Al Dhahabi rapporte que le calife Abu Bakr réunit les gens après la mort du Prophète et leur dit : «Certes, vous rapportez à partir du Messager des hadiths à propos desquels vous vous divisez. Les gens, après vous, se diviseront davantage. Ne rapportez donc rien au nom du Messager ! Si on vous interroge -en quoi que ce soit- dîtes : Voici le Livre d'Allah entre nous. Accomplissez ce qu'il considère comme licite et abstenez-vous de l'illicite. » [2]


B-1.2. Umar fait brûler les recueils de hadiths et dit que le Coran suffit :

A l'époque de Umar Ibn Sa'd rapporte ceci dans ses Tabaqat : «Quand les hadiths se sont propagés à l'époque de Umar Ibn al-Khattab, il pria les gens de les lui apporter. Une fois les écrits entre ses mains, il donna l'ordre de les brûler.» [3]


B-1.3. Ali dit n'avoir aucune prescription en dehors du Coran :

Abu Jhaifa a dit : « J’interrogeai Ali pour savoir s’il y avait chez eux une prescription (kitaban), il me répondit : - Nous ne possédons aucun écrit en dehors du Livre d'Allah, et la connaissance qui en a été donnée à tous les musulmans, ainsi que ce feuillet. – Et qu’y a-t-il dans ce feuillet ? Lui demandai-je. – Il y a ce qui concerne le prix du sang, la délivrance des prisonniers et la règle qu’un Musulman ne doit pas être tué à cause d’un infidèle, me répliqua-t-il. »


B-1.4. Aïcha explique que tout comportement du Prophète émanait totalement du Coran :

Aïcha aurait répondu, lorsqu'elle fut interrogée sur le comportement de son époux le messager : « Son comportement était le coran » [4].


□ Tout cela aussi montre que pour Abu Bakr, Aïcha, Ali ou Umar, la sunnah n'était rien d'autre que la mise en application du Coran.



C. Exemple de hadiths établissant des règles en regard du Coran :

C-1. Les ablutions :

hadiths
 
□ Les ablutions selon la sunnah :

a) Laver ses mains une, deux ou trois fois jusqu'aux poignets en faisant bien attention de passer de l'eau entre tous ses doigts.

b) Se rincer la bouche en secouant l'eau à l'intérieur de la bouche et en se nettoyant les dents avec son index si on ne l'a pas fait auparavant. Se rincer le nez une, deux ou trois fois en introduisant de l'eau dans ses narines avec la main droite puis en la rejetant par expiration avec la main gauche. Laver son visage une, deux ou trois fois du front jusqu'au dessous du menton en prenant bien soin d'eparpiller l'eau sur toutes les parties du visage.

c) Prendre de l'eau dans la paume de sa main droite et la laisser couler jusqu'au coude en lavant avec la main gauche une, deux ou trois fois. Puis laver son avant-bras gauche de la même façon.

d) Mouiller ses mains puis les passer sur ses cheveux en allant bien du front jusqu'à la nuque. Nettoyer ses oreilles de l'intérieur et de l'extérieur une fois.

e) Laver son pied droit jusqu'à la cheville en faisant attention de bien nettoyer entre les orteils. Laver son pied gauche de la même façon.
 
versets

"Ô les croyants! Lorsque vous vous levez pour la Ṣalāt, (a)lavez (b) vos visages, ainsi que (c) vos mains jusqu’aux coudes; (d) -et frottez vos têtes-; et quant à vos pieds (e) jusqu’aux chevilles." (al Maida, 6)

"يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ فاغْسِلُواْ وُجُوهَكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ إِلَى الْمَرَافِقِ وَامْسَحُواْ بِرُؤُوسِكُمْ وَأَرْجُلَكُمْ إِلَى الْكَعْبَينِ"


□ On retrouve donc la purification (a) des mains pour les avoir propres pour se laver, puis (b)du visage, avec la bouche et le nez, (c) des mains jusqu'aux coudes, de la tête (cheveux, et pavillons d'oreilles), (d) des peids jusqu'aux chevilles.

□ Le fait de commencer par la droite est conforme à l'ordre de la mention de la droite et de la gauche dans le Coran comme dans (al Waqi'a, 8-9), (al A'raf, 17), (Qaf, 17), ...

□ L'insistance par deux ou trois fois est conforme avec le verset : "إِنَّ اللّهَ يُحِبُّ التَّوَّابِينَ وَيُحِبُّ الْمُتَطَهِّرِينَ", "Allah aime ceux qui se purifient et se repentent beaucoup" (Baqara, 222)

□ La répétition et l'insistance par deux fois ou par trois fois est conforme au style coranique...

"Quand la terre tremblera (1) d’un violent tremblement (2), et que la terre fera sortir ses fardeaux.." (al Zalzala)

"Le fracas (1). Qu’est-ce que le fracas (2). Et qui te dira ce qu’est le fracas (3) ? C’est le jour où les gens seront comme des papillons éparpillés.." (al Qariah)
 
 
C-2. La prière selon le Prophète :

D'après Abu Hurayra, un homme rentra dans la mosquée alors que le Prophète était assis dans un coin de la mosquée. Alors il a prié puis est venu et l'a salué.

Le Prophète lui dit : « Salut à toi. Retourne et prie car certes tu n'as pas prié ».

Alors il est retourné et a prié puis il est venu et a passé le salam.

Le Prophète lui a dit : « Salut à toi.. Retourne et prie car certes tu n'as pas prié ».

Au bout de la deuxième ou la troisième fois l'homme a dit : Apprend moi ô Messager d'Allah !

Le Prophète lui a dit : « 1/ Lorsque tu te lèves pour la prière fais parfaitement tes ablutions 2/ puis mets toi en face de la qibla et fait le tekbir. 3/ Puis tu lis ce qu'il y a de facile du Coran avec toi 4/ puis tu te met en inclinaison jusqu'à ce que tu gardes cette position. Puis tu te relèves jusqu'à ce que tu sois bien debout. 5/ Puis tu te prosternes jusqu'à ce que tu gardes cette position. Puis tu te relèves jusqu'à ce que tu gardes la position assise. Puis tu te prosternes jusqu'à ce que tu gardes cette position. Puis tu te relèves jusqu'à ce que tu gardes la position assise. 6/Puis tu fais cela durant toute ta prière ».

(Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°6251 et Mouslim dans son Sahih n°397)


Versets

C-2.1. Les ablutions :


يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ
إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ فاغْسِلُواْ وُجُوهَكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ إِلَى الْمَرَافِقِ وَامْسَحُواْ بِرُؤُوسِكُمْ وَأَرْجُلَكُمْ إِلَى الْكَعْبَينِ وَإِن كُنتُمْ جُنُبًا فَاطَّهَّرُواْ وَإِن كُنتُم مَّرْضَى أَوْ عَلَى سَفَرٍ أَوْ جَاء أَحَدٌ مَّنكُم مِّنَ الْغَائِطِ أَوْ لاَمَسْتُمُ النِّسَاء فَلَمْ تَجِدُواْ مَاء فَتَيَمَّمُواْ صَعِيدًا طَيِّبًا فَامْسَحُواْ بِوُجُوهِكُمْ وَأَيْدِيكُم مِّنْهُ مَا يُرِيدُ اللّهُ لِيَجْعَلَ عَلَيْكُم مِّنْ حَرَجٍ وَلَكِن يُرِيدُ لِيُطَهَّرَكُمْ وَلِيُتِمَّ نِعْمَتَهُ عَلَيْكُمْ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ


C-2.2. L'orientation :

قَدْ نَرَى تَقَلُّبَ وَجْهِكَ فِي السَّمَاء فَلَنُوَلِّيَنَّكَ قِبْلَةً تَرْضَاهَا فَوَلِّ وَجْهَكَ
شَطْرَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ وَحَيْثُ مَا كُنتُمْ فَوَلُّواْ وُجُوِهَكُمْ شَطْرَهُ


C-2.3. La posture debout :

نَّ الْمُنَافِقينَ يُخَادِعُونَ اللّهَ وَهُوَ خَادِعُهُمْ وَاِذَا قَامُوا اِلَى الصَّلوةِ قَامُوا كُسَالى يُرَاؤُنَ النَّاسَ وَلَا يَذْكُرُونَ اللّهَ اِلَّا قَليلًا

حَافِظُواْ عَلَى الصَّلَوَاتِ والصَّلاَةِ الْوُسْطَى وَقُومُواْ لِلّهِ قَانِتِينَ



C-2.3. La récitation :

اتْلُ مَا أُوحِيَ إِلَيْكَ مِنَ الْكِتَابِ وَأَقِمِ الصَّلَاةَ 


C-2.3.1. La voix lors de la récitation  :

وَاذْكُرْ رَبَّكَ ف۪ي نَفْسِكَ تَضَرُّعًا وَخ۪يفَةً وَدُونَ الْجَهْرِ مِنَ الْقَوْلِ بِالْغُدُوِّ وَالْاٰصَالِ وَلَا تَكُنْ مِنَ الْغَافِل۪ينَ
 
La récitation en silence est mentionnée en premier, ensuite vient la mention de la récitation à voix basse. Ce qui coïncide avec la mention des cinq prières. D'abord dhohr et 'asr et ensuite fajr, maghib et 'icha (cf. Infra).


C-2.4. L'inclinaison et les prosternations :

وَإِذْ جَعَلْنَا الْبَيْتَ مَثَابَةً لِّلنَّاسِ وَأَمْناً وَاتَّخِذُواْ مِن مَّقَامِ إِبْرَاهِيمَ مُصَلًّى وَعَهِدْنَا إِلَى إِبْرَاهِيمَ وَإِسْمَاعِيلَ أَن طَهِّرَا بَيْتِيَ لِلطَّائِفِينَ وَالْعَاكِفِينَ
وَالرُّكَّعِ السُّجُودِ


□ ruku' cité d'abord, singulier - sujud ensuite pluriel...


