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lundi 30 janvier 2012

II. Notion de Hadith et Paleo-Islam



A. Introduction :

La place des hadiths en islam est fondamentale et centrale. Nous allons présenter la thèse de doctorat du Dr. Bünyamin Erul touchant la notion de Sunnah chez les Sahabas dans un autre article. Avant cela, nous allons aborder la question de la méthodologie et la critique du hadith. Comment détermine-t-on la fiabilité d'un hadith, que signifie la qualification d'un hadith comme aħiħ ? Quelle est la différence entre le xabar aħad et le ħadiθ mutawātir ? Présentons d'abord la méthodologie du hadith, sans nous étendre sur toutes les subtilités de la méthode du hadith.

Classiquement, un hadith est retenu comme sain (sˁaħiħ) lorsqu'il répond aux cinq critères suivants :

1. Il doit remonter jusqu'au Prophète,
2. Il doit être ininterrompu,
3. Chaque maillon doit être reconnu comme juste par ses pairs*,
4. Chaque maillon doit être reconnu pour avoir une bonne mémoire par ses pairs*,
5. Le hadith ne doit pas comporter une autre défaillance identifiable que ces quatre critères susmentionnés.

* Les pairs, c'est-à-dire des chroniqueurs contemporains qui ont fréquenté ceux-ci dans les cercles des mémorisateurs.



B. Critères d'authenticité fluctuants :

Il est à souligner que la qualification d'un hadith comme fiable ou ahih par un spécialiste ne signifie pas que tous les spécialistes le considèrent également comme fiable. La majorité des spécialistes du hadith considèrent les transmetteurs (rāwi) des chaînes de transmissions (isnād) indéterminés (maʤhul) comme acceptables ; le fait qu'ils ne soient pas répertoriés comme non fiables leur permet de les tenir pour fiables par défaut. Cependant, d'autres spécialistes, à l'instar de Muslim ibn Hajjaj, considéraient par contre ceux-ci comme douteux et n'acceptaient pas leurs hadiths comme fiables. Selon ceux-ci, le fait que ces transmetteurs inconnus ne soient pas identifiés comme non-fiables ne suffit pas à les rendre fiables, et il faut pouvoir identifier chaque maillon de la chaîne de transmetteurs comme fiable. Muhammad ibn Ismail al-Bukhari exigeait par ailleurs, en plus de la nécessité d'identifier tous les maillons comme fiables, de pouvoir confirmer que chaque maillon a bien rencontré au moins une fois le maillon précédant. Ne se contentant pas de ce que leurs dates de naissance et de décès se recoupent juste sur le plan chronologique.

Concept de l'unité - Rendu 3D, cercle de personnes d'origines ethniques différentes, main dans la main. Banque d'images - 9710440 

Si un petit texte est présenté à une personne parmi un cercle de volontaires, en sorte que celui-ci le transmette discrètement dans l'oreille de la personne juste à sa droite, et ainsi de suite jusqu'à ce que le message lui revienne en faisant le tour du cercle, un tel exercice montrera une altération du récit au fil de la transmission. Une telle altération est inévitable lors d'une transmission orale après plusieurs maillons si il n'y a pas de feed-back systématique à chaque étape.



C. Variantes, Xabar Aħad et Mutāwatir :

De par leur transmission interprétative jusqu'à leur fixation par écrit, les hadiths ont dérivé vers de multiples variantes. Ainsi, les hadiths ont formé de multiples versions et variantes et ont augmenté en nombre au fil du temps. Lorsqu'un récit est transmis par différentes voies, il peut par exemple arriver que sept de ces versions se ressemblent, et qu'une huitième version en diffère et reste secondaire (ʃāð) : en sorte que cette version secondaire doive être rejetée, même si la chaîne de transmission est considérée techniquement comme fiable. Autrement dit, la chaîne des transmetteurs est acceptable, mais le contenu sera rejeté. Si le récit parvient pas différentes voies de façon instable, celui-ci sera considéré trouble (muðˤtˁarib), et toutes les versions seront rejetées à défaut de pouvoir les trier en sorte à en mettre un plus en avant. Cependant, si un hadith nous parvient selon un seul Sahaba ou un petit nombre de Sahabas, celui-ci sera tenu pour isolé (aħad). Cela induisant dans sa transmission, une faiblesse. Du fait que celui-ci, quoi que transmis selon des chaînes aux maillons tenus fiables, peut se trouver en principe dans l'état du hadith secondaire (ʃāð) vu plus haut. Pour cette raison, certains savants considèrent ces récits isolés comme non fiables pour fonder des croyances ou doctrines religieuses, exigeant des hadiths mutāwatir.

Mutāwatir signifiant, l'uniformité ou la convergence d'un hadith prophétique transmis par tant de voies différentes, qu'il soit totalement exclu de concevoir un complot à son sujet". Pour qualifier un hadith de mutāwatir, les spécialistes on conçus divers critères. De par le caractère nébuleux du nombre de recoupements suffisant pour qu'une erreur ne puisse pas s'être formée a conduit les spécialistes à exiger que pour qu'un hadith soit tenu pour mutāwatir il faille à chaque maillon, depuis les Sahabas jusqu'à la fixation par écrit, au minimum : 4, 5, 10, 12, 20, 40, 70 ou 300 témoins. La tendance générale étant d'exiger à chaque maillon dix confirmations. On distingue par ailleurs le mutāwatir dans le fond, et le mutāwatir dans la forme. La version dans le fond signifiant le recoupement dans le sens, tandis que le mutāwatir dans la forme doit se détenir avec les mêmes propos. Or, nous ne pouvons trouver aucun hadith mutāwatir dans la forme. Tandis que nous connaissons des mutāwatir dans le fond, quoi qu'en fort petit nombre : variable selon le niveau d'exigence. Certains spécialistes n'exigent pas que les chaînes de transmissions de chacune de ces versions soit fondée comme fiable, et soutiennent parfois un ensemble de récits faibles convergeant vers une même idée comme un cas fiable, voire parfois selon certains : mutāwatir. Cela est, comme la reconnaissance par défaut d'un rawi non identifié comme valable non soutenable, car des usages d'origine exogène peuvent devenir courants sans émaner de l'autorité du Prophète.

Les chaînes de transmetteurs tenus pour fiables les plus courtes qui sont fixées sont composées d'au moins quatre maillons. Ainsi, l'exigence minimale de quatre témoins à chaque maillon pour tenir un récit comme mutāwatir, il faut détenir au minimum 256 variantes suivant la structure (4x4x4x4), toutes détenues avec des chaînes de transmetteurs fiables. En pratique, nous ne détenons aucun hadith répondant à cette exigence minimale stable dans la forme, tandis que les cas de récit se recoupant dans le fond se rapprochent de ce critère minimal, mais avec des recoupements des chaînes les unes avec les autres de façon transversales. Pour cette raison, les spécialistes demeurent très souples dans ce domaine. Si nous prenons pour base, la version théorique de 10 témoins totalement distincts à chaque maillons comme soutenu généralement dans les manuels théoriques, cela nécessiterait 10.000 versions totalement distinctes détenus par respectivement 10 Sahabas, 100 Tabi'i, 1000 Etba'i tabi'i et 10.000 Etba'i atba tous tenus pour fiables : ce qui est de fait improbable. Par contre, si nous acceptons que les chaînes doivent être composées de maillons strictement différents se limitant au nombre des versions, cela devient accessible.

Or, en suivant un raisonnement similaire, certains savants tiennent des hadiths aux chaînes de transmissions faibles voire inexistantes comme aħiħ li-ɣayrihi ou ħassan li-ɣayrihi, ou fiables/bons par défaut, en appuyant le fond par des hadiths tenus pour fiables. Ou parfois même à présenter certains hadiths aux chaînes irrégulières comme mutāwatir. Ou alors, en retenant un tel hadith pour faible suivant une partie de son contenu appuyé par un autre hadith tenu pour fiable, certains en viennent à tenir la partie non fondée de ces hadiths comme également fiable. Pourtant, le fait qu'une partie d'un récit transmis suivant une chaîne irrégulière et douteuse rejoigne un hadith tenu pour fiable, ne signifie pas que la partie non fondée de son contenu en devienne fiable par magie ou contagion. Même si un faisceau de chaînes fiables peut fort bien conforter une chaîne défaillante sur la partie consolidée.

Quand aux chaînes discutées dont les récits convergent, il semble plausible d'en accepter suivant certains critères. Comme le fait que rien ne tende à concevoir que les chaînes se recoupent de façon voilée. Par exemple, si des narrateurs ont été accusés de dissimulations de maillons critiqués tadlīs.



D. Approche mathématique des hadiths :

Il y a un moyen de vérifier la fiabilité des hadiths sur base des mathématiques. En effet, la langue de rédaction des récits est l'arabe, or la langue arabe a la particularité de se composer de racines bi-, tri- ou quadrilitères. Or, il est établi sur base du comptage des racines recensées dans le fammeux Qāmus al Muħīt (XIVeS), qu'il existe au moins 9.273 racines distinctes en langue arabe médiévale [1]. Le nombre de racines en langue arabe au VIIeS pouvant être inférieur, équivalant ou supérieur à celui du temps de la rédaction de ce dictionnaire, or il ne faut pas oublier que la détention matérielle des hadiths est contemporaine de ce dictionnaire de référence susmentionné. Il est intéressant de souligner que le nombre de racines utilisées dans le Coran est de 1.726. Sur cette base, sans même élargir l'analyse à la grammaire ou la syntaxe, il devient possible d'établir un calcul probabiliste sur le niveau de fiabilité d'un hadith, dès qu'il est transmis au moins par deux voies distinctes et indépendantes. Par exemple, une phrase comportant 10 racines identiques transmise par trois voies distinctes et indépendantes les unes des autres a une probabilité de 1/9.27310e3, soit 1/1,039 x 10119 d'avoir pu avoir été imaginé séparément, sur base des racines existantes disponibles en langue arabe selon l'estimation haute (9.273 racines) ou alors 1/1.72610e3, soit 1.292  1097 selon l'estimation basse (1.726 racines). Une telle coïncidence est si faible, que dans le deux cas de figures, il devient évident qu'un tel hadith doit remonter à une source commune, ici, chez le Prophète. Pour avoir un ordre d'idée, il existe 1078 atomes dans l'Univers observable. Et le volume de l'univers observable en nombre de volumes de protons est de l'ordre de 10122.

Sans étendre l'analyse à la structure des récits, sur seule base du nombre des racines, il devient permis de vérifier la fiabilité d'un hadith de façon absolue. Nous pourrions nous interroger sur la prise en compte de la fréquence d'utilisation variable des racines en langue arabe, or, techniquement les hadiths étudiés se trouvent toujours dans le nombre de phases permises à partir de ces racines. La fréquence d'usage des mots change selon l'échantillonnage, le type de textes et les époques. Nous estimons à plusieurs millions de mots existants en langue arabe. Concrètement nous disposons d'au moins 9 273 racines distinctes, déclinables en schèmes sous jusqu'à plusieurs centaines de formes (nom, verbe, adjectif, adverbe, ...). Nous nous situons en amont d'une analyse de la syntaxe et de la grammaire, de l'ordre des racines et de leur organisation, et nous bornons sur des propos originaux et non courants. 

Une autre démarche mathématique consiste à évaluer les termes de syntaxe des 9 273 racines distinctement des autres. Si nous considérons les particules de syntaxe au nombre de 273 [note], pour une phrase de par exemple 20 mots, et 6 particules nous obtenons 9 00014 x 2736 = 1.03*1073. Avec deux voies indépendantes cela donne alors: 1/1.06*10146, et avec trois sources indépendantes, nous arrivons déjà à 1/1,09*10219

Une troisième démarche consiste à simplement ignorer les particules syntaxiques, et juste comptabiliser les mots restants. Pour l'exemple supra, cela donne 1/[(9 00014)2] = 1/5,23 *10110, pour deux voies distinctes et 1/[(9 00014)2] = 1/4,24 *10118 avec trois voies distinctes.

Or, il n'est pas techniquement nécessaire de trouver le nombre de phrases absolues générables en langue arabe pour s'assurer qu'il n'y a pas de coïncidence soutenable dans la répétition d'un hadith de quelques mots, avec des propos originaux, c'est-à-dire non usuels. En effet, la richesse de vocabulaire en langue arabe est très élevée, or, même en nous arrêtant à un seuil bas à l'absurde de 500 racines en tout, avec un hadith d'à peine 3 mots transmis par seulement deux voies indifférentes nous arrivons déjà à une probabilité de 1/1.56*1016. Notre objectif de vérification mathématique est dès lors largement atteint par notre approche. 



D.1. Exemple d'analyse :

(1) Selon Abdallah ibn Mas'ud.

حَدَّثَنَا أَبُو بَكْرِ بْنُ أَبِي شَيْبَةَ، حَدَّثَنَا حَفْصُ بْنُ غِيَاثٍ، وَأَبُو مُعَاوِيَةَ وَوَكِيعٌ عَنِ الأَعْمَشِ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ بْنِ مُرَّةَ، عَنْ مَسْرُوقٍ، عَنْ عَبْدِ اللَّهِ، قَالَ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "‏ لاَ يَحِلُّ دَمُ امْرِئٍ مُسْلِمٍ يَشْهَدُ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَأَنِّي رَسُولُ اللَّهِ إِلاَّ بِإِحْدَى ثَلاَثٍ الثَّيِّبُ الزَّانِ وَالنَّفْسُ بِالنَّفْسِ وَالتَّارِكُ لِدِينِهِ الْمُفَارِقُ لِلْجَمَاعَةِ ‏"‏ ‏.‏


(2) Selon Aïcha bint abu Bakr :

حَدَّثَنَا مُحَمَّدُ بْنُ سِنَانٍ الْبَاهِلِيُّ، حَدَّثَنَا إِبْرَاهِيمُ بْنُ طَهْمَانَ، عَنْ عَبْدِ الْعَزِيزِ بْنِ رُفَيْعٍ، عَنْ عُبَيْدِ بْنِ عُمَيْرٍ، عَنْ عَائِشَةَ، رضى الله عنها قَالَتْ قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم ‏ "لاَ يَحِلُّ دَمُ امْرِئٍ مُسْلِمٍ يَشْهَدُ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَأَنَّ مُحَمَّدًا رَسُولُ اللَّهِ إِلاَّ بِإِحْدَى ثَلاَثٍ رَجُلٌ زَنَى بَعْدَ إِحْصَانٍ فَإِنَّهُ يُرْجَمُ وَرَجُلٌ خَرَجَ مُحَارِبًا لِلَّهِ وَرَسُولِهِ فَإِنَّهُ يُقْتَلُ أَوْ يُصْلَبُ أَوْ يُنْفَى مِنَ الأَرْضِ أَوْ يَقْتُلُ نَفْسًا فَيُقْتَلُ بِهَا ‏"‏ ‏.‏


(3) Selon Uthman ibn Affān.

أَخْبَرَنَا مُؤَمَّلُ بْنُ إِهَابٍ، قَالَ حَدَّثَنَا عَبْدُ الرَّزَّاقِ، قَالَ أَخْبَرَنِي ابْنُ جُرَيْجٍ، عَنْ أَبِي النَّضْرِ، عَنْ بُسْرِ بْنِ سَعِيدٍ، عَنْ عُثْمَانَ بْنِ عَفَّانَ، قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏ "‏  لاَ يَحِلُّ دَمُ امْرِئٍ مُسْلِمٍ إِلاَّ بِثَلاَثٍ أَنْ يَزْنِيَ بَعْدَ مَا أُحْصِنَ أَوْ يَقْتُلَ إِنْسَانًا فَيُقْتَلُ أَوْ يَكْفُرَ بَعْدَ إِسْلاَمِهِ فَيُقْتَلُ ‏"‏ ‏.‏


(3') Selon Abdallah ibn Umar, via Uthman ibn Affān.