C-2.5. Les répétitions :

وَإِذَا كُنتَ فِيهِمْ فَأَقَمْتَ لَهُمُ الصَّلاَةَ فَلْتَقُمْ طَآئِفَةٌ مِّنْهُم مَّعَكَ وَلْيَأْخُذُواْ أَسْلِحَتَهُمْ فَإِذَا سَجَدُواْ فَلْيَكُونُواْ مِن وَرَآئِكُمْ وَلْتَأْتِ طَآئِفَةٌ أُخْرَى لَمْ يُصَلُّواْ فَلْيُصَلُّواْ مَعَكَ


C-2.6. Les moments de prière :

وَأَقِمِ الصَّلَاةَ طَرَفَيِ النَّهَارِ وَزُلَفًا مِنَ اللَّيْلِ

□ Le mot طَرَفَيِ est duel pour la journée -dohr & 'asr, tandis que le mot وَزُلَفًا est pluriel non duel, donc minimum 3 pour la nuit - maghrib, 'icha & subh- .


C-2.7. Protection de la salat et le fait d'y insister :

الَّذِينَ هُمْ
عَلَى صَلَاتِهِمْ دَائِمُونَ
وَالَّذِينَ هُمْ عَلَى صَلَاتِهِمْ يُحَافِظُونَ



□ Le prolongement des cycles est la façon de persister dans la salat, la protection est la répétition des cycles pour les perfectionner.
 

C-3. Prélèvement de la zakat :

hadiths
 
Mu'adh raconte : « En me nommant gouverneur (d’une région), le Saint Prophète Muhammad me fit mander auprès de lui et déclara : « Quand tu rencontreras des Gens du Livre tu les inviteras à témoigner qu’il n’y a d’autre Dieu qu’Allah et que je suis Son Envoyé. S’ils acceptent cela, tu leur diras qu’Allah leur a rendu les cinq prières quotidiennes obligatoires. S’ils acceptent de faire cela, tu leur diras que Dieu leur a rendu l’aumône obligatoire. Ces aumônes seront prélevées des riches de parmi eux pour être distribuées parmi les pauvres de leur communauté ; et s’ils acceptent cela, tu ne prélèveras pas ce qu’ils ont de meilleur. Crains la prière de l’opprimé, car il n’y pas de barrières entre elle et Allah. » »

Le Prophète dit à Muadh ibn Jabal : “Prélève cinq dirhams sur chaque 200 dirhams possédé depuis un an.”

Ibn Umar rapporte ceci : « Le Prophète, dit-il, fit envoyer aux percepteurs d’impôts des écrits disant : « Prélevez un mouton sur chaque quarantaine jusqu’à 120 moutons ; s’ils dépassent les 120, prélevez-en deux jusqu’à 200 ; s’ils dépassent ce chiffre, prenez-en trois jusqu’à concurrence de 300. Si le troupeau est formé de plus de 300 têtes, prélevez-en un mouton pour chaque centaine. »

Le Prophète commanda : « La culture irriguée par l’eau du ciel paie le dixième, et celle irriguée par seau ou par godet paie la moitié du dixième. »

S’agissant des récoltes et des fruits – dattes ou raisins secs -, leur seuil est de cinq wasq, conformément à sa parole : « Il n’y a pas de zakât sur ce qui est en deçà de cinq wasq. »


verset
 
"Prélève une aumône sur leurs biens pour les purifier [li tuzakkihim] et les bénir." (al Tawba, 103)

□ Ce verset ordonne au Messager de prélever des aumones chez les musulmans pour les donner aux besogneux : la part n'est pas fixée mais laissée à la sagesse du Messager.

"Le butin provenant [des biens] des habitants des cités, qu'Allah a accordé sans combat à Son Messager, appartient à Allah, au Messager, aux proches parents, aux orphelins, aux pauvres et au voyageur en détresse, afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d'entre vous. Prenez ce que le Messager vous donne; et ce qu'il vous interdit, abstenez-vous en; et craignez Allah car Allah est dur en punition." (al Hachr, 7)

□ Ce dernier verset montre qu'Allah a autorisé le Prophète à gérer le partage des biens acquis, en tant que Chef des fidèles et Messager d'Allah. 
 
 
C-4. La part de la zakat selon la sunnah :

Nous avons vu que le Coran commandait donc au Messager de prélever une aumone pour le distribuer aux démunis. Que la part n'étant néanmoins pas fixée, l'autorité du prélèvement en demeurait attribuée au Prophète...

A présent, nous allons voir que dans l'optique coranique et plus largement sémitique, le dixième et le quarantième représentent respectivement la partie du tout et une partie de l'idéal.


C4-1. Le nombre dix est assimilé à ce qui constitue de façon complète :

"Accomplissez, pour Dieu, le pèlerinage et la umra. En cas d'empêchement, faites en compensation une offrande selon vos moyens. Mais abstenez-vous de vous raser la tête tant que l'offrande n'est pas parvenue à son lieu de destination. Celui d'entre vous qui, malade ou atteint d'une affection à la tête, était obligé de se raser sera tenu de se racheter par un jeûne, une aumône ou un sacrifice. Une fois la sécurité rétablie, celui qui aura profité de son séjour pour effectuer la umra, en attendant la période du pèlerinage, devra faire une offrande selon ses moyens. Mais s'il n'en a pas, il devra jeûner trois jours pendant le pèlerinage et sept jours une fois rentré chez lui, soit dix jours au total, et cela incombe uniquement à celui dont la famille ne réside pas près de la Mosquée sacrée. Craignez donc Dieu et sachez que Dieu est Implacable quand Il sévit." (al Baqara, 196)

□ Dans ce verset, le nombre 10 est assimilé au total, on peut donc établir une part du total comme un dixième (ici en jours).


C-4.2 Le nombre quarante est assimilé à l'idéal :

"Nous avons recommandé à l’homme d’être bienveillant envers son père et sa mère. Sa mère le porte dans la douleur et le met au monde dans la douleur. Et pendant trente mois, elle endure les fatigues de sa gestation et de son allaitement. Quand il atteint sa maturité(balagha achuddahu), à l’âge de quarante ans[/u], il dira : «Seigneur, fais que je sois reconnaissant envers Toi pour les bienfaits dont Tu nous as comblés, moi et mes parents, et que j’accomplisse de bonnes œuvres que Tu agréeras ! Fais aussi que ma postérité soit d’une bonne moralité ! Je reviens repentant vers Toi et me déclare du nombre des soumis.»" (al Ahqaf, 15)

□ Ici, la quarantaine est tenue comme la pleine force en années, une part de la puissance pouvant être envisagée comme 1/40e. Part exigée par le Messager sur les biens thésaurisés en or ou en argent durant une année complète.
  
 
C-5. La détermination du devenir du bébé dans le sein de la mère :

hadith
 
Abu Abdarrahman Abdallah ibn Mas'ud nous a rapporté ceci : « L’envoyé de Dieu dont la sincérité est confirmé nous parlait ainsi : « C’est sous la forme de « nutfah » que la création de chacun d’entre vous est d’abord rassemblé dans le ventre de sa mère, durant quarante jours. Puis sous la forme d’ « alaqa’ » durant une même période. Puis sous celle de « mudgha » une même période encore. Puis lui est envoyé l’ange qui vient lui insufflé l’esprit « ruh » et reçoit l’ordre de proférer quatre paroles : celle qui fixe ce dont sera faite sa subsistance (rizq), le terme de sa vie (ajal) et les œuvres qu’il accomplira (amal), celle enfin qui fixe s’il sera heureux ou malheureux. Vraiment par Dieu en dehors de qui il n’y en a point, chacun d’entre vous peut bien agir comme le font les gens du paradis au point d’être séparé d’une seule coudée, mais le livre alors le prend si bien de vitesse qu’il finit par agir à la façon des gens de l’enfer et y entrer effectivement. De la même façon, chacun d’entre vous peut agir comme le font les réprouvés au point que seule une coudée le sépare de l’enfer, mais le livre alors le prend de vitesse, si bien qu’il finit par agir à la manière des élus et rentrer effectivement au paradis. » »


versets
 
"Les anges dirent à Marie : Dieu t’annonce son Verbe. Il se nommera le Messie, Jésus fils de Marie, honoré dans ce monde et dans l’autre, et un des confidents de Dieu." (Al-i Imran, 40)

"Dieu t'annonce la naissance de Yahia qui confirmera la vérité. Il sera grand, chaste et un des prophètes les plus vertueux." (Al-i Imran, 34)

"Quant au garçon, ses père et mère étaient des croyants; nous avons craint qu'il ne leur imposât la rébellion et la mécréance. Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur accordât en échange un autre plus pur et plus affectueux. Et quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la ville, et il y avait dessous un trésor à eux; et leur père était un homme vertueux. Ton Seigneur a donc voulu que tous deux atteignent leur maturité et qu'ils extraient, [eux-mêmes] leur trésor, par une miséricorde de ton Seigneur. Je ne l'ai d'ailleurs pas fait de mon propre chef. Voilà l'interprétation de ce que tu n'as pas pu endurer avec patience." (al Kahf, 80-82)

"Nous avons certes formé l'homme d'un extrait d'argile, ensuite Nous le rendimes une goutelette en un reposoir ferme, fimes de la goutelette une adhérence, formames l'adhérence en une petite bouchée, formames la petite bouchée en os que Nous revêtimes d'un habit de chair. Puis Nous en fimes une créature autre." (al Mu'minun, 12-14)

"« Ô Joseph, le véridique ! Éclaire-nous au sujet de sept vaches grasses dévorées par sept vaches maigres, sept épis verts et sept autres secs, afin que de retour auprès de ceux qui m'attendent je puisse les renseigner.» Joseph répondit alors : «Vous sèmerez durant sept années, comme à l'accoutumée. Laissez en épis tout ce que vous aurez moissonné, excepté une petite quantité que vous consommerez. Viendront ensuite sept années de disette qui épuiseront toutes les réserves que vous aurez constituées, à l'exception d'une petite quantité que vous aurez épargnée." (Yussuf, 45-48)


C-6. Se différencier et concurrencer en piété les gens du Livre :

hadith
 
Le Messager veillait à différencier les musulmans dans leurs pratiques des gens du Livre, juifs et chrétiens. Il insistait à les concurrencer dans les bonnes oeuvres et la piété. Et parfois, il adoptait certaines de leurs pratiques dans un même esprit de compétition, comme dans ce hadith déjà mentionné plus haut...

1/ "Quand vous priez, priez les yeux ouverts, car les juifs prient sans regarder (conseil=manque de respect ?)."

2/ "Prier avec vos souliers, car les juifs prient en les ôtant (permission=ne pas exposer les pieds ?)"

3/ "Les juifs ne se teignent pas les cheveux et la barbe, vous autres teignez-les (conseil/permission=pour paraître plus soigneux devant Allah ?)"

4/ A son arrivée à Médine, le Prophète remarqua que les juifs jeûnaient le achoura
(Yom kipour) ; il les interrogea à ce sujet et ils lui répondirent que c'était pour eux un jour de fête, car il correspond au jour où Allah a sauvé le prophète Mussa et son peuple, en lui ouvrant la mer et en noyant à sa suite, Pharaon et ses soldats. Mussa le jeûna alors pour remercier Allah. Le Prophète ordonna alors de jeûner ce jour en rétorquant aux juifs : « Nous sommes plus dignes de nous réclamer de Mussa que vous.». Ainsi, il jeûna ce jour et ordonna de le jeûner.

5/ etc.


versets
 
"Que les gens de l'Évangile jugent d'après ce qu'Allah y a fait descendre. Ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers. Et sur toi (Muhammad) Nous avons fait descendre le Livre avec la vérité, pour confirmer le Livre qui était là avant lui et pour prévaloir sur lui. Juge donc parmi eux d'après ce qu'Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, loin de la vérité qui t'est venue. A chacun de vous Nous avons assigné une législation et un plan à suivre. Si Allah avait voulu, certes Il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais Il veut vous éprouver en ce qu'Il vous donne. Concurrencez donc dans les bonnes oeuvres." (al Ma'ida, 43-44, 47-48)

□ Ainsi, le Prophète veillait à créer une communauté distincte, concurrençant les autres dans la production de bons fruits et dans la piété.
 
 
C-7. Bénédiction de la droite : 

hadiths 

Hafsa rapporte que le Messager se servait de la main droite pour manger, boire et se vêtir et de la gauche pour les autres actes (quotidiens). (Abû Dâwûd) 

Aicha rapporte également que le Messager se servait de sa main droite pour se nourrir et se purifier et de sa main gauche pour ôter les impuretés. (Abû Dâwûd) 

Umm Atiyya rapporte que le Prophète, lors du lavage rituel de sa fille (décédée), requit aux femmes de commencer par la partie droite du corps, après avoir procédé à son ablution. (Bukhârî/Muslim).

 verset

"Les gens de la droite - que sont les gens de la droite ? Et les gens de la gauche - que sont les gens de la gauche ? Les premiers (à suivre les ordres d'Allah sur la terre) ce sont eux qui seront les premiers (dans l'au-delà)" (al Waqia, 8-10) 
 
"Celui qui recevra son livre dans la main droite appellera : Venez donc lire mon livre" (al Haqqah)
 
 
C-8. Le Messager ne commande qu'en matière de religion :


hadith 
 
Le Prophète, observant la pratique médinoise de la fécondation manuelle des dattiers visant à accroître les récoltes à son arrivée à Médine, dit : "Je ne pense pas que cela serve à grand-chose." Les médinois cessèrent cette pratique suite à cette parole du Messager. La récolte de dattes fut mauvaise cette année-là, et on vint lui communiquer cela. Il dit alors : "Lorsque je vous ordonne quelque chose de cultuel, prenez-le. Mais quant à vos affaires mondaines, vous êtes plus savants (libre à vous d'agir selon votre expérience)." 
 

verset 
 
"Dis[-leur]: "Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d'Allah, ni que je connais l'Inconnaissable, et je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m'est révélé." Dis : "Est-ce que sont égaux l'aveugle et celui qui voit ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? " (al An'am, 50)
 
"Par l'étoile à son déclin ! Votre compagnon ne s'est pas égaré et n'a pas été induit en erreur et il ne prononce rien sous l'effet de la passion ; ce n'est rien d'autre qu'une révélation inspirée. Que lui a enseigné [L'Ange Gabriel] à la force prodigieuse, doué de sagacité." (al Najm, 1-6)
 
"Ô Prophète !Pourquoi, en recherchant l'agrément de tes femmes, t'interdis-tu ce qu'Allah t'a rendu licite ? Et Allah est Pardonneur, Très Miséricordieux." (al Tahrim, 1)
 
 
C-9. Ce qui rompt les ablutions :

hadith
 
Le Messager a dit : « Si quelqu'un d'entre vous pense avoir lâché quelques vesses pendant la prière qu'il ne quitte pas la mosquée avant d'entendre un bruit ou d'en sentir l'odeur

 A comparer avec ce hadith-ci.
- Anas rapporte ces paroles du Prophète : "Que celui qui a mangé de cette plante ne s'approche pas (de nos mosquées) et qu'il ne prie pas avec nous."
 
- Jaber rapporte ces paroles du Prophète :
"Que celui qui a mangé de l'ail ou de l'oignon nous évite et évite nos mosquées."

Le Messager a dit : « Allah n'accepte la prière de l'un d'entre vous s'il fait une chose que lorsqu'il fait de nouveau ses ablutions ». Un homme de Hadramawt a demandé plus d'explications à propos de ce qui annule les ablutions et dit : « Abu Hurayra ! Quelle est cette impureté ?» Il lui a répondu : « Les vesses ou le pet.»

□ C'est Abu Hurayra qui soutient que les flatulences font partie des impuretés qui nécessitent de refaire les ablutions.

□ Le hadith supra compte certaines variantes mentionnant la rupture des ablutions dans des variantes plus faibles. Dans une des variantes on lit "si une personne sent une chose derrière".

□ Les impuretés pouvant sortir lors de flatulences semble justifier de rafaire les ablutions, qui ne sont donc pas nécessaires sur base d'un doute.

Anas rapporte ceci : « Les compagnons du Messager attendaient - à son époque - la prière du soir, la tête secouée à cause du sommeil, puis priaient sans refaire les ablutions. »


verset

« Ô les croyants ! Lorsque vous vous levez pour la Salat, lavez vos visages et vos mains jusqu’aux coudes; passez les mains mouillées sur vos têtes; et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles. Et si vous êtes pollués «junub», alors purifiez-vous (par un bain); mais si vous êtes malades, ou en voyage, ou si l’un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux femmes et que vous ne trouviez pas d’eau, alors recourez à la terre pure, passez-en sur vos visages et vos mains. Allah ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants. » (Ma'ida, 6)

□ On voit que le Coran commande de faire les ablutions pour la prière, après avoir fait ses besoins. 
 

C-10. Des palais du Paradis :

hadith

D'après Abu Umama, le Prophète a dit : « Je garantis une maison à la périphérie du paradis à celui qui délaisse la polémique même si il a raison, une maison au milieu du paradis à celui qui délaisse le mensonge même si il plaisante et une maison en haut du paradis à celui qui améliore son comportement. »


versets

"A chaque communauté, Nous avons assigné un culte à suivre. Qu’ils ne disputent donc point avec toi l’ordre reçu! Et appelle à ton Seigneur. Tu es certes sur une voie droite. Et s’ils discutent avec toi, alors dis : « C’est Allah qui connaît mieux ce que vous faites. Allah jugera entre vous, au Jour de la Résurrection, ce en quoi vous divergez»." (al Hajj, 67-69)

"Ô vous qui croyez! Craignez Allah et parlez avec droiture. afin qu’Il améliore vos actions et vous pardonne vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son messager obtient certes une grande réussite." (al Ahzab, 70-71)

"Ceux qui croient et font de bonnes oeuvres auront pour résidence les Jardins du Firdaws, où ils demeureront éternellement, sans désirer aucun changement." (al Kahf, 107-108)
 
 
C-11. Le hajj mabrur efface les péchés :

hadith

« Quiconque accomplit le pèlerinage pour plaire à Allah et n’y profère aucune mauvaise parole, ni ne commet aucune mauvaise action, retournera du Hadj (lavé de tout péché) comme au jour de sa naissance. »

« Certes, il n’y a pas d’autre récompense pour le Hadj mabrûr (accepté) que le Paradis. »



verset

"Et quand Abraham et Ismaël élevaient les assises de la Maison : « Ô notre Seigneur, accepte ceci de notre part ! Car c’est Toi l’Audient, l’Omniscient. Notre Seigneur ! Fais de nous Tes Soumis, et de notre descendance une communauté soumise à Toi. Et montre nous nos rites et accepte de nous le repentir. Car c’est Toi certes l’Accueillant au repentir, le Miséricordieux." (al Baqara, 127-128) 

"Dis : «Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu. Car Dieu pardonne tous les péchés. Oui, c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux». Et revenez repentant à votre Seigneur, et soumettez-vous à Lui, avant que ne vous vienne le châtiment et vous ne recevez alors aucun secours." (al Zumar, 53-54)
 