أَخْبَرَنَا أَبُو الأَزْهَرِ، أَحْمَدُ بْنُ الأَزْهَرِ النَّيْسَابُورِيُّ قَالَ حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ بْنُ سُلَيْمَانَ الرَّازِيُّ، قَالَ أَنْبَأَنَا الْمُغِيرَةُ بْنُ مُسْلِمٍ، عَنْ مَطَرٍ الْوَرَّاقِ، عَنْ نَافِعٍ، عَنِ ابْنِ عُمَرَ، أَنَّ عُثْمَانَ، قَالَ سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم يَقُولُ ‏ "‏ لاَ يَحِلُّ دَمُ امْرِئٍ مُسْلِمٍ إِلاَّ بِإِحْدَى ثَلاَثٍ رَجُلٌ زَنَى بَعْدَ إِحْصَانِهِ فَعَلَيْهِ الرَّجْمُ أَوْ قَتَلَ عَمْدًا فَعَلَيْهِ الْقَوَدُ أَوِ ارْتَدَّ بَعْدَ إِسْلاَمِهِ فَعَلَيْهِ الْقَتْلُ ‏"‏ ‏.‏



D.2. Reconstruction :

لاَ يَحِلُّ

دَمُ امْرِئٍ مُسْلِمٍ إِلاَّ بِإِحْدَىثَلاَثٍ يَزْنِيَ بَعْدَ 
إِحْصَانِهِ أَوْ يَقْتُلَ نَفْسًا أَوْ ارْتَدَّ/خَرَجَ/ يَكْفُرَ  لِدِينِهِ/بَعْدَ إِسْلاَم

□ Cette version reconstruite de 18 mots doit être la version originale du hadith. Un est partagé par deux voies, 15 par trois voies distinctes. Deux termes se retrouvent en synonymie (irtadda/xaraga/yakfura) & (islāmihi/al-dīn). La probabilité d'aboutir à ces trois récits est par conséquent de respectivement 1/(1.72615e3 × 1.7262) = 1/1,383 x 10145 à 1/(9.27315e3 × 9.2732) = 1/2,879 x 10186. Cette probabilité est extrêmement mince dans les deux cas. Ce hadith est par conséquent original de façon quasi certaine. À titre de comparaison, la partie observable de l'univers équivaut en volumes de Planck à 10185.

□ Pour avoir un ordre d'idée de la fiabilité mathématique de ce hadith, imaginez que nous placions 5 phrases en arabe de 18 mots dans chaque volume de Planck de l'univers observable, et que nous cherchions à tomber sur ce hadith du premier coup. 

□ Le sens de la troisième partie est de même retenue fermement, mais les mots exacts d'origine ne sont pas décidables.

□ Pour illustrer la robustesse de l’approche même dans les conditions les plus indulgentes, prenons un seuil extrêmement bas : seulement 100 racines possibles comme base de référence (ce qui est largement sous-estimé pour l’arabe classique, même en se limitant aux plus fréquentes). Pour un hadith court de 3 mots non triviaux, transmis par deux isnād totalement disjoints, la probabilité brute d’une convergence fortuite sur ces 3 racines devient (100³)² = 100⁶ = 10¹², soit une chance sur mille milliards. Même en ignorant tout ordre, toute syntaxe et toute contrainte thématique, ce chiffre reste écrasant. Dans la réalité, les racines mobilisées sont souvent plus spécifiques, et les isnād ne sont pas toujours parfaitement indépendants, ce qui rend l’improbabilité encore plus marquée. Ce calcul simple montre qu’une convergence lexicale minimale sur des voies distinctes suffit déjà à exclure raisonnablement une coïncidence pure.

D.3. Méthodologie de reconstruction isnād-cum-matn :


Selon les chroniqueurs médiévaux, le nombre de hadiths existants au premier siècle hégirien tournerait autour de 500.000 à 600.000 variantes. En prenant l'estimation la plus haute de 1.500.000 de variantes ayant jamais existé [2], et sachant que leur nombre retenu à travers les compilations existantes ce nombre tourne autour de 40.000 hadiths, il devient pertinent de reconstruire un récit suivant le procédé suivant.

Lorsqu'un récit nous parvient par différentes voies, il faut recouper les récits par voies distinctes de chaînes de transmission. Il est intéressant de compléter cette méthode analytique, avec l'approche probabiliste de la fiabilité des rapporteurs développée par H. Aydemir [3]. Lorsqu'un mot se retrouve sur au moins deux voies distinctes, il faut le retenir, de même, si il y a des synonymes, il faut les notifier. Ainsi, il devient possible de retrouver le récit d'origine par une méthodologie appuyée par les mathématiques. 

En effet, la probabilité que deux racines se retrouvent, dans deux variantes d'un récit parallèle, à travers deux voies de transmissions distinctes est au minimum de 1/1.7264, soit 1/8.874.893.813.776. Cela équivaut à un taux de 1,69 x 10-7 % de tomber sur cette convergence par hasard avec la génération de 1.500.000 récits indépendants, et sur base de 1.726 racines. Les récits reconstitués s'en retrouvent souvent réduits et raccourcis, mais la reconstruction aboutit à une variante dont le niveau de fiabilité s'évalue scientifiquement selon des critères rigoureux et vérifiables.

Pour rappel, en physique des particules, pour accepter l'existence d'une particule prédite par un théoricien, il est exigé d'arriver à une espérance de 5 σ, ou écart-type. Ce qui correspond à un taux d'erreur acceptable jusqu'à 0,00006%. Soit 4/10.000.000. Notre méthode mathématique de reconstruction des hadiths est donc puissante sur le plan scientifique.

Néanmoins, notre méthode n'est valable que pour les hadiths réunissant certains critères, à savoir : 1. consister en des propos directement attribuées au Messager, 2  Être retenu par au moins deux voies distinctes indifférentes, 3. Les chaînes de transmissions doivent respecter les critères suffisants pour vérifier la source de bout en bout. 

Or, la méthode peut être étendue de façon analytique à des affirmations sur des faits et/ou gestes attribuées au Prophète, en respectant les trois conditions supra. Pour cela, il faudra déconstruire les affirmations en une suite logique rigoureuse d'articulations sémantiques décrivant en détails ce qui est rapporté, que nous pouvons nommer phylogénie pragmatique. Par exemple, si nous obtenons une suite A+B+C+D+E+F+G+H+I, par quinze voies distinctes, la probabilité de coïncidence sera de 1/915, soit 1/2,059 x 1014. Une pratique musulmane répandue peut être due à une influence tierce, comme une personnalité influente en dehors du Prophète. C'est pourquoi le système de transmetteurs identifiés a toute son importance dans cette recherche.



E. Manuscrits des compilations de hadiths : 

Chronologiquement, les manuscrits encore détenus des ouvrages de hadiths classiques ne remontent pas jusqu'au moment de leur compilation. Il arrive que nous puissions relever des points de divergences parmi les différents manuscrits de ces ouvrages de référence. Ainsi, le ʤāmiʔul aħīħ d'al-Bukhari nous parvient via ibn Hajar et via Ayni suivant des chaînes de transmissions séparées, et le plus ancien manuscrit encore existant est daté du XVeS. Les deux versions différant tout de même en quelques dixaines de points, certes non conséquents. De même, le sunan de Tirmidhi est tenu sous différentes versions.

Techniquement, il est exigé pour accepter ces ouvrages, que nous disposions de trois manuscrits distincts se confortant mutuellement. Que ces manuscrits remontent à la même époque n'étant pas exigée.

La nécessité de faire une analyse textuelle suivant les différentes voies de transmissions exigeant de gommer ces déformations de façon systématique, et de reconstruire les récits originaux de façon vérifiable et mesurable.



F. Rejeter un xabar aħad est-ce mécroire ?

Rejeter un xabar aħad n'exclut pas un fidèle de l'islam de l'avis de la majorité écrasante des savants. Par ailleurs, les Sahabas aussi en arrivaient à rejeter certains hadiths transmis par d'autres Sahabas qu'ils n'avaient pas entendus personnellement et leur semblant être une erreur de leurs amis. De même, les fondateurs des écoles de jurisprudence aussi en arrivaient régulièrement à rejeter des xabar aħad.

Cependant, railler le contenu d'un tel récit, n'est conforme ni à l'esprit scientifique, ni à la raison, ni au comportement exigé d'un musulman. D'autant plus qu'il n'y a jamais de certitude absolue de ce que le contenu ne puisse pas malgré tout avoir une part de réalité.



G. La question de l'abrogation et résolutions de problèmes au cas par cas : 

Il existe des hadiths qualifiés abusément comme abrogés. Historiquement, les personnes venant chez le Prophète pour la résolution de leurs problèmes étaient considérées selon leurs situations spécifiques. Or, le cas d'une personne peut changer selon le milieu. Ou bien, le fait d'uriner en position debout devant un tas d'immondices, ou de défequer étant tourné vers la Ka'ba ou Jérusalem en se cachant des vues au milieu d'un tas de pierres, a pu être considéré parfois comme un élément abrogeant la prohibition de ces actions. Tandis que la pratique d'un hadith tenu pour "abrogé" lorsqu'on se trouve dans la même situation ayant conduit à son avènement devrait être convenable ?

Ainsi, la personne ayant bu ne peut pas prier avant de devenir sobre, dès lors comment considérer le verset instruisant cette règle abrogée ? Lorsque les conditions d'une situations rejoignent celles de l'avènement d'un hadith, sa pratique devra de même être acceptable. La tendance à vouloir extrapoler les hadiths pour en déduire des règles de plus en plus générales a ainsi conduit la jursisprudence islamique à devoir élaguer de nombreux hadiths qui sont tout aussi fiables que d'autres étant tenus comme fondés.



H. Hésitation à discuter les avis et paroles des Sahabas : 

وَالسَّابِقُونَ الأَوَّلُونَ مِنَ الْمُهَاجِرِينَ وَالأَنصَارِ وَالَّذِينَ اتَّبَعُوهُم بِإِحْسَانٍ رَّضِيَ اللّهُ عَنْهُمْ وَرَضُواْ عَنْهُ وَأَعَدَّ لَهُمْ جَنَّاتٍ تَجْرِي تَحْتَهَا الأَنْهَارُ خَالِدِينَ فِيهَا أَبَدًا ذَلِكَ الْفَوْزُ الْعَظِ
 

(9:100) : "Les tout premiers [croyants] parmi les Emigrés et les Auxiliaires et ceux qui les ont suivis dans un beau comportement, Allah les agrée, et ils l’agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. Voilà l’énorme succès."


Est-il acceptable de rejeter des avis de Sahabas qui ne se fondent pas sur le Coran ou des enseignements propres du Prophète ? Puisque le verset ci-dessus exprime que leur comportement est exemplaire pour les musulmans ?

Relisons ce verset dans son contexte avec les versets précédants et suivants ; (9:97-101) : "Les Bédouins sont plus endurcis dans leur impiété et dans leur hypocrisie, et les plus enclins à méconnaître les préceptes qu’Allah a révélés à Son messager. Et Allah est Omniscient et Sage. Parmi les Bédouins, certains prennent leur dépense (en aumône ou à la guerre) comme une charge onéreuse, et attendent pour vous un revers de fortune. Que le malheur retombe sur eux ! Allah est Audient et Omniscient. (Tel autre,) parmi les Bédouins, croit en Allah et au Jour dernier et prend ce qu’il dépense comme moyen de se rapprocher d’Allah et afin de bénéficier des invocations du Messager. C’est vraiment pour eux (un moyen) de se rapprocher (d’Allah) et Allah les admettra en Sa miséricorde. Car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. Les tout premiers [croyants] parmi les Emigrés et les Auxiliaires et ceux qui les ont suivis dans un beau comportement, Allah les agrée, et ils L’agréent. Il a préparé pour eux des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, et ils y demeureront éternellement. Voilà l’énorme succès ! Et parmi les Bédouins qui vous entourent, il y a des hypocrites, tout comme une partie des habitants de Médine. Ils s’obstinent dans l’hypocrisie. Tu ne les connais pas mais Nous les connaissons. Nous les châtierons deux fois puis ils seront ramenés vers un énorme châtiment."


Il est évident que la prise des Sahabas comme exemple soit nécessaire suivant le Coran. Mais cela ne peut être pensé comme une immunité chez ceux-ci contre l'erreur ou l'imperfection. En effet les suivre, signifie les suivre dans leur conformité aux critères islamiques et leur fidélité au Prophète Muhammad, de par leur soutien et leur engagement envers ses recommandations, et pas pour leurs opinions personnelles et propres. Ainsi, les Sahabas ont pu par moment, tandis que le Prophète se tenait au milieu d'eux, lui demander : "Ô Messager, est-ce là ton opinion personnelle ou un commandement émanant de Dieu ?". De même, une fois, le Prophète leur dit : "Attachez-vous fermement à ce que je vous recommande en matière de religion, quant à vos affaires mondaines, vous êtes plus savants". (Muslim, Fadail ; ibn Hanbal, Musned ; ibn Maja)

Dans ce cas, les positions politiques et sociologiques des Sahabas peuvent ne pas être suivies si la conjoncture socio-antropolologique a conduit à des changements dans les moeurs ou les usages.







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[1] A. Chafīk el-Khatīb, “Al-Muwāsˁafātu’l-Musˁtˁalāxiyyah wa tˁatbīqātuhâ fi’l-Luɣa-ti’l-ʔˤrabiyyah”, (el-Luɣatu’l-ʔˤabiyyah wa Taħaddiyātu’l-Qarni’l-Hādī wa’l-‘iʃrīn), ed. el-Munaddametu’l-ʔˤrabiyyah li’t-Tarbiyah wa’s-θaqāfe wa’l-ʔUlûm. Tunis, 1996, p. 18.

[2] Mustafa Karataş, Rivayet Tekniği Açısından Hadislerin Artması ve Sayısı, Thèse de doctorat, Istanbul, 1998, pp. 230-231.

[3] Halis  Aydemir, “A  Theoretical Approach to the System of Transmission of Hadīth  Based on  Probability Calculations”,  Hadis Tetkikleri  Dergisi  (HTD), III/1, 2005, pp. 39-72.



jeudi 26 janvier 2012

VI. L'Institution de la Sunnah : Chronologie



A. Introduction :


Nous allons partager une synthèse de la thèse de doctorat du Docteur Bünyamin Erul intitulé Sahabenin Sünnet anlayışı (L'appréhension de la notion de Sunnah chez les Compagnons du Prophète) qui constitue une belle analyse de terrain au sujet de le l'islam primitif. Nous Allons présenter ici une version résumée des pages 14 à 40 de la thèse de doctorat (traduite par mes soins).






I- Notion de Sunnah en Langue Arabe et dans le Coran

La racine du mot "Sunnah" est S-N-N, et existait dès la période préislamique chez les Arabes et dans leur littérature. Ils connaissaient et employaient ce terme en tant que verbe et comme nom, signifiant des idées évoluant du plus abstrait vers le plus concret. Sans entrer dans une analyse sémantique poussée, nous allons partager ici des formes d'usages du terme dans les sources anciennes disponibles.


En tant que nom, le terme sunnah signifie ; "chemin", "parcours", "mode de vie", "mode d'action". (...) Dans la période préislamique, la racine S-N-N touche davantage le domaine comportemental. Les Arabes d'avant l'islam entendaient par là les pratiques et usages ancestrales. Ainsi, le terme sunnah qui n'était pas étranger aux Arabes, vient en 14 endroits à travers le Coran au singulier ; et deux fois au pluriel. Huit de ces versets parlant de "sunnah d'Allah", et les autres de "notre sunnah", "la sunnah de ...", et "sunnah des anciens".


II- Notion de Sunnah chez le Prophète 

Nous nous intéresserons davantage dans cette étude à l'usage du terme sunnah chez le Prophète, et tenterons d'établir dans quel sens et acception ce terme était usité par lui. Plus précisément, nous tenterons de déterminer dans quelle mesure l'appréhension personnelle du Prophète a contribué dans l'institution de la notion de sunnah du point de vue historique.

II.a- L'usage de la racine "Sunnah" en tant que verbe 

Nous constatons que dans une partie des usages du terme par le Prophète, il s'agit d'un usage discursif banal du mot dans son sens commun et dans son acception générale.

1- Dans le sens "d'ouvrir une voie à un usage bon ou mauvais en devancier" : 

(...)"Quiconque institue en islam une bonne sunnah, sera rétribué pour son propre compte ainsi que de son application par quiconque sans que personne ne soit privée de rétribution. Quiconque institue une mauvaise sunnah sera rétribué pour son propre compte ainsi que de son application par quiconque sans que personne ne soit privée de rétribution. " 

Dans ce récit, le Prophète use de ce terme dans le sens d'initier un usage bon ou mauvais. Cet usage du terme sous forme verbale vient ici sous la forme sanna, dans le sens littéral, de façon neutre sans connotation positive ou négative particulière de ce terme. (...)


Dans quatre variantes de cette première catégorie d'usage du terme par le Prophète nous trouvons un antagonisme typique sunna-i hasana x sunna-i sayyia, saliha x sayyia, khayr x charr, khayr x sayyia et dalâl x hudâ. (...) L'usage neutre chez le Prophète de ce terme dans de sens d'innover (ihdath), envisage ainsi une dichotomie positive-négative. au sein de la notion de sunnah (...) Citons également l'usage par le Prophète du terme dans un sens positif : 

"D'après Muad ibn Jabal, celui-ci rattrapa un jour une prière en cours et se leva compléter seul le nombre de rak'at après la prière collective. Et le Prophète dit à la suite de cela : 
"Muad (en faisant ainsi pour la toute première fois) a innové (ihdath) pour vous une Sunnah. Désormais faites ainsi.". D'après un autre récit, ibn Mas'ud fit un jour ainsi, et le Prophète aurait dit : "ibn Mas'ud (en faisant ainsi pour la toute première fois) a innové (ihdath) pour vous une Sunnah. Désormais faîtes ainsi."   (...)

Agissement de Muad = innovation + Avalisation du Prophète = sunnah

(...)

2- Dans le sens "d'instituer", "d'établir" :

L'İmam Malik rapporte un récit sans chaîne de transmission, racontant qu'un jour le Prophète sortit de la prière avant d'avoir achevé celle-ci en sorte que lorsqu'on l'interpella il aurait dit : "J'ai été conduit à ainsi oublier en vue d'instituer (li asunna) comment réparer. (...)

3- Dans le sens de " l'application d'une règle, d'un comportement " :

(au sujet des mazdéens)"Appliquez-leur le statut des Gens du Livre.". (...)

4- Dans le sens "d'agir de façon exemplaire", "d'initier une sunnah "... 

5- Dans le sens de "suivre un exemple, un chemin" : 

Les sources rapportent d'après Hudayfa ibn al-Yaman (m. 36), qu'un jour celui-ci interrogea le Prophète, pour savoir si un jour si une situation non souhaitable succèdera à leur situation enviable, et que celui-ci lui répondit par l'affirmative puis expliquât cela ainsi : "(Cette mauvaise impasse à venir) est une communauté telle, qu'elle suivra d'autres voies que la mienne, prendra un chemin que je n'ai point montré. Tu connaitras certains de ceux-ci, et d'autres pas.

D'après ce que rapporte Muslim (m. 261), le récit présente certaines nuances : "Après-moi viendront des dirigeants tels qu'ils ne suivront pas ma voie et abandonneront mon chemin."

Comme nous le voyons les deux récits emploient l'idée ou le sens de suivre une voie, suivre les traces et le terme hady est employé ici pour désigner cette notion. Le sens du terme sunnah est visé ici de façon nette. (...) Si nous repassons en vue les récits vus jusqu'ici, nous constatons que le Prophète use généralement de la racine sanna pour évoquer la notion de sunnah. La déclinsaion istinân est quant à elle utilisée par les disciples postérieurement à lui. 

II.b- L'usage du terme"Sunnah" en tant que nom 

Nous constatons que le Prophète a davantage employé la racine S-N-N sous forme de nom :

1- Dans le sens de : "voie", "usage", "mode de vie" et de "comportement"... 

2- Dans le sens "d'un comportement institué par le Prophète"... 

3- De "façon duelle Sunnah-Coran" :

Selon les sources, dans certains récits nous rapportent le Prophète citant le Coran et la Sunnah ensembles. 

Citons certains récits à ce sujet  :

a- Il existe des versions diverses sur les choses confiées par le Prophète à sa communauté lors du sermon d'adieu : (...) Il existe trois version de choses confiées pour sa communauté après lui :

1- Livre de Dieu et Sunnah du Prophète : rapporté par Mâlik, Wâqdî, ibn Hicham, Tabari. Hâkim et ibn Abdilbarr.

2- Livre de Dieu et la Maisonnée du Prophète : rapporté par Muslim, Ahmad, Tirmidhi et Darimi. 

3- Le Livre de Dieu : rapporté par  Wâqidî, ibn abî Chayba, Muslim, abû Dawud et ibn Maja.

(...) En conclusion, étant donné qu'il n'y a pas de faiblesse dans les chaînes des transmetteurs ou le récit propre attribué au Prophète permettant de discriminer l'un des récits comme supérieur aux autres, la version évoquant uniquement le Coran apparaît comme la version la plus authentique. Les divergences entre sunnites et chiites au sujet de la sunnah et du statut de la Maisonnée du prophète a manifestement conduit à générer une telle adaptation divergeante du récit dans les deux camps. (...)

Dans une partie prédominante de l'usage de ce terme dans la bouche du Prophète, nous voyons un usage dans le sens commun du mot. Ces usages ne se différenciant en rien de celui constaté dans les temps préislamiques.

Notre conviction est qu'au commencement, l'usage neutre du terme dans un sens positif ou négatif, dans un processus graduel, a insensiblement glissé dans le sens d'une institution positive d'agissements et comportements à suivre.

Dans une partie des récits que nous avons compilé, l'usage du terme par le Prophète semble à la fois fait dans le sens commun banal usuel et dans un sens terminologique mineur. Ce processus est typique de toute spécialisation terminologique d'un mot commun.

Etant donné que presque tous ces récits sont transmis dans leur sens et non dans leur forme originelle, il est impossible de déterminer si le Prophète a personnellement utilisé ces termes précis. Certes, une partie de ces termes doit être propre au Prophète, et d'autres être utilisés par les transmetteurs à mesure que la notion de sunnah s'instituait au fil du temps. Cela se constate par ailleurs matériellement à travers les variantes de ces récits. (...) Nous avons partagé nos inquiétudes au sujet des hadiths faibles et à la nécessité de les traiter avec circonspection.

Nos avons ainsi vu que le Prophète a utilisé le terme sunnah avec la dichotomique sunnah des anciens ou celle instituée par les prophètes, telle la sunnah d'Abraham dans une opposition mauvaise sunnah et bonne sunnah. (...)

III. La Thèse de la Sunnah comme Notion Tardive 
(...)


IV-Notions de Sunnah chez les Sahabas


A- Notion de Sunnah chez les anciens parmi les Sahabas 

A.1- Usage du terme sunnah chez abu Bakr :

Qays ibn abi Hâzim (m. 77) rapporte qu'après le décès du Prophète, abu Bakr désigné comme Caliphe fit ce sermon depuis la chaire de la mosquée aux fidèles lors de son intronisation : "Ô gens.  Vraiment j'aurais souhaité que ce soit un autre que moi qui se trouve à ma place en ce moment. Si vous attendez de moi que j'assume la sunnah du Prophète, je n'en ai pas les aptitudes. Car lui était protégé des jeux du diable et renforcé par les révélations célestes." (...)

Or, d'après les rapports d'ibn Sa'd (m. 230), d'al-Hassan al-Basri (m. 110), suivant d'autres chaînes de transmetteurs, abu Bakr aurait dit : "Si vous attendez de moi d'agir comme le Prophète, j'en suis incapable."mentionnant les termes "agissement" en lieu et place de "sunnah".

Si nous nous fions à la version citée plus haut, en l'an 11, lors du sermon d'intronisation d'abu Bakr, nous pouvons constater l'usage des notions de "sunnah de votre prophète" ou "sunnah du Messager". Il est notoire que le Caliphe use de ce terme dans un sens politique.  Autrement dit, en tant que vicaire du Prophète, il souligne par là ne pas être aussi pur que le Prophète, dans la gestion des conflits, litiges et différents. Priant les gens de ne pas attendre de lui cette splendeur. (...) Il nous faut admettre que l'usage chez abu Bakr de ce terme dans une connotation politique a plus tard été compris dans un sens plus étendu. (...)

A.2- Usage du terme Sunnah chez Umar : 

D'après les rapports divers de récits au sujet de Umar, nous notons que celui-ci a utilisé à de nombreuses occasions ce terme. (...) Umar use de ce terme pour qualifier des agissements du Prophète, et des rituels prophétiques touchant notamment le pèlerinage.

Comme dans cet exemple, avec l'usage de ce terme pour signifier la gestuelle nécessaire dans la prière commune.

"(Dans l'inclinaison) empoigner les genoux lors de l'inclinaison (rukû) est une sunnah, empoignez-y donc les genoux. "

Selon les sources, nous trouvons qu'Umar usait du terme sunnah dans plusieurs de ses lettres administratives ou à l'occasions de cetains commandements. (...)
D'autre parts, nous trouvons qu'Umar usait de ce terme dans un sens purement usuel : "(Au sujet des Caliphes devant lui succéder) si je ne craignais pas que cela institue une sunnah, j'aurais fait l'appel à la prière moi-même."  
Ici, Umar emploie le terme sunnah dans le sens "d'ouvrir une voie", "lancer un usage", "constituer un exemple" ou une idée tournant autours de cela et exprime sa crainte d'instituer l'appel à la prière comme une tâche caliphale.

Un autre usage de ce genre se constate chez lui lors du voyage pour la Umrah, quand lavant son habit souillé suite à un rêve érotique, Amr inn el-As (m.43) lui dit (à Umar) de laisser cet habit jauni et de vêtir un habit neuf, et Umar de lui répondre : Un autre usage de ce genre se constate chez lui lors du voyage pour la Umrah, quand lavant son habit souillé suite à un rêve érotique, Amr inn el-As (m.43) lui dit (à Umar) de laisser cet habit jauni et de vêtir un habit neuf, et Umar de lui répondre : "Tu m'étonnes Amr. Si toi tu trouves un habit neuf, pense-tu que tout-le-monde en a les moyens ?" Et d'ajouter : "Par Dieu, si je faisais ainsi, cela deviendrait une sunnah. Au contraire, je ferai comme je l'ai vu chez mes devanciers et laverai mon habit souillé.".

(...) De même un commandant rédigea dit-on une lettre à Umar, dans laquelle il se plaignit du desertement de la troupe de renfort devant assurer leurs arrières et de prendre leur relève, ce à quoi Umar aurait répondu : "(En agissant de la sorte, ceux-ci) ont été un mauvais exemple et ont introduit une mauvaise sunnah." Ce récit montre qu'en qualifiant la prière nocturne commune du tarawih en exprimant "Quelle agréable innovation (bid'ah)" entre les années 13 et 22 de l'hégire, il usait de ce terme d'une façon encore en vigueur dans son sens usuel commun, sans notion terminologique particulière. Au point que celui-ci pouvait user d'une part de l'expression "une bonne bid'ah",et d'autre part des termes "mauvaise sunnah". Il est remarquable qu'ici les termes sunnah et bid'ah sont tous deux utilisés simplement dans le sens d'innover de façon interchangeable.


A.3-Usage du terme Sunnah chez ibn Mas'ud :

Abordons à présent un troisième cas d'usage de ce terme chez Abdullah in Mas'ud (m. 32) qui est rapporté dans les chroniques des historiens anciens :
(...) Un cas d'usage caractéristique de ce terme est le récit célèbre suivant où ibn Mas'ud utilise la dichotomie sunnah x  bid'ah :

"Agir modestement dans le cadre de la sunnah vaut mieux qu'exagérer dans le cadre de la bid'ah." ibn Mas'ud privilégiait de faire concernant les prières surrérogatoires, le jeûne, les incantations juste autant que le Prophète plutôt que d'en rajouter. Car dans tout agissement du Prophète il devait y avoir une certaine mesure à prendre en exemple. C'est de par cette conception qu'ibn Mas'ud protestait quand un groupe de personnes s'assemblât un jour dans la mosquée pour faire des incantations collectives, que ni le Prophète, ni ses Sahabas n'avaient jamais faîtes de cette façon, se disant les uns aux autres : - 'Dites ceci autant de fois, cela autant de fois', leur répliquant : - 'Comptez donc vos péchés, je suis garant que Dieu les recomptera pour vous.' ".

Un usage similaire à celui d'ibn Mas'ud vient d'Ubayy ibn Ka'b  (m. 19) : "Accrochez-vous à la modestie de la sunnah !... Car la modestie dans le cadre de la sunnah est préférable à agir à contresens de ceci en exagérant. Alors voyez comme vous oeuvrez, que ce soit peu ou beaucoup en veillant à leur conformité de la sunnah et la pratique du Prophète !"

L'usage dans cette expression des termes sunnah, chemin ou méthode comme synonymes est intéressant (...)
(Conclusion...) 
En conclusion, il ressort de l'étude de cette compilation de récits usant de ce terme montre que l'expression"Sunnah du Prophète" ou plus courtement"Sunnah", que cette notion a subi une évolution terminologique durant les 30 premières années de l'époque des quatre premiers Caliphes, en fluctuant progressivement selon leur contexte changeant dans la bouche des disciples comme Abdurrahman ibn Awf, ibn Mas'ud, Hudayfa ou Ubayy ibn Ka'b, pour au fil des années, acquéir une acception spécifique, ou pour le moins en constituer le terreau précurseur. Notre appréhension est que si nous faisions une analyse plus poussée de l'usage de ce terme chez les Sahabas, nous retrouverions un usage très hétéroclite chez ceux-ci, que ce soit chez les Sahabas cités ici ou les autres. (...) Sans doute, de par la fonction impartie et attribuée par le Coran au Prophète, les usages ou la Sunnah du Prophète et son rôle central est indéniable. Mais nous devons admettre que l'idée de sunnah que nous trouvons comme déjà existante en tant que mot dès le début, déjà avant la carrière du Prophète, a pris un sens terminologique particulier désignant l'ensemble des agissements du Prophète qui s'est institué graduellement. Nous pouvons formuler cette institution terminologique de cette façon :

Idée-Action-Nom-Concept 


Que ce soit par l'incitation et l'invitation coranique, ou par l'exercice prophétique du comportement souhaitable (uswa-i hasanah), et l'idée de se conformer au Prophète, ce processus s'est déroulé dans une période de temps fort courte en se traduisant rapidement en action, et cet usage fut les premiers temps exprimé dans le sens : "d'une action", "une activité", "une pratique", "une guidance", "une nature première", ou "une Sunnah". Dans les années où la conception de Sunnah n'était pas encore instituée, il était déjà fait mention des gestes souhaitables avec ces termes divers. Le Prophète et les Sahabas ont ainsi pu tantôt user du terme Sunnah usuel pour désigner cette idée. Chez Umar, ibn Mas'ud et Ali, l'usage de ce terme commençait à déborder au-delà du sens usuel et a entamer une conceptualisation plus spécifique à l'islam de ce terme. Ainsi, le terreau de la conceptualisation de la notion de Sunnah a ainsi été fondé à cette époque précoce et ce processus s'est achevé plus tard pour donner à ce terme l'acception spécifique que nous lui connaissons de nos jours. 

Sur base des récits et rapports compilés et étudiés jusqu'ici, nous pouvons donc résumer l'évolution sémantique et terminologique de la notion de Sunnah comme suit : les jeunes Sahabas à l'instar d'Aïcha, ibn Abbas ou ibn Umar ont développé et spécifié un sens particulier à cette notion qui en déterminera le devenir terminologique. Ce qui conduisit donc, avec les décès des Sahabas plus anciens -environs entre H. 40-70-, par l'établissement des jeunes Sahabas comme autorité ultime, à un changement terminologique caractéristique.

Pour résumer, la notion de sunnah qui existait déjà avant l'islam, a été usité par le Prophète et des Sahabas, et a commencé à acquiérir un caractère nouveau chez les anciens Sahabas et acquis par le biais des jeunes Sahabas un sens nouveau. Voici une présentation simplifiée de ce processus :

Chez les Arabes : période préislamique

Dans le Coran : 610-632

Chez le Prophète : 610-632

Chez les Anciens Sahabas : 632-661 (I. 30 ans)

Chez les Jeunes Sahabas : 661-691 (II. 30 ans)

Ces récits que nous avons compilé à partir des sources disponibles en veillant à choisir les sources qui semblent les plus fiables tant que cela se peut, infirme la thèse des théologiens soutenant que la notion de Sunnah aurait été vaguement élaborée à une époque tardive, et soutenu que la notion existait sous une forme d'ébauche dès le commencement, mais a évolué dans le concept et sa portée au fil des générations.