 
C-12. Bien agir envers les esclaves :

hadith


Ibn Omar prit un fragment de bois ou un objet et dit: « cet acte ne me procurera pas l'équivalent de celui-ci en termes de récompense. Car j'ai entendu le Messager dire : « Quiconque gifle ou frappe son esclave, doit l'affranchir pour expier son acte. » 
 

verset 
 
"Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers vos père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Allah n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant." (al Nissa, 36) 
 
"Et lorsqu'on leur dit : 'Craignez Dieu', leur arrogance pécheresse ne connaît plus de limites. Ainsi l'enfer aura-t-il raison d'eux. Et quelle affreuse demeure !" (al Baqara, 206)
 

C-13. Se marier avec une nièce et sa tante :

hadiths
 
Ibn 'Abbâs le propos suivant : « Le Messager défendit qu'un homme épouse une femme en plus de sa tante paternelle ou maternelle, puis il dit ceci : " En faisant cela, vous rompez vos liens de parenté." »
 

versets
 
« Et que vous réunissiez ensemble [dans le mariage] deux sœurs » (al Nissa, 23)

« Puis elle vint auprès des siens en le portant [le bébé]. Ils dirent : "Ô Maryam, tu as fait une chose monstrueuse ! "Soeur de Haroun, ton père n'était pas un homme de mal et ta mère n'était pas une prostituée". " » (Maryam, 27-28)
 
Le Coran nomme Maryam soeur de Harun, ainsi, il qualifie les ascendants comme frères et soeurs. Dans le doute, l'interdiction de prendre deux soeurs ensemble comme épouses risquant d'intégrer le cas des ascendants directs, l'évitement de cette double union "tante et nièce" tombe en conformité avec l'esprit du Saint-Coran.


C-14. L'interdiction de la soie, de l'or et des traînes pour les hommes :

hadiths
 
D'après Hudhayfa : « Le prophète nous a interdit le port de la soie et du brocart ou de nous asseoir là-dessus.»

D'après Ali, le Prophète avait pris un morceau de soie en sa main droite et une pièce d’or en sa main gauche et dit : « Ces deux-là sont interdits aux mâles de ma communauté ».

« Il est trois hommes à qui Dieu ne parlera pas le Jour de la Résurrection : L’homme qui rappelle ses bienfaits et ne donne quelque chose que pour faire valoir sa générosité ; le marchand qui cherche à écouler sa marchandise par des serments mensongers ; et l’homme qui laisse traîner son habit »
 
D'après Abdalah Ibn Umar que la Prophète dit : « Celui qui laisse traîner son habit par vanité, Dieu ne le regardera pas le Jour de la Résurrection ». Abû Bakr dit alors : « L’un des pans de mon habit se relâche si je n’y prends pas constamment garde ! » Le Prophète répondit : « Tu n’es pas de ceux qui le font par vanité ».


versets
 
« Voilà le prix de votre exultation sur terre, sans raison, ainsi que de votre joie immodérée. Franchissez les portes de l'Enfer pour y demeurer éternellement. Qu'il est mauvais le lieu de séjour des orgueilleux ! »
(Ghafir, 75-76)

« Ô enfants d’Adam, dans chaque lieu de Ṣalāt portez votre parure (vos habits). Et mangez et buvez; et ne commettez pas d’excès, car Il [Allah] n’aime pas ceux qui commettent des excès (A'raf, 31)
  
"Puis, assurément, vous serez interrogés, ce jour-là, sur les bienfaits (ni'am)." (al Takathur, 8)

On remarquera que pour ces trois prohibitions évoquées par le Messager), chacune a été tolérée : ce qui prouve que ce tahrim n'est pas absolu, mais idéal...
 

C-14.1. La traîne :
 
D'après Abdalah Ibn Umar que la Prophète dit : « Celui qui laisse traîner son habit par vanité, Dieu ne le regardera pas le Jour de la Résurrection ». Abû Bakr dit alors : « L’un des pans de mon habit se relâche si je n’y prends pas constamment garde ! » Le Prophète (saws) répondit : « Tu n’es pas de ceux qui le font par vanité ».
 

C-14.2. L'habit de soie :
 
Anas a dit : "Le Messager d'Allâh a autorisé Az-zoubeyr et 'Abdurrahman Ibn 'Awf à se vêtir de soie parce qu'ils souffraient de démangeaisons». (Bukhâri, Muslim)


C-14.3. L'or :
 
Said ibn al Musayyab rapporte : "Umar reprocha à Suhayb, pourquoi je vois une bague en or à ta main ?" Suhayb répondit : "Un homme meilleur que toi l'a vue mais n'a rien reproché à son sujet." Umar demanda alors : "Et qui est-ce donc ?", Suhayb répondit : "Le Messager !" (Nasa'i)


C-15. Sur la dérogation pour l'or et la soie pour les femmes :


"Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l’une un qintâr (mesure de quantité d'or), n’en reprenez rien. Quoi ! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste ?"

□ Allah permet explicitement l'or aux dames et interdit de le reprendre, toute femme y aura droit...

"Quoi! Cet être (la fille) élevé au milieu des parures et qui, dans la dispute, est incapable de se défendre par une argumentation claire et convaincante ?" (al Zuhruf, 18)

□ Le Coran décrit la nature de la femme à porter de belles parures et se faire belle. En outre, comme pour les deux Sahabas qui avaient de la démangeaison, la peau d'une femme est plus sensible.
  

C-16. Permission des parents pour sortir au combat :

hadith

D'après Abdallah ibn Amr, un homme s'est rendu auprès du Messager d'Allah et a demander la permission de partir au jihad. Le Prophète lui a dit : « Est-ce que tes parents sont vivants ? ». L'homme a dit: Oui. Le Prophète a dit : « Accomplis ton jihad auprès d'eux ».


verset

"Nous avons commandé à l'homme [la bienfaisance envers] ses père et mère ; sa mère l'a porté [subissant pour lui] peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans." Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu'envers tes parents. Vers Moi est la destination. Et si tous deux te forcent à M'associer ce dont tu n'as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas ; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi, ensuite, est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez". (Luqman, 14-15)


C-17. Le commerce selon la sunnah :

hadith


Le Messager a dit : "Les transactions ne sont validées que par l'accord mutuel." (Ibn Maja)

verset

"Ô les croyants! Que les uns d’entre vous ne mangent pas les biens des autres illégalement. Mais qu’il y ait du négoce (légal), entre vous, par consentement mutuel." (al Nissa, 29)


hadith


Le Messager a dit : "Ne vous vendez pas ce que vous n'avez pas." (Abu Dawud)

verset

"Ô vous qui avez cru! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? C'est une grande abomination auprès d'Allah que de dire ce que vous ne faites pas." (al Saff, 2-3)

"Ô vous qui avez cru! Evitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché." (al Hujurat, 12)


hadith

"Le Messager a interdit les boissons enivrantes et leur vente, et il a interdit le maytah et sa vente, et il a interdit le porc et sa vente."


verset

"Ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez." (Mai'da, 90)

"Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu’ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Thora et l’Evangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les choses impures, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui ; ceux-là seront les gagnants." (al A'raf, 157)


C-18. Cacher le péché de son frère :

hadith


D'après Abu Hurayra), le Messager a dit : « Celui qui cache les défauts de son frère, Allah lui cachera ses défauts d’ici-bas et dans l’au-delà. »

D'après Ibn Abbas, le Messager a dit : « Celui qui cache les défauts de son frère, Allah cachera les sien le Jour de la Résurrection quant à celui qui les dévoile, Allah dévoilera ses péchés et l’humiliera en mentionnant même ceux qu’il a commis en étant seul dans sa demeure. »


verset

"Ô vous qui avez cru ! Evitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché. Et n’espionnez pas; et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort? (Non!) vous en aurez horreur. Et craignez Allah." (al Hujurat, 12)


C-19. Celui qui se repent :


hadith


D'après Abdallah ibn Mas'ud, le Messager a dit : « Celui qui se repent d'un péché est comme celui qui n'a pas de péché ».


verset

«Dis: "Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux » (Coran,39:53).

"Ceux qui ont fait de mauvaises actions et qui ensuite se sont repentis et ont cru ton Seigneur, après cela est sûrement Pardonneur et Miséricordieux." (al A'raf, 153)
  
“Et c’est Lui qui agrée de Ses serviteurs le repentir” (al Chura, 25)


C-20. La pêche de fruits marins morts permise :

hadith
 
On rapporte d’Abu Hurayra qu’il a dit : le Prophète a dit à propos de la mer : « Son eau est lustrale (pure et purifiante) et ses produits morts sont licites ».


Versets
 
« La pêche en mer vous est permise, et aussi d’en manger, pour votre jouissance et celle des voyageurs. » (al Ma'ida, 103)

□ Il serait impossible de garantir quel poisson capturé dans le filet était mort ou vivant, ainsi cette autorisation est générale. Pourtant, le Coran interdit les bêtes mortes : (al Ma'ida). Ce verset n'exige en effet pas de mise à mort de la pêche.

« Les deux mers ne sont pas identiques : [l'eau de] celle-ci est potable, douce et agréable à boire, et celle-là est salée, amère. Cependant de chacune vous mangez une chair fraîche, et vous extrayez un ornement que vous portez. » (al Fatir, 12)

□ La seule condition exigée est que la pêche soit encore fraîche.


C-21. L'eau est pure :

hadith
 
« L’eau, rien ne la rend impure, sauf si son odeur, son goût et sa couleur sont altérées. »

« Qu’aucun de vous ne se lave dans l'eau stagnante lorsqu’il est en état de grande souillure (djanâbah) »



Versets
 
« Et c’est Lui qui envoie les vents comme une annonce devant Sa miséricorde. Cependant, Nous faisons descendre du ciel une eau pure ». (al Rum, 48)

« Et ne Lui avons-nous pas assigné de hautes montagnes ? Et ne vous avons-nous pas abreuvé d’eau douce ? » (al Mursalat, 27)


C-22. Récipients en or et en argent :

hadith

On rapporte de Houdhayfa ibn Al-Yamân qu’il a dit : Le Prophète a dit : « Ne buvez point dans des récipients en or ou en argent et ne mangez pas dans de tels récipients car ils sont pour eux (les mécréants) dans la vie d’ici-bas et pour vous dans l’autre monde ».