(fin de la citation)



mercredi 25 janvier 2012

VII. L'Origine Coranique de la Sunnah



A. Introduction :


Il existe une tendance théologique moderne assez caractéristique des mouvances réformatrices, qui est axée autours de la place de la Sunnah dans l'islam des origines, le coranisme. Plusieurs branches se sont développées autours de l'idée que le Coran seul serait une référence dans l'islam originel, tandis que les hadiths seraient un cumul d'usages et pratiques étrangères ou largement étrangères -selon les diverses branches coranistes- par rapport à l'islam primitif.



Sunnah signifie initialement  le fait de tracer un  chemin.


Dans cet article nous allons montrer en quoi les hadiths considérés sahih institutant des règles coutumières ou religieuses sont en fait toujours, si pas directement, pour le moins indirectement inspirés du Coran. Nous verrons que la lecture contextuelle du Coran appuyée par la linguistique moderne suivant la rhétorique coranique originelle, comme remarqué par certains chercheurs modernes, montre que la Sunnah est en dernière instance le produit de l'exégèse coranique.



B. La Tradition :

Avant de développer et d'approfondir notre étude, voici certains récits considérés fiables confortant le constat que toute la pratique du Messager se fondait en dernière instance rigoureusement et presque exclusivement sur le Coran.


"Si on vous transmet une chose comme venant de moi, référez-la au Livre d'Allah, si il y est conforme prenez, sinon ce n'est pas vraiment de moi." [1]


B-1. L'appréhension des premiers disciples sur la transmission ou la mise par écrit de hadiths :

B-1.1. Abu Bakr interdit de transmettre ou d'interdire en dehors du Coran :


Al Dhahabi rapporte que le calife Abu Bakr réunit les gens après la mort du Prophète et leur dit : «Certes, vous rapportez à partir du Messager des hadiths à propos desquels vous vous divisez. Les gens, après vous, se diviseront davantage. Ne rapportez donc rien au nom du Messager ! Si on vous interroge -en quoi que ce soit- dîtes : Voici le Livre d'Allah entre nous. Accomplissez ce qu'il considère comme licite et abstenez-vous de l'illicite. » [2]


B-1.2. Umar fait brûler les recueils de hadiths et dit que le Coran suffit :

A l'époque de Umar Ibn Sa'd rapporte ceci dans ses Tabaqat : «Quand les hadiths se sont propagés à l'époque de Umar Ibn al-Khattab, il pria les gens de les lui apporter. Une fois les écrits entre ses mains, il donna l'ordre de les brûler.» [3]


B-1.3. Ali dit n'avoir aucune prescription en dehors du Coran :

Abu Jhaifa a dit : « J’interrogeai Ali pour savoir s’il y avait chez eux une prescription (kitaban), il me répondit : - Nous ne possédons aucun écrit en dehors du Livre d'Allah, et la connaissance qui en a été donnée à tous les musulmans, ainsi que ce feuillet. – Et qu’y a-t-il dans ce feuillet ? Lui demandai-je. – Il y a ce qui concerne le prix du sang, la délivrance des prisonniers et la règle qu’un Musulman ne doit pas être tué à cause d’un infidèle, me répliqua-t-il. »


B-1.4. Aïcha explique que tout comportement du Prophète émanait totalement du Coran :

Aïcha aurait répondu, lorsqu'elle fut interrogée sur le comportement de son époux le messager : « Son comportement était le coran » [4].


□ Tout cela aussi montre que pour Abu Bakr, Aïcha, Ali ou Umar, la sunnah n'était rien d'autre que la mise en application du Coran.



C. Exemple de hadiths établissant des règles en regard du Coran :

C-1. Les ablutions :

hadiths
 
□ Les ablutions selon la sunnah :

a) Laver ses mains une, deux ou trois fois jusqu'aux poignets en faisant bien attention de passer de l'eau entre tous ses doigts.

b) Se rincer la bouche en secouant l'eau à l'intérieur de la bouche et en se nettoyant les dents avec son index si on ne l'a pas fait auparavant. Se rincer le nez une, deux ou trois fois en introduisant de l'eau dans ses narines avec la main droite puis en la rejetant par expiration avec la main gauche. Laver son visage une, deux ou trois fois du front jusqu'au dessous du menton en prenant bien soin d'eparpiller l'eau sur toutes les parties du visage.

c) Prendre de l'eau dans la paume de sa main droite et la laisser couler jusqu'au coude en lavant avec la main gauche une, deux ou trois fois. Puis laver son avant-bras gauche de la même façon.

d) Mouiller ses mains puis les passer sur ses cheveux en allant bien du front jusqu'à la nuque. Nettoyer ses oreilles de l'intérieur et de l'extérieur une fois.

e) Laver son pied droit jusqu'à la cheville en faisant attention de bien nettoyer entre les orteils. Laver son pied gauche de la même façon.
 
versets

"Ô les croyants! Lorsque vous vous levez pour la Ṣalāt, (a)lavez (b) vos visages, ainsi que (c) vos mains jusqu’aux coudes; (d) -et frottez vos têtes-; et quant à vos pieds (e) jusqu’aux chevilles." (al Maida, 6)

"يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ فاغْسِلُواْ وُجُوهَكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ إِلَى الْمَرَافِقِ وَامْسَحُواْ بِرُؤُوسِكُمْ وَأَرْجُلَكُمْ إِلَى الْكَعْبَينِ"


□ On retrouve donc la purification (a) des mains pour les avoir propres pour se laver, puis (b)du visage, avec la bouche et le nez, (c) des mains jusqu'aux coudes, de la tête (cheveux, et pavillons d'oreilles), (d) des peids jusqu'aux chevilles.

□ Le fait de commencer par la droite est conforme à l'ordre de la mention de la droite et de la gauche dans le Coran comme dans (al Waqi'a, 8-9), (al A'raf, 17), (Qaf, 17), ...

□ L'insistance par deux ou trois fois est conforme avec le verset : "إِنَّ اللّهَ يُحِبُّ التَّوَّابِينَ وَيُحِبُّ الْمُتَطَهِّرِينَ", "Allah aime ceux qui se purifient et se repentent beaucoup" (Baqara, 222)

□ La répétition et l'insistance par deux fois ou par trois fois est conforme au style coranique...

"Quand la terre tremblera (1) d’un violent tremblement (2), et que la terre fera sortir ses fardeaux.." (al Zalzala)

"Le fracas (1). Qu’est-ce que le fracas (2). Et qui te dira ce qu’est le fracas (3) ? C’est le jour où les gens seront comme des papillons éparpillés.." (al Qariah)
 
 
C-2. La prière selon le Prophète :

D'après Abu Hurayra, un homme rentra dans la mosquée alors que le Prophète était assis dans un coin de la mosquée. Alors il a prié puis est venu et l'a salué.

Le Prophète lui dit : « Salut à toi. Retourne et prie car certes tu n'as pas prié ».

Alors il est retourné et a prié puis il est venu et a passé le salam.

Le Prophète lui a dit : « Salut à toi.. Retourne et prie car certes tu n'as pas prié ».

Au bout de la deuxième ou la troisième fois l'homme a dit : Apprend moi ô Messager d'Allah !

Le Prophète lui a dit : « 1/ Lorsque tu te lèves pour la prière fais parfaitement tes ablutions 2/ puis mets toi en face de la qibla et fait le tekbir. 3/ Puis tu lis ce qu'il y a de facile du Coran avec toi 4/ puis tu te met en inclinaison jusqu'à ce que tu gardes cette position. Puis tu te relèves jusqu'à ce que tu sois bien debout. 5/ Puis tu te prosternes jusqu'à ce que tu gardes cette position. Puis tu te relèves jusqu'à ce que tu gardes la position assise. Puis tu te prosternes jusqu'à ce que tu gardes cette position. Puis tu te relèves jusqu'à ce que tu gardes la position assise. 6/Puis tu fais cela durant toute ta prière ».

(Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°6251 et Mouslim dans son Sahih n°397)


Versets

C-2.1. Les ablutions :


يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُواْ
إِذَا قُمْتُمْ إِلَى الصَّلاةِ فاغْسِلُواْ وُجُوهَكُمْ وَأَيْدِيَكُمْ إِلَى الْمَرَافِقِ وَامْسَحُواْ بِرُؤُوسِكُمْ وَأَرْجُلَكُمْ إِلَى الْكَعْبَينِ وَإِن كُنتُمْ جُنُبًا فَاطَّهَّرُواْ وَإِن كُنتُم مَّرْضَى أَوْ عَلَى سَفَرٍ أَوْ جَاء أَحَدٌ مَّنكُم مِّنَ الْغَائِطِ أَوْ لاَمَسْتُمُ النِّسَاء فَلَمْ تَجِدُواْ مَاء فَتَيَمَّمُواْ صَعِيدًا طَيِّبًا فَامْسَحُواْ بِوُجُوهِكُمْ وَأَيْدِيكُم مِّنْهُ مَا يُرِيدُ اللّهُ لِيَجْعَلَ عَلَيْكُم مِّنْ حَرَجٍ وَلَكِن يُرِيدُ لِيُطَهَّرَكُمْ وَلِيُتِمَّ نِعْمَتَهُ عَلَيْكُمْ لَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ


C-2.2. L'orientation :

قَدْ نَرَى تَقَلُّبَ وَجْهِكَ فِي السَّمَاء فَلَنُوَلِّيَنَّكَ قِبْلَةً تَرْضَاهَا فَوَلِّ وَجْهَكَ
شَطْرَ الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ وَحَيْثُ مَا كُنتُمْ فَوَلُّواْ وُجُوِهَكُمْ شَطْرَهُ


C-2.3. La posture debout :

نَّ الْمُنَافِقينَ يُخَادِعُونَ اللّهَ وَهُوَ خَادِعُهُمْ وَاِذَا قَامُوا اِلَى الصَّلوةِ قَامُوا كُسَالى يُرَاؤُنَ النَّاسَ وَلَا يَذْكُرُونَ اللّهَ اِلَّا قَليلًا

حَافِظُواْ عَلَى الصَّلَوَاتِ والصَّلاَةِ الْوُسْطَى وَقُومُواْ لِلّهِ قَانِتِينَ



C-2.3. La récitation :

اتْلُ مَا أُوحِيَ إِلَيْكَ مِنَ الْكِتَابِ وَأَقِمِ الصَّلَاةَ 


C-2.3.1. La voix lors de la récitation  :

وَاذْكُرْ رَبَّكَ ف۪ي نَفْسِكَ تَضَرُّعًا وَخ۪يفَةً وَدُونَ الْجَهْرِ مِنَ الْقَوْلِ بِالْغُدُوِّ وَالْاٰصَالِ وَلَا تَكُنْ مِنَ الْغَافِل۪ينَ
 
La récitation en silence est mentionnée en premier, ensuite vient la mention de la récitation à voix basse. Ce qui coïncide avec la mention des cinq prières. D'abord dhohr et 'asr et ensuite fajr, maghib et 'icha (cf. Infra).


C-2.4. L'inclinaison et les prosternations :

وَإِذْ جَعَلْنَا الْبَيْتَ مَثَابَةً لِّلنَّاسِ وَأَمْناً وَاتَّخِذُواْ مِن مَّقَامِ إِبْرَاهِيمَ مُصَلًّى وَعَهِدْنَا إِلَى إِبْرَاهِيمَ وَإِسْمَاعِيلَ أَن طَهِّرَا بَيْتِيَ لِلطَّائِفِينَ وَالْعَاكِفِينَ
وَالرُّكَّعِ السُّجُودِ


□ ruku' cité d'abord, singulier - sujud ensuite pluriel...


C-2.5. Les répétitions :

وَإِذَا كُنتَ فِيهِمْ فَأَقَمْتَ لَهُمُ الصَّلاَةَ فَلْتَقُمْ طَآئِفَةٌ مِّنْهُم مَّعَكَ وَلْيَأْخُذُواْ أَسْلِحَتَهُمْ فَإِذَا سَجَدُواْ فَلْيَكُونُواْ مِن وَرَآئِكُمْ وَلْتَأْتِ طَآئِفَةٌ أُخْرَى لَمْ يُصَلُّواْ فَلْيُصَلُّواْ مَعَكَ


C-2.6. Les moments de prière :

وَأَقِمِ الصَّلَاةَ طَرَفَيِ النَّهَارِ وَزُلَفًا مِنَ اللَّيْلِ

□ Le mot طَرَفَيِ est duel pour la journée -dohr & 'asr, tandis que le mot وَزُلَفًا est pluriel non duel, donc minimum 3 pour la nuit - maghrib, 'icha & subh- .


C-2.7. Protection de la salat et le fait d'y insister :

الَّذِينَ هُمْ
عَلَى صَلَاتِهِمْ دَائِمُونَ
وَالَّذِينَ هُمْ عَلَى صَلَاتِهِمْ يُحَافِظُونَ



□ Le prolongement des cycles est la façon de persister dans la salat, la protection est la répétition des cycles pour les perfectionner.
 

C-3. Prélèvement de la zakat :

hadiths
 
Mu'adh raconte : « En me nommant gouverneur (d’une région), le Saint Prophète Muhammad me fit mander auprès de lui et déclara : « Quand tu rencontreras des Gens du Livre tu les inviteras à témoigner qu’il n’y a d’autre Dieu qu’Allah et que je suis Son Envoyé. S’ils acceptent cela, tu leur diras qu’Allah leur a rendu les cinq prières quotidiennes obligatoires. S’ils acceptent de faire cela, tu leur diras que Dieu leur a rendu l’aumône obligatoire. Ces aumônes seront prélevées des riches de parmi eux pour être distribuées parmi les pauvres de leur communauté ; et s’ils acceptent cela, tu ne prélèveras pas ce qu’ils ont de meilleur. Crains la prière de l’opprimé, car il n’y pas de barrières entre elle et Allah. » »

Le Prophète dit à Muadh ibn Jabal : “Prélève cinq dirhams sur chaque 200 dirhams possédé depuis un an.”

Ibn Umar rapporte ceci : « Le Prophète, dit-il, fit envoyer aux percepteurs d’impôts des écrits disant : « Prélevez un mouton sur chaque quarantaine jusqu’à 120 moutons ; s’ils dépassent les 120, prélevez-en deux jusqu’à 200 ; s’ils dépassent ce chiffre, prenez-en trois jusqu’à concurrence de 300. Si le troupeau est formé de plus de 300 têtes, prélevez-en un mouton pour chaque centaine. »

Le Prophète commanda : « La culture irriguée par l’eau du ciel paie le dixième, et celle irriguée par seau ou par godet paie la moitié du dixième. »

S’agissant des récoltes et des fruits – dattes ou raisins secs -, leur seuil est de cinq wasq, conformément à sa parole : « Il n’y a pas de zakât sur ce qui est en deçà de cinq wasq. »


verset
 
"Prélève une aumône sur leurs biens pour les purifier [li tuzakkihim] et les bénir." (al Tawba, 103)

□ Ce verset ordonne au Messager de prélever des aumones chez les musulmans pour les donner aux besogneux : la part n'est pas fixée mais laissée à la sagesse du Messager.

"Le butin provenant [des biens] des habitants des cités, qu'Allah a accordé sans combat à Son Messager, appartient à Allah, au Messager, aux proches parents, aux orphelins, aux pauvres et au voyageur en détresse, afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d'entre vous. Prenez ce que le Messager vous donne; et ce qu'il vous interdit, abstenez-vous en; et craignez Allah car Allah est dur en punition." (al Hachr, 7)

□ Ce dernier verset montre qu'Allah a autorisé le Prophète à gérer le partage des biens acquis, en tant que Chef des fidèles et Messager d'Allah. 
 
 
C-4. La part de la zakat selon la sunnah :

Nous avons vu que le Coran commandait donc au Messager de prélever une aumone pour le distribuer aux démunis. Que la part n'étant néanmoins pas fixée, l'autorité du prélèvement en demeurait attribuée au Prophète...

A présent, nous allons voir que dans l'optique coranique et plus largement sémitique, le dixième et le quarantième représentent respectivement la partie du tout et une partie de l'idéal.


C4-1. Le nombre dix est assimilé à ce qui constitue de façon complète :

"Accomplissez, pour Dieu, le pèlerinage et la umra. En cas d'empêchement, faites en compensation une offrande selon vos moyens. Mais abstenez-vous de vous raser la tête tant que l'offrande n'est pas parvenue à son lieu de destination. Celui d'entre vous qui, malade ou atteint d'une affection à la tête, était obligé de se raser sera tenu de se racheter par un jeûne, une aumône ou un sacrifice. Une fois la sécurité rétablie, celui qui aura profité de son séjour pour effectuer la umra, en attendant la période du pèlerinage, devra faire une offrande selon ses moyens. Mais s'il n'en a pas, il devra jeûner trois jours pendant le pèlerinage et sept jours une fois rentré chez lui, soit dix jours au total, et cela incombe uniquement à celui dont la famille ne réside pas près de la Mosquée sacrée. Craignez donc Dieu et sachez que Dieu est Implacable quand Il sévit." (al Baqara, 196)

□ Dans ce verset, le nombre 10 est assimilé au total, on peut donc établir une part du total comme un dixième (ici en jours).


C-4.2 Le nombre quarante est assimilé à l'idéal :

"Nous avons recommandé à l’homme d’être bienveillant envers son père et sa mère. Sa mère le porte dans la douleur et le met au monde dans la douleur. Et pendant trente mois, elle endure les fatigues de sa gestation et de son allaitement. Quand il atteint sa maturité(balagha achuddahu), à l’âge de quarante ans[/u], il dira : «Seigneur, fais que je sois reconnaissant envers Toi pour les bienfaits dont Tu nous as comblés, moi et mes parents, et que j’accomplisse de bonnes œuvres que Tu agréeras ! Fais aussi que ma postérité soit d’une bonne moralité ! Je reviens repentant vers Toi et me déclare du nombre des soumis.»" (al Ahqaf, 15)

□ Ici, la quarantaine est tenue comme la pleine force en années, une part de la puissance pouvant être envisagée comme 1/40e. Part exigée par le Messager sur les biens thésaurisés en or ou en argent durant une année complète.
  
 
C-5. La détermination du devenir du bébé dans le sein de la mère :

hadith
 
Abu Abdarrahman Abdallah ibn Mas'ud nous a rapporté ceci : « L’envoyé de Dieu dont la sincérité est confirmé nous parlait ainsi : « C’est sous la forme de « nutfah » que la création de chacun d’entre vous est d’abord rassemblé dans le ventre de sa mère, durant quarante jours. Puis sous la forme d’ « alaqa’ » durant une même période. Puis sous celle de « mudgha » une même période encore. Puis lui est envoyé l’ange qui vient lui insufflé l’esprit « ruh » et reçoit l’ordre de proférer quatre paroles : celle qui fixe ce dont sera faite sa subsistance (rizq), le terme de sa vie (ajal) et les œuvres qu’il accomplira (amal), celle enfin qui fixe s’il sera heureux ou malheureux. Vraiment par Dieu en dehors de qui il n’y en a point, chacun d’entre vous peut bien agir comme le font les gens du paradis au point d’être séparé d’une seule coudée, mais le livre alors le prend si bien de vitesse qu’il finit par agir à la façon des gens de l’enfer et y entrer effectivement. De la même façon, chacun d’entre vous peut agir comme le font les réprouvés au point que seule une coudée le sépare de l’enfer, mais le livre alors le prend de vitesse, si bien qu’il finit par agir à la manière des élus et rentrer effectivement au paradis. » »


versets
 
"Les anges dirent à Marie : Dieu t’annonce son Verbe. Il se nommera le Messie, Jésus fils de Marie, honoré dans ce monde et dans l’autre, et un des confidents de Dieu." (Al-i Imran, 40)

"Dieu t'annonce la naissance de Yahia qui confirmera la vérité. Il sera grand, chaste et un des prophètes les plus vertueux." (Al-i Imran, 34)

"Quant au garçon, ses père et mère étaient des croyants; nous avons craint qu'il ne leur imposât la rébellion et la mécréance. Nous avons donc voulu que leur Seigneur leur accordât en échange un autre plus pur et plus affectueux. Et quant au mur, il appartenait à deux garçons orphelins de la ville, et il y avait dessous un trésor à eux; et leur père était un homme vertueux. Ton Seigneur a donc voulu que tous deux atteignent leur maturité et qu'ils extraient, [eux-mêmes] leur trésor, par une miséricorde de ton Seigneur. Je ne l'ai d'ailleurs pas fait de mon propre chef. Voilà l'interprétation de ce que tu n'as pas pu endurer avec patience." (al Kahf, 80-82)

"Nous avons certes formé l'homme d'un extrait d'argile, ensuite Nous le rendimes une goutelette en un reposoir ferme, fimes de la goutelette une adhérence, formames l'adhérence en une petite bouchée, formames la petite bouchée en os que Nous revêtimes d'un habit de chair. Puis Nous en fimes une créature autre." (al Mu'minun, 12-14)

"« Ô Joseph, le véridique ! Éclaire-nous au sujet de sept vaches grasses dévorées par sept vaches maigres, sept épis verts et sept autres secs, afin que de retour auprès de ceux qui m'attendent je puisse les renseigner.» Joseph répondit alors : «Vous sèmerez durant sept années, comme à l'accoutumée. Laissez en épis tout ce que vous aurez moissonné, excepté une petite quantité que vous consommerez. Viendront ensuite sept années de disette qui épuiseront toutes les réserves que vous aurez constituées, à l'exception d'une petite quantité que vous aurez épargnée." (Yussuf, 45-48)


C-6. Se différencier et concurrencer en piété les gens du Livre :

hadith
 
Le Messager veillait à différencier les musulmans dans leurs pratiques des gens du Livre, juifs et chrétiens. Il insistait à les concurrencer dans les bonnes oeuvres et la piété. Et parfois, il adoptait certaines de leurs pratiques dans un même esprit de compétition, comme dans ce hadith déjà mentionné plus haut...

1/ "Quand vous priez, priez les yeux ouverts, car les juifs prient sans regarder (conseil=manque de respect ?)."

2/ "Prier avec vos souliers, car les juifs prient en les ôtant (permission=ne pas exposer les pieds ?)"

3/ "Les juifs ne se teignent pas les cheveux et la barbe, vous autres teignez-les (conseil/permission=pour paraître plus soigneux devant Allah ?)"

4/ A son arrivée à Médine, le Prophète remarqua que les juifs jeûnaient le achoura
(Yom kipour) ; il les interrogea à ce sujet et ils lui répondirent que c'était pour eux un jour de fête, car il correspond au jour où Allah a sauvé le prophète Mussa et son peuple, en lui ouvrant la mer et en noyant à sa suite, Pharaon et ses soldats. Mussa le jeûna alors pour remercier Allah. Le Prophète ordonna alors de jeûner ce jour en rétorquant aux juifs : « Nous sommes plus dignes de nous réclamer de Mussa que vous.». Ainsi, il jeûna ce jour et ordonna de le jeûner.

5/ etc.


versets
 
"Que les gens de l'Évangile jugent d'après ce qu'Allah y a fait descendre. Ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, ceux-là sont les pervers. Et sur toi (Muhammad) Nous avons fait descendre le Livre avec la vérité, pour confirmer le Livre qui était là avant lui et pour prévaloir sur lui. Juge donc parmi eux d'après ce qu'Allah a fait descendre. Ne suis pas leurs passions, loin de la vérité qui t'est venue. A chacun de vous Nous avons assigné une législation et un plan à suivre. Si Allah avait voulu, certes Il aurait fait de vous tous une seule communauté. Mais Il veut vous éprouver en ce qu'Il vous donne. Concurrencez donc dans les bonnes oeuvres." (al Ma'ida, 43-44, 47-48)

□ Ainsi, le Prophète veillait à créer une communauté distincte, concurrençant les autres dans la production de bons fruits et dans la piété.
 
 
C-7. Bénédiction de la droite : 

hadiths 

Hafsa rapporte que le Messager se servait de la main droite pour manger, boire et se vêtir et de la gauche pour les autres actes (quotidiens). (Abû Dâwûd) 

Aicha rapporte également que le Messager se servait de sa main droite pour se nourrir et se purifier et de sa main gauche pour ôter les impuretés. (Abû Dâwûd) 

Umm Atiyya rapporte que le Prophète, lors du lavage rituel de sa fille (décédée), requit aux femmes de commencer par la partie droite du corps, après avoir procédé à son ablution. (Bukhârî/Muslim).

 verset

"Les gens de la droite - que sont les gens de la droite ? Et les gens de la gauche - que sont les gens de la gauche ? Les premiers (à suivre les ordres d'Allah sur la terre) ce sont eux qui seront les premiers (dans l'au-delà)" (al Waqia, 8-10) 
 
"Celui qui recevra son livre dans la main droite appellera : Venez donc lire mon livre" (al Haqqah)
 
 
C-8. Le Messager ne commande qu'en matière de religion :


hadith 
 
Le Prophète, observant la pratique médinoise de la fécondation manuelle des dattiers visant à accroître les récoltes à son arrivée à Médine, dit : "Je ne pense pas que cela serve à grand-chose." Les médinois cessèrent cette pratique suite à cette parole du Messager. La récolte de dattes fut mauvaise cette année-là, et on vint lui communiquer cela. Il dit alors : "Lorsque je vous ordonne quelque chose de cultuel, prenez-le. Mais quant à vos affaires mondaines, vous êtes plus savants (libre à vous d'agir selon votre expérience)." 
 

verset 
 
"Dis[-leur]: "Je ne vous dis pas que je détiens les trésors d'Allah, ni que je connais l'Inconnaissable, et je ne vous dis pas que je suis un ange. Je ne fais que suivre ce qui m'est révélé." Dis : "Est-ce que sont égaux l'aveugle et celui qui voit ? Ne réfléchissez-vous donc pas ? " (al An'am, 50)
 
"Par l'étoile à son déclin ! Votre compagnon ne s'est pas égaré et n'a pas été induit en erreur et il ne prononce rien sous l'effet de la passion ; ce n'est rien d'autre qu'une révélation inspirée. Que lui a enseigné [L'Ange Gabriel] à la force prodigieuse, doué de sagacité." (al Najm, 1-6)
 
"Ô Prophète !Pourquoi, en recherchant l'agrément de tes femmes, t'interdis-tu ce qu'Allah t'a rendu licite ? Et Allah est Pardonneur, Très Miséricordieux." (al Tahrim, 1)
 
 
C-9. Ce qui rompt les ablutions :

hadith
 
Le Messager a dit : « Si quelqu'un d'entre vous pense avoir lâché quelques vesses pendant la prière qu'il ne quitte pas la mosquée avant d'entendre un bruit ou d'en sentir l'odeur

 A comparer avec ce hadith-ci.
- Anas rapporte ces paroles du Prophète : "Que celui qui a mangé de cette plante ne s'approche pas (de nos mosquées) et qu'il ne prie pas avec nous."
 
- Jaber rapporte ces paroles du Prophète :
"Que celui qui a mangé de l'ail ou de l'oignon nous évite et évite nos mosquées."

Le Messager a dit : « Allah n'accepte la prière de l'un d'entre vous s'il fait une chose que lorsqu'il fait de nouveau ses ablutions ». Un homme de Hadramawt a demandé plus d'explications à propos de ce qui annule les ablutions et dit : « Abu Hurayra ! Quelle est cette impureté ?» Il lui a répondu : « Les vesses ou le pet.»

□ C'est Abu Hurayra qui soutient que les flatulences font partie des impuretés qui nécessitent de refaire les ablutions.

□ Le hadith supra compte certaines variantes mentionnant la rupture des ablutions dans des variantes plus faibles. Dans une des variantes on lit "si une personne sent une chose derrière".

□ Les impuretés pouvant sortir lors de flatulences semble justifier de rafaire les ablutions, qui ne sont donc pas nécessaires sur base d'un doute.

Anas rapporte ceci : « Les compagnons du Messager attendaient - à son époque - la prière du soir, la tête secouée à cause du sommeil, puis priaient sans refaire les ablutions. »


verset

« Ô les croyants ! Lorsque vous vous levez pour la Salat, lavez vos visages et vos mains jusqu’aux coudes; passez les mains mouillées sur vos têtes; et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles. Et si vous êtes pollués «junub», alors purifiez-vous (par un bain); mais si vous êtes malades, ou en voyage, ou si l’un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux femmes et que vous ne trouviez pas d’eau, alors recourez à la terre pure, passez-en sur vos visages et vos mains. Allah ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants. » (Ma'ida, 6)

□ On voit que le Coran commande de faire les ablutions pour la prière, après avoir fait ses besoins. 
 

C-10. Des palais du Paradis :

hadith

D'après Abu Umama, le Prophète a dit : « Je garantis une maison à la périphérie du paradis à celui qui délaisse la polémique même si il a raison, une maison au milieu du paradis à celui qui délaisse le mensonge même si il plaisante et une maison en haut du paradis à celui qui améliore son comportement. »


versets

"A chaque communauté, Nous avons assigné un culte à suivre. Qu’ils ne disputent donc point avec toi l’ordre reçu! Et appelle à ton Seigneur. Tu es certes sur une voie droite. Et s’ils discutent avec toi, alors dis : « C’est Allah qui connaît mieux ce que vous faites. Allah jugera entre vous, au Jour de la Résurrection, ce en quoi vous divergez»." (al Hajj, 67-69)

"Ô vous qui croyez! Craignez Allah et parlez avec droiture. afin qu’Il améliore vos actions et vous pardonne vos péchés. Quiconque obéit à Allah et à Son messager obtient certes une grande réussite." (al Ahzab, 70-71)

"Ceux qui croient et font de bonnes oeuvres auront pour résidence les Jardins du Firdaws, où ils demeureront éternellement, sans désirer aucun changement." (al Kahf, 107-108)
 
 
C-11. Le hajj mabrur efface les péchés :

hadith

« Quiconque accomplit le pèlerinage pour plaire à Allah et n’y profère aucune mauvaise parole, ni ne commet aucune mauvaise action, retournera du Hadj (lavé de tout péché) comme au jour de sa naissance. »

« Certes, il n’y a pas d’autre récompense pour le Hadj mabrûr (accepté) que le Paradis. »



verset

"Et quand Abraham et Ismaël élevaient les assises de la Maison : « Ô notre Seigneur, accepte ceci de notre part ! Car c’est Toi l’Audient, l’Omniscient. Notre Seigneur ! Fais de nous Tes Soumis, et de notre descendance une communauté soumise à Toi. Et montre nous nos rites et accepte de nous le repentir. Car c’est Toi certes l’Accueillant au repentir, le Miséricordieux." (al Baqara, 127-128) 

"Dis : «Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu. Car Dieu pardonne tous les péchés. Oui, c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux». Et revenez repentant à votre Seigneur, et soumettez-vous à Lui, avant que ne vous vienne le châtiment et vous ne recevez alors aucun secours." (al Zumar, 53-54)
 
 
C-12. Bien agir envers les esclaves :

hadith


Ibn Omar prit un fragment de bois ou un objet et dit: « cet acte ne me procurera pas l'équivalent de celui-ci en termes de récompense. Car j'ai entendu le Messager dire : « Quiconque gifle ou frappe son esclave, doit l'affranchir pour expier son acte. » 
 

verset 
 
"Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers vos père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Allah n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant." (al Nissa, 36) 
 
"Et lorsqu'on leur dit : 'Craignez Dieu', leur arrogance pécheresse ne connaît plus de limites. Ainsi l'enfer aura-t-il raison d'eux. Et quelle affreuse demeure !" (al Baqara, 206)
 

C-13. Se marier avec une nièce et sa tante :

hadiths
 
Ibn 'Abbâs le propos suivant : « Le Messager défendit qu'un homme épouse une femme en plus de sa tante paternelle ou maternelle, puis il dit ceci : " En faisant cela, vous rompez vos liens de parenté." »
 

versets
 
« Et que vous réunissiez ensemble [dans le mariage] deux sœurs » (al Nissa, 23)

« Puis elle vint auprès des siens en le portant [le bébé]. Ils dirent : "Ô Maryam, tu as fait une chose monstrueuse ! "Soeur de Haroun, ton père n'était pas un homme de mal et ta mère n'était pas une prostituée". " » (Maryam, 27-28)
 
Le Coran nomme Maryam soeur de Harun, ainsi, il qualifie les ascendants comme frères et soeurs. Dans le doute, l'interdiction de prendre deux soeurs ensemble comme épouses risquant d'intégrer le cas des ascendants directs, l'évitement de cette double union "tante et nièce" tombe en conformité avec l'esprit du Saint-Coran.