Verset

«
Franchissez les portes de l´Enfer pour y demeurer éternellement. Qu´il est mauvais le lieu de séjour des orgueilleux. » (al Ghafir, 76)

« Nul doute qu'Allah sait ce qu'ils cachent et ce qu'ils divulguent. Et assurément Il n'aime pas les orgueilleux. » (al Nahl, 23)

« Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes,qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé; et cela est certes facile à Dieu, afin que vous ne vous tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, ni n'exultiez pour ce qu'Il vous a donné. Et Allah n'aime point tout présomptueux plein de gloriole. Ceux quisont avares et ordonnent aux gens l'avarice. et quiconque se détourne... allah Se suffit alors à Lui-même et Il est Digne de louange. » (al Hadid, 22-24)

« Puis, assurément, vous serez interrogés, ce jour-là, sur les bienfaits. » (al Takathur, !)

 
C-23. Manger ou boire par oubli durant le jeune :

hadith

Abu Hurayra rapporte que le Prophète a dit : "Que quiconque mange ou boit, oubliant qu'il est en jeûne, continue le reste du jour en jeûnant, car c'est Allah qui lui a fourni nourriture et boisson".


verset

"Allah n'impose rien à l'âme qui soit au-dessus de ses moyens. Tout bien qu'elle aura accompli jouera en sa faveur, et tout mal qu'elle aura commis jouera contre elle. « Seigneur ! Ne nous tiens pas rigueur de nos oublis et de nos erreurs ! Seigneur ! Épargne-nous les terribles épreuves que Tu as fait subir à nos prédécesseurs ! Seigneur ! Ne nous impose pas d'obligations qui soient au- dessus de nos forces ! Accorde-nous Ton pardon, fais-nous remise de nos péchés et reçois-nous dans le sein de Ta miséricorde ! Tu es notre Maître !" (al Baqara, 286) 
 
  
C-24. La position des gens contre lesquels Allah est courroucé :

hadith

Ya'ish ibn Tihfata al-Ghifari a rapporté que son père a dit : « Je fus l'hôte du Prophète parmi un groupe de pauvres. Au cours de la nuit, il se rendit auprès de nous pour s'enquérir de notre état. Quand il me vit coucher sur le ventre, il me toucha du pied et dit : "Pourquoi te couche-tu dans cette position ? C'est une position de ceux contre lesuels Allah, le Puissant et Majestueux est courroucé." »
 

verset

"Et quiconque sera venu avec le mal, et bien alors, ils seront traînés dans le feu face contre terre. Etes-vous punis pour autre chose que ce que vous avez fait ?" (al Qamar, 47)
 
 
C-25. Allah n'accepte que ce qui est pur :

hadith

Prophète disait : « Allah Exalté soit-Il - est pur et n'accepte que ce qui est pur. »
 
Prophète disait : « La purification est la moitié de la foi. »


verset

"Les nomades affirment : «Nous croyons en Dieu !» Dis-leur : «Vous n’avez pas encore la foi ! Dites plutôt : “Nous nous sommes seulement soumis”, car la foi n’a pas encore pénétré dans vos cœurs. Mais si vous obéissez à Dieu et à Son Prophète, Il ne vous lésera en rien dans vos œuvres, car Dieu est Clément et Miséricordieux.»" (al Hujurat, 14)

« Dis : “Dans ce qui m'a été révélé, je ne trouve d'interdit, à aucun mangeur d'en manger, que la bête (trouvée) morte, ou le sang qu'on a fait couler, ou la chair de porc - car c'est une souillure - ou ce qui, par perversité, a été sacrifié à autre qu'Allah.” Quiconque est contraint, sans toutefois abuser ou transgresser, ton Seigneur est certes Pardonneur et Miséricordieux. » (al An'am, 114)

"Le Coran interdit la consommation d'alcool dans le verset suivant: "Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu'une souillure, oeuvre du Diable. écartez-vous en, afin que vous réussissiez." (al Ma'ida, 90)

"Abstenez-vous de la souillure des idoles et abstenez-vous des paroles mensongères." (al Hajj, 30)

"Ô les croyants! Lorsque vous vous levez pour la Salat, lavez vos visages et vos mains jusqu'aux coudes; passez les mains mouillées sur vos têtes; et lavez-vous les pieds jusqu'aux chevilles. Et si vous êtes pollués "junub" , alors purifiez-vous (par un bain); mais si vous êtes malades, ou en voyage, ou si l'un de vous revient du lieu ou' il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux femmes et que vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à la terre pure , passez-en sur vos visages et vos mains. Allah ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants." (al Ma'ida, 6)
  
 
C-26. Les oeuvres aliénant notre percption du bien et du mal :

hadith

"Le licite est évident, et l'illicite l'est aussi ; entre les deux, il y a des éléments qui se confondent et que peu de gens discernent. Celui qui se garde des choses douteuses protège sa religion et son honneur. Mais celui qui ne se garde pas des choses douteuses, ordonne et commet l'illicite. Comme un berger dont le troupeau paît autour d'un enclos protégeant un pâturage réservé. Ce troupeau risque de jouir illégalement de ce pâturage. De même, tout souverain possède des propriétés privées. Or, la propriété d'Allah est tout ce qu'Il a interdit. En fait, il y a dans le corps un organe, s'il est sain, tout le corps l'est aussi. Mais s'il est malade, le corps l'est également. Cet organe est le coeur."

Hudhayfa dit, j'ai entendu l'Envoyé dire : "Les épreuves troublantes seront exposées aux coeurs (des Croyants) et les biens marqueront comme les traces que laissent les joncs de la natte sur le flanc du dormeur. Tout coeur qui en sera passionnément épris, sera marqué d'un point noir, et tout coeur qui les repoussera, sera marqué d'un point blanc. De sorte qu'à ces épreuves, deux coeurs feront face : le premier au point blanc sera comparable au rocher (inébranlable et lisse) ; aucune épreuve ne le nuira donc jamais aussi longtemps que dureront les cieux et la terre, tandis que l'autre au point noir deviendra presque grisâtre et sera comparable à une gargoulette renversée, incapable de distinguer le convenable du blâmable tant que ni l'un ni l'autre ne correspond à ses propres désirs".


verset

"Je détournerai de Mes révélations ceux qui sont arrogants sur terre et justes. Par conséquent, quand ils verront toute sorte de preuve, ils ne croiront pas. Et quand ils verront le chemin de la guidance, ils ne l’adopteront pas comme leur chemin, mais quand ils verront le chemin de l’égarement, ils l’adopteront comme leur chemin. Ceci est la conséquence du fait qu’ils rejettent nos preuves et d’en être totalement insouciants." (al A'raf, 147)


C-27. La question de la viande d'âne :

hadith


Abdallah ibn abi Awf selon al Chaybani : "J’ai interrogé Abdallah ibn abi Awf sur la consommation de la chair des ânes domestiques. Alors, il dit : 'Nous souffrimes de la faim au jour de Khaybar, pendant que nous étions en compagnie du Prophète. Or, ayant capturé des ânes domestiques, nous les égorgeames. Alors que nos marmites bouillaient, le héraut du Messager vint crier 'Renversez les marmites ! Et ne mangez pas de la chair des ânes. On se demanda 'L'interdiction était-elle absolue ? Nous avons discuté entre nous et certains ont dit : Le Prophète prononça une interdiction absolue et d'autres ont vu qu'il les avait interdits jusqu'à ce que les fidèles rendent le quint au Trésor.'" (Muslim)


 versets

"Dis: «Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve d’interdit, à aucun mangeur d’en manger, que la bête (trouvée) morte, ou le sang qu’on a fait couler, ou la chair de porc - car c’est une souillure - ou ce qui, par perversité, a été sacrifié à autre qu’Allah». Quiconque est contraint, sans toutefois abuser ou transgresser, ton Seigneur est certes Pardonneur et Miséricordieux." (al An'am, 145)

"Mangez donc de ce qui vous est échu en butin, tant qu’il est licite et pur. Et craignez Allah, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux." (al Anfal, 69)

"Le butin provenant [des biens] des habitants des cités, qu’Allah a accordé sans combat à Son Messager, appartient à Allah, au Messager, aux proches parents, aux orphelins, aux pauvres et au voyageur en détresse, afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d’entre vous. Prenez ce que le Messager vous donne; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en; et craignez Allah car Allah est dur en punition." (al Hachr, 7)



D. Exemple de déduction faite par le Prophète sur base du Coran :

D'après Abu Hurayra, le Prophète a dit : « Allah a dit : J'ai préparé pour mes serviteurs pieux ce qu'aucun oeil n'a vu, ce qu'aucune oreille a entendu et ce qu'aucun coeur n'a jamais imaginé. Lisez si vous le voulez : -Dans une ombre étendue-(Waqi'a, 30). L'espace d'un fouet dans le paradis est meilleur que la vie d'ici-bas et tout ce qu'elle contient, lisez si vous le voulez : -Quiconque est écarté du feu et rentre dans le paradis a certes réussi (Al-i Imran, 185) ».