C-14. L'interdiction de la soie, de l'or et des traînes pour les hommes :

hadiths
 
D'après Hudhayfa : « Le prophète nous a interdit le port de la soie et du brocart ou de nous asseoir là-dessus.»

D'après Ali, le Prophète avait pris un morceau de soie en sa main droite et une pièce d’or en sa main gauche et dit : « Ces deux-là sont interdits aux mâles de ma communauté ».

« Il est trois hommes à qui Dieu ne parlera pas le Jour de la Résurrection : L’homme qui rappelle ses bienfaits et ne donne quelque chose que pour faire valoir sa générosité ; le marchand qui cherche à écouler sa marchandise par des serments mensongers ; et l’homme qui laisse traîner son habit »
 
D'après Abdalah Ibn Umar que la Prophète dit : « Celui qui laisse traîner son habit par vanité, Dieu ne le regardera pas le Jour de la Résurrection ». Abû Bakr dit alors : « L’un des pans de mon habit se relâche si je n’y prends pas constamment garde ! » Le Prophète répondit : « Tu n’es pas de ceux qui le font par vanité ».


versets
 
« Voilà le prix de votre exultation sur terre, sans raison, ainsi que de votre joie immodérée. Franchissez les portes de l'Enfer pour y demeurer éternellement. Qu'il est mauvais le lieu de séjour des orgueilleux ! »
(Ghafir, 75-76)

« Ô enfants d’Adam, dans chaque lieu de Ṣalāt portez votre parure (vos habits). Et mangez et buvez; et ne commettez pas d’excès, car Il [Allah] n’aime pas ceux qui commettent des excès (A'raf, 31)
  
"Puis, assurément, vous serez interrogés, ce jour-là, sur les bienfaits (ni'am)." (al Takathur, 8)

On remarquera que pour ces trois prohibitions évoquées par le Messager), chacune a été tolérée : ce qui prouve que ce tahrim n'est pas absolu, mais idéal...
 

C-14.1. La traîne :
 
D'après Abdalah Ibn Umar que la Prophète dit : « Celui qui laisse traîner son habit par vanité, Dieu ne le regardera pas le Jour de la Résurrection ». Abû Bakr dit alors : « L’un des pans de mon habit se relâche si je n’y prends pas constamment garde ! » Le Prophète (saws) répondit : « Tu n’es pas de ceux qui le font par vanité ».
 

C-14.2. L'habit de soie :
 
Anas a dit : "Le Messager d'Allâh a autorisé Az-zoubeyr et 'Abdurrahman Ibn 'Awf à se vêtir de soie parce qu'ils souffraient de démangeaisons». (Bukhâri, Muslim)


C-14.3. L'or :
 
Said ibn al Musayyab rapporte : "Umar reprocha à Suhayb, pourquoi je vois une bague en or à ta main ?" Suhayb répondit : "Un homme meilleur que toi l'a vue mais n'a rien reproché à son sujet." Umar demanda alors : "Et qui est-ce donc ?", Suhayb répondit : "Le Messager !" (Nasa'i)


C-15. Sur la dérogation pour l'or et la soie pour les femmes :


"Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l’une un qintâr (mesure de quantité d'or), n’en reprenez rien. Quoi ! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste ?"

□ Allah permet explicitement l'or aux dames et interdit de le reprendre, toute femme y aura droit...

"Quoi! Cet être (la fille) élevé au milieu des parures et qui, dans la dispute, est incapable de se défendre par une argumentation claire et convaincante ?" (al Zuhruf, 18)

□ Le Coran décrit la nature de la femme à porter de belles parures et se faire belle. En outre, comme pour les deux Sahabas qui avaient de la démangeaison, la peau d'une femme est plus sensible.
  

C-16. Permission des parents pour sortir au combat :

hadith

D'après Abdallah ibn Amr, un homme s'est rendu auprès du Messager d'Allah et a demander la permission de partir au jihad. Le Prophète lui a dit : « Est-ce que tes parents sont vivants ? ». L'homme a dit: Oui. Le Prophète a dit : « Accomplis ton jihad auprès d'eux ».


verset

"Nous avons commandé à l'homme [la bienfaisance envers] ses père et mère ; sa mère l'a porté [subissant pour lui] peine sur peine : son sevrage a lieu à deux ans." Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu'envers tes parents. Vers Moi est la destination. Et si tous deux te forcent à M'associer ce dont tu n'as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas ; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi, ensuite, est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez". (Luqman, 14-15)


C-17. Le commerce selon la sunnah :

hadith


Le Messager a dit : "Les transactions ne sont validées que par l'accord mutuel." (Ibn Maja)

verset

"Ô les croyants! Que les uns d’entre vous ne mangent pas les biens des autres illégalement. Mais qu’il y ait du négoce (légal), entre vous, par consentement mutuel." (al Nissa, 29)


hadith


Le Messager a dit : "Ne vous vendez pas ce que vous n'avez pas." (Abu Dawud)

verset

"Ô vous qui avez cru! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? C'est une grande abomination auprès d'Allah que de dire ce que vous ne faites pas." (al Saff, 2-3)

"Ô vous qui avez cru! Evitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché." (al Hujurat, 12)


hadith

"Le Messager a interdit les boissons enivrantes et leur vente, et il a interdit le maytah et sa vente, et il a interdit le porc et sa vente."


verset

"Ô les croyants ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’une abomination, œuvre du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez." (Mai'da, 90)

"Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu’ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Thora et l’Evangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les choses impures, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui ; ceux-là seront les gagnants." (al A'raf, 157)


C-18. Cacher le péché de son frère :

hadith


D'après Abu Hurayra), le Messager a dit : « Celui qui cache les défauts de son frère, Allah lui cachera ses défauts d’ici-bas et dans l’au-delà. »

D'après Ibn Abbas, le Messager a dit : « Celui qui cache les défauts de son frère, Allah cachera les sien le Jour de la Résurrection quant à celui qui les dévoile, Allah dévoilera ses péchés et l’humiliera en mentionnant même ceux qu’il a commis en étant seul dans sa demeure. »


verset

"Ô vous qui avez cru ! Evitez de trop conjecturer [sur autrui] car une partie des conjectures est péché. Et n’espionnez pas; et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort? (Non!) vous en aurez horreur. Et craignez Allah." (al Hujurat, 12)


C-19. Celui qui se repent :


hadith


D'après Abdallah ibn Mas'ud, le Messager a dit : « Celui qui se repent d'un péché est comme celui qui n'a pas de péché ».


verset

«Dis: "Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d'Allah. Car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est Lui le Pardonneur, le Très Miséricordieux » (Coran,39:53).

"Ceux qui ont fait de mauvaises actions et qui ensuite se sont repentis et ont cru ton Seigneur, après cela est sûrement Pardonneur et Miséricordieux." (al A'raf, 153)
  
“Et c’est Lui qui agrée de Ses serviteurs le repentir” (al Chura, 25)


C-20. La pêche de fruits marins morts permise :

hadith
 
On rapporte d’Abu Hurayra qu’il a dit : le Prophète a dit à propos de la mer : « Son eau est lustrale (pure et purifiante) et ses produits morts sont licites ».


Versets
 
« La pêche en mer vous est permise, et aussi d’en manger, pour votre jouissance et celle des voyageurs. » (al Ma'ida, 103)

□ Il serait impossible de garantir quel poisson capturé dans le filet était mort ou vivant, ainsi cette autorisation est générale. Pourtant, le Coran interdit les bêtes mortes : (al Ma'ida). Ce verset n'exige en effet pas de mise à mort de la pêche.

« Les deux mers ne sont pas identiques : [l'eau de] celle-ci est potable, douce et agréable à boire, et celle-là est salée, amère. Cependant de chacune vous mangez une chair fraîche, et vous extrayez un ornement que vous portez. » (al Fatir, 12)

□ La seule condition exigée est que la pêche soit encore fraîche.


C-21. L'eau est pure :

hadith
 
« L’eau, rien ne la rend impure, sauf si son odeur, son goût et sa couleur sont altérées. »

« Qu’aucun de vous ne se lave dans l'eau stagnante lorsqu’il est en état de grande souillure (djanâbah) »



Versets
 
« Et c’est Lui qui envoie les vents comme une annonce devant Sa miséricorde. Cependant, Nous faisons descendre du ciel une eau pure ». (al Rum, 48)

« Et ne Lui avons-nous pas assigné de hautes montagnes ? Et ne vous avons-nous pas abreuvé d’eau douce ? » (al Mursalat, 27)


C-22. Récipients en or et en argent :

hadith

On rapporte de Houdhayfa ibn Al-Yamân qu’il a dit : Le Prophète a dit : « Ne buvez point dans des récipients en or ou en argent et ne mangez pas dans de tels récipients car ils sont pour eux (les mécréants) dans la vie d’ici-bas et pour vous dans l’autre monde ».


Verset

«
Franchissez les portes de l´Enfer pour y demeurer éternellement. Qu´il est mauvais le lieu de séjour des orgueilleux. » (al Ghafir, 76)

« Nul doute qu'Allah sait ce qu'ils cachent et ce qu'ils divulguent. Et assurément Il n'aime pas les orgueilleux. » (al Nahl, 23)

« Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes,qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé; et cela est certes facile à Dieu, afin que vous ne vous tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, ni n'exultiez pour ce qu'Il vous a donné. Et Allah n'aime point tout présomptueux plein de gloriole. Ceux quisont avares et ordonnent aux gens l'avarice. et quiconque se détourne... allah Se suffit alors à Lui-même et Il est Digne de louange. » (al Hadid, 22-24)

« Puis, assurément, vous serez interrogés, ce jour-là, sur les bienfaits. » (al Takathur, !)

 
C-23. Manger ou boire par oubli durant le jeune :

hadith

Abu Hurayra rapporte que le Prophète a dit : "Que quiconque mange ou boit, oubliant qu'il est en jeûne, continue le reste du jour en jeûnant, car c'est Allah qui lui a fourni nourriture et boisson".


verset

"Allah n'impose rien à l'âme qui soit au-dessus de ses moyens. Tout bien qu'elle aura accompli jouera en sa faveur, et tout mal qu'elle aura commis jouera contre elle. « Seigneur ! Ne nous tiens pas rigueur de nos oublis et de nos erreurs ! Seigneur ! Épargne-nous les terribles épreuves que Tu as fait subir à nos prédécesseurs ! Seigneur ! Ne nous impose pas d'obligations qui soient au- dessus de nos forces ! Accorde-nous Ton pardon, fais-nous remise de nos péchés et reçois-nous dans le sein de Ta miséricorde ! Tu es notre Maître !" (al Baqara, 286) 
 
  
C-24. La position des gens contre lesquels Allah est courroucé :

hadith

Ya'ish ibn Tihfata al-Ghifari a rapporté que son père a dit : « Je fus l'hôte du Prophète parmi un groupe de pauvres. Au cours de la nuit, il se rendit auprès de nous pour s'enquérir de notre état. Quand il me vit coucher sur le ventre, il me toucha du pied et dit : "Pourquoi te couche-tu dans cette position ? C'est une position de ceux contre lesuels Allah, le Puissant et Majestueux est courroucé." »
 

verset

"Et quiconque sera venu avec le mal, et bien alors, ils seront traînés dans le feu face contre terre. Etes-vous punis pour autre chose que ce que vous avez fait ?" (al Qamar, 47)
 
 
C-25. Allah n'accepte que ce qui est pur :

hadith

Prophète disait : « Allah Exalté soit-Il - est pur et n'accepte que ce qui est pur. »
 
Prophète disait : « La purification est la moitié de la foi. »


verset

"Les nomades affirment : «Nous croyons en Dieu !» Dis-leur : «Vous n’avez pas encore la foi ! Dites plutôt : “Nous nous sommes seulement soumis”, car la foi n’a pas encore pénétré dans vos cœurs. Mais si vous obéissez à Dieu et à Son Prophète, Il ne vous lésera en rien dans vos œuvres, car Dieu est Clément et Miséricordieux.»" (al Hujurat, 14)

« Dis : “Dans ce qui m'a été révélé, je ne trouve d'interdit, à aucun mangeur d'en manger, que la bête (trouvée) morte, ou le sang qu'on a fait couler, ou la chair de porc - car c'est une souillure - ou ce qui, par perversité, a été sacrifié à autre qu'Allah.” Quiconque est contraint, sans toutefois abuser ou transgresser, ton Seigneur est certes Pardonneur et Miséricordieux. » (al An'am, 114)

"Le Coran interdit la consommation d'alcool dans le verset suivant: "Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu'une souillure, oeuvre du Diable. écartez-vous en, afin que vous réussissiez." (al Ma'ida, 90)

"Abstenez-vous de la souillure des idoles et abstenez-vous des paroles mensongères." (al Hajj, 30)

"Ô les croyants! Lorsque vous vous levez pour la Salat, lavez vos visages et vos mains jusqu'aux coudes; passez les mains mouillées sur vos têtes; et lavez-vous les pieds jusqu'aux chevilles. Et si vous êtes pollués "junub" , alors purifiez-vous (par un bain); mais si vous êtes malades, ou en voyage, ou si l'un de vous revient du lieu ou' il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux femmes et que vous ne trouviez pas d'eau, alors recourez à la terre pure , passez-en sur vos visages et vos mains. Allah ne veut pas vous imposer quelque gêne, mais Il veut vous purifier et parfaire sur vous Son bienfait. Peut-être serez-vous reconnaissants." (al Ma'ida, 6)
  
 
C-26. Les oeuvres aliénant notre percption du bien et du mal :

hadith

"Le licite est évident, et l'illicite l'est aussi ; entre les deux, il y a des éléments qui se confondent et que peu de gens discernent. Celui qui se garde des choses douteuses protège sa religion et son honneur. Mais celui qui ne se garde pas des choses douteuses, ordonne et commet l'illicite. Comme un berger dont le troupeau paît autour d'un enclos protégeant un pâturage réservé. Ce troupeau risque de jouir illégalement de ce pâturage. De même, tout souverain possède des propriétés privées. Or, la propriété d'Allah est tout ce qu'Il a interdit. En fait, il y a dans le corps un organe, s'il est sain, tout le corps l'est aussi. Mais s'il est malade, le corps l'est également. Cet organe est le coeur."

Hudhayfa dit, j'ai entendu l'Envoyé dire : "Les épreuves troublantes seront exposées aux coeurs (des Croyants) et les biens marqueront comme les traces que laissent les joncs de la natte sur le flanc du dormeur. Tout coeur qui en sera passionnément épris, sera marqué d'un point noir, et tout coeur qui les repoussera, sera marqué d'un point blanc. De sorte qu'à ces épreuves, deux coeurs feront face : le premier au point blanc sera comparable au rocher (inébranlable et lisse) ; aucune épreuve ne le nuira donc jamais aussi longtemps que dureront les cieux et la terre, tandis que l'autre au point noir deviendra presque grisâtre et sera comparable à une gargoulette renversée, incapable de distinguer le convenable du blâmable tant que ni l'un ni l'autre ne correspond à ses propres désirs".


verset

"Je détournerai de Mes révélations ceux qui sont arrogants sur terre et justes. Par conséquent, quand ils verront toute sorte de preuve, ils ne croiront pas. Et quand ils verront le chemin de la guidance, ils ne l’adopteront pas comme leur chemin, mais quand ils verront le chemin de l’égarement, ils l’adopteront comme leur chemin. Ceci est la conséquence du fait qu’ils rejettent nos preuves et d’en être totalement insouciants." (al A'raf, 147)


C-27. La question de la viande d'âne :

hadith


Abdallah ibn abi Awf selon al Chaybani : "J’ai interrogé Abdallah ibn abi Awf sur la consommation de la chair des ânes domestiques. Alors, il dit : 'Nous souffrimes de la faim au jour de Khaybar, pendant que nous étions en compagnie du Prophète. Or, ayant capturé des ânes domestiques, nous les égorgeames. Alors que nos marmites bouillaient, le héraut du Messager vint crier 'Renversez les marmites ! Et ne mangez pas de la chair des ânes. On se demanda 'L'interdiction était-elle absolue ? Nous avons discuté entre nous et certains ont dit : Le Prophète prononça une interdiction absolue et d'autres ont vu qu'il les avait interdits jusqu'à ce que les fidèles rendent le quint au Trésor.'" (Muslim)


 versets

"Dis: «Dans ce qui m’a été révélé, je ne trouve d’interdit, à aucun mangeur d’en manger, que la bête (trouvée) morte, ou le sang qu’on a fait couler, ou la chair de porc - car c’est une souillure - ou ce qui, par perversité, a été sacrifié à autre qu’Allah». Quiconque est contraint, sans toutefois abuser ou transgresser, ton Seigneur est certes Pardonneur et Miséricordieux." (al An'am, 145)

"Mangez donc de ce qui vous est échu en butin, tant qu’il est licite et pur. Et craignez Allah, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux." (al Anfal, 69)

"Le butin provenant [des biens] des habitants des cités, qu’Allah a accordé sans combat à Son Messager, appartient à Allah, au Messager, aux proches parents, aux orphelins, aux pauvres et au voyageur en détresse, afin que cela ne circule pas parmi les seuls riches d’entre vous. Prenez ce que le Messager vous donne; et ce qu’il vous interdit, abstenez-vous en; et craignez Allah car Allah est dur en punition." (al Hachr, 7)



D. Exemple de déduction faite par le Prophète sur base du Coran :

D'après Abu Hurayra, le Prophète a dit : « Allah a dit : J'ai préparé pour mes serviteurs pieux ce qu'aucun oeil n'a vu, ce qu'aucune oreille a entendu et ce qu'aucun coeur n'a jamais imaginé. Lisez si vous le voulez : -Dans une ombre étendue-(Waqi'a, 30). L'espace d'un fouet dans le paradis est meilleur que la vie d'ici-bas et tout ce qu'elle contient, lisez si vous le voulez : -Quiconque est écarté du feu et rentre dans le paradis a certes réussi (Al-i Imran, 185) ».


E. Le Coran cite la sagesse comme corrolaire au corpus coranique :

« Lui qui a envoyé au sein des illettrés un Messager des leurs pour leur réciter Ses Signes, les purifier, leur enseigner le Livre et la Sagesse (حكمة). » (Jumu'a, 2)

"Allah donne la sagesse (حكمة) à qui Il veut et quiconque reçoit la sagesse (حكمة) jouira d'un immense bonheur. Mais seuls les êtres intelligents sont enclins à méditer et à se recueillir." (Baqara, 269)

"Allah a très certainement fait une faveur aux croyants lorsqu’Il a envoyé chez eux un messager de parmi eux-mêmes, qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse (حكمة), bien qu’ils fussent auparavant dans un égarement évident." (Al-i Imran, 164)


E-1. La sagesse est donc bien une chose distincte de l'écrit, du corpus rédigé du Saint-Coran :


Lorsque le Coran parle de jugement (en arabe حكم), il parle bien de la dimension sagesse et non pas de l'écrit. Ce point est vraiment central dans la bonne compréhension du Coran.

« Et si tu juges [suivant la sagesse] alors juge entre eux en équité. Car Allah aime ceux qui jugent équitablement.»
(al Ma'ida, 42)

« وَإِنْ حَكَمْتَ فَاحْكُم بَيْنَهُمْ بِالْقِسْطِ إِنَّ اللّهَ يُحِبُّ الْمُقْسِطِينَ » (al Ma'ida, 42)

« Et ceux qui ne jugent (يحكم قضائيا) pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, les voilà les mécréants. » (al Ma'ida, 44)

« Qu' y a- t- il de meilleur qu' Allah, en matière de jugement pour des gens qui ont une foi ferme? » (al Ma'ida, 50)


E-2. Exemples où le Messager n'a pas appliqué la loi, mais la sagesse :

1. Buraydah rapporte que Ma’iz ibn Malik al Aslami est venu voir le Prophète et lui dit : "Ô Messager d’Allah, j’ai péché, j’ai commis l’adultère et je veux me purifier" [purifier ici prend le sens de repentir]. Le Prophète le renvoya. Il revint un autre jour encore et dit à nouveau : "Ô Messager d’Allah, j’ai commis l’adultère", et le Prophète le renvoya une seconde fois, sans lui répondre...

2. Une femme, Ghamadi, s’approchant et dit : "Ô Messager d’Allah, j’ai commis le péché d’adultère, applique sur moi la loi." Le Prophète ne répondit pas, il la laissa repartir.

3. Ibn Abbas, rapporte : le Messager convoqua Wahchi Ibn Harb qui avait tué Hamza pour l'inviter à l'Islam. Wahchi envoya lui dire : "Ô Muhammad ! Comment m'invites-tu alors que tu prétends que celui qui a tué, associé ou commis l'adultère trouvera un châtiment; la souffrance lui sera doublée le jour de la résurrection et il y sera éternel et humilié ? Et moi, j'ai commis tout cela. Me trouves-tu une exception ?" Allah révéla alors : {Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne oeuvre; ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Dieu est pardonneur et miséricordieux} (25/70). Wahchi fit la remarque : "Ô Muhammad ! C'est une condition très dure : {Sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne action}. Il se peut que je ne puisse faire cela". Allah révéla alors : {Certes, Dieu ne pardonne pas qu'on lui donne quelqu'associé. A part cela, il pardonne à qui il veut} (4/48). Wahchi objecta encore : "Ô Muhammad ! D'après ce que je vois, ceci dépend de la volonté de Dieu, et je ne sais pas s'il me pardonnera ou non. Y a-t-il autre chose ?" Allah révéla enfin : "Ô mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu, car Allah pardonne tous les péchés. Oui, c'est lui le pardonneur, le très miséricordieux} (39/53). Wahchi déclara : "Là, d'accord", et il embrassa l'islam. Des musulmans demandèrent : "Ô Messager ! Nous avons commis les mêmes choses que Wahchi ?". Il répondit : "Ce verset est pour tous les musulmans".

4. Selon une des clauses du traité de Hudaybiyya, voici ce qui a été accordé aux polythéistes : "Quiconque souhaitera rejoindre Muhammad dans son pacte et son alliance pourra le faire et quiconque souhaitera s’unir à Quraych dans son pacte et son alliance pourra le faire également ; tout agression contre la tribu qui se joindra à l’une ou à l’autre partie sera considérée comme visant cette dernière.. Si un membre de Quraych se réfugie chez Muhammad sans l’autorisation de son protecteur (Wali), il sera renvoyé à la Mecque, tandis que si un partisan de Muhammad revient à La Mecque (apostasie), il ne sera pas renvoyé à Médine."


□ On voit que le Messager ne s'empressait pas d'appliquer la loi, et cela prouve que le verset "celui qui ne juge pas d'après ce qu'Allah a révélé" ne concerne pas la forme, mais la sagesse révélée à travers les versets. Toute la Sunna consiste en la mise en pratique du Saint-Coran et de la sagesse prophétique.



F. Les visions extra-coraniques et prophéties du Prophète Muhammad :
 
F-1. Visions en songe confirmées par le Coran :
 
hadith
 
D'après Samoura ibn Jundab, lorsque le Prophète terminait sa prière il se tournait en face de nous et il disait : « Lequel d'entre vous a fait un rêve cette nuit ? ». Si l'un d'entre nous avait fait un rêve alors il le racontait et le Prophète disait : « Comme le veut Allah ». Un jour il nous a demandé: « Lequel d'entre vous a fait un rêve cette nuit ? ». Nous avons dit : Non, personne n'a fait de rêve. Alors le Prophète a dit: « Cette nuit j'ai certes vu en rêve deux hommes qui sont venus à moi et ont pris mes deux mains et ils m'ont emmené jusqu'à la terre sainte. Il y a avait un homme assis et un homme debout qui avait dans sa main un crochet en fer qu'il enfonçait dans la joue de l'autre jusqu'à atteindre sa nuque puis il faisait la même chose avec son autre joue et la première joue reprenait sa forme initiale et lui recommençait. J'ai dit: Qu'est ce que ceci ? Ils ont dit: Viens. Alors nous sommes partis jusqu'à arriver vers un homme couché sur le dos et il y avait un homme debout près de sa tête qui tenait une pierre et lui fracassait la tête avec. Lorsqu'il le frappait il allait ensuite ramasser la pierre et avant qu'il ne soit revenu la tête de l'homme couché reprenait sa forme initiale et alors il le frappait de nouveau. J'ai dit : Qu'est ce que ceci ? Ils ont dit: Viens. Alors nous sommes partis jusqu'à arriver vers une anfractuosité qui ressemblait à un four à pain, sa partie supérieure était serrée et sa partie inférieure était large et il y avait un feu qui était attisé en dessous. Quand le feu se ravivait, la cavité gonflait et allait presque déborder et lorsqu'il se calmait elle reprenait sa place. À l'intérieur il y avait des hommes nus et des femmes nues. J'ai dit: Qui sont ces gens ? Ils ont dit: Viens. Alors nous sommes partis jusqu'à arriver vers un fleuve de sang au milieu duquel il y avait un homme et sur la rive il y avait un homme debout qui tenait des pierres dans ses mains. Celui qui était dans le fleuve se mettait en face de lui et lorsqu'il voulait sortir, l'autre homme lui tirait une pierre dans la bouche qui la ramenait à l'endroit où il était. Et à chaque fois qu'il voulait sortir il lui tirait une pierre dans la bouche qui la ramenait à l'endroit où il était. J'ai dit: Qui est-ce ? Ils ont dit: Viens. Alors nous sommes partis jusqu'à arriver vers un jardin vert dans lequel il y avait un arbre immense au pied duquel il y avait un vieil homme et des enfants. Il y avait également un homme proche de l'arbre qui avait devant lui un feu qu'il alimentait. Les deux hommes qui m'accompagnaient m'ont fait monter dans l'arbre et m'ont fait rentrer dans une maison. Je n'avais jamais vu de maison plus belle. Dans cette maison il y avait des hommes âgés, des jeunes, des femmes et des enfants. Ensuite les deux hommes qui m'accompagnaient m'ont fait monter dans l'arbre et m'ont fait rentrer dans une maison qui était encore meilleure et plus belle. Il y avait dedans des vielles personnes et des jeunes. J'ai dit: Vous m'avez fait voyager cette nuit, informez moi sur ce que j'ai vu ! Ils ont dit: Oui, celui que tu as vu avec la joue déchirée était un grand menteur, il mentait et son mensonge se propageait jusqu'à l'horizon. Il lui sera fait cela jusqu'au jour de la résurrection. Celui que tu as vu se faire fracasser la tête est un homme à qui Allah a enseigné le Coran et qui dormait la nuit pour lui et ne le mettait pas en pratique le jour. Il lui sera fait cela jusqu'au jour de la résurrection. Ceux que tu as vu dans l'anfractuosité sont ceux qui commettent la fornication, celui que tu as vu dans le fleuve est celui qui mange l'usure. Le vieil homme auprès de l'arbre était Ibrahim et les enfants qui étaient autour de lui sont les enfants des gens. Celui qui attisait le feu était Malik, le gardien du feu. La première maison dans laquelle tu es rentré était la maison de la plupart des croyants. Cette seconde maison est la maison des martyrs et je suis Jibril et voilà Mikail. Lève ta tête. Alors j'ai levé ma tête et il y avait au dessus de moi comme un nuage. Ils m'ont dit: Ceci est ta demeure. J'ai dit : Laissez moi rentrer dans ma demeure. Ils ont dit: Il te reste une partie de ta vie à vivre, si tu l'avais complétée tu serais entré dans ta demeure."


versets
 
"Et lorsque Nous te disions que ton Seigneur cerne tous les gens (par Sa puissance et Son savoir). Quant à la vision que Nous t’avons montrée, Nous ne l’avons faite que pour éprouver les gens, tout comme l’arbre maudit mentionné dans le Coran. Nous les menaçons, mais cela ne fait qu’augmenter leur grande transgression". (al Isra, 60)

□ La vision de l'enfer est ici une vision véridique. D'après plusieurs Sahabas, l'Ascension s'est faite en rêve : mais les rêves des prophètes sont la vérité.

"Puis quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, [Abraham] dit : « Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu as comme vision ». (Ismaël) dit : « Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé, tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants »."
Saffat, 102

□ Si les rêves des prophètes n'étaient pas véridiques, Ibrahim n'aurait jamais pensé à la mettre en application.

"Allah a été véridique en la vision par laquelle Il annonça à Son messager en toute vérité : vous entrerez dans la Mosquée Sacrée si Allah veut, en toute sécurité, ayant rasé vos têtes ou coupé vos cheveux, sans aucune crainte. Il savait donc ce que vous ne saviez pas. Il a placé en deçà de cela (la trêve de Houdaybiya) une victoire proche." (al Fath, 27)

□ Ce verset témoigne de ce que le Prophète avait des visions qui devaient se concrétiser.
 
 
F-2. Une mention coranique d'une révélation intime non contenue dans le corpus du Coran :
 
« Au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. Ô Prophète ! Pourquoi, en recherchant l'agrément de tes femmes, t'interdis-tu ce qu’Allah t’a rendu licite ? Et Allah est Pardonneur, Très Miséricordieux. Allah vous a prescrit certes, de vous libérer de vos serments. Allah est votre Maître; et c’est Lui l’Omniscient, le Sage. Lorsque le Prophète confia un secret à l'une de ses épouses et qu'elle l'eut divulgué et qu'Allah l’en eut informé, celui-ci en fit connaître une partie et passa sur une partie. Puis, quand il l’en eut informée elle dit : "Qui t’en a donné nouvelle ?" Il dit : 'C’est l’Omniscient, le Parfaitement Connaisseur qui m’en a avisé." ».  (al Tahrim, 1-3)
 
 
Dans ce passage, nous lisons que Muhammad aura été averti d'une manigance de ses épouses et qu'elles ont été surprises du dévoilement de leur jeu au prophète. Or, cette mise en garde ne figurant nullement dans le Coran, il apparaît que le Prophète recevait des révélations distinctes de ceux contenus dans le Coran. Les débats sur la fonction de ces révélations extra-coraniques dans les pratiques cultuels divisent les ulémas. Notre avis, que nous soutenons dans notre article, est que le Coran contient les informations nécessaires et suffisantes pour les fidèles, même si la mise en application par le Messager canalise les commandements et précise la manière dont ils seront mis à exécution. En effet, à maintes reprises, le Coran souligne l'importance d'obéir au Prophète et de le prendre pour exemple.

« Ô les croyants ! Obéissez à Allah, et obéissez au Messager » (al Nissa, 59)

« En effet, vous avez dans le Messager d'Allah un excellent modèle [à suivre], pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment. » (al Ahzab, 21)

« Et si vous lui obéissez, vous serez bien guidés. » (al Nur, 54)



G. Exemples de hadith corrigés par Aicha :

G-1. La femme porte malheur (!) :


D'après Abu Hurayra, le Messager aurait dit : "Trois choses peuvent être de mauvaise augure: Les femmes, les montures [animaux que l'on monte] et les maisons"

Aïcha a rejeté cette narration en disant: "Par celui qui a révélé le fourqan (Coran) à Aboul-Qasim (Aboul-Qasim était le surnom du Prophète. Le serment ici, signifie "Par Allah"), quiconque relate cela a menti. Le Messager a dit que les ignorants parmi les gens avaient l'habitude d'affirmer : " II y a certainement de la Tiyara (mauvaise augure) chez les femmes, dans les maisons et dans les bêtes de somme." Puis elle récita le verset : "Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé; et cela est certes facile à Allah." (Sourate 57 – Verset 22) [Recueilli par Ahmad, Al-Hakim et Ibn Khouzaimah.]
 
 
G-2. Le mort souffre si on pleure après lui :

Selon Umar ibn al-khattàb, le Prophéte a dit un jour : "Les morts souffrent des pleures de leurs proches."