E. Le Coran cite la sagesse comme corrolaire au corpus coranique :

« Lui qui a envoyé au sein des illettrés un Messager des leurs pour leur réciter Ses Signes, les purifier, leur enseigner le Livre et la Sagesse (حكمة). » (Jumu'a, 2)

"Allah donne la sagesse (حكمة) à qui Il veut et quiconque reçoit la sagesse (حكمة) jouira d'un immense bonheur. Mais seuls les êtres intelligents sont enclins à méditer et à se recueillir." (Baqara, 269)

"Allah a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu’Il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse (حكمة), bien qu’ils fussent auparavant dans un égarement évident." (Al-i Imran, 164)


E-1. La sagesse est donc bien une chose distincte de l'écrit, du corpus rédigé du Saint-Coran :


Lorsque le Coran parle de jugement (en arabe حكم), il parle bien de la dimension sagesse et non pas de l'écrit. Ce point est vraiment central dans la bonne compréhension du Coran.

« Et si tu juges [suivant la sagesse] alors juge entre eux en équité. Car Allah aime ceux qui jugent équitablement.»
(al Ma'ida, 42)

« وَإِنْ حَكَمْتَ فَاحْكُم بَيْنَهُمْ بِالْقِسْطِ إِنَّ اللّهَ يُحِبُّ الْمُقْسِطِينَ » (al Ma'ida, 42)

« Et ceux qui ne jugent (يحكم قضائيا) pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, les voilà les mécréants. » (al Ma'ida, 44)

« Qu' y a- t- il de meilleur qu' Allah, en matière de jugement pour des gens qui ont une foi ferme? » (al Ma'ida, 50)


E-2. Exemples où le Messager n'a pas appliqué la loi, mais la sagesse :

1. Buraydah rapporte que Ma’iz ibn Malik al Aslami est venu voir le Prophète et lui dit : "Ô Messager d’Allah, j’ai péché, j’ai commis l’adultère et je veux me purifier" [purifier ici prend le sens de repentir]. Le Prophète le renvoya. Il revint un autre jour encore et dit à nouveau : "Ô Messager d’Allah, j’ai commis l’adultère", et le Prophète le renvoya une seconde fois, sans lui répondre...

2. Une femme, Ghamadi, s’approchant et dit : "Ô Messager d’Allah, j’ai commis le péché d’adultère, applique sur moi la loi." Le Prophète ne répondit pas, il la laissa repartir.

3. Ibn Abbas, rapporte : le Messager convoqua Wahchi Ibn Harb qui avait tué Hamza pour l'inviter à l'Islam. Wahchi envoya lui dire : "Ô Muhammad ! Comment m'invites-tu alors que tu prétends que celui qui a tué, associé ou commis l'adultère trouvera un châtiment; la souffrance lui sera doublée le jour de la résurrection et il y sera éternel et humilié ? Et moi, j'ai commis tout cela. Me trouves-tu une exception ?" Allah révéla alors : {Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne oeuvre; ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Dieu est pardonneur et miséricordieux} (25/70). Wahchi fit la remarque : "Ô Muhammad ! C'est une condition très dure : {Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne action}. Il se peut que je ne puisse faire cela". Allah révéla alors : {Certes, Dieu ne pardonne pas qu'on lui donne quelqu'associé. A part cela, il pardonne à qui il veut} (4/48). Wahchi objecta encore : "Ô Muhammad ! D'après ce que je vois, ceci dépend de la volonté de Dieu, et je ne sais pas s'il me pardonnera ou non. Y a-t-il autre chose ?" Allah révéla enfin : "Ô mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu, car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est lui le pardonneur, le très miséricordieux} (39/53). Wahchi déclara : "Là, d'accord", et il embrassa l'islam. Des musulmans demandèrent : "Ô Messager ! Nous avons commis les mêmes choses que Wahchi ?". Il répondit : "Ce verset est pour tous les musulmans".

4. Selon une des clauses du traité de Hudaybiyya, voici ce qui a été accordé aux polythéistes : "Quiconque souhaitera rejoindre Muhammad dans son pacte et son alliance pourra le faire et quiconque souhaitera s’unir à Quraych dans son pacte et son alliance pourra le faire également ; tout agression contre la tribu qui se joindra à l’une ou à l’autre partie sera considérée comme visant cette dernière.. Si un membre de Quraych se réfugie chez Muhammad sans l’autorisation de son protecteur (Wali), il sera renvoyé à la Mecque, tandis que si un partisan de Muhammad revient à La Mecque (apostasie), il ne sera pas renvoyé à Médine."


□ On voit que le Messager ne s'empressait pas d'appliquer la loi, et cela prouve que le verset "celui qui ne juge pas d'après ce qu'Allah a révélé" ne concerne pas la forme, mais la sagesse révélée à travers les versets. Toute la Sunna consiste en la mise en pratique du Saint-Coran et de la sagesse prophétique.



F. Les visions extra-coraniques et prophéties du Prophète Muhammad :
 
F-1. Visions en songe confirmées par le Coran :
 
hadith
 
D'après Samoura ibn Jundab, lorsque le Prophète terminait sa prière il se tournait en face de nous et il disait : « Lequel d'entre vous a fait un rêve cette nuit ? ». Si l'un d'entre nous avait fait un rêve alors il le racontait et le Prophète disait : « Comme le veut Allah ». Un jour il nous a demandé: « Lequel d'entre vous a fait un rêve cette nuit ? ». Nous avons dit : Non, personne n'a fait de rêve. Alors le Prophète a dit: « Cette nuit j'ai certes vu en rêve deux hommes qui sont venus à moi et ont pris mes deux mains et ils m'ont emmené jusqu'à la terre sainte. Il y a avait un homme assis et un homme debout qui avait dans sa main un crochet en fer qu'il enfonçait dans la joue de l'autre jusqu'à atteindre sa nuque puis il faisait la même chose avec son autre joue et la première joue reprenait sa forme initiale et lui recommençait. J'ai dit: Qu'est ce que ceci ? Ils ont dit: Viens. Alors nous sommes partis jusqu'à arriver vers un homme couché sur le dos et il y avait un homme debout près de sa tête qui tenait une pierre et lui fracassait la tête avec. Lorsqu'il le frappait il allait ensuite ramasser la pierre et avant qu'il ne soit revenu la tête de l'homme couché reprenait sa forme initiale et alors il le frappait de nouveau. J'ai dit : Qu'est ce que ceci ? Ils ont dit: Viens. Alors nous sommes partis jusqu'à arriver vers une anfractuosité qui ressemblait à un four à pain, sa partie supérieure était serrée et sa partie inférieure était large et il y avait un feu qui était attisé en dessous. Quand le feu se ravivait, la cavité gonflait et allait presque déborder et lorsqu'il se calmait elle reprenait sa place. À l'intérieur il y avait des hommes nus et des femmes nues. J'ai dit: Qui sont ces gens ? Ils ont dit: Viens. Alors nous sommes partis jusqu'à arriver vers un fleuve de sang au milieu duquel il y avait un homme et sur la rive il y avait un homme debout qui tenait des pierres dans ses mains. Celui qui était dans le fleuve se mettait en face de lui et lorsqu'il voulait sortir, l'autre homme lui tirait une pierre dans la bouche qui la ramenait à l'endroit où il était. Et à chaque fois qu'il voulait sortir il lui tirait une pierre dans la bouche qui la ramenait à l'endroit où il était. J'ai dit: Qui est-ce ? Ils ont dit: Viens. Alors nous sommes partis jusqu'à arriver vers un jardin vert dans lequel il y avait un arbre immense au pied duquel il y avait un vieil homme et des enfants. Il y avait également un homme proche de l'arbre qui avait devant lui un feu qu'il alimentait. Les deux hommes qui m'accompagnaient m'ont fait monter dans l'arbre et m'ont fait rentrer dans une maison. Je n'avais jamais vu de maison plus belle. Dans cette maison il y avait des hommes âgés, des jeunes, des femmes et des enfants. Ensuite les deux hommes qui m'accompagnaient m'ont fait monter dans l'arbre et m'ont fait rentrer dans une maison qui était encore meilleure et plus belle. Il y avait dedans des vielles personnes et des jeunes. J'ai dit: Vous m'avez fait voyager cette nuit, informez moi sur ce que j'ai vu ! Ils ont dit: Oui, celui que tu as vu avec la joue déchirée était un grand menteur, il mentait et son mensonge se propageait jusqu'à l'horizon. Il lui sera fait cela jusqu'au jour de la résurrection. Celui que tu as vu se faire fracasser la tête est un homme à qui Allah a enseigné le Coran et qui dormait la nuit pour lui et ne le mettait pas en pratique le jour. Il lui sera fait cela jusqu'au jour de la résurrection. Ceux que tu as vu dans l'anfractuosité sont ceux qui commettent la fornication, celui que tu as vu dans le fleuve est celui qui mange l'usure. Le vieil homme auprès de l'arbre était Ibrahim et les enfants qui étaient autour de lui sont les enfants des gens. Celui qui attisait le feu était Malik, le gardien du feu. La première maison dans laquelle tu es rentré était la maison de la plupart des croyants. Cette seconde maison est la maison des martyrs et je suis Jibril et voilà Mikail. Lève ta tête. Alors j'ai levé ma tête et il y avait au dessus de moi comme un nuage. Ils m'ont dit: Ceci est ta demeure. J'ai dit : Laissez moi rentrer dans ma demeure. Ils ont dit: Il te reste une partie de ta vie à vivre, si tu l'avais complétée tu serais entré dans ta demeure."


versets
 
"Et lorsque Nous te disions que ton Seigneur cerne tous les gens (par Sa puissance et Son savoir). Quant à la vision que Nous t’avons montrée, Nous ne l’avons faite que pour éprouver les gens, tout comme l’arbre maudit mentionné dans le Coran. Nous les menaçons, mais cela ne fait qu’augmenter leur grande transgression". (al Isra, 60)

□ La vision de l'enfer est ici une vision véridique. D'après plusieurs Sahabas, l'Ascension s'est faite en rêve : mais les rêves des prophètes sont la vérité.

"Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit : « Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu as comme vision ». (Ismaël) dit : « Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé, tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants »."
Saffat, 102

□ Si les rêves des prophètes n'étaient pas véridiques, Ibrahim n'aurait jamais pensé à la mettre en application.

"Allah a été véridique en la vision par laquelle Il annonça à Son messager en toute vérité : vous entrerez dans la Mosquée Sacrée si Allah veut, en toute sécurité, ayant rasé vos têtes ou coupé vos cheveux, sans aucune crainte. Il savait donc ce que vous ne saviez pas. Il a placé en deçà de cela (la trêve de Houdaybiya) une victoire proche." (al Fath, 27)

□ Ce verset témoigne de ce que le Prophète avait des visions qui devaient se concrétiser.
 
 
F-2. Une mention coranique d'une révélation intime non contenue dans le corpus du Coran :
 
« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ô Prophète ! Pourquoi, en recherchant l'agrément de tes femmes, t'interdis-tu ce qu’Allah t’a rendu licite ? Et Allah est Pardonneur, Très Miséricordieux. Allah vous a prescrit certes, de vous libérer de vos serments. Allah est votre Maître; et c’est Lui l’Omniscient, le Sage. Lorsque le Prophète confia un secret à l'une de ses épouses et qu'elle l'eut divulgué et qu'Allah l’en eut informé, celui-ci en fit connaître une partie et passa sur une partie. Puis, quand il l’en eut informée elle dit : "Qui t’en a donné nouvelle ?" Il dit : 'C’est l’Omniscient, le Parfaitement Connaisseur qui m’en a avisé." ».  (al Tahrim, 1-3)
 
 
Dans ce passage, nous lisons que Muhammad aura été averti d'une manigance de ses épouses et qu'elles ont été surprises du dévoilement de leur jeu au prophète. Or, cette mise en garde ne figurant nullement dans le Coran, il apparaît que le Prophète recevait des révélations distinctes de ceux contenus dans le Coran. Les débats sur la fonction de ces révélations extra-coraniques dans les pratiques cultuels divisent les ulémas. Notre avis, que nous soutenons dans notre article, est que le Coran contient les informations nécessaires et suffisantes pour les fidèles, même si la mise en application par le Messager canalise les commandements et précise la manière dont ils seront mis à exécution. En effet, à maintes reprises, le Coran souligne l'importance d'obéir au Prophète et de le prendre pour exemple.

« Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager » (al Nissa, 59)

« En effet, vous avez dans le Messager d'Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. » (al Ahzab, 21)

« Et si vous lui obéissez, vous serez bien guidés. » (al Nur, 54)



G. Exemples de hadith corrigés par Aicha :

G-1. La femme porte malheur (!) :


D'après Abu Hurayra, le Messager aurait dit : "Trois choses peuvent être de mauvaise augure: Les femmes, les montures [animaux que l'on monte] et les maisons"

Aïcha a rejeté cette narration en disant: "Par celui qui a révélé le fourqan (Coran) à Aboul-Qasim (Aboul-Qasim était le surnom du Prophète. Le serment ici, signifie "Par Allah"), quiconque relate cela a menti. Le Messager a dit que les ignorants parmi les gens avaient l'habitude d'affirmer : " II y a certainement de la Tiyara (mauvaise augure) chez les femmes, dans les maisons et dans les bêtes de somme." Puis elle récita le verset : "Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé; et cela est certes facile à Allah." (Sourate 57 – Verset 22) [Recueilli par Ahmad, Al-Hakim et Ibn Khouzaimah.]
 
 
G-2. Le mort souffre si on pleure après lui :

Selon Umar ibn al-khattàb, le Prophéte a dit un jour : "Les morts souffrent des pleures de leurs proches."

Ibn Abbas rapporta ce hadith à Aicha qui le contesta en ces termes : "Par Allah, le prophéte n'a jamais dit cela mais il a dit : "Le renégat une fois mort souffre-puni des péchés qu'il a commis-tandis que ses proches le pleurent."

Vous en avez la preuve par le Coran continua-t-elle : "Nul ne supportera le fardeau d'autrui."
(al Fatir, 18) puis elle ajouta "Qu'Allah bénisse Umar, il n'a pas menti mais il a surement oublié".

 
G-3. La personne qui subira le pire des châtiments est une femme qui a fait mourir un chat en le privant de boisson et de nourriture :

Abu Hurayra diffusait le hadith dans lequel le Prophéte racontait l'histoire d'une femme punie par Allah pour avoir laissé mourir de soif et de faim un chat en empêchant même les insectes d'arriver à lui pour le priver de nouriture.

Un jour, alors qu'abu Hurayra se trouvait chez Aicha, cette dernière lui demanda : "Est- il vrai que s'est toi qui relate le hadith de la femme punie pour un chat ?" Et Abu Hurayra de répondre : "C'est ainsi que je l'ai entendu du Prophéte ". c'est alors qu'Aicha répliqua : "Allah ne peut punir un être humain ainsi par le seul fait qu'il ait fait souffrir un animal, or la femme dont à parlé le Prophéte dans ce hadith était impie. Tu dois faire attention à ce que tu transmets des hadiths. 
 
 
 
 
H. Un exemple particulier, le cas des adultérins :
 
H-1. Le premier cas de lapidation en islam :

Abdallah ibn Umar a rapporté : "Des juifs se rendirent chez l'Envoyé et lui apprirent qu'un juif et une juive ont commis l'adultère ". L'Envoyé leur demanda : "Que trouvez-vous au sujet de la lapidation dans la Thora ?" Et eux de répondre : "A les flétrir et à les flageler". Abdallah ibn Salam leur répondit : "Vous mentez; car la Thora commande la lapidation". Ils apportèrent la Thora, et en l'ouvrant, l'un d'eux cacha de sa main le verset où la lapidation est mentionnée, puis il lut ce qui le précède et ce qui lui succède. Abdallah lui dit alors : "Pousse ta main", et l'autre le faisant, on trouva le verset de la lapidation. Ainsi les Juifs dirent : "C'est vrai, ô Muhammad, ce verset y existe". Alors l'Envoyé ordonna de lapider les accusés ».

1) Selon ce récit, le Prophète a appliqué la lapidation suivant la Tora, c'était là le tout premier cas d'adultère en islam.

2) Or, le Coran commandait au Prophète ceci dans le Coran : « Mais comment te demanderaient-ils d'être leur juge quand ils ont avec eux la Thora dans laquelle se trouve le jugement d'Allah ? Et puis, après cela, ils rejettent ton jugement. Ces gens-là ne sont nullement les croyants . Nous avons fait descendre le Thora dans laquelle il y a guide et lumière. C'est sur sa base que les prophètes qui se sont soumis à Allah, ainsi que les rabbins et les docteurs jugent les affaires des Juifs. (...) Dis : "Ô gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Thora et à l'Évangile et à ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur.» (al Maida, 43, 68)

3) D'autre parts, les musulmans sont commandés d'obéir au Messager : « Ô les croyants ! Obéissez à Allâh, et obéissez au Messager. » (al Nissa, 59) & « Vous avez, dans le Prophète de Dieu, un bon exemple. » (al Ahzab, 21)

4) Ainsi, la lapidation pratiquée par le Prophète Muhammad sur base de la Tora devient une Sunnah du Messager que les fidèles sont tenus de suivre.


H-2. Le verset de la lapidation non repris dans la compilation du Coran :

Ibn Abbas, rapporte qu'Umar a dit lors d'un sermon : "Allah a envoyé Muhammad avec la Vérité; Il lui a révélé le Livre et parmi les versets révélés, il y avait un verset relatif à la lapidation. Nous l'avons lu, compris et retenu. C'est par celui-ci que l'Envoyé d'Allah a fait lapider et que nous avons, après lui, fait aussi lapider. Je crains qu'après qu'un long temps se soit passé, quelqu'un dise, 'Par Allah, nous ne trouvons pas le verset de la lapidation dans le Livre d'Allah', et ils s'égareront ainsi en oubliant un engagement qu'Allah a bien révélé. Et la lapidation doit être infligée à n'importe quelle personne mariée (mâle et femelle), qui commet des rapports sexuels illégaux, si la preuve exigée est disponible ou s'il y a confession. Et alors nous récitions parmi les versets du Livre d'Allah : 'O peuple ! Ne prétendez pas être la progéniture d'autres que vos pères, car c'est une incrédulité de votre part que de prétendre être la progéniture d'autres que votre vrai père' ... "

1) Aucun Sahaba n'a démenti ce propos de Umar ibn Al Khattab.

2) La lapidation est pratiquée chez toutes les branches de l'islam, y compris chez les chiites qui détestent Umar.

3) Il existe des cas où Umar a été critiqué pour des avis et réformes, surtout après sa mort par les chiites le considérant comme un ennemi.


□ Ainsi, nous voyons par deux moyens et deux démonstrations que la lapidation émane bien du Coran, même si le témoignage de Umar sur un verset non repris dans le Mushaf était remis en question.

□ Concernant les versets de la lapidation (al Nur2-3) et cette pratique de lapidation, voici un hadith d’Abu Hurayra et Zayd ibn Khâlid (Qu’Allah soit satisfait des deux), qu’ils ont dit :

"Un jour, nous étions chez le Prophète. Il est arrivé qu’un homme est venu lui dire : je te sollicite au nom d’Allah de juger entre nous d’après le Livre d’Allah. Alors, son adversaire, qui était plus intelligent que lui, a dit : oui, juge entre nous d’après le Livre d’Allah et permets-moi de parler. Après avoir eu la permission de parler, il a dit : « Mon fils était embauché chez cet homme, il a fait la fornication avec sa femme. Alors, je lui ai donné 100 chameaux et un servant pour expier ce péché. Mais, après avoir interrogé quelques-uns des savants, m’ont informé que mon fils doit être flagellé de cent coups de fouet et expulsé pour un an et qu’il faut appliquer la lapidation sur la femme de cet homme ». Alors, le Prophète leur a répondu en disant : « Par Celui qui détient mon âme, je jugerai entre vous selon le Livre d’Allah, Exalté soit-Il : tu reprends les 100 chameaux et le servant et ton fils sera flagellé de 100 coups de fouet et subira une expulsion pour un an ». Puis, il s’est adressé à un compagnon qu’on appelait Unays et lui a dit : va chez la femme de cet homme, si elle reconnaît avoir commis ce péché, alors lapide-là. Une fois interrogée, elle a reconnu avoir commis l’adultère. Alors, il l’a lapidée."