Ibn Abbas rapporta ce hadith à Aicha qui le contesta en ces termes : "Par Allah, le prophéte n'a jamais dit cela mais il a dit : "Le renégat une fois mort souffre-puni des péchés qu'il a commis-tandis que ses proches le pleurent."

Vous en avez la preuve par le Coran continua-t-elle : "Nul ne supportera le fardeau d'autrui."
(al Fatir, 18) puis elle ajouta "Qu'Allah bénisse Umar, il n'a pas menti mais il a surement oublié".

 
G-3. La personne qui subira le pire des châtiments est une femme qui a fait mourir un chat en le privant de boisson et de nourriture :

Abu Hurayra diffusait le hadith dans lequel le Prophéte racontait l'histoire d'une femme punie par Allah pour avoir laissé mourir de soif et de faim un chat en empêchant même les insectes d'arriver à lui pour le priver de nouriture.

Un jour, alors qu'abu Hurayra se trouvait chez Aicha, cette dernière lui demanda : "Est- il vrai que s'est toi qui relate le hadith de la femme punie pour un chat ?" Et Abu Hurayra de répondre : "C'est ainsi que je l'ai entendu du Prophéte ". c'est alors qu'Aicha répliqua : "Allah ne peut punir un être humain ainsi par le seul fait qu'il ait fait souffrir un animal, or la femme dont à parlé le Prophéte dans ce hadith était impie. Tu dois faire attention à ce que tu transmets des hadiths. 
 
 
 
 
H. Un exemple particulier, le cas des adultérins :
 
H-1. Le premier cas de lapidation en islam :

Abdallah ibn Umar a rapporté : "Des juifs se rendirent chez l'Envoyé et lui apprirent qu'un juif et une juive ont commis l'adultère ". L'Envoyé leur demanda : "Que trouvez-vous au sujet de la lapidation dans la Thora ?" Et eux de répondre : "A les flétrir et à les flageler". Abdallah ibn Salam leur répondit : "Vous mentez; car la Thora commande la lapidation". Ils apportèrent la Thora, et en l'ouvrant, l'un d'eux cacha de sa main le verset où la lapidation est mentionnée, puis il lut ce qui le précède et ce qui lui succède. Abdallah lui dit alors : "Pousse ta main", et l'autre le faisant, on trouva le verset de la lapidation. Ainsi les Juifs dirent : "C'est vrai, ô Muhammad, ce verset y existe". Alors l'Envoyé ordonna de lapider les accusés ».

1) Selon ce récit, le Prophète a appliqué la lapidation suivant la Tora, c'était là le tout premier cas d'adultère en islam.

2) Or, le Coran commandait au Prophète ceci dans le Coran : « Mais comment te demanderaient-ils d'être leur juge quand ils ont avec eux la Thora dans laquelle se trouve le jugement d'Allah ? Et puis, après cela, ils rejettent ton jugement. Ces gens-là ne sont nullement les croyants . Nous avons fait descendre le Thora dans laquelle il y a guide et lumière. C'est sur sa base que les prophètes qui se sont soumis à Allah, ainsi que les rabbins et les docteurs jugent les affaires des Juifs. (...) Dis : "Ô gens du Livre, vous ne tenez sur rien, tant que vous ne vous conformez pas à la Thora et à l'Évangile et à ce qui vous a été descendu de la part de votre Seigneur.» (al Maida, 43, 68)

3) D'autre parts, les musulmans sont commandés d'obéir au Messager : « Ô les croyants ! Obéissez à Allâh, et obéissez au Messager. » (al Nissa, 59) & « Vous avez, dans le Prophète de Dieu, un bon exemple. » (al Ahzab, 21)

4) Ainsi, la lapidation pratiquée par le Prophète Muhammad sur base de la Tora devient une Sunnah du Messager que les fidèles sont tenus de suivre.


H-2. Le verset de la lapidation non repris dans la compilation du Coran :

Ibn Abbas, rapporte qu'Umar a dit lors d'un sermon : "Allah a envoyé Muhammad avec la Vérité; Il lui a révélé le Livre et parmi les versets révélés, il y avait un verset relatif à la lapidation. Nous l'avons lu, compris et retenu. C'est par celui-ci que l'Envoyé d'Allah a fait lapider et que nous avons, après lui, fait aussi lapider. Je crains qu'après qu'un long temps se soit passé, quelqu'un dise, 'Par Allah, nous ne trouvons pas le verset de la lapidation dans le Livre d'Allah', et ils s'égareront ainsi en oubliant un engagement qu'Allah a bien révélé. Et la lapidation doit être infligée à n'importe quelle personne mariée (mâle et femelle), qui commet des rapports sexuels illégaux, si la preuve exigée est disponible ou s'il y a confession. Et alors nous récitions parmi les versets du Livre d'Allah : 'O peuple ! Ne prétendez pas être la progéniture d'autres que vos pères, car c'est une incrédulité de votre part que de prétendre être la progéniture d'autres que votre vrai père' ... "

1) Aucun Sahaba n'a démenti ce propos de Umar ibn Al Khattab.

2) La lapidation est pratiquée chez toutes les branches de l'islam, y compris chez les chiites qui détestent Umar.

3) Il existe des cas où Umar a été critiqué pour des avis et réformes, surtout après sa mort par les chiites le considérant comme un ennemi.


□ Ainsi, nous voyons par deux moyens et deux démonstrations que la lapidation émane bien du Coran, même si le témoignage de Umar sur un verset non repris dans le Mushaf était remis en question.

□ Concernant les versets de la lapidation (al Nur2-3) et cette pratique de lapidation, voici un hadith d’Abu Hurayra et Zayd ibn Khâlid (Qu’Allah soit satisfait des deux), qu’ils ont dit :

"Un jour, nous étions chez le Prophète. Il est arrivé qu’un homme est venu lui dire : je te sollicite au nom d’Allah de juger entre nous d’après le Livre d’Allah. Alors, son adversaire, qui était plus intelligent que lui, a dit : oui, juge entre nous d’après le Livre d’Allah et permets-moi de parler. Après avoir eu la permission de parler, il a dit : « Mon fils était embauché chez cet homme, il a fait la fornication avec sa femme. Alors, je lui ai donné 100 chameaux et un servant pour expier ce péché. Mais, après avoir interrogé quelques-uns des savants, m’ont informé que mon fils doit être flagellé de cent coups de fouet et expulsé pour un an et qu’il faut appliquer la lapidation sur la femme de cet homme ». Alors, le Prophète leur a répondu en disant : « Par Celui qui détient mon âme, je jugerai entre vous selon le Livre d’Allah, Exalté soit-Il : tu reprends les 100 chameaux et le servant et ton fils sera flagellé de 100 coups de fouet et subira une expulsion pour un an ». Puis, il s’est adressé à un compagnon qu’on appelait Unays et lui a dit : va chez la femme de cet homme, si elle reconnaît avoir commis ce péché, alors lapide-là. Une fois interrogée, elle a reconnu avoir commis l’adultère. Alors, il l’a lapidée."

« La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l'exécution de la loi d'Allah - si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu'un groupe de croyants assiste à leur punition. Le fornicateur n'épousera qu'une fornicatrice ou une associatrice. Et la fornicatrice ne sera épousée que par un fornicateur ou un associateur; et cela a été interdit aux croyants. » (al Nur, 2-3)

□ De cette façon, les célibataires subissaient la peine de la flagellation, et les personnes mariées la lapidation. 
 

H.3. Cumul de deux peines, fornication et semer le désordre :

Un argument neuf pour vérifier si la lapidation des adultérins est envisageable sur base du Saint-Coran, (al Ma'ida, 33) :

إِنَّمَا جَزَاء الَّذِينَ يُحَارِبُونَ اللّهَ وَرَسُولَهُ وَيَسْعَوْنَ فِي الأَرْضِ فَسَادًا أَن يُقَتَّلُواْ أَوْ يُصَلَّبُواْ أَوْ تُقَطَّعَ أَيْدِيهِمْ وَأَرْجُلُهُم مِّنْ خِلافٍ أَوْ يُنفَوْاْ مِنَ الأَرْضِ ذَلِكَ لَهُمْ خِزْيٌ فِي الدُّنْيَا وَلَهُمْ فِي الآخِرَةِ عَذَابٌ عَظِيمٌ


En effet, semer le désordre (فَسَادًا) sur Terre est un crime qui selon le Coran peut être puni par la mort. Si donc l'adultère entre dans le cadre d'al fasâd, alors la condamnation à mort des adultérins entre en conformité avec ce verset coranique aussi. Mélange des lignées, héritage injuste, tromperie, risque de vendetta, divorce, famille éclatée, dépravation, perversité, désordre social, etc. 

Le cumul de l'expulsion du jeune ouvrier un an à la flagellation correspond bien à la peine coranique la plus légère envers les semeurs de troubles, et la mise à mort de la dame mariée à la peine la plus dure envers eux.

Ubâda ibn As-Sâmît rapporte que le Prophète a dit : "Retenez ceci ! Retenez ceci d'après moi. Allah a trouvé une issue (aux fornicateurs) [5]: un célibataire et une fille vierge qui forniquent, on les flagelle de cent coups de fouet et on les expulse du pays pour une année. L'homme et la femme mariés, on les flagelle de cent coups de fouet et on les lapide (jusqu'à la mort)."

Aicha rapporte que le Messager a dit : "Le sang d'un musulman n'est permis que dans trois situations : l'adultère d'une personne déjà mariée, un meurtre avec préméditation, et l'apostasie suivie de la prise des armes contre nous; dans ce cas cette personne sera tuée, liées (trois jours) à un poteau ou expulsée".


H.4. Brève historique et chronologie des événements :

a/ Dès les toutes premières sourates révélées la fornication est prohibée en ces termes : "Qui n'invoquent pas d'autre dieu avec Allah et ne tuent pas la vie qu'Allah a rendue sacrée, sauf à bon droit; qui ne commettent pas de fornication - car quiconque fait cela encourra une punition." (al Furqan, 68)

 La punition était ici céleste, car aucune peine n'était prévue à cet égard.


b/ "Ô femmes du Prophète ! Celle d'entre vous qui commettra une turpitude prouvée, le châtiment lui sera doublé par deux fois! Et ceci est facile pour Allah." (al Ahzab, 30)

c/ "Et épousez-les avec l'autorisation de leurs maîtres (Waliy) et donnez-leur un mahr convenable; (épousez-les) étant vertueuses et non pas livrées à la débauche ni ayant des amants clandestins. Si, une fois engagées dans le mariage, elles commettent l'adultère, elles reçoivent la moitié du châtiment qui revient aux femmes libres. Ceci est autorisé à celui d'entre vous qui craint la débauche ; mais ce serait mieux pour vous d'être endurant. Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux." (al Nissa, 25)

 Ici, il est encore question de la peine céleste de l'au-delà, aucune peine terrestre n'est prévue pour purifier les pécheurs.


d/ Allusion au verset suivant : « Celles de vos femmes qui forniquent, faites témoigner à leur encontre quatre d'entre vous. S'ils témoignent, alors confinez ces femmes dans vos maisons jusqu'à ce que la mort les rappelle ou qu'Allah décrète une issue à leur égard. » (al Nissa, 15)

 Ce verset envisage un permier moyen de répression contre la fornication, et plus précisément contre la prostitution.


e/ Incident des deux adultérins juifs de Médine lapidés selon la Tora, suivi de la lapidation de trois musulmans insistant pour se faire purifier de leur propre initiative accordé par le Prophète : initiant une tradition en ce sens.


f/ "Voici une Sourate que Nous avons fait descendre et que Nous avons imposée, et Nous y avons fait descendre des versets explicites afin que vous vous souveniez. La fornicatrice et le fornicateur, fouettez-les chacun de cent coups de fouet. Et ne soyez point pris de pitié pour eux dans l'exécution de la loi d'Allah - si vous croyez en Allah et au Jour dernier. Et qu'un groupe de croyants assiste à leur punition." (al Nur, 1-2)

 Ce verset consiste en une condamnation temporelle de la fornication.


g/ Incident du jeune ouvrier qui couche avec sa maîtresse semant du trouble, et décret fusionnant les peines de la fornication coranique avec la peine du semeur de désordre du verset coranique (al Ma'ida, 33) selon le châtiment de la Tora prévu à cet effet.


h/ Adaptation de certains juristes médiévaux de la demi peine pour les femmes au statut d'esclaves mentionné plus haut au nombre de coups lors de la peine de flagellation.



I. Une démonstration réfutable indirecte du fondement historique de la sunnah :

Il existe un autre moyen de conforter le bienfondé des fondements de la pratique de la sunnah retenue comme fiable  : la comparaison des fondements des pratiques cultuelles et religieuses des deux grandes branches de l'islam, à savoir le sunnisme et le chiisme. En effet, la rupture idéologique des deux branches s'ancrant à l'époque de l'islam primitif, les très profonds différends entre les tenants des deux branches ne permettent d'attribuer les points de convergences qu'à avant le grand schisme. Puisqu'il n'a existé aucune autorité ayant le pouvoir d'imposer des rituels tant aux uns qu'aux autres après la rupture. Par conséquent, il est historiquement patent que les points de convergences ne peuvent que remonter à la seule autorité reconnue initialement par les différentes branches, à savoir le Prophète lui-même.
 
 

La salat al dohr chez les chiites duodecimains (Turquie).



La salat al fajr chez les sunnites.


Or, il est aisé de constater que les rituels cultuels (jeune du mois de ramadan et ses règles, rituels et période du pèlerinage, les parts de la zakat et les destinataires, les cinq salat et leurs nombres et gestuelles, circoncision, ...) et les fondamentaux (peines juridiques, règles commerciales, ...) qui unissent dans la pratique les sunnites et les chiites ne présentent que de légers écarts, parfois moindres que ceux qui sont constatés au sein même des sous-branches des deux courants distincts. Ceci consolide l'origine coranique et prophétique des pratiques communes, comme montré jusqu'ici. Les différences devant se justifier par l'érosion du temps.
 
 

Dans la figure supra, nous visualisons les bifurcations des diverses branches du monde musulman. La rupture entre le chiisme et le sunnisme vers 652, soit 20 ans après le décès de Muhammad conduit à accepter leurs pratiques communes comme remontant directement à l'islam des origines.



 
J. Le cas des submitters et Rashad Khalifa :
 
Une des aberrations du mouvement coraniste est sans conteste la mouvance des submitters, initiée par Rashad Khalifa, qui outre le fait de faire un déni total et absolu de toute démarche historico-critique rigoureuse, fonde un genre de secte dont il se fait le messager, en cherchant à conforter le Coran comme source unique stricte. Pour cela celui-ci cherchera à montrer de façon fortement biaisée une fausse redondance du nombre 19 qui reviendrait de façon numérologique à travers tout le Coran. L'ironie sera qu'outre le fait de n'utiliser aucun protocole standard mais des bais à la pièce, Khalifa finira même par chercher à élaguer des versets contredisant ses calculs déjà biaisés pour faire coller avec sa thèse du nombre secret. Parmi les versets qu'il reniera comme appartenant bien au Coran, le verset 128 de la sourate al Tawba.



Ci-dessus folio 3r du Codex Sana`a I. Un des manuscrits coraniques des plus anciens, daté en laboratoire comme remontant potentiellement au vivant du Prophète.


Or, le verset (9,128) figure sur le fragment 33r comme on peut le constater entre autres dans "A Qur’anic manuscript produced no more than 15 years after the death of Prophet Muhammad ?", Razan Ghassan Hamdoun [6] par exemple. Ce qui suffit à réfuter catégoriquement sa démarche avant même toute démonstration mathématique des biais et méthodes ad hoc.








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[1] Haythamī, Majmāu’z-Zawā'aid, 170; Suyūtī, Miftah, 16.

[2] Al Dhahabi, Tadhkiratul-Huffadz, "Biographie d'Abû Bakr", 1/2-3 2.

[3] Ibn Sa'd, At- Tabaqāt, "Biographie d'Al-Qâsim Mohamed b. Abi Bakr".

[4] Abu Dawud 40/2, An-Nassai 199/3, Ad-darimi 345/1

[5] Al Haythami, Majma'u al Zawaid ; Suyuti, al-Miftah.

[6]" A Qur’anic manuscript produced no more than 15 years after the death of Prophet Muhammad ?", Razan Ghassan Hamdoun, Al-Yemenia University, 2004