« La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l'exécution de la loi d'Allah - si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu'un groupe de croyants assiste à leur punition. Le fornicateur n'épousera qu'une fornicatrice ou une associatrice. Et la fornicatrice ne sera épousée que par un fornicateur ou un associateur; et cela a été interdit aux croyants. » (al Nur, 2-3)

□ De cette façon, les célibataires subissaient la peine de la flagellation, et les personnes mariées la lapidation. 
 

H.3. Cumul de deux peines, fornication et semer le désordre :

Un argument neuf pour vérifier si la lapidation des adultérins est envisageable sur base du Saint-Coran, (al Ma'ida, 33) :

إِنَّمَا جَزَاء الَّذِينَ يُحَارِبُونَ اللّهَ وَرَسُولَهُ وَيَسْعَوْنَ فِي الأَرْضِ فَسَادًا أَن يُقَتَّلُواْ أَوْ يُصَلَّبُواْ أَوْ تُقَطَّعَ أَيْدِيهِمْ وَأَرْجُلُهُم مِّنْ خِلافٍ أَوْ يُنفَوْاْ مِنَ الأَرْضِ ذَلِكَ لَهُمْ خِزْيٌ فِي الدُّنْيَا وَلَهُمْ فِي الآخِرَةِ عَذَابٌ عَظِيمٌ


En effet, semer le désordre (فَسَادًا) sur Terre est un crime qui selon le Coran peut être puni par la mort. Si donc l'adultère entre dans le cadre d'al fasâd, alors la condamnation à mort des adultérins entre en conformité avec ce verset coranique aussi. Mélange des lignées, héritage injuste, tromperie, risque de vendetta, divorce, famille éclatée, dépravation, perversité, désordre social, etc. 

Le cumul de l'expulsion du jeune ouvrier un an à la flagellation correspond bien à la peine coranique la plus légère envers les semeurs de troubles, et la mise à mort de la dame mariée à la peine la plus dure envers eux.

Ubâda ibn As-Sâmît rapporte que le Prophète a dit : "Retenez ceci ! Retenez ceci d'après moi. Allah a trouvé une issue (aux fornicateurs) [5]: un célibataire et une fille vierge qui forniquent, on les flagelle de cent coups de fouet et on les expulse du pays pour une année. L'homme et la femme mariés, on les flagelle de cent coups de fouet et on les lapide (jusqu'à la mort)."

Aicha rapporte que le Messager a dit : "Le sang d'un musulman n'est permis que dans trois situations : l'adultère d'une personne déjà mariée, un meurtre avec préméditation, et l'apostasie suivie de la prise des armes contre nous; dans ce cas cette personne sera tuée, liées (trois jours) à un poteau ou expulsée".


H.4. Brève historique et chronologie des événements :

a/ Dès les toutes premières sourates révélées la fornication est prohibée en ces termes : "Qui n'invoquent pas d'autre dieu avec Allah et ne tuent pas la vie qu'Allah a rendue sacrée, sauf à bon droit; qui ne commettent pas de fornication - car quiconque fait cela encourra une punition." (al Furqan, 68)

 La punition était ici céleste, car aucune peine n'était prévue à cet égard.


b/ "Ô femmes du Prophète ! Celle d'entre vous qui commettra une turpitude prouvée, le châtiment lui sera doublé par deux fois! Et ceci est facile pour Allah." (al Ahzab, 30)

c/ "Et épousez-les avec l'autorisation de leurs maîtres (Waliy) et donnez-leur un mahr convenable; (épousez-les) étant vertueuses et non pas livrées à la débauche ni ayant des amants clandestins. Si, une fois engagées dans le mariage, elles commettent l'adultère, elles reçoivent la moitié du châtiment qui revient aux femmes libres. Ceci est autorisé à celui d'entre vous qui craint la débauche ; mais ce serait mieux pour vous d'être endurant. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux." (al Nissa, 25)

 Ici, il est encore question de la peine céleste de l'au-delà, aucune peine terrestre n'est prévue pour purifier les pécheurs.


d/ Allusion au verset suivant : « Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d'entre vous. S'ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu'à ce que la mort les rappelle ou qu'Allah décrète une issue à leur égard. » (al Nissa, 15)

 Ce verset envisage un permier moyen de répression contre la fornication, et plus précisément contre la prostitution.


e/ Incident des deux adultérins juifs de Médine lapidés selon la Tora, suivi de la lapidation de trois musulmans insistant pour se faire purifier de leur propre initiative accordé par le Prophète : initiant une tradition en ce sens.


f/ "Voici une Sourate que Nous avons fait descendre et que Nous avons imposée, et Nous y avons fait descendre des versets explicites afin que vous vous souveniez. La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l'exécution de la loi d'Allah - si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu'un groupe de croyants assiste à leur punition." (al Nur, 1-2)

 Ce verset consiste en une condamnation temporelle de la fornication.


g/ Incident du jeune ouvrier qui couche avec sa maîtresse semant du trouble, et décret fusionnant les peines de la fornication coranique avec la peine du semeur de désordre du verset coranique (al Ma'ida, 33) selon le châtiment de la Tora prévu à cet effet.


h/ Adaptation de certains juristes médiévaux de la demi peine pour les femmes au statut d'esclaves mentionné plus haut au nombre de coups lors de la peine de flagellation.



I. Une démonstration réfutable indirecte du fondement historique de la sunnah :

Il existe un autre moyen de conforter le bienfondé des fondements de la pratique de la sunnah retenue comme fiable  : la comparaison des fondements des pratiques cultuelles et religieuses des deux grandes branches de l'islam, à savoir le sunnisme et le chiisme. En effet, la rupture idéologique des deux branches s'ancrant à l'époque de l'islam primitif, les très profonds différends entre les tenants des deux branches ne permettent d'attribuer les points de convergences qu'à avant le grand schisme. Puisqu'il n'a existé aucune autorité ayant le pouvoir d'imposer des rituels tant aux uns qu'aux autres après la rupture. Par conséquent, il est historiquement patent que les points de convergences ne peuvent que remonter à la seule autorité reconnue initialement par les différentes branches, à savoir le Prophète lui-même.
 
 

La salat al dohr chez les chiites duodecimains (Turquie).



La salat al fajr chez les sunnites.


Or, il est aisé de constater que les rituels cultuels (jeune du mois de ramadan et ses règles, rituels et période du pèlerinage, les parts de la zakat et les destinataires, les cinq salat et leurs nombres et gestuelles, circoncision, ...) et les fondamentaux (peines juridiques, règles commerciales, ...) qui unissent dans la pratique les sunnites et les chiites ne présentent que de légers écarts, parfois moindres que ceux qui sont constatés au sein même des sous-branches des deux courants distincts. Ceci consolide l'origine coranique et prophétique des pratiques communes, comme montré jusqu'ici. Les différences devant se justifier par l'érosion du temps.
 
 

Dans la figure supra, nous visualisons les bifurcations des diverses branches du monde musulman. La rupture entre le chiisme et le sunnisme vers 652, soit 20 ans après le décès de Muhammad conduit à accepter leurs pratiques communes comme remontant directement à l'islam des origines.



 
J. Le cas des submitters et Rashad Khalifa :
 
Une des aberrations du mouvement coraniste est sans conteste la mouvance des submitters, initiée par Rashad Khalifa, qui outre le fait de faire un déni total et absolu de toute démarche historico-critique rigoureuse, fonde un genre de secte dont il se fait le messager, en cherchant à conforter le Coran comme source unique stricte. Pour cela celui-ci cherchera à montrer de façon fortement biaisée une fausse redondance du nombre 19 qui reviendrait de façon numérologique à travers tout le Coran. L'ironie sera qu'outre le fait de n'utiliser aucun protocole standard mais des bais à la pièce, Khalifa finira même par chercher à élaguer des versets contredisant ses calculs déjà biaisés pour faire coller avec sa thèse du nombre secret. Parmi les versets qu'il reniera comme appartenant bien au Coran, le verset 128 de la sourate al Tawba.



Ci-dessus folio 3r du Codex Sana`a I. Un des manuscrits coraniques des plus anciens, daté en laboratoire comme remontant potentiellement au vivant du Prophète.


Or, le verset (9,128) figure sur le fragment 33r comme on peut le constater entre autres dans "A Qur’anic manuscript produced no more than 15 years after the death of Prophet Muhammad ?", Razan Ghassan Hamdoun [6] par exemple. Ce qui suffit à réfuter catégoriquement sa démarche avant même toute démonstration mathématique des biais et méthodes ad hoc.








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[1] Haythamī, Majmāu’z-Zawā'aid, 170; Suyūtī, Miftah, 16.

[2] Al Dhahabi, Tadhkiratul-Huffadz, "Biographie d'Abû Bakr", 1/2-3 2.

[3] Ibn Sa'd, At- Tabaqāt, "Biographie d'Al-Qâsim Mohamed b. Abi Bakr".

[4] Abu Dawud 40/2, An-Nassai 199/3, Ad-darimi 345/1

[5] Al Haythami, Majma'u al Zawaid ; Suyuti, al-Miftah.

[6]" A Qur’anic manuscript produced no more than 15 years after the death of Prophet Muhammad ?", Razan Ghassan Hamdoun, Al-Yemenia University, 2